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Жүсіпбек Аймауытұлы

20 қазан 2014 1667

Yesenberlin Iliyas «La Horde d’Or» 

Негізгі тіл: Ilyas Yessenberlin La Horde d’Or

Бастапқы авторы: Ilyas Yessenberlin La Horde d’Or

Аударма авторы: not specified

Дата: 20 қазан 2014


LIVRE PREMIER

Aydahar sixcéphale

Avant-propos

Chers amis! Vous tenez à la main la trilogie historique célèbre par Ilyas Yessenberlin «La Horde d’Or» qui raconte la période des temps fort anciens, et pourtant, ayant une importance cruciale pour le développement de l’ethnogenèse du peuple kazakh et pour la formation de son état futur.
Bien que l’invasion mongole ait eu un impact négatif sur le développement social de la population du Kazakhstan, les différents processus du regress aient apparu, la culture urbaine ait été au point mort, pourtant dans la période de la Horde d’Or pour la première fois les processus d’intégration ont été possibles, une large interaction mutuelle et une large influence mutuelle des milieux de culture de la steppe eurasienne ont eu lieu. La population du Kazakhstan a reçu une excellente occasion de communiquer avec l’Orient musulman, avec l’Europe, la Chine, afin de stimuler les relations commerciales internationales.
Pendant la période de la Horde d’Or une grande importance avait l’introduction par les Mongols des idées de l’autorité centrale, il est devenu possible pour la première fois d’unir les tribus disparates,la législation de steppe a été approuvée.
Ilyas Yessenberlin pour la première fois dans la littérature kazakhe a réussi à systématiser certains documents historiques d’une période difficile de l’ascension et la chute de la Horde d’Or. Il a reflété avec une échelle épique un réel dynamisme des événements historiques et a créé des images uniques de gens de la Grande Steppe de cette époque-là.
Chers amis! Nous vous encourageons à lire cet excellent livre, révélant les pages inconnues de notre histoire.
Le fonds publics I. Yessenberlin 
LE PREMIER CHAPITRE 
Batu Khan leva la tête et regarda le ciel. Étonnamment propre , légèrement délavé par le soleil de midi , il était sans bornes et sans fond comme la mer, où il avait vu dans sa lointaine jeunesse. Alors, ses tumens  sans peur <le Tumen est une armée de dix mille personnes.> arrêtèrent leurs chevaux près de la ville de Triguéstoume ...
C’était depuis longtemps. Tant longtemps que cela semblait un rêve lointain, à demi oublié. La vie est éphémère. Le temps passa comme une flèche tirée d’un arc serré mongol .
Batu Khan cligna ses yeux bridés. Dans le ciel bleu sans bords près du soleil comme un point noir minuscule une aigle planait en recherchant sa proie. Ses yeux lui pleuraient à cause de la tension et Khan baissa son visage. Non. Il n’eût jamais pu aimer la mer tant comme il aimait la steppe. Infinie et belle, elle était à ses pieds, et un grand silence était au-dessus d’elle. La steppe respirait le vent doux rempli de fraîcheur des sources et d’odeur âpre d’absinthe. Au pied de la butte, le plus jeune fils de Batu Khan, âgé de cinq ans – Barack tantôt apparaissant tantôt disparaissant dans les stipas hauts, chassait les sauterelles. Vêtu du caftan  rouge de velours de Boukhara et du même bonnet rouge – le borik bordé de peau de loutre, de loin il était comme une goutte de sang vive. Batu Khan soupira doucement. La steppe épuisée par la chaleur de midi était couché sous la coupe bleue du ciel. « Qu’est-ce que l’aigle voit de sa hauteur – pensait-il. Quelle proie  cherche-t-il ? »  Batu Khan se tourna pesamment de tout son corps dans le côté de la rivière. Là, sur la rive de la grande Itil <Itil est Volga.> , il y avait son pari . Saraï-Batu était une belle ville < Saraï-Batu est la première capitale de la Horde d’Or  sur la rive gauche d’Itil , à 140 kilomètres environ au nord de Khoja-darkhan (Astrakhan). A présent près de ces lieux le village Sélitryanyi se trouve. > .
Les toits du palais dorés brillaient sous le soleil solennellement ayant un air de fête. Saraï ressemblait à la ville d’orussoutes Kharmankibé < Kharmankibé est le nom mongol de la ville de Kiev.>,  seulement elle était un peu moindre. Les meilleurs maîtres emmenés de la terre d’orussoutes l’avaient construite, et les Romains ont construit le palais du Khan. Le grand  Batu Khan avait  bâti sa capitale de marbre blanc apporté des terres conquises, de chêne solide , comme une pierre, et de pin sonore bronze flottés de la haute d’Itil.
La ville érigée par la force de fouet et d’or grandissait à vue d'œil. Elle était bonheur et orgueil de Batu. Le fils de la tribu nomade qui était habitué pas à construire, mais à détruire, il éprouvait un sentiment inexplicable excitant en voyant ce que les mains habiles des maîtres faisanent. Et ce même sentiment le forçait à être généreux, à faire tout pour que sa ville soit devenue plus belle chaque jour.  Si ce n’était pas grand Batu Khan qui avait ordonné de couvrir d’or pur les toits recourbés d'une manière bizarre des temples des chamanes mongols? Qu’est-ce qu’il y avait qu’il pouvait épargner pour sa capitale ? L’or des peuples conquis ? Le sang des esclaves ? Sa main donnait tout largement.
Mais chaque année quand les premières veines d’argent  des ruisseaux   apparaissaient sur les pentes abruptes des crêtes de steppe et les tiges vertes pointues comme les piques poussaient à feutre marron de l’herbe de l’année dernière, Batu Khan quittait son palais. Dans la steppe infinie grandissait une autre ville - la ville de tentes blanches. Et jusqu’à la fin de l’automne, jusqu’au moment où les oies sauvages dans les cours d'eau d’Itil commençaient à casser par leurs becs rouges et avaler des glaçons sonores des premières bandes de glace, il ne passait aucune  nuit dans les murs du palais.
On nommait ce quartier temporaire du Grand Khan la Horde Blanche. Et à partir de ce moment-là toutes les terres de la steppe de Kipchak au nord, à l’ouest et au sud, jusqu’au territoire où le cheval mongol aurait pu faire un sabot, avaient été appelés comme khanat de la Horde d’Or.
En l’année de la souris (1240), en l’année où Batu conquit et détruisit Kharmankibé, il commença à construire sa capitale – la ville de Saraï ...
C’était dix-sept ans plus tôt ... Et ce jour-là, en regardant son quartier, Batu Khan soudain pour la première fois ne sentit pas son agitation habituelle. Ternes, sans joie ses yeux regardaient le monde. Grand Batu Khan, dont le nom inspirait la terreur pour les tribus et les peuples, et faisait trembler la moitié du monde était malade. Dès l’instant où il s’était assis sur le cheval pour la première fois, Batu ne savait pas de toute maladie. Les blessures reçues dans les campagnes, se cicatrisaient rapidement comme chez le loup de steppe. Et cette année-là, en année du serpent quand il avait cinquante-six ans, les grandes forces du Ciel se détourna de lui . En Croatie Batu avait été grièvement blessé, et les héritiers louchaient déjà l’un sur l’autre, prêts à s'accrocher dans une bataille pour le droit de devenir khan de la Horde d’Or .
Mais il vainquit la mort. Il lui semblait ainsi, jusqu’à ce qu’il ait senti qu’il ne pouvait pas tromper le destin. Une maladie mystérieuse se logea dans le corps de Batu Khan . Personne ne pouvait appeler son nom. Les guérisseurs les plus célèbres dans la steppe – bakhsi – reculèrent en impuissance devant la maladie, les tabibs et les médecins invités de la Chine, l’Irak , l’Iran et de Rouma étaient impuissants.
Encore en année précédente, plein de force et de santé, Batu arrêta et abattit à terre facilement un jeune taureau, et maintenant son corps se desséchait, les muscles devenaient flasques et il n’y avait aucun pouvoir ancien dans ses mains. Qui, en regardant Batu Khan terrible, aurait pu peu avant dire que le temps sera venu et il sera assis seul sur la butte – voûté et vieilli, comme un sabou – un sac en cuir, dans lequel tout le koumys avait été fini ? Qui parmi les grands hommes avaient connu une telle maladie terrible et incompréhensible ?
Batu Khan se concumait lentement, et en même temps que son corps s’usait, tout le monde lui semblait plus sombre. Tout ce qui était intéressant pour les autres, tout ce qui leur apportait la joie, était devenu indifférent et inutile pour lui. L’âme n’aspirait plus rien : ni victoire, ni sang des ennemis, ni campagnes lointaines.
De grosses gouttes de sueur étaient sur le front pâle du khan. Il souleva à peine sa main et l’essuya à sa paume . Et tout à coup il se souvint des temps lointains, c’était trente ans plus tôt, quand son père célèbre Joutchi Khan, maître de Dechte-i-Kiptchak, Khorasan et Ibir-Sibir  <Ibir-Sibir – Siberie.> avait quitté ce monde . Alors ... alors le cœur avait battu fortement et le sang chaud et rapide avait coulé dans ses veines. La vie avait été une grande fête, et les horizons au-dessus des terres  qu’il avait voulu jeter sous les sabots de son cheval montaient et se mettaient à l’infini.
Mourant le père laissa à Batu seulement l’ulus de Dechte-i-Kiptchak. Deux ans plus tard, il avait été porté sur un tapis blanc et il devint khan de la Horde.
Trente ans se seraient écoulés depuis ce temps-là. Les années passées semblaient à Batu Khan courtes comme les jours. Alors, chaque victoire lui remplissait de liesse, et chaque pays conquis lui semblait une haute montagne qu’il réussit à grimper. Il voulait et faisait tout pour être comme son grand-père Gengis Khan.
Batu Khan essaya de réveiller un ancien rage et ne pouvait pas – son âme était silencieuse. Soudain, il pensa amèrement que la moitié du monde qui lui appartenait ce jour-là, ne valait pas une pièce de monnaie en cuivre du derviche pauvre, s’il était impossible de payer la mort ou au moins retarder son temps. La peur de bête devant l’inévitable saisit Khan, et il ferma les yeux.
Quelque part dans le ciel, l’aigle fort et libre continuait de planer et petit Barack encore insouciant et heureux chassait les sauterelles. Et puis Batu Khan se domina. Est-ce qu’il pouvait étant grand et intrépide craindre ce que le ciel est prédéterminait ? Il regarda là où son fils jouait. Un léger sourire toucha les lèvres exsangues du khan, et une étincelle de lumière alluma dans les yeux gris sombres. Barak était la dernière joie de Batu Khan. Le seigneur de la Horde Blanche avait quatre fils : Sartak, Toktou Khan Ayukhan et Oulakchi. Trois étaient devenus guerriers, et seulement Oulakchi ne participa pas encoure aux campagnes et ne dirigea aucun ulus, mais il participa déjà à des courses de chevaux et regarda les filles esclaves.
La mère du fils aîné - Sartak - était fille d’un bey noble d’Oirot. Ses autres femmes appartenaient à des familles différentes, principalement à la communauté de Kiptchak, et confessaient l’Islam .
Il aimait épouser les femmes des tribus et des peuples conquis. Le khan croyait que le  renouvellement du lit faisait le sang jouer et rendait la jeunesse. Et quand il était âgé de cinquante ans, et quand il commença de moins en moins à franchir le seuil des tentes, où ses femmes habitaient, un miracle se produisit. Pendant sa dernière campagne, dans une vallée de montagne, il rencontra une jeune fille de la tribu de croates. Mince, elle sortit du fourré contre toute attente, avec un panier plein de champignons. La jeune fille était si près du khan que dans ses yeux profondes comme les lacs et élargis à cause de la peur il vit lui-même exactement comme dans le miroir.
Auparavant Batu avait vu des filles de cette tribu, mais comme toutes les autres, elles n’avaient rien éveillé en lui sauf  le désir de les posséder.  Mais il y avait quelque chose en elle qu’à ce moment khan ne pouvait pas trouver une explication .
Il ordonna de la saisir et de la ramener au quartier. Après ses hommes trouvèrent les parents de la jeune fille et le khan permit de leur garder la vie, en le considérant comme pour le prix pour leur fille .
Quelque chose étrange se passait avec le seigneur de la Horde d’Or. Batu Khan qui n’avait jamais aimé personne, soudain sentit que quelque chose se passait avec lui. Le sentiment inconnu l’entraînait puissamment à la jeune fille, entraînait malgré le fait qu’elle lui répondait par la haine. La jeune fille tenta de s’échapper, elle prit du poison, mais les domestiques, les femmes adjointes à elle spécialement - sakhas - ne lui laissèrent pas mourir. Batu Khan la prit par force.
Neuf mois et neuf jours plus tard la nouvelle épouse donna naissance à Barak pour le khan. Et à partir de ce moment, elle voulut vivre . Elle ne recherchait plus la mort. Mais le destin décida autrement. Une des jeunes femmes qui n’avait jamais connu la joie de la maternité , corrompit la sage-femme, et elle fit ainsi que l’accouchée mourut.
La douleur de Batu Khan était trop grande. De rage, il ordonna de couper les coupables et jeter leurs corps dans la steppe. Mais Batu n’aurait pas été le petit-fils de Gengis Khan, s’il s’était permis de se détendre. Il savait que dans le monde sublunaire il n’y avait rien plus mauvais que le destin. Il ressemblait aux cumulus toujours gonflés, et on ne savait jamais - si le soleil t’aura éclairé ou l’ombre t’aura couvert. L’avenir de Barak était confus et vague. Personne n’aurait pu dire dont la haine et dont la grâce lui aura échu. La vie dans la steppe était pleine de surprises - de jalousie, de perfidie, la trahison. Le poison et le couteau décidaient là beaucoup.
Pour le jeune khan on adjoignit les gardes du corps les plus fidèles et les plus dévoués. Le garçon grandissait fort et sain . Il vint le temps quand il dit ses premiers mots, et à partir de ce moment-là, Batu commença à le visiter de plus en plus. Le khan prenait le garçon sur ses genoux, et son visage, sévère, brûlé par le soleil et fouetté par les vents des longues campagnes, éclaircissait. Et cela, aussi, était inconnu pour lui. Toujours indifférent aux enfants, toujours suspect et cruel, occupé aux guerres et aux querelles, Batu se transfigurait quand il voyait Barak. Les années passèrent, et le garçon devint de plus en plus ressemblant à sa mère. Et en colère, il était le même comme elle – têtu, furieux. Batu serrait son fils contre sa poitrine et, selon une coutume mongole, le caressant, flairait son front. L’odeur forte d’enfant émouvait le khan inhabituellement. Et de plus en plus une idée encore vague commença à apparaître que Barak aurait pu devenir l’héritier, le seigneur de la Horde d’Or qu’il avait créée. Batu ne pouvait pas expliquer où cette confiance venait, mais il y avait quelque chose à ce jeune khan qui faisait y penser. Cette idée renforça particulièrement quand Batu Khan comprit que ses jours étaient comptés. Mais il savait que son rêve n’aura pas pu se réaliser. Barak était trop petit et vulnérable pour survivre dans ce monde cruel et perfide où à la poursuite du pouvoir le frère n’aura pas hésité à verser le sang du frère.
Le khan pensait que pouvait-être son fils aurait dû appelé Kipchak ou Oroussoute - au nom des peuples que Batiy conquit . La coutume mongole antique commanda de donner au nouveau-né un nom de l’ennemi. C’était un bon signe, parce que le garçon aux années, que le sort lui lâcha, reçut les années vécues par l’ennemi, et sa vie devenait longue. S’il aurait pu vivre encoure un peu pour donner à son fils la possibilité de se renforcer, d’ouvrir ses ailes, de tremper sa volonté et de lui apprendre à être féroce envers des ennemis. Si ...
De nouveau Batu Khan leva son visage à ciel. L’aigle planait toujours dans le bleu du ciel serein, mais alors, il était plus près du sol, et on pouvait voir ses ailes énormes comme des mains puissantes avec les doigts écartés. Et tout à coup une pensée terrible frappa le khan. Il se rendit compte que l’oiseau sanguinaire cherchait dans les stipas denses. Les yeux de Batu Khan se jetèrent au pied de la butte, où, insouciant et heureux, son fils jouait. Avec un cri sauvage et rauque, il sauta sur ses pieds , mais l’aigle le devança. Ayant replié ses ailes, l’oiseau se jeta vers le sol par pierre, là où le caftan rouge de Barak scintillait.
- Ici ! Ici ! .. – grogna Batu Khan. Haletant, trébuchant sur les pierres, il s’enfuit à Barak, les bras écartés.
L’oiseau noir s’arracha pesamment de la terre, serrant dans ses griffes la boulette vivante rouge, et le cri strident du fils, plein de douleur, de désespoir et de terreur frappa les oreilles de Batu Khan . Il ne pouvait plus courir. Les yeux fous il regardait comment l’aigle s'éloignaiet plus en plus haut dans le ciel et comment le corps de son fils ressemblant à une petite goutte de sang à vue de la terre se battait dans les griffes de fer. 
Batu Khan, Batu fer qui de naissance n’avait pas connu de pitié pour tous les êtres vivants sur la terre, pleurait doucement. Lui, habitué à envoyer à la mort des milliers de personnes,  à prendre le plaisir si la terre devenait rouge de sang , il comprit que la mort était une torture,  la mort était la douleur incomparable à rien. Le feu de l’incendie, les cris des perdants meurant sous les épées mongoles, qui ne connaissaient aucune grâce, les peintures, voyant lesquelles les cheveux se seraient dressés sur la tête lui avaient toujours apporté la joie. En ce moment-là, ils semblaient reflasher devant les yeux de son esprit, et un frisson horrible fit tout son corps trembler. Etait-il possible que la mort de son fils était son sort, sa fatalité, d’où il ne pouvait pas s’en aller, et qui aura ratrappé tout de même sans considérer si tu étais un guerrier ordinaire ou le seigneur de la Horde d’Or ? Un mouvement de la main de Batu suffit et les villes tombèrent en ruines et les pays se conquirent. Ce jour-là il n’y avait pas à la main d’arc simple et une seule flèche pour sauver son fils. Pour la première fois de sa vie le rude Batu Khan sentait l’amour et la tendresse envers l’être vivant , mais le destin le rattrapa sous la forme d’un aigle noir et prit la joie. Le sort était implacable, et il n’y avait aucune puissance  qui aurait pu l’arrêter.
Batu s’imaginait comment  les griffes courbées de l’aigle déchiquetaient le corps de son fils, et il grinça les dents de rage impuissante. Qu’est-ce qu’il aura pu faire, khan grand et puissant, contre le destin ?
Tout à coup l’image d’ancienneté de vingt ans surgit devant ses yeux. Ses tumens, composé de kechikten <Kechikten – soldats de la garde (mongol).>, avaient assiégé une petite forteresse d’une petite tribu de montagne. Les hommes étaient morts dans un combat inégal, et les femmes avaient défendu la forteresse. Elles étaient morts  à cause de blessures, de faim et de soif, mais elle n’avaient pas ouvert la porte. Dans les montagnes l'automne vint, et il était temps de se retirer les tumens à la steppe, mais la forteresse restait imprenable. Et puis Batu Khan était allé sur le truc. Il ordonna de dire à ses défenseuses : «  Rendez-vous. Nous allons vous tuer, mais sans toucher vos enfants ». 
« Elles, les défenseuses de la forteresse, étaient seulement une centaine, - blessées, demi-mortes , elles étaient invincibles parce que l'amour aux enfants leur donnait les forces. Pour leurs enfants elle crurent le khan. Mais Batu ne tint pas sa parole. A vue d'œil des mères ses soldats sabrèrent leurs enfants par les sabres courbes mongoles. Le coeur de Batu ne tressaillit pas pour ce moment-là. Il regardait calmement comment le sang coulait , en écoutant les cris terribles, et la lueur de l'incendie jouait dans ses prunelles. Cette cruauté frappa même les mongols. Les guerriers chuchotèrent : « Gengis Khan est toujours vivant. Son esprit a émigré à Batu ».
Oui, Batu Khan avait toujours été cruel et impitoyable. Alors, une centaine de femmes avaient été impuissantes devant Batu  qui avait été le sort, ce jour-là lui, seigneur invincible, était impuissant devant le destin sous la forme d'un aigle .
Le khan croyait que la vie était une lutte, donc, il était juste que celui qui était fort vainquait. La veille, il était lui-même un tel homme, mais ce jour-là la force était pour l'aigle noir. Cela avait été ainsi, cela aura toujours été ainsi. Batu ne s’était imaginé une autre vie, et c’était pourquoi l'une des premières idées était soif de vengeance. A partir du moment où il avait vu le soleil et la steppe, le khan savait que l'ennemi ne pouvait pas être épargné. Parfois, il lui semblait qu’il avait eu tout cela avec le lait maternel, et c’était pourquoi Batu avait été toujours et partout impitoyable à ceux qui avaient entravé sa route ou avaient cherché à empiéter sur son honneur. Seulement le sang pouvait expier le sang. Il n’avait pas su d'autres solutions. Seulement quand Batu tuait en propres mains l’aigle noir et buvait son sang chaud, seulement alors Barak aura été vengé. Le khan était fils de la steppe et il connaissait les habitudes des aigles. L’oiseau maudit sera revenu tôt ou tard à la place où il avait trouvé sa proie.
Batu Khan ne  dit à personne à propos de la mort terrible de Barak. Le peuple, qui était habitué à sa grandeur et qui croyait que même le ciel aidait au khan, ne devait pas savoir qu’au petit-fils de Gengis Khan la même chose pourrait arriver qu’à  un commun des mortels. Et les ennemis se seront réjouis et auront répandu partout les nouvelles de son chagrin.
Dans le quartier personne n'osa demander où le garçon avait disparu. Une centaine des gardes du corps personnels du khan, qui avait tout vu de loin, la même nuit-là avait été empoisonné  par une infusion magique. Batu agissait selon le précepte laissé par Gengis Khan : « Une âme vivante ne devrait pas connaître le secret du khan ». 
Comme auparavant, il s’occupait des tâches quotidiennes de la Horde : accueillait des ambassadeurs et donnait des ordres, la mort proche ne l'effrayait pas . Bien que toute personne qui avait des yeux, ait vu comment  le corps de Batu Khan devenait de plus en plus frêle. Sans cligner, ses yeux qui étaient ressemblants aux yeux bridés de son grand-père, toujours féroces, étaient devenus troubles et ternes.
Juste après midi, après avoir terminé toutes les affaires, Batu mettait son caftan rouge et un chapeau garni de loutre – les mêmes que Barak s’était habillé – et il partait dans la steppe vers le monticule secret. Les gardes du corps le suivaient à une distance respectueuse, ayant peur de déranger le khan. Consumé par maladie, petit et faible, il allait lentement dans la steppe, et là , où personne ne pouvait voir son visage, les pensées lourdes et sombres lui revenaient à nouveau. De jour en jour, sa peur de la mort devenait moindre, et chaque moment vécu devenait de plus en plus cher pour lui. Un mois plus tôt, un médecin tibétain, envoyé par le grand khan Mangou Karakoruma pour traiter Batu, dit : « Khan vénéré de la Horde d'Or,  dans le monde sublunaire il n'existe pas de médicament qui permettrait de guérir votre maladie. La personne quitte ce monde, quand de vingt parties d'eau qui est dans son corps, reste une seule. Il est impossible d’y faire quelque chose.  Le sang s'épaissit, et aucune joie de la paix ne fait plus la courrir dans ses veines. Combien avez-vous à vivre – je ne sais pas. Tout est dans les mains du ciel ».
Ils étaient assis seuls dans la tente, et Batu Khan, les yeux fermés à paupières lourdes, écoutait les mots calmes du médecin. Et il n’y avait rien sauf  l’amertume  dans son âme à ce moment-là. Il n’en parla à personne, mais il se rappelait cette conversation toujours.
Le cheval connaissait bien le chemin habituel. Il levait Batu Khan facilement au sommet de la butte. Le khan laissait aller son cheval, et celui partait dans la steppe, la où à la distance d’un vol de la flèche les gardes du corps se cachaient dans les herbes hautes. Seulement Batu savait pourquoi il y venait chaque jour. Le khan attendait l’aigle. Pour cela il mettait son caftan rouge, pour cela il cachait son épée tranchante sous le pan. Batu croyait que l'oiseau aura fait une erreur et aura pris son corps consumé de maladie pour le corps d’un enfant.
Ayant examiné attentivement le ciel, le khan s'asseyait sur une pierre et commençait à attendre patiemment. La maladie lui vola de la force, mais son esprit était encore vif. La mort proche dérangeait Batu Khan . Il ne rêvait pas de la guérison miraculeuse, mais il pensait de l'avenir de la Horde d'Or qu’il avait créée. Il devait laisser les préceptes à observer aux descendants, - et chacun leur aurait aidé à ne pas jeter la charpente du Grand khanat. Il devait leur apprendre, malgré tout, à être destin, à être épée punissante des peuples conquis.
Descendants ... Un homme venait à la vie et sortait de la vie. Les descendants avaient leur propre destin , leur chemin, et pouvait-être il ne fallait pas s'inquiéter d’eux ? Le grand-père Gengis Khan lui avait dit une fois : « Toute ma vie j'ai rêvé seulement de deux choses. La première est se développer infiniment ma gloire , et la deuxième est pour que ma gloire ne quitte pas mes descendants, et ils gouverneraient toujours d'autres peuples ».
Batu Khan se rappela soudain son grand-père parler avec un de ses commandants militaires Borakul.
- Qu’est-ce qui est cher pour toi dans ce monde ? – demanda Gengis Khan.
- La vie, – dit Borakul. 
- Et comment peux-tu le prouver ?
- Grâce au plus grand des grands au grand Gengis Khan, je suis devenu aujourd'hui l'un de neuf piliers principaux soutenant le cercle supérieur du noyau de la Grande Horde, - remarqua Borakul. - De l'épaoule du Grand Khan j’ai mis le manteau d'hermine, cousu de fil d'or, j’ai marié trente filles, une était plus belle que l’autre, j’ai obtenu le contrôle de l’ulus et d'innombrables troupeaux de bovins...  Mais j'ai vieilli. Je suis maintenant plus près de la tombe que de la place d'honneur. Et si le Tout-Puissant me demanderait : « Es-tu d'accord, après avoir  renoncé  à ta gloire, au bonheur atteint, de revenir aux temps de ta jeunesse , quand il a été juste un berger ? - Je serais d'accord sans hésitation.
- Tu dis juste, - dit Gengis Khan. – Il n'y a rien dans le monde plus cher que la vie ...
- Et peux-tu le faire ? - Borakul lui demanda alors.
Gengis Khan réfléchit pour un long moment, puis il dit :
- Non. Je ne pourrais pas. Il est facile pour toi de quitter la gloire, le bonheur, l'honneur, parce que tu n'as pas d'enfants. Quant à moi, j'ai quatre fils, ils tous sont tsars, chaque petit-fils est khan, et arrières-petits-fils ont commencé déjà à seller des chevaux... Grâce à eux ma gloire devient ailée. Si le Tout-Puissant me redonnerait ma jeunesse, qui sait si je serais capable de leur redonner tout ce que chacun d’eux possède ? Je vivais, battais, versais le sang des insoumis non seulement pour moi-même. Non. Je ne pourrai jamais me décider à tout recommencer. Que les jours de mes descendants soient longs et heureux. Seulement alors je vais renaître plusieurs fois - dans chaque leur victoire, dans chaque leur pas de fait. Les enfants sont une extension de ma vie. Si leur gloire devient éternelle, alors je ne vais jamais mourir. Est-ce que c’est le plus grand désir pour un homme, n'est-ce pas ?
Le grand et sage Gengis Khan avait parlé ainsi à Borakul...
Une langueur lourde envahit tout le corps de Batu Khan, le sommet le gagnait. Il haussa les épaoules et semblait dormir. Mais il semblait seulement. Pas pour cela Batu vint au monticule...
Parmi dix-sept fils de Jotchi Batu Khan était le plus puissant. Selon la position et la gloire le frère le plus aîné Ordou et le plus jeune Berkése tenaient derrière Batu Khan. Les autres dirigeaient des aimaks ordinaires - districts.
Encore au temps où Batu avait soulevé sur les terres de Dechte-i-Kipchak le drapeau de la Horde d'Or, il avait aidé son frère aîné à tourner l’ulus  ordinaire Ibir –Sibir en khanat. Il avait pris le nom de la Horde Bleue. Les autres fils de Jotchi avaient également dirigé les peuples conquis, avaient possédé d'innombrables troupeaux de bétail, mais aucun parmi eux n’avait pas atteint le grade de khan. Selon la puissance et la gloire parmi tous les petits-fils de Gengis Khan le khan de la Chine du Nord – Koubilay et le khan du Caucase, de l'Azerbaïdjan, de la Ruma, de  l'Iran et du Bagdad – Koulagou avaient pu été comparés avec Batu Khan. Mais aucun d'entre eux ne conquit tant de peuples, un tel territoire que Batu Khan. Leurs biens, contre les biens de la Horde d'Or, étaient comme la peau de brebis contre la peau de taureau. Dans Karakoroum lointain, remplaçant un après l'autre après Gengis Khan, le Khanat Mongol avait été dirigé par Ouguedey et Gouyuk, et tout peu avant, sur le feutre blanc on souleva Mengou. Batu Khan était indifférent à sa patrie ancestrale. Il créa la Horde d'Or lui-même et toutes ses pensées étaient là.
Quelle était la cause de la chance de Batu Khan ? Les gens s'expliquaient cela par le fait que, depuis la jeunesse Batu observait pieusement les précepte des ancêtres. Et si les autres descendants du Grand Khan préféraient souvent diriger des incursions et des campagnes du quartier, Batu était toujours devant ses tumens. Gouvernant la Horde d'Or, il ne porta jamais de vêtements faits de soie, il ne se para pas d'or - il vivait si simplement comme son grand-père. En été il portait chekmen de poil de chameau, sur sa tête il y avait borik de Kipchak bordé d'écureuil, son corps était défendu par le protège-poitrine de poil de poulain. A l' arrivée de l'hiver Batu portait un manteau de fourrure sombre brun ou un manteau de loup et un chapeau - tymak fait de fourrure épaisse.
Et le fait que soudainement le khan commença à porter de beaux vêtements, étonna tout le monde. Les vizirs, les noyons, les Nouker s croyaient que c’était à cause de la maladie. Tout le monde savait que Batu Khan avait un peu à vivre, mais personne n'osait en parler, personne n'osait demander ce qui allait arriver à chacun d'eux. Mais Batu Khan , tôt ou tard, avait à le dire. Il se rappelait cela, et c’était pourquoi une fois allant au monticule , il prit avec lui son fils cadet - Oulakchi qui était né de la femme de famille tayjigoute. Oulakchi, malgré sa jeunesse, était de haute taille, au le nez busqué, aux pommettes saillantes, et ressemblait plus à un iranien qu’à un mongol.
Bien sûr, à ces jours difficiles pour lui Batu aurait du parler avec son fils aîné, car c'était lui qui en vertu des lois de Gengis Khan, devait hériter de la puissance de la Horde d'Or - il était support de Batu Khan. Mais Sartak était absent dans le quartier. A cause de sa maladie le khan l’envoya à sa place au grand kurultay à Karakoroum .
Oulakchi comme le fils cadet, selon la coutume, avait à devenir le garde du foyer dans la maison de Batu. Gengis Khan ordonna ainsi. Mais cette procédure n’était pas toujours suivie. Ses descendants héritèrent de son grand-père les habitudes de loup, et c’était-pourquoi souvent celui qui était plus fort vainquait, mais pas celui qui avait le droit. L’héritier légitime était parfois devenu la proie de quelqu’un rusé, habile et fort.
Batu Khan savait bien tout cela, mais jusqu'à sept ans il avait été élevé dans la Horde Mongole de son grand-père, donc, il agissait ainsi comme Gengis Khan lui avait ordonné. Une lutte difficile pour le pouvoir attendait Sartak, et Batu l’envoya à Karakorum non sans intention, en espérant qu'il y aura appris beaucoup de ce qui aura été utile plus tard quand il devenait khan de la Horde d'Or.
Oulakchi n’était pas Sartak, et pourtant ce jour-là il était le plus proche du khan. Qui savait si les jours de Batu auront duré vers le moment où son fils aîné revenait ? Seulement le Ciel le savait.
Ils montèrent au monticule, et Batu, clignant ses yeux bridés, regarda longtemps la steppe en rêverie, puis il dit :
- Dès le moment où l'héritier du khan commence lui-même à s'asseoir sur le cheval, il n’est plus considéré comme un enfant. Tu es devenu adulte , et c’est pourquoi j’ai besoin de parler avec toi, - Batu fit une pause. Si Oulakchi aura pu le comprendre, s’il aura pu alors raconter aux frères ce qu'il allait entendre maintenant ? - Je suis vieux et malade. Il est temps de jeter un coup d'œil rétrospectif et de comprendre ce que j’ai pu faire et ce que je n’ai pas. Et si tout s'est passé ainsi qu’on a été prévu, ou rien n'a réussi. Tu es futur gardien du foyer. Viens, assieds-toi à côté de moi.
Oulakchi s'assit sur une dalle de pierre aux pieds de son père.
- L’aigle chasse toujours ce qu'il a vu en enfance. Donc, la même chose s’est passé avec moi. J'ai vécu avec mon grand-père Gengis Khan sept ans. Une fois, il m'a mis sur le pommeau de sa selle et amené à la place de la bataille. Toute la steppe que l'œil pouvait voir , était couvert de cadavres d' ennemis qui sont tombés sous les coups des massues et des épées des soldats mongols . Gengis Khan n'a rien dit. Il m'a seulement regardé et il a vu que mes yeux brillaient. Et je voulais devenir aussi audacieux et impitoyable que nos bagatours, et apprendre comme eux à tuer des ennemis. Le grand-père m'a parfois donné des conseils. Trois d’eux sont devenus l’étoile brillante qui illuminait mon chemin dans l'obscurité de la nuit, qu'on appelle la vie. Au cours des campagnes sanglantes dévastatrices les conseils de Gengis Khan réchauffait mon cœur, donnait de confiance et de force.
Une fois il m'a dit : « Si un tigre se met à la tête d’une meute de chiens, un jour les chiens se transformeront en une meute tigres. Mais si un chien se met à la tête des tigres,  après un peu de temps les tigres se transformeront en une meute de chiens ».
Longtemps je n’ai pas attaché d’importance à ces paroles du grand-père, jusqu’à ce que la grande steppe Dechte-i-Kiptchak soit tombée sous les sabots des chevaux mongols. Nous avons conquis son peuple, mais soudain j'ai remarqué que chaque année mes guerriers épousaient de plus en plus souvent des femmes locaux et imitaient les coutumes de Kiptchak .
Voilà quand j’ai compris les paroles de Gengis Khan, et j’ai voulu devenir un tigre pour ne pas me transformer en un chien. Nous avions peu de Mongols, et pour garder le peuple en obéissance, j'ai commencé à m’approcher les meilleurs hommes de Kipchak. Certes, ils avaient du courage, mais pour gagner, ils ont dû devenir aussi cruel que mes mongols.
Ce n'est pas en vain que les gens disent que toutes les maladies sont contagieuses à l'exception des os brisés. J'ai pu faire ce que je voulais. Maintenant kiptchaks nous aidaient à diriger leur peuple. La peur a transformé les guerriers de Kipchak en braves et ceux qui n’ont pas voulu suivre notre chemin, étaient détruits par nous. J'ai eu une grande armée, organisée à l'image des troupes de Gengis Khan, et avec elle j'ai pu aller à boulgares, karlouks, gouzs, alans et à d'autres peuples ...
- Mais le chien transformé en un tigre à l'aide d'un fouet, pourrait cacher une rancune. Qu’est-ce que peut l’empêcher de se sentir un tigre et montrer les crocs ?.. Oulakchi dit pensivement.
Batu sourit faiblement. Il aimait que son fils réfléchissait ce qu’il avait entendu. Qui savait, pouvait-être, Oulakchi aura pu de la chance et un jour il aura devenu bon khan.
- Tu as raison. Cela peut arriver... Mais pour que tout reste comme tu veux, il y a un autre moyen. Rappele-toi les paroles que Gengis Khan avait prononcé à Djalmé-Noyon qui lui avait été dévoué dès sa jeunesse :
- A ma naissance et tu es né,
A ma virilité et tu es devenu robuste.
Noble, dans le berceau de chien,
Heureux, excellent mon Djalmé !

Outre ces mots, il a donné à son noyon le droit de faire neuf infractions et de ne pas être puni pour eux.
Et qu'est-ce que mon grand-père a dit à Torgan Chire, l’homme qui l'a sauvé des ennemis dans sa jeunesse ? Il a dit : « Que la terre de merkits le long de la rivière Selenga devienne ton territoire de campement. Désormais , elle appartiendra à tes descendants , et aux descendants de tes descendants ». Genghis Khan savait non seulement conquérir, mais trouver un chemin dans le cœur des gens fidèles. Il était généreux envers eux pour une bonne parole et il n’était pas avare les enrichissant.
J'ai fait la même chose. Les meilleurs guerriers ont reçu de moi les plus grandes pièces de soie, et j’ai versé plus d'or dans leurs mains. Le clan ou la tribu, qui s’etaientt distingués devant la Horde, obtenaient les meilleurs pâturages pour leurs troupeaux et les meilleurs endroits nomades. – Batu Khan resta pensif. – L’homme est impuissant non seulement à la violence. Il léchera tes talons si tu réussis à tenir son bien-être dans tes mains ...
Batu Khan se tut, reprit haleine, essuya la sueur de son front. Il lui était difficile de parler...  
- Une autre fois , mon grand-père m'a dit : « Les simples gens respectent et louangent celui qu'ils craignent. Si tu veux que ton nom soit connu partout dans le monde, n'épargne personne : détruis, coupe. Plus de personnes meurent à cause de ta volonté, plus grande ta gloire devient ».
 Oulakchi baissa la tête. Batu sourit malicieusement :
- Pourquoi caches-tu tes yeux ? Ou tu t’es rappelé ce que Bukenji-kazi avait répondu à cette sagesse du grand-père ?
Le garçon hocha la tête .
Dans la Horde d'Or tout savait cette histoire. L’an où les tumens des mongols vinrent pour la première fois au Khorassan, kazi <Kazi est ecclésiastique des muslims, juge. > Bakhiddin Bukenji était tombé prisonnier. Gengis Khan, étonné par l’étendue de ses connaissances, lui avait donné la vie et il l’avait laissé à côté de lui. Il aimait écouter des histoires de Kazi concernant des us et des coutumes de différents pays. Une fois l’homme qui avait bouleversé l’Univers, dit à ses amis : « J'ai coupé beaucoup de peuples, et c’est pourquoi je me suis rendu célèbre dans tout le monde. Ma gloire s'accroîtra encore plus si je ne laisse personne vivant ».
Ayant entendu ces mots, Kazi demanda : « Grand Khan, si vous me donnez la vie, j’oserai vous objecter».  
Gengis Khan était de bonne humeur , et il avait promis de ne pas exécuter Bukenji.
« Grand Khan! - dit Kazi. - Si vous et votre armée détruisent tous les peuples, alors qui va glorifier votre nom ? «
Gengis Khan fixa les yeux froids sur Bukenji et tout à coup se mit à rire : « Pour le moment j'ai gagné seulement la moitié du monde, et il y a encore ceux qui vont me glorifier».
- Mon grand-père était sage - dit Batu. - Il savait toujours bien ce qu’il disait. J'ai ajouté nouvelles terres aux terres conquises par lui, mais moi, je n’ai pas pu détruire tous les peuples. Assez de longues campagnes et de batailles sanglantes vous vont incomber.
- Mon père, mais tu n’as pas fait toujours et tout comme Gengis Khan avait commandé.
- Oui. –dit Batu. - Pas tout. Je n'ai donné mes épouses à aucun mon ami. En cela Batu Khan n’a pas pu devenir comme son célèbre grand-père...
A son époque le khan qui avait tourneboulé l'univers conquit deux clans - merkit et nayman. Les chefs de ces clans furent décapités. Seulement kérei évitèrent de triste sort. Leur maître Jakha-Gambou donna à Gengis Khan la main de sa belle fille Ibakhan-Beguim. Les troupeaux de chevaux, caravanes avec des chères soies, des vaisselles d’or et d'argent et deux esclaves arrivèrent avec elle dans un quartier de Gengis Khan. On aurait pu penser que la paix durable et longue fut conclue. Mais Jakha-Gambou n’avait besoin qu’une pause, un peu de temps passa, quand il partit en campagne  contre les mongols. Jourchatay, fidèle noyon à Gengis Khan, le leurra dans un piège et coupa la tête au traître. Il aida également à détruire les kérei et à la bataille avec eux il sauva la vie de grand Gengis Khan, ayant couvert son corps.
Gengis Khan fut satisfait de l’action de Jourchatay et lui donna sa femme Ibakhan- Beguim. Cependant il dit: «Si un ennemi attaque, rencontre-le creusant un fossé. Si tu as un ami près de toi, ne lui épargne pas de morceau de viande de ton corps».
Le père et le fils y pensaient à ce moment-là.
Oulakchi secoua obstinément la tête.
- Notre grand ancêtre a donné les femmes non seulement à ceux qui lui avaient sauvé la vie. Mais Kaktay Noyon n’a pas fait ce que Jourchatay a fait?
- Oui. Et cela arrivait. Ton ancêtre était un maître de l'univers , et par conséquent, toute faute le décorait. Je sais à propos de ce cas ... Il était comme ça. Au cours de la lutte contre les clans kérey et tayjigoute Kaktay Noyon s’est rangé du parti de Gengis Khan. Il n’avait plus aucun mérite. Même dans la bataille avec Wang Khan, quand mon grand-père lui a demandé un conseil, il n’a rien dit, en caressant la crinière de son cheval. C’étaient toutes les avantages de cette personne.
Mais bientôt Genghis Khan a fait un rêve horrible, comme si un énorme serpent tacheté a enroulé son corps. Le serpent a dit à la voix humaine: «Si tu ne donnes pas ta femme je vais t’avaler».
Gengis Khan croyait les chamans et les guérisseurs et il savait interpréter les rêves. Dans la matinée il a vu que Abiké-beguim qui était belle comme un cygne, était couchée à côté de lui. Peu avant il l’a faite sa femme. Le khan l’a réveillée. «Depuis le temps que je t’ ai épousée, mon âme était en paix et en joie. Mais tu ne dois pas t’offenser. J'ai vu un mauvais rêve et je suis obligé à te donner à quelqu'un».
Abiké-beguim savait que le khan ne répètait rien deux fois. Attristée, elle a dit: « Que ce soit ainsi  que tu veux. Que la joie de jours que nous avons passé ensemble reste avec nous. Seulement permets-moi de prendre la coupe en or de laquelle je bois du koumys, et la servante qui s’appelle Konatay et qui m’était fidéle».

Genghis Khan était d’accord et a appelé la garde.
« Qui monte la garde aujourd'hui ? » - Il a demandé .
« Moi » - Kaktay Noyon a répondu.
« Ma femme Abiké-beguim, je te donne ».
 Ces mots ont fait Noyon trembler.
« Ne crains pas, - Gengis Khan dit impérieusement. – Je ne dis qu’une seule fois, et toujours la vérité. 
Obéissant au regard impérieux du khan, Abiké-Beguim a jeté ses tresses sur sa poitrine. C’était une telle coutumeainsi des mongols, quand une femme se mariait, elle partageait ses cheveux en deux parties égales. Cela signifiait que désormais la moitié de sa vie appartenait au mari. Si une femme faisait ainsi que Abiké-Beguim venait de faire, elle se séparait à jamais de son bien-aimé. 
Notre ancêtre intrépide avait peur de mauvais rêves ... Etrange ... Sans hésiter il a conquis la moitié du monde.
Batu Khan secoua tristement la tête :
- Comment peu tu comprends encore, mon fils. Si un homme poursuit son grand but, il ne pense pas à la mort dans sa jeunesse. Quand son rêve se réalise enfin, et l’homme est sur ses vieux jours, chaque jour restant pour cette personne devient précieux. Les gens apprécient seulement ce qui leur manque.
Oulakchi réalisa soudain que son père puissant etcourageux avait peur de la mort. Beaucoup de peur. Il perdit sa présence d'esprit pour répondre, et le silence accablant et lourd s’établit au-dessus du kourgane.
C’était Batu Khan qui rompit le silence.
- Nous avons appris de mon grand-père à conquérir des pays , et vous devez apprendre de nous à dominer, commander. – dit-il. – Seulement dans ce cas, les descendants de Gengis Khan seront en mesure de tenir la bride haute aux nations plurilingues et forceront le monde entier à tomber à genoux.
- Donc, est-ce que personne n’a appris notre grand-père ? – demanda Oulakchi. – Alors, nous suivons le chemin qu’il seul avait frayé ?
- Oui. C’était lui, qui a frayé ce chemin. – Batu dit fermement. – Il avait voulu détruire et raser des villes, fouler les semences et les jardins pour transformer toutes les terres en un pâturage immense pour les chevaux mongols. C'était son grand rêve. Pour ce rêve Gengis Khan n'a épargné personne inondant le monde avec du sang . Il méprisait ceux qui vivaient dans les villes. C’étaient seulement les mongols qui étaient gens véritables. Tout le monde doit leur appartenir, et ils doivent obéir à une seule personne. Pour ce but, Gengis Khan avait uni toutes les tribus mongoles à sa main de fer et il était impitoyable à tous ceux qui se trouvaient sur son chemin. Il nous a légué la même chose. Tu demandes si quelqu'un a appris mon grand-père ? Oui. Il n'avait pas honte de le faire si l'expérience des autres pouvait aider à atteindre son objectif.
- Qui était pour lui un enseignant digne ?
- Les sages chinois lui ont dit comment Iskander Zoulkarnayn avait fait ses guerres <Iskander Zoulkarnayn est Aleksandr Makédonskiy> , qui, comme Gengis Khan avait conquis la moitié du monde. Dans l'armée d’Iskander l’akhourouk comme chez nous était absent <Akhourouk est une caravane familiale spéciale suivant l’armée> , mais pour montrer que les terres conquises lui appartenaient, il laissait dans chaque nouveaux pays ses soldats qui ont atteint quarante ans. Les guerriers fondaient leurs familles, bâtissaient leurs maisons et établissaient les règles prescrites par Iskander. Notre grand-père s’est approprié cette expérience. Après avoir conquis les villes, il a aussi laissé ses soldats là-bas, mais, contrairement à Iskander, avec leurs femmes et leurs enfants, qui ont suivi le train de l'armée. Installés dans les nouvelles terres, ils ont dicté les lois mongoles aux peuples conquis et ont transformé le territoire gagné par Gengis Khan en les terres des mongols. Et encore ... Comme les seigneurs romains, il a créé un conseil suprême de la Horde et l'a appelé « Neuf Orliks » <Neuf Orliks - neuf sommités>. Si Gengis Khan lui-même était le pilier d'or soutenant la tente de la Horde, les Orliks étaient neuf piliers d'argent sur lesquelles reposaient la voûte de la tente. Le Conseil se compose des hommes les plus dignes des hommes dignes. Leur sagesse et leur vaillance étaient connues par tous. Outre le jour spécial quand le conseil se réunissait, chacun des neuf Orliks avait son jour et son heure pour une conversation avec le maître de l'univers. Gengis Khan n'a personne introduit de ses relatives dans le conseil. Il croyait que le représentant des parents ne pouvait pas être plus intelligent que lui. Notre grand-père ne rivalisait jamais avec ceux qui se trouvaient dessous de lui selon la gloire et la fortune. Si une telle personne le gênait, il confiait à quelqu'un des noyons de tuer un insoumis, mais plus souvent il essayait de le faire un ami. « Si tu ne commets pas la violence contre l’homme moins noble que toi, il cherche à être ami avec toi, mais pas à être mal avec toi », - dit Gengis Khan ...
Batu tressaillit. Ses yeux perçants discerna dans le brouillard  adrent de la steppe un point minuscule. Il ne pouvait pas se tromper. C’était l’aigle qui rentrait au kourgane que Batu avait attendu tant de jours. Le cœur de Batu Khan défaillit, puis il battit fort et vite. L' heure de revanche approchait ...- 
Oulakchi, - il dit doucement, - qu’est-ce qu’on parle de Barak dans la Horde ?
Le fils regarda son père expectant, mais le visage de Batu Khan avait aucun signe de colère.
- Les gens disent que l’aigle a chipé Barak ... – Oulakchi tardait un peu. – Les gens disent que le monde entier n’a pas pu gérer Batu Khan, et seulement un oiseau a osé lui apporter la douleur ...
Batu pâlit. Le coeur lui suggérait que dans la Horde on savait quand même la vérité sur la mort de son fils, mais il ne voulait pas le croire. Il s’en suivait qu’en vain il avait ordonné de tuer cent soldats qui avaient vu comment l’aigle avait chipé Barak, il s’en suivait qu’on disait juste que la vérité était un poignard et  il était impossible de le cacher dans un sac. Soudain une idée s'éveilla que la mort de son fils était pouvait-être le châtiment pour le sang versé innocemment. Cette idée éclata et s'éteignit immédiatement comme une étincelle, envolée dans l'obscurité de la nuit.
- Donc ... - Batu Khan dit, se tournant légèrement sur le côté d’Oulakchi .
- Les gens disent que la mort de Barak est  la vengeance du Ciel pour le fait que Batu Khan a décidé de violer la loi de son grand-père.
Batu se tut pour longtemps.
- Oui , c’est ça... – enfin il dit.
Les yeux d’Oulakchi brillèrent.
Il semblait que le khan ne le remarqua pas.
- Ce n’est pas ma faute que je voulais vivre jusqu’au moment où Barak aura grandi et m’aura remplacé , mais à bon droit le khan de la Horde d'Or doit être Sartak ... J'ai pensé qu’il était indifféremment qui des fils prendra  mon trône, pourvu que la gloire de la Horde augmente et le monde sublunaire tremble encore dans la crainte devant l’épée mongole ... Et voilà, je ne me suis pas trompé ... Ma faute dans une autre chose ...
- Quelle chose ? - Oulakchi demanda avec impatience.
Batu Khan fit mine de ne pas prêter attention à l’âpreté de son fils. Il n’avait pas assez de temps pour s’offenser et enseigner. « L'avenir lui appartenait, - pensait le khan et il devait raconter à son fils dont il aura eu besoin demain. Il ne devait pas pas répéter les fautes de ceux qui avaient leur heure de partir ».
- Ma faute dans une autre chose ... Nous, les descendants de Gengis Khan, doivent réfléchir constamment comment grandir et devenir fort le grand Khanat Mongol créé par notre grand-père. Et si nous voulons que l’arouakh – l'esprit des mongols et l'esprit de Gengis Khan – soit toujours avec nous, nous ne devons pas mettre sur le trône de khan le fils, né de la fille du pays conquis.  – Batu Khan se tut. – Le khan , nourri par le lait de la femme du pays vaincu, pourra un jour se tenir sur le côté du peuple, conquis par son père. Et si le Ciel veut un jour détruire la Horde, sa mort commencera par cette chose-là ... Je le sais, je le vois ... Ma faute devant l'esprit du grand Gengis Khan que j’ai violé son précepte et se laissant influencer par l’amour paternel pour Barak , j’ai voulu confier le destin de la Horde d'Or au fils qui est né de la fille de l'ennemi. Mais maintenant, une force formidable, appelée la justice sous la forme d'un aigle noir a corrigé ma faute ...
Oulakchi baissa la tête obstinément .
- Si le Grand Khan croit que la mort de Barak a été juste, et pourquoi ... - il s'arrêta, craignant la colère de son père , mais il surmonta tout de même sa peur et reprit : - Pourquoi alors , ayant mis tes vêtements voyants, vous essayez d'attirer l'attention d’ l’oiseau sanguinaire ?
- Qui a dit que je suis le défenseur de la justice ? - La peau sur le visage ridé de Batu se tendit, un sourire toucha ses lèvres pâles . - Si tu veux dicter ta volonté au monde, tu n’as pas à penser à la justice. C’est indigne d'un descendant de Gengis Khan. Si tu veux régner, tu dois te rappeler que dans le monde il ya une seule force réelle, et tu dois la garder en soi et tu ne dois pas lui donner mourir comme un feu qui réchauffe ta maison. Le nom de cette force est la vengeance. Un homme qui ne connaît pas la vengeance, il est comme l’argile qui est facile à pétrir. Tu ne dois rien laisser sans vengence. Et ce n’est pas important qui est ton ennemi : si c’est un homme, un bête , un oiseau ... La capacité de venger est un signe de majesté et de force ...
Oulakchi poussa un soupir de soulagement :
- Pardonne-moi, mon père, si j’ai élevé la voix ...
- Maintenant cela m’est égal comment tu vas me parler ... Je t’ai pris sur ce kourgane aujourd'hui pour une autre chose.
Oulakchi fut tout oreille.
- Bientôt je vais mourir, - Batu dit impitoyablement. - Du jour où je ne suis plus, c’est ton frère Sartak qui va ceindre la couronne de la Horde d'Or, et toi, tu dois devenir maître de la maison de khan et garder le foyer de la Horde. Sartak est loin maintenant, et je tiens à te parler ...
Le fils pâlit, regarda de côté. 
- Ne dis pas ça, grand khan ...
- Ne te tourmente pas en vain ... - Batu Khan dit d'un air fatigué. - Chacun a son propre destin, et le bonheur est plus cher et plus proche que le père. Et pour toi aussi ... Je veux te donner trois ordres, parce que qui sait, peut-être un jour tu vas aussi devenir maître de la Horde d'Or ...
Le sang afflua au visage d’Oulakshi.
- Je t’écoute, grand khan ...
- Je crois tu sais ce qu’une fois le bel esprit, appelé Mangoutaou a dit à Gengis Khan ?
Oulakchi secoua la tête négativement.
- Donc, écoute-moi. Dans les temps anciens deux dragons ont vécu dans le monde. L'un d'eux avait mille têtes et une queue , et l’autre avait une tête et mille queues. Un jour, une tempête terrible a éclaté et l'hiver est arrivé prématurément à la steppe. Le dragon à mille têtes a voulu grimper dans un abri, mais ses têtes sont entrées en discussion à propos de ce qu’il fallait faire. Elles n'ont pas pu se mettre d’accord, et le dragon est mort. L’autre, qui avait une tête, a caché de l’intempérie à temps, et il s’est sauvé  parce que mille queues ont obéi à la volonté d’une tête. Les simples gens sont comme mille queues. Et s’ils ont une tête, le khan, personne ne les écrasera et ils obtiendront tout ce qu'ils voudront. Mais les descendants de Gengis Khan ressemblent au dragon à mille têtes. S’ils ne pouvons pas être unis et cherchent des querelles, ils trouveront vite la mort des mains de leurs ennemis . Mon premier ordre pour toi est : « Garde l'unité de toutes les familles mongoles et de tous les descendants du grand Gengis Khan. Seulement alors vous serez toujours fort ».
Soudainement Oulakchi tendit rapidement les bras vers la proue qui se trouvait près d’eux. L’aigle noir baissait progressivement au-dessus du kourgane.
- Ne touche pas ... - dit  Batu Khan. – Qu’il reste pour le moment ... Eh bien, s’il est arrivé, il sait pourquoi ...
Comme si l’aigle entendait des mots du khan et commença à prendre de l'altitude.
- Écoute mon deuxième ordre, - Batu dit, suivant des yeux l'oiseau. – C’est mon père Joutchi qui a conquis Dechte-i-Kiptchak à la demande de Gengis Khan. Mon grand-père lui a donné ces terres et a permis de régler leur sort. Les peuples de Dechte-i-Kiptchak ont un proverbe : « Ce n’est pas un homme intelligent qui a procuré du bétail, celui qui l'a élevé est un homme intelligent ».  C’est Genghis Khan qui a  créé le Grand Khanat ayant réuni cent clans mongols et ayant conquis quarante peuples. Ce sont nous, ses petits-enfants et arrières petits-enfants, les descendants des quatre fils djikhanguirs célèbres : Djoutchi, Djagatai, Ouguedei et Touli – ont  repoussé les limites du grand khanat Karakoroum et ont multiplié la gloire. Mes parents Mengou, Gouyouk, Ordou, Aryk-Bougui, Algouy, Kaydou ont fait beaucoup de bonnes actions. Moi, j'ai traversé la frontière de Dechte-i-Kiptchak , j’ai étendu mon pouvoir aux terres d’oroussoutes, j’ai conquis le Caucase du Nord et j’ai atteint la capitale des Magyars.
Oulakchi écoutait l’histoire de son père aux yeux brillants.
- Si Ouguédeï n'était pas mort, vous seriez allés encore plus loin - à la terre des allemands , francs.- dit-il vivement. Quel dommage que vous avez du tourner votre cheval ...
Batu Khan rit doucement. De nouveau la peau flasque sur le visage se tendit, les pommettes ressortirent nettement.
- Donc, toi aussi, tu vois là la cause de mon retour ? Si tout est lié à la mort du grand khan Ouguédeï, pourquoi Koulagou, qui à ce moment-là a atteint Bagdad, n’a pas tourné ses tumens ? A la tête d'une petite armée , il est allé à Karakoroum et il a laissé les forces principales  en place , les ayant confié à Kite-Bougui-noyon. Moi aussi, je pourrais le faire. -  Batu fit une pause. Les souvenirs du lointain passé l’envahirent. – Non. Je n’ai pas pu le faire. - dit-il pensivement. La mort du grand Ouguédeï n'était qu'un prétexte. Les amis et les ennemis à ce jour ne savent pas la raison réelle. Et la raison était tout à fait dans l’autre.
Oulakchi tendit tout l’esprit. Le père allait lui ouvrir le secret, que personne ne connaissait.
- Alors, quelle était la raison ?
Batu Khan semblait ne pas entendre sa question. Il continua à penser et à se rappeler ce qu’il connaissait seul.
- Beaucoup de gens croient que j’ai passé l’Itil pour conquérir les terres des Magyars. Non, ce n’était pas la limite de mes rêves. Avant je voulais battre les magyars et transformer leurs vastes steppes en territoire pour le reste de mes tumens, puis je voulais attaquer les Allemands , les Francs et les autres peuples vivant plus loin à l'ouest. Mes rêves étaient gras et mes désirs étaient forts. J’ai déplacé mes tumens par l'ancien chemin des conquérants nomades qui avait encore été frayé par le meneur  des khounnou Etil <Etil est Attila, meneur des Huns> . Je savais que les terres que je devais passer, étaient habitées par de nombreux peuples, et c’est pourquoi pour ne pas attraper coup de poignard perfide, j'ai envoyé en Pologne l’armée dirigée par le petit-fils du Siban Baydar-sultan, en Tchèquie – le petit-fils du grand khan Ouguédeï Kaydou-sultan agé de dix-huit ans, en Bulgarie – le petit-fils de mon père Djoutchi Nogaï pas moins grand. J'ai donné un tumen à chacun. Et cette fois, j'ai fait la même chose que j’avais fait quand j’avais marché aux oroussoutes - j’avais envoyé devant des troupes mes ambassadeurs qui avaient du dire aux gens de ces terres : « Soumettez-vous au grand Batu Khan de votre propre volonté ». Je savais que personne n’aura mis volontairement son cou sous l'épée mongole, mais ce n’était pas la chose principale pour moi. Est-ce que tu te rappelles ce qu’une fois notre grand-père avait dit à Chigui Khoutoutch Noyon : « Sois l'œil qui verra tout le monde. Sois l'oreille qui pourra entendre tout le monde ». C’était pour ça j’avais besoin des ambassadeurs . Et ils ont fait ce que j’ai attendu. Bientôt, j’ai appris tout ce que je voulais savoir. Encore en année de poulet (1237) le khan desKiptchaks Kotyan qui s’était évadé de moi avec quarante mille tentes , avait demandé l'asile au Béla quatrième, roi des Magyars. Ensemble, ils auront pu devenir une force redoutable. Mais l'esprit de Gengis Khan n'a pas laissé les Mongols. Les ambassadeurs m'ont dit que la noblesse des Magyars craignant le renforcement du roi, l’avait brouillé avec  Kotyan. Le sort a sévi contre les fugitifs - en une nuit plus de la moitié des soldats des kiptchaks avaient été abattus, Khan Kotyan avait été tué et les survivants, pillant et brûlant les villages de paix sur le chemin, étaient allés aux montagnes des Balkans. Bela quatrième s’était trouvé un mauvais guerrier. Il ne voyait pas plus loin qu’un simple coq voyait. Il lui semblait qu'il n'y avait pas d’une telle force dans le monde entier qui aurait osé empiéter sur ses terres, et c’est pourquoi il avait refusé une alliance avec les oroussoutes. Quand mon armée de cent cinquante soldats sous la direction de Soubédey, Mengou, Gouyuk , Ordou , Kadana , Baydar , Bori , Pechek, Nogaï , Bourounday et Kaydou est allé dans les terres Kharmankibé, prince de Tchernigov Mikhail a envoyé les gens au roi des Magyars - il lui a demandé de marier sa fille à son fils Rostislav. S’ils s’apparentaient, ils auraient pu  s’affirmer ensemble contre nous. Mais Bela quatrième n'a pas consenti à cette union. Il a agi de même envers le Prince Galitsky. Le roi des Magyars croyait apparemment que la tête de sa fille était de l'or,  et le derrière était de l'argent. – Batu Khan sourit sournoisement. – Mais j'ai vu la volonté du Ciel en tout cela. Qu’est-ce que pourrait être plus favorable que le manque d'unité entre les Magyars et les oroussoutes ? Les ennemis puissants pourraient être les Allemands , mais comme j'étais au courant des espions-marchands, ils ne croyaient pas que le sabot de cheval mongol un jour aura posé le pied sur leurs terres. Ils pensaient que nous n'étions pas musulmans, et c’est-pourquoi ils espéraient même employer les Arabes contre nous. A cette époque, les Allemands se préparaient à la campagne aux principautés de nord des oroussoutes - à Novgorod et à Pskov. Ainsi ma campagne aux Magyars a commencé. Nous avons tenu les préceptes de Gengis Khan, nous n’avons pas connu de peur, nous n’avons pas connu de pitié. Les familiers du roi ne pouvaient pas devenir son pilier, et c’est pourquoi combien de troupes il avait organisées, mes tumens vaillants les mettaient en fuite et le sol rougissait de sang. J’ai tourné la ville après la ville en ruines, la fumée noire des incendies couvraient le soleil. Encore avant le début de la mi-été, nous avons capturé Estergom, la capitale des Magyars. Dix mille soldats et trente béliers ont écrasé ses murs. Et plus courageusement les soldats des Magyars se battaient, plus furieuse notre attaque était, les sang coulait à flots des murs de la ville. A ce temps, les tumens mongols sous la direction de Baydar, Nogaï et Kaydou ont inondé du sang la Pologne. Le fils moyen d’Ouguédeï Kadan avait du succès. Il a conquis les États du Sud l’un après l’autre. Les forteresses de Slovaquie tremblaient et tombaient en ruines sous les coups des béliers. Baydar et Kaydou, après avoir conquis la Pologne, ivres de la chance et du sang, ont déplacé leurs tumens aux terres des Tchèques de l'Est. Voici la fortune a détourné son visage – on a du prendre d'assaut chaque monastère, chaque église. Les guerriers mongols pour savoir combien d'ennemis ont été tombés , coupaient l' oreille droite de chaque victime. Ils sont allés de l'avant , et il y en avait  moins. Après avoir l’appris, j'ai commandé à Baydar et à Kaydou de s'arrêter. Sans entrer dans la bataille avec l’armée à quarante mille soldats du roi des Tchèques Votslav, ils sont revenus sous mon drapeau. Il était à ce moment, un messager a apporté les nouvelles noires de la mort du Khan Ouguédei sous Karakoroum. Tous les représentants de Gengis Khan ont du arriver au grand Kouroultay pour élire son successeur digne. C’était alors j'ai commandé à mes tumens de revenir vers l’Itil .
- Si vous confiiez alors votre armée à quelqu’un des vos noyons vaillants... - murmura Oulakchi .
Batu Khan était silencieux pour longtemps en regardant l'aigle planer dans le ciel haut. Ses pensées étaient loin. Il semblait revivre sa jeunesse, l’ivresse des batailles, et les villes en flammes de feu se levèrent devant ses yeux.
- Je n’ai pas pu le faire, - dit Khan fermement .
- Mais pourquoi ?..
- Les terres et les pays conquis par nous étaient innombrables, mais la voix de la raison m'a forcé à être prudent. J'ai vu que ces terres nous appartenaient jusqu’à ce que nous ayons retourné nos cheveux. Nous avons conquis ces pays, mais nous ne les avons pas soumis. Les rois et les tsars, échappés à la mort dans les batailles, nous ont juré de la fidélité, mais le peuple ne leur a pas obéi, et c’est pourquoi u'ils ne pouvaient pas parler en son nom. Se mettant en campagne, je pensais que les vallées des rivières des Magyars seront devenues des pâturages pour les chevaux mongols. Ici, nous prenons une pause pour recueillir les forces et entrer de nouveau en campagnes, à l'ouest . Mais rien n’en est arrivé. Dans les terres conquises il n'y avait pas de paix . Nous n’avons eu aucun jour sans attaques à mes soldats des troupes réfugiés dans les bois. Le sang continuait à verser, et mes tumens s'amincissaient. Et il y avait une autre raison qu’il ne faut pas oublier ...
Batu Khan ferma les yeux avec sa main, comme s’il faisait revivre les temps et les événements oubliés depuis longtemps. Oulakchi retenait à peine son impatience, en attendant quand son père allait commencer à parler de nouveau.
- La raison était la terre des oroussoutes... Avant d'aller à eux, j’ai fait ainsi que mon grand-père avait fait – j’ai envoyé là mes marchands et mes espions. Bientôt, j’ai appris tout ce que je voulais savoir : quelle était l’armée des oroussoutes, comment leurs princes gouvernaient et quelle ce peuple avait été auparavant.
Les oroussoutes avaient vécu en principautés séparées, mais ils étaient un peuple uni, et personne n’avait jamais pu les conquérir. Parfois, dans des combats avec d'autres pays ils avaient essuyé une défaite, mais ils n'avaient jamais perdu leur liberté.
Je savais que ce ne serait pas facile de les soumettre. Et je ne me suis pas trompé. J’ai eu besoin de trois ans pour le faire. Et juste un an pour jeter les autres terres sous les sabots des chevaux mongols.
- Et pourtant vous les avez conquis ! - dit Oulakchi vivement.
- Oui . Ils n’ont pas pu résister à mes tumens courageux parce que chaque prince se croyait plus fort et plus intelligent que l'autre. Je ne vais pas parler des petites principautés, mais si Vladimiro-Souzdalskoye et Galitsko-Volynskoye étaient unies, qui sait ce qui aurait mis fin à notre campagne ... Mais nous sommes les descendants du grand Gengis Khan, et le dieu mongol de la guerre Soulde est avec nous...  Après avoir mis à feu les villes de la principauté Galitsko-Volynskoye, nous sommes entrés dans les terres des Polonais, des Magyars et des peuples ougriens. Je t’ai déjà dit ce qui s'est passé ensuite. Bien sûr, nous pourrions encore tenir longtemps en leur possession , mais je me rappelait toujours des oroussoutes laissés derrière. Celui qui a essuyé la défaite, rêve à la vengeance, et je l'attendais, j’attendais un coup de poignard, parce que j’ai vu comment les oroussoutes savaient se battre. Il était facile de gouverner à Dechte-i-Kiptchak et à Khorezm, parce que les gens d’ici étaient comme nous des nomades. Ici, dans les terres des Magyars, des Polonais et des Bulgares, tout se passait autrement. En voyant tout cela, j'ai réalisé que si je tardais, les peuples des pays conquis allaient à s'unir et nos tumens n’auront pas pu les surmonter. Dans mon dos il y avait la Horde d'Or, et je ne pouvais pas risquer de sa force, sa puissance et sa gloire. Comme pour confirmer mes craintes une révolte commença en Bulgarie et en Moldavie contre Nogaï. Quand Ouguédeï a été mort, j'ai commandé à mon armée de revenir à Dechte-i-Kipchak.
- Il s'avère que l'épée mongole qui a plongé dans la peur tout l’Orient, n’a pas effrayé les autres peuples ? - demanda Oulakchi .
Batu Khan regarda son fils avec étonnement :
- Qui t’a dit que tout l’Est avait peur de nous ? Oui , le guerrier mongol inspirait la terreur aux peuples conquis à cause de sa brutalité, mais après un certain laps de temps apparaissaient ceux qui préféraient la mort à l'esclavage. Les régents, les princes, la noblesse des nations conquises nous ont obéi. Ils ont essayé d’obliger leur peuple à faire la même chose, mais tu sais  des histoires des vieux guerriers comment les gens ordinaires défendaient leurs villes et villages. Il était ainsi partout : à Khorezm et en Rus’, à Dechte-i-Kiptchak et Caucase. – Batu regarda dans les yeux d’Oulakchi. – Est-ce que tu as peut-être entendu parler du batyr de Kipchak Bochpan ? Sa colère ne connaissait pas de limites. Avec ses jigits qui nous haïssaient, il a attaqué les troupes mongoles et a volé notre bétail. Il a semé un grand trouble dans la Horde. Puis j'ai commandé à Mengou de prendre autant de troupes qu’il avait besoin et de m’apporter Bochpan, mort ou vivant. Mengou a équipé deux cent voiliers. Il a passé l’Itil de l’embouchure aux sources, et enfin ses soldats ont saisi le batyr rebelle. « Penche la tête ! Mets-toi à genoux ! » - commanda Mengou. « Je ne suis pas un chameau de tomber à genoux, et ma tête ne penche pas en face de l'ennemi, » - dit Bochpan. L’un des noyons, furieux d’une telle audace, a déchiré le batyr en deux. Tous ses dzhigits ont été égorgés comme des moutons. Bochpan a été tué, mais je sais qu’une étincelle de rébellion couve toujours dans le cœur de beaucoup de gens. Et maintenant de nouveau à propos des oroussoutes. S'ils parviennent à s'unir, s’ils se tiennent dans une rangée, puis tu verras ce qu'ils peuvent ! Aujourd'hui, leur force est divisée, mais la peur a disparu. Je me souviens d’Evpatiy Kolovrat de Ryazan’ brûlé par nous. Je l'ai vu mort ... A son temps, il avait rassemblé autour de lui mille sept cents guerriers. Ils étaient venus de différentes principautés avec soif inextinguible de vengeance et ils ressemblaient aux léopards - audacieux et rapides. Des milliers de mes soldats étaient restés dans les forêts enneigées des oroussoutes. Les Mongols ont plié une légende d’Evpatiy Kolovrat et de ses gens. On y disait que les oroussoutes avaient des ailes, et que chaque guerrier pouvait lutter contre une centaine de guerriers. Donc, c'était comme ça.. Ne crois pas que après avoir conquis le pays, tu va vaincre son peuple. Sois vigilant. Tout à fait récemment, le prince de Tchernigov Andrey, ne souhaitant pas donner les chevaux pour nos troupes, il les a dépassés dans une autre place. Sa culpabilité n'a pas été prouvée, mais moi, pour qu’aucun d’entre princes n’ait pas osé le faire, j’ai ordonné à le faire mourir sous les coups des bâtons. Donc, le prince de Galice Daniil Romanovitch... Pour ce que les boyards ont décidé d’aider les Mongols il a volé leurs patrimoines, a pris les terres et puis il les a attachés aux queues des chevaux non dressés... Les terres conquises bouillaient comme l'eau dans le chaudron ... La rébellion à Tver, le mécontentement parmi les Bulgares, errant le long des berges de l’Itil sous la direction de Boyan et Jekou ... Dix mille soldats mongols avaient donné leurs vies, conduisant à l'obéissance de Boukhara rebelle. Tu ne te rappelles pas – tu n’avais pas encore été dans ce monde ... Mais une chose s'est passé et mes soldats ont été forcés de battre en retraite, étant incapables de maîtriser les Lezghins et les tcherkes de Caucase... Dans un temps difficile vous restez, mes enfants, pour gouverner la Horde d'Or. La Horde est forte, grande mais il n’est pas calm dans ses possessions. On a besoin d'un esprit vif, une main de fer... Maintenant dis-moi : si pourrais-je faire autrement, étant entouré par des ennemis ? Seulement moi et mes noyons les plus fidèles rendaient compte que nous ne pouvions pas détenir les terres conquises. L'ennemi était partout. Même les femmes devenaient des guerriers et sont allées à la mort sans crainte. On pourrait penser que les Magyars ont été écrasés, leurs villes ont été brûlées, leurs champs ont été piétinés, mais ceux qui ont réussi à échapper à l'épée mongole - des soldats, des artisans , des cultivateurs, semblaient perdre l'esprit et cesser de chérir la vie. Ils arrivaient des fourrés comme des fantômes, exerçaient leur vengeance et disparaissaient sans laisser de traces. L’équipe qui était commandée par une  jeune fille appelée Lanka, nous a apporté un grand maleur. Les Mongols l’appelaient la belle Kouralay. C’était sous la ville de Tchernkhaze. J’ai confié mon meilleur noyon Soubédey-bakhadour de lutter contre cette équipe. Tu connaissais  Soubédey, il était rusé et intelligent comme un renard, et courageux et sanguinaire comme un tigre. Ses tumens ont cerné les soldats de Lanka et elle pour ne pas tomber dans nos mains, s’est jetée sur les lances mongoles. Soubédey-bakhadour  m'a apporté sa tête. Lanka, même morte, était vraiment belle. Alors j'ai pensé qu'une telle femme puisse donner naissance à un héros qui n’aurait pas connu de peur, mais la guerre est la guerre, et l'ennemi est l'ennemi ... Les hommes fidèles m’ont dénoncé qu’après avoir apprécié la puissance de la Horde d'Or, les Etats soumis et ceux qui n'ont pas encore été atteints par l’épée mongol, ont commencé à négocier une alliance pour combattre contre nous. Comprends-tu maintenant pourquoi j’avais tourné les tumens en utilisant la mort d’Ouguédeï ?
- Oui, - dit Oulakchi. - Mais vous avez oublié de dire votre deuxième ordre ...
- Non, - objecta Batu Khan. Celui, à qui le trône de la Horde d'Or appartenait, doit se rappeler tout jusqu’à sa dernière heure.
Oulakchi remarqua que le père regardait attentivement l’aigle planant et dans ses yeux, qui étaient déjà couverts de brouillard terne de la mort, les étincelles d’admiration par le vol majestueux de l’oiseau éclataient.
- Maintenant - dit Batu - maintenant, je vais te dire mon second ordre. Rappelles-toi que j'ai déjà parlé du proverbe de Kipchak :  « Ce n’est pas un homme intelligent qui a procuré du bétail, celui qui l'a élevé est un homme intelligent ».  Donc, un homme intelligent n'est pas celui qui a attaqué l'ennemi et l'a vaincu, mais celui qui a obtenu son obéissance et a mis habilement la bride de humilité. Mon deuxième ordre : « L' ennemi vaincu doit devenir ton peuple. Sache  le faire sien à la fin ».
Tout à coup l’audace se réveilla dans Oulakchi, et il voulut demander à son père pourquoi il n'avait pas fait ce qu'il parlait alors, mais il devina que le khan ne dit pas encore tout. Batu comprit ce que son fils pensait :
- Tu veux me demander pourquoi je n'ai pas fait cela ? Je devais le faire et je l’ai fait comment je pouvais. Tant de peuples et des terres ont été conquis. Aurait-il mon père Djoutchi fait ça avec quatre mille guerriers mongols que Gengis Khan lui avait donné ? Dans mes campagnes les guerriers du Karakoroum avaient participé, mais seulement avec eux, je n'aurais jamais créé la Horde d'Or. Toute ma vie, j'ai cherché à transformer la force des peuples capturés en ma force. J’ai réussi à le faire à Maverannakhr  < Maverannakhr  est le territoire  pris entre deux fleuves Amou-Daria et le Syr Darya> et à Khorasan, à Khorezm et à Dechte-i-Kiptchak. Les hommes de nombreux autres peuples qui étaient moins nombreux sont également devenus mes guerriers. Aujourd'hui , toute la Horde d'Or tenait à eux. Je leur ai donné mes noyons, et ils sont devenus comme les Mongols.
- Peut-être c’est nous qui devenons ressemblants à eux ? En effet, nous sommes si loin des terres ancestrales ...
- Peut-être ... – consentit pensivement Batu Khan.- La profondeur enlisait ... beaucoup d'entre eux ... Mais ce sont nous, les Mongols qui restens les maîtres de la Horde d'Or, et notre main tenait toujours fermement les rênes. Pendant que ce sera ainsi, nous les forcerons à suivre partout où nous voulons par de bonnes actions ou par la peur. Pour gagner il est nécessaire  d’avoir la force et les armes, pour gouver – la ruse et l’habileté. Donc, non sans raison les kiptchaks confirment : « Si tu dis doucement, tu pourras même inciter le serpent de son trou. Si tu dis brutalement,  même le musulmane renoncera à sa foi ». Sache aplanir la contrainte par la douceur, alors le pays conquis sera soumis, comme une femme prise de force devient ton épouse. Mon troisième ordre découle de celui deuxième.
Oulakchi baissa la tête.
- Je t’écoute, mon grand khan ...
- Avant d’entrer en campagne contre les oroussoutes,  les Mongols sont entrés en guerre contre Ibir-Sibir, Chine du Nord, Asie centrale, steppes de Kipchak et Caucase. Depuis sa création, le monde n'a pas connu une telle cruauté, que le grand Gengis Khan avait montré aux peuples qu’il avait rencontrés à son chemin. Ses soldats n’avaient plaint personne. Tous avaient été considérés comme ennemis : les femmes, les personnes âgées et les enfants. Aucune créature vivante ne connaissait pas la miséricorde. Mon grand-père était cruel. Mais si tout se passait autrement, je ne sais pas, s’il aurait pu unir d'innombrables tribus mongoles dispersés dans les vastes étendues des steppes et des montagnes , éradiquer l'hostilité séculaire entre eux et les transformer en un peuple,tout-puissant et libre. Les descendants n'oublieront jamais ce que Gengis Khan avait fait. Et nous, ses petits-enfants, voulions être ressemblants à notre grand-père en tout, nous avons détruit, avons brûlé et avons tué. Le louveteau ne peut pas sans faire, ce qu'il avait appris dans sa meute.
Batu Khan se tut, ferma les yeux avec lassitude. Il lui était difficile de parler. La poitrine creusée par la maladie tressaillait convulsivement à cause de sa respiration fréquente, instable. Enfin, il vint à boût de sa faiblesse, et dit :
- Avant de te donner l’ordre suivant,  je parle longtemps. Je commence de loin, parce que je veux que tu comprennes les origines de mon expérience. Les sages paroles s'enfoncent dans le cœur quand ils sont illustrés par exemples. Alors, écoute plus loin. En année du Lapin (1219) les noyons courageux de Gengis Khan Djébé et Soubédey, après avoir noyé l’Azerbaïdjan et la Géorgie dans le sang, illuminé le ciel de ces pays de feu des incendies, étaient sortis à travers des gorges de montagne dans les steppes, situées au pied du Caucase. Voilà les tribus des Alains et des Kiptchaks avaient bloqué le chemin des tumens mongols.  Djébé et Soubédey étaient allés sur un truc. Ils avaient envoyé des ambassadeurs aux Kipchaks, et avaient ordonné de leur dire : « Nous sommes avec vous les frères de sang. Les Mongols et vous, nous sommes les nomades. Renoncez aux Alains, et nous ne vous toucheront pas ». Les Kiptchaks avaient obéi et étaient partis, trahissant les Alains. Nos tumens avaient rasé jusqu'au sol l'armée et les terres des Alains, et ayant rattrapé les Kiptchaks , ils avaient organisé un massacre. Le chemin aux steppes libre de Dechte-i-Kipchak avait été ouvert. Concernat ces terres mon père Djoutchi avait dit : « Ici l’air respire le parfum, l'eau est douce comme le miel et les herbes juteuses cachent le cheval avec sa tête ». Poursuivant les groupes dispersés des Kipchaks, les Mongols s’étaient rencontrés pour la première fois sur les frontières sud de la steppe avec les oroussoutes. Ces jours-là les Oroussoutes et les Kiptchaks étaient en alliance forte. Les habitants de steppe prenaient pas une fois pour ses femmes les filles des oroussoutes et les princes prenaient les filles des Kipchaks. Le Khan Kotyan, tremblant de peur, avait envoyé à son gendre, le prince de Galice Mstislav Udaloy un homme fidèle avec les mots : « Aujourd'hui, les Mongols ont pris nos steppes de nous, et demain ils prendront vos villes ». Mstislav Kotyan avait demandé de l'aide. Les princes des oroussoutes s’étaient réunis en conseil de guerre à Kharmankibe. Ils ne nous connaissaient pas, ils ne connaissaient pas notre force. Les princes avaient entendu la demande de Kotyan et avaient décidé de se mettre à la rencontre avec nous. Mais avant ils ont recueilli son armée, Soubédey ruse avait déjà connu les plans des oroussoutes. Et alors il avait décidé de faire la même chose qu’il avait fait à la veille de la première bataille. Il avait envoyé un ambassadeur aux princes : « Nous allons nous battre pas avec vous, mais avec les Kipchaks. Ils ont lancé plusieurs raids sur vos terres. Ils sont nos et vos ennemis. Ne nous empêchez pas d’exercer la vengeance sur les Kiptchaks ». Mais les princes des oroussoutes n’étaient pas tombés pour cette astuce. Leurs gardes près de l'île Kortouk <Ile Kortouk est Khortytsa> avaient traversé le Dniepr et s’étaient joints aux Kiptchaks . La première bataille semblait être un échec pour les Mongols. Soubédey et Djébé et s’étaient retirés. Les Oroussoutes et les Kiptchaks s’étaient jetés à la poursuite, la cavalerie mongole, qui n’avait jamais su de fatigue, leur avaient échappé facilement. Le huitième jour, Soubédey et Djébé avaient arrêté leurs tumens près de la rivière Kalka. C'était là la bataille avait eu lieu, qui était entré dans la légende. Les guerriers du grand Gengis Khan avaient gagné parce qu'ils ne savaient où se retirer, en arrière il y avait des terres dévastées avec les peuples hostiles. En outre, nous avons eu beaucoup et nous étions unis. Mais dans l’armée des oroussoutes les querelles entre les princes ne cessaient pas et le massacre brutal, que les Mongols leur avaient fait, était encore mémorable aux soldats des Kiptchaks. Le Khan Kotyan avait fui avec les restes des troupes dans le pays des Magyars . Des drougines des oroussoutes seulement un de dix soldats était revenu à sa principauté. Seulement la ville de Kharmankibé avait perdu dans cette bataille dix mille hommes. Enivrés par la victoire Djébé et Soubédey avaient fait marcher leurs tumens contre les Bulgares d’Itil. Mais ils n’avaient pas pris une lutte ouverte , ayant préféré les raids et les embuscades. Fatiguée de batailles sans fin, l’armée mongole avait été forcée de se retirer pour revenir encore une fois sur les rives de l’Itil. La ruse d’un homme intelligent suppose ne pas aller sur des charbons ardents rouges, mais poser le pied sur eux juste au moment où la chaleur est tombée. Encore avant Djoutchi avait maîtrisé une partie des terres de Maverannakhr et de l'Est de la  steppe des Kiptchaks. Maintenant, toute la Dechte-i-Kiptchak appartenait aux Mongols. Le drapeau blanc à neuf queues de Gengis Khan avait été fermement établi sur ses frontières occidentales. Djoutchi Khan était sage. Il avait voulu faire toutes ces terres les siennes. Djoutchi avait mis son quartier au bord de la rivière Sarykenguir et avait cessé de détruire inutilement les Kiptchaks. Et si l’autre fils de Gengis Khan, Djagataï coupait impitoyablement les peuples conquis, Djoutchi était comme une sangsue - sans causer de la douleur, il avait bu le sang des soumis. Les Kiptchaks, qui avaient vu comment Jagatay avait détruit Otrar, Boukhara , Samarkande, qui avaient vu les rivières de sang qu'il avait versé, s’étaient inclinés devant son seigneur, le croyant sage et juste. Trompé par la ruse les gens avaient perdu la force de résister. Il était comme un gros poisson étourdi qui s’était frappé sa tête aux pierres. Les Kipchaks s’habituaient plus aux Mongols. Lorsque Gengis Khan avait appris à ce que Djoutchi faisait, il n’avait pas compris son fils. Son truc semblait à Seigneur une faiblesse. Habitué à régner par le feu et l'épée, il avait trouvé des actions de Djoutchi comme la dérogation de son précepte. La rumeur disait que Gengis Khan avait ordonné de tuer son fils. Je ne sais toujours pas si c'est vrai. Mais cela pouvait être vrai . Pour la majesté, qu’il avait établie dans l'état mongol, Gengis Khan ne connaissait de pitié à personne. Djoutchi était mort, mais il était impossible de changer ce qu'il avait fait. Il nous avait laissé le peuple, qui avait été récemment notre ennemi, et maintenant qui a adopté beaucoup de choses de nous, des Mongols. Après la mort de mon père, l’homme qui faisait trembler tout l’univers avait partagé en deux parties les terres appartenant à Djoutchi. Il m'avait donné la moitié de Khorezm et toute la Dechte-i-Kiptchak, et un énorme pays Ibir-Sibir , couvert de forêts dense , avec de nombreuses rivières et lacs, avait devenu appartenir à mon frère aîné Ord . Avec mon aide, dans dix ans, mon frère avait déclaré la ville de Changui-tara comme un quartier et avait organisé la Horde bleue, et moi, j'ai soulevé le drapeau blanc invincible...
Le jour mourait. Le soleil était au bord de la terre, et la brume bleue couvrait les lointains de la steppe. La surface de grand Itil jouait d’or et de sang et les toits d'or de la capitale de la Horde - Sarai brillaient chaudement sous le soleil couchant.
- Notre Horde blanche s’est transformé en celle d’or ... - rompit le silence Oulakchi.
Batu Khan hocha la tête.
- Oui. Les Oroussoutes l’appelaient la Horde d'Or. Seulement les peuples de l’Est les Kiptchaks et les Bulgares la croyaient encore blanche. Moi, j’aime bien le deuxième nom ... Quand je l'entends, il me semble qu’un reflet de souldé  <Souldé - drapeau (Mong.)> blanc à neuf queues sacré du grand Gengis Khan tombait sur mon Etat. Et c'est très bien ... Et là où il y a de l'or, il ya toujours la trahison et la perfidie. Il était toujours ainsi. J’ai parfois peur d'appeler mon Horde d’or, parce qu’il me semble voir que ce mot apporte le mal et la haine ... et la mort...
Oulakchi savait que les noyons mongols et des soldats simples croyaient en mauvais esprits, croyaient aux présages et prémonitions, mais il lui semblait que cela ne pouvait pas se rapporter à son père, au grand Batu Khan , sur le visage duquel personne n'avait jamais vu de doute et de peur. Il s'avérait qu'il croyait aussi ...
- En année du cheval (1235), - commença à parler de nouveau le khan, - les Mongols avaient soumis tout le Caucase, avaient détruit les Bulgares d’Itil, avaient fait soumettre les terres des Bachkirs, des Mordovan et avaient pris les basses du Dniepr et de l’Itil. A la grande kouroultay on avait décidé de faire marcher les tumens mongols plus loin à l'ouest, dans les terres des oroussoutes. J'ai été nommé lachkarkachi < Lachkarkachi est le meneur de la campagne.>. Par décision du Kouroultay chaque branche de la famille de Gengis Khan devait donner à participer à la campagne par un fils et deux soldats de chacun de dix qu’il y avait en sous-ordre. Cent quarante mille soldats s’étaient rassemblés sous mon drapeau. Des descendants de Gengis Khan Ordou, Gouyouk, Bori, Baydar, Kadan et Kaydou s’étaient joints à moi avec leurs tumens. Exactement un an plus tard, nous s’étions mis en campagne, et encore un an plus tard nous étions entrés dans les terres des Oroussoutes...
Batu Khan resta pensif. Les visions de son passé passaient devant lui. Il oublia pour un moment que son fils se trouvait à côté de lui en attendant la suite.
- C’étaient mes jours heureux, - dit-il soudain d'une voix enrouée. - La terre où nous avions marché, devenait salée de larmes des vaincus, et le vent sentait le sang. Au début de la campagne, j'ai divisé mon armée. Une de ses branches ayant traversé l’Itil est entrée à Souzdal, la deuxième a coulé vers Riazan’, et la troisième avait à capturer la Principauté Voronejskoye.
Pendant trois ans, nous avons pris les terres méridionales et orientales des oroussoutes. Leurs villes les plus grandes Kharmankibe, Riazan’, Voronej , Vladimir , Souzdal, Tchernigov étaient en ruines... Seulement Novgorod et Pskov sont restées insoumises. Les forêts et les marécages ont bloqué notre chemin et n'ont pas donné la possibilité d’apporter là-bas nos béliers. Je n'ai pas abandonné l'annexion de ces terres, mais d'abord j’ai décidé de donner un repos à mes tumens parce que nous n’avons pas remporté la victoire facilement. Certaines forteresses restaient insoumises. Smolensk  nous a pas soumis non plus. Et nous avons agi ainsi que Gengis Khan nous avait appris dans de tels cas. Nous avons fait le tour du côté de la ville, en comprenant que le temps sera venu et la ville, entourée de tous les côtés, sera devenue la nôtre quand même. Dans mon armée il y avait un vieux esclave des romey. Après, on m'a dit qu'il avait pris secrètement des notes sur la campagne. Alors, écoute ce que ce romey avait écrit : « Comment le coeur des soldats mongols avaient commis tant de meurtres pourrait le supporter ? Le chemin de l’armée était couvert de cadavres.  Les Mongols avaient brûlé des temples et avaient détruit tous les êtres vivants... » 
Batu Khan rit doucement. Son visage devint ridé, les yeux cachèrent sous ses paupières lourdes :
- Comment pourrait-il le cœur des guerriers mongols supporter ?.. Et pourquoi il n'a pas du supporter si nous avions faim de sang et nous savions pourquoi nous allaient aux terres  étrangères ? Le chemin menant à la victoire que brutal il soit, est toujours le bon chemin. Pourquoi avons-nous besoin des temples étrangers ? Nous avons nos propres dieux, et ils nous aident à gagner. Pourquoi avons-nous besoin des villes étrangères, où il n'y a pas d'espace, et les hauts murs ne peuvent pas sauver leurs habitants des hommes audacieux et forts ? Le Grand Gengis Khan avait enseigné que tous les peuples devaient vivre comme les Mongols vivent, parce qu'il n’y avait pas de meilleurs us et coutumes que les nos. Les êtres humains, comme les animaux , doivent connaître la liberté et vivre que le Ciel et la terre leur disent, et obéir à une seule personne qui est appelée à être leur maître ... Oui. Notre grand-père nous a ainsi appris... Et voilà quand nous avons terminé notre campagne, et avant de retourner à notre patrie, nous se sont réunis pour une grande fête, la haine a commencé entre moi et Gouyuk. Son père, Ouguédei, était grand khan, mais il était arrogant et envieux. Les exploits et la gloire l’évitaient toujours, car il n’avait ni esprit ni courage. A la fête moi comme le meneur de toute l’armée devait le premier soulever une coupe de vin. Et après, Gouyouk et Bori, tourmentés par la jalousie , disaient : « Comment Batu peut prononcer la parole et boire du vin le premier ? Il est temps de le faire tomber avec ses femmes barbues sur le sol et les fouler aux pieds ? Qu’ils comprennent le topo ! » Argoussoun, fils d’Elotchidey-noyon qui avait bien mérité de Gengis Khan, a embrassé la cause de ces deux. Tu vois, mon fils, quels ce sont les descendants du grand Gengis Khan ? Nous allions ensemble à l'ennemi, mais quand le temps vient de diviser la gloire et la fortune, chacun ne pense qu'à soi-même et prêt à tout pour ça. J’ai agi avec sagesse et je ne leur a fait aucun mal. Après leurs pères, Ouguédeï et Djagataï ont fermement puni Gouyuk et Bori. Argoussoun a obtenu le sien aussi. Mais ... Que yeux soient toujours vigilants ... C’est pour l'avenir je te l'ai dit, et maintenant il est assez de parler, parce que certains d'entre eux ont déjà quitté ce monde. Tout bon et mauvais est allé avec eux ...
Cette fois-là, Batu Khan se tut pour longtemps, et Oulakchi n’osa pas rompre le silence. Il vit le visage de son père aiguisé encore plus que d'habitude, et ses yeux suivaient attentivement l'aigle planant dans le ciel du soir.
Le Khan terrible se rappela soudain le vieux navigateur, capturé en Crimée, et son histoire des pays lointains. Le vieil homme dit que si quelqu'un  à bord d'un vaisseau devait mourir, les requins cannibales le sentaient et ils ne se tranquillisaient pas jusqu’à ce qu’ils aient pris leur victime. Soudain l’idée vint que l’aigle noir n’était arrivé tant de jours parce qu'il savait que le temps de Batu n’expira pas encore. Mais aujourd'hui ... Est-ce qu'il ne partait pas jusqu’à la nuit et n’essayait pas de l'attaquer parce que son heure suprême vint malgré tout ? Peut-être cet oiseau sinistre qui lui avait volé son fils, se sentait l'approche de la mort ...
Le coeur tressaillit douloureusement. Non! Il ne devait pas en être ainsi ! Seulement le corbeau mangeait de charogne, mais c’etait un aigle ... Il prenait sa proie vivante ... Seulement il aurait été assez de force quand cela arrivait ...
Batu Khan respira profondement et regarda autour de lui. C’était une belle terre de soir, et le lointain couvert de brume bleuâtre semblait mystérieux et l’invitait.
Le khan pensait qu’il remarqua rarement la beauté de la terre. Toujours et partout, il fut saisi de rêve de la victoire sur ses ennemis et de la conquête du monde. Il eut peur que la main de quelqu'un ne se tendît pas à son trône ...
Enfin Oulakchi ne supporta pas le silence :
- Mon père, vous avez multiplié la gloire de Gengis Khan. Vous avez fait tant de bon ...
Batu Khan tressaillit et regarda son fils :
- Tu dis que bon ? Mais est-ce que j’ai bien fait en tuant des gens, brûlant les villes.. ? Moi, qui a fait tant de terres et de peuples se cabrer par ma brutalité... – Le khan se tut. Et soudain dans ses yeux ternes, comme l’eau d’automne les reflets des flammes s'élancèrent. – Tu as raison , - dit durement Batu. – Tout ce que j’ai fait est une bonne action. Le ciel  le désire. Le khanat créé par notre grand-père le désire. Mes actions l’ont rendu célèbre et les Mongols dans l'univers entier. Et si c'est ainsi - c'est bon ... J’ai à te dire tout un peu. Mon discours touche à sa fin, ainsi que ma vie ... Bientôt, ton frère Sartak va prendre le trône de la Horde d'Or ... De ma volonté, il est devenu anda <Anda est jumelé> avec le prince de Novgorod Aleksandre Nevskiy. Maintenant il est le prince le plus puissant des oroussoutes. Il est audacieux, courageux et il sait voir ce qui est disponible pour les autres. Le Ciel a de la bienveillance pour lui, et les autres l’écoutent. Tu peux demander pourquoi je les ai fait les jumelés ? Je vais te dire. Après la campagne contre les oroussoutes moi et Gouyouk, nous sommes devenus ennemis, et quand il est monté sur le trône de son père à Karakoroum, il a voulu me tuer. Sous son bras il y avait plus de cent mille guerriers mongols courageux . Alors j'ai réalisé que, me trouvant entre deux feux, je ne devais pas irriter les princes des oroussoutes par moi-même. Conquis par la force, ils attendaient simplement le moment pour attaquer la Horde d'Or. Pendant que Djébé et Soubédey sont allés aux oroussoutes, Aleksandr Nevskiy se trouvait dans la même position. D'une part nos tumens menacaient à Novgorod et à Pskov, de l'autre il y avait les croisés de l'Ordre de Livonie. Les Allemands ont conquis les peuples habitant dans les forêts de la mer Baltique, et ils voulaient faire la même chose avec les oroussoutes. Mais il s’est trouvé que Aleksandre les a battu sur la rivière Neva, et nos tumens ont battu les membres de la milice germano-polonaise et les chevaliers allemands qui avaient été engagé par le prince polonais près de la ville de Legnitsa . Un an plus tard , les Allemands ont marché de nouveau à Novgorod et à Pskov, et de nouveau dans la bataille près du lac Tchoudskoye, la victoire était sur le côté d'Aleksandre. Le battu ne cesse pas de battre. Les croisés étaient aux frontières des oroussoutes, et les princes de Novgorod ont dû demander de l'aide. De deux maux il faut choisir le moindre. Au cours de ces années, nous avons cessé de nous mettre en campagne contre les principautés des oroussoutes et  nous les avons imposé par tribut , les Allemands menaçaient de faire les oroussoutes des esclaves. Le père d’Aleksandre Nevskiy prince Yaroslav est allé pour négocier à Karakoroum au Khan Gouyouk espèrant obtenir de l'aide. J'ai déjà dit que Gouyouk ne diffère pas de prévoyance. Par dénonciation de'un des boyards de la suite du prince Tourakin-khatun - la veuve d’Ouguédeï a ordonné d’ empoisonner Yaroslav. C'était alors que ses deux fils - Aleksandre Nevskiy et Andrey Yaroslavovich sont venus à la Horde. Cette union m’étais avantageuse. Sartak est devenu anda d’Aleksandre.
- Sartak a adopté la religion chrétienne... - dit avec désapprobation Oulakchi.
- Qu'est-ce que c’est la foi ? C’est une arme qui permet de gérer et de mettre un frein aux gens. Si tu vois que la foi t’aide à garder et à augmenter la puissance du khanat, prends celle qui est nécessaire. Notre grand-père était sage. Il a dit : « Qui est plus grand - Allah ou Dieu des chrétiens, je ne sais pas ? Mais s’ils sont vraiment grands, que tous les deux m’aident » .  Je ne suis pas contre que Sartak est devenu chrétien, et Berké a adopté l'Islam. Qu'il en soit ainsi. J'ai peur de l'autre. Ces fois sont trop éloignées l’une de l’autre et si les fils deviennent les disciples trop zélés et oublient leur principale raison pour laquelle ils les ont adoptées, une querelle peut commencer entre eux. Cela va affaiblir la Horde ...
- Père, est-ce que cela pourra arriver ? - demanda anxieusement Oulakchi .
- Oui. Mais il ne devra pas ainsi. La religion est obligée à être près du trône comme un vizir. C’est Sartak qui va gouverner la Horde. Il sera ainsi, si le Ciel garde la vie de Mengou, qui a été élévé pas sans notre aide sur un feutre blanc à Karakoroum. Mais une chose est d’s'asseoir sur le trône , et l'autre est de gouverner. Notre grand-père Gengis Khan , sur le point de conquérir le monde, pensait à trois choses. Premièrement, les mains fortes seules et uniques peuvent unir des centaines de tribus mongoles, mais les pays auxquels il va diriger ses tumens ne s'entendront jamais. Deuxièmement, il n’y a pas de guerriers plus forts et plus courageux dans tout le monde que les Mongols, et aucun peuple ne pourra leur résister. Et troisièmement, il n’y a pas dans tout l'univers de régent plus sage que lui, et tous les autres ne sont que la poussière à ses pieds. Je ne sais pas combien Gengis Khan croyait lui-même en ce qu'il a dit. Il était souvent rusé, comme un loup de steppe, et il prononçait les paroles pour que les autres lui aient cru. Mais jusqu'à présent, ni amis ni ennemis ne comprennent bien comment le peuple peu nombreux – les Mongols – avaient réussi à conquérir toute l'Asie, la Chine et des centaines d'autres peuples. Certains expliquent cela par la capacité de mener les guerres ainsi que personne n’avait jamais fait, les autres expliquent par la discipline de fer mis en place dans l'armée de Gengis Khan. Peut-être cela est correct. Auraient les Mongols pu vaincre les oroussoutes et goudjiyan courageux qui étaient supérieurs en nombre ? J'ai réfléchi beaucoup à ce sujet, et tout de même la cause principale de notre succès est en ce que les pays auxquels l'épée du grand Gengis Khan indiquait, n'étaient pas prêts pour la guerre contre nous. Nous étions jeunes, et le Ciel nous a envoyé un homme qui a réussi à rassembler toutes les tribus mongoles dans un poing. Il a déterminé le but et a tourné la cruauté en l’avantage principal d'un guerrier. Et les États, à qui Gengis Khan a tourné son attention, avaient été formés il ya longtemps et ils avaient beaucoup de gens qui voulaient le pouvoir, mais ne savaient pas gérer. Leurs querelles semait la discorde et les conflits. Et il se trouve que le nouvel Etat rappelle toujours un jeune tigre : il aime à intimider, mais celui vieux ressemble à un lion caduc et il n’est préoccupé que par une chose :comment sauver sa propre peau.
- Père, est-ce que vous n’exagérez pas le courage des oroussoutes et de goudjiayn.. ?
- Non, - dit fermement Batu Khan. – La vie m'a appris à respecter l'ennemi, s’il a vraiment du courage. Je ne l'ai jamais dit à haute voix, mais je me rappelle cela toujours. Si ton ennemi est peureux, est-ce que le prix de ta victoire est tant haut et est-ce que ta gloire va augmenter, si tu supprimes des lièvres courants ? Nous, les Mongols, étaient toujours les plus brutales dans les pays dont les gens préfèraient la mort à l'esclavage. Pour notre majesté et notre sécurité future, nous ne pouvions pas les épargner. Tu dois, mon fils, connaître le passé et la vérité concernant toutes nos conquêtes. Plus haut est l'arbre, plus profondes sont ses racines. Vous devez prendre soin de la majesté future de la Horde d'Or, et pour cela vous avez besoin de comprendre l'essence du passé. Celui, qui lève son fouet sur lui, va attraper un coup de bâton de l'avenir . Rappelle-toi ça. Pour gagner, on peut tout faire. Il est temps de te donner le troisième ordre. Ecoute-le, et retiens : « Avant de te mettre en campagne, apprends tout concernant la force et la puissance de l'ennemi, dont sur la tête tu vas tirer ton épée. Et si tu comprends que le moment où tu peux le vaincre,  trompe, deviens amis avec ce peuple, mais n'oublie pas qu'il est ton ennemi ».
- Alors ... - Oulakchi regarda son père en désarroi. - Alors, pour cette raison avez-vous fait le prince Aleksandre Nevskiy le jumelé de Saptak ?
Les yeux de Batu Khan rétrécirent :
- Oui. Nous n'avons encore touché ni Novgorod , ni Pskov ... Le temps n'est pas encore venu ... Je sais que le prince Aleksandre est notre ennemi. Mais tous les moyens sont bons quand tu as besoin d’atteindre ton objectif. Ne laisse pas tes ennemis unir, sois vigilant. Quand j'ai appris que Sartak a décidé de devenir jumelé d'Aleksandre, je ne m'y suis opposé pas. Le prince Aleksandre Nevskiy est fort ... Maintenant, il est étroitement lié à la Horde, et les autres princes vont le traiter qui avec suspicion, qui avec envie. L'unité ne leur viendra pas pendant longtemps.
- Mais le prince Aleksandre n’est pas stupide ...
Les yeux de Batu rétrécirent. Les étincelles méchantes et froides brillèrent dans ses yeux : 
- Ai-je dit l’autre ? Le grand besoin l’a poussé à cet acte. Le prince veut être sûr que le sabre courbe mongol ne va pas tomber sur les terres de Novgorod et de Pskov, au moins jusqu’à ce qu’il sente qu’il n’y a aucun danger des chevaliers allemands. Sartak peut-être ne comprend pas tout, mais Aleksandre regarde plus loin. Nous avons peur l’un de l'autre, et c’est pourquoi  l'amitié entre la Horde et le prince est comme un loup et le lynx, qui sauvent de l’incendie. Le danger passe, et personne ne sait qui le premier va saisir la gorge de l'autre ... L’amitié  véritable entre le vainqueur et le perdant ne peut pas être. Les oroussoutes cherchent notre protection simplement parce qu'ils n'ont plus d'autre choix. Cependant, il y a parmi les princes et ceux qui, pour leur propre profit sont prêts à faire quoi que ce soit ... Je les ai toujours méprisé, mais dans l'intérêt de la Horde je ne les ai jamais poussé ... Qu’ils sèment la discorde, qu’ils versent du sang , et qui d'eux va gagner, ce n'est pas grave. Je te répète encore une fois, sois vigilant quand tu regardes dans la direction des terres des oroussoutes, et rappelle-toi que ton cheval de bataille doit toujours être sellé. Les gens qui y habitent ne seront jamais amis de ceux qui les ont amenés le feu et l'épée.
Batu Khan se tut, passa les mains jointes sur son visage.
- Je t’ai donné trois conseils. Le premièr provient de notre grand ancêtre Gengis Khan. Le deuxième, c’était  ton grand-père Djoutchi qui s’y est guidé. Le troisième m’appartient. Chacun de nous faisait ce que le temps lui ordonnait et la gloire des Mongols ne s’est pas ternie, mais elle a atteint le ciel. Donc, nous avons bien fait. Si mes ordres deviennent les règles pour vous, la tente de la Horde d'Or se tiendra toujours.
Batu Khan, plein d’espérance, regarda son fils et ne vit pas ses yeux .
- Va, - dit-il calmement après un certain temps. - Va. Je t’ai dit tout ce que je pourrais dire ...
***
Comment pouvait-il Batu savoir que rien n’était éternel sous le ciel éternel ? Il vécut ainsi que son grand-père Gengis Khan vécut, et il ne savait penser que de la même façon. L'ombre de l’ancêtre lui couvrit le lointain, et c’était pourquoi il était comme un cavalier allant dans la steppe, au crépuscule de la journée finissante quand on pouvait reconnaître et voir seulement ce qui était près de toi .
Batu croyait que la steppe sera restée éternelle, et les perdants serons restés soumis éternellement. Même devenu khan, il détestait et méprisait tout ce qu’un simple nomade détestait et méprisait, et il ne pouvait donc pas voir ce que l'avenir préparait à la Horde d'Or. Sachant qu'il allait bientôt quitter cette vie, il croyait qu’il léguait la sagesse aux descendants, mais de fait il leur laissa seulement la ruse d’un bandit de steppe. Batu croyait que tout aura été ainsi toujours : d’autres peuples auront  labouré, auront semé et cultivé le pain, auront tissé la soie, auront extrait du fer et d'or, auront construit des villes, et ses descendants auront été appelés à venir pour recueillir une moisson abondante par cimeterre. Méprisant les peuples conquis, le mongol ne voulait pas savoir à ce qu'il pensait. Mais qui aura pu apprendre à Batu et lui ouvrir un grand mystère de l’homme qui à la sueur de son front  procurait son pain ? Comment pouvait-il savoir que se penchant sur la charrue et pétrissant dans les mains  un épi de blé chaud, les gens pensent non seulement sur le pain, mais aussi comment ils vont vivre plus loin ? En construisant des villes, cloué sur place, l’homme crée son propre avenir , en pensant à l'avenir de ses enfants , et donc, à son peuple. Et le temps viendra où le cheval du nomade s'arrête devant un obstacle incroyable, dont le nom est la création et son maître ne pourra ni comprendre, ni interpréter, et jetant un regard rétrospectif avec embarras, il verra derrière lui la steppe vide comme il y a mille ans, brune du vent et du soleil avec yourtes vétustes rares, que les  ancêtres tous ensemble n’ont pas pu remplir de richesse, comme un abîme sans fond, parce que tout ce qu'ils avaient apporté là était étranger et sentait le sang. Fier de son œuvre de la Horde d'Or , Batu ne pouvait pas même penser que sa mort avait été établie dans sa naissance.
Le soleil toucha le bord de la terre. Il était temps à Batu Khan pour revenir à la Horde, et à l' aigle noir de voler au nid pour la nuit. Mais les deux attendaient quelque chose. Éclairé par le soleil couchant, tout en vêtements rouges , le khan semblait trempé de sang. Il était assis sur le sommet de la butte, se courbant, ayant tiré la tête dans les épaoules, et il semblait somnoler. L’aigle planait majestueusement dans le ciel et à chaque cercle il descendait plus en plus bas vers le sol.
Batu ne vit pas le vol de l'oiseau, mais son corps en prévision du prochain combat tremblait et se recroquevilla en boule. Il était prêt pour son dernier combat, mais tout à coup un sentiment ressemblant à la peur, l’empara. Le khan ne le connut jamais. Lui, qui plusieurs fois avait dirigé ses tumens aux ennemis, qui plusieurs fois avait éprouvé le frisson de mort imminente, il en avait la chair de poule. Et seulement un désir irrésistible de vengeance aida le khan à se maîtriser. Il mentalement remercia le ciel pour ce qu’il n'avait pas à mourir dans son lit, mais avec son épée dans sa main, comme il convenait à un guerrier mongol.
Soudain, une ombre noire déployée rasa la terre, et un coup de vent rigide frappa le visage du Khan. Batu leva la tête. La blancheur de mort inonda son visage cendré, pâle.  Il vit le ventre bariolé de l’aigle, et ses pattes pincées avec des griffes tirant sur l’acier ... et sur l'une d'eux il vit un plaque sur un cordon de soie. Batu Khan ne pouvait pas se tromper. C'était son aigle, qu'il avait apprivoisé jadis et deux ans plus tôt il chassa avec lui pour les loups.
Le khan suivait aux yeux fous l’oiseau noir prenant de l'altitude pour un nouveau bond, et la steppe infinie couverte de première neige et les montagnes lointaines avec crevasses sombres des gorges se levèrent en pensée devant les yeux. Le cheval courait rapidement, le vent glacial frappait dans le visage, et ce même aigle fut assis sur l’arc de la selle aux yeux fermés par la cloche de cuir.
Batu Khan se rappela comment les rabatteurs soulevèrent un gros bête gris, et il enleva la cloche de la tête de l’oiseau favori de chasse, le jeta dans le ciel bleu comme la soie. Un des noukers accompagnant le khan quelque part derrière, battit quelques fois un tambour en cuir - daouylpaz.
Après le vent souffla dans le visage et il éprouva la joie enivrante comme le vin à cause de la course effrénée.
L’aigle prit un loup, mais quand Batu Khan, ayant quitté son cheval courut vers le bête tombé pour plonger un poignard dans son cœur, il fut trop tard. L’oiseau déchira déja la poitrine du loup et arracha son cœur.
Batu était furieux. Il était défendu à l’aigle de devancer son maître. En rage le khan leva son fouet...
Pour toute la vie il se souvint les yeux froids fixes de l’oiseau, ses ailes noires énormes, ouvertes sur la neige blanche et la poitrine déchirée du bête fumant au froid. L’aigle émit un cri strident et s’envola dans le ciel. Il ne revint jamais à son maître.
« Il n’y a pas d'ennemi plus pire que l’un ami qui t’a détesté », - murmura Batu Khan. Il eut encore du temps de penser qu'il n’aura pas pu dire à son fils ce que ce moment lui avait appris.  « Sois ami à ami, sois ennemi à ennemi, n’offense pas l’ami, ne sois ami à l’ennemi »... L’aigle, les ailes repliées, se jeta en bas comme une pierre.
Batu Khan réussit à battre de son épée... L’aigle avec l'aile coupée tomba sur la terre. Le khan fit un pas vers lui et il vit les yeux impitoyables, injectés de sang de l’oiseau et une fureur indomptable dans ces yeux ...
Batu leva son épée pour poignarder la poitrine de son ami qui était devenu un ennemi pour éprouver la joie de la vengeance accomplie pour la dernière fois, mais son corps fut devenu indocile et le ciel versé du sang du coucher du soleil le couvrit. La force inconnue jeta impitoyablement le grand Batu Khan sur la terre...
Le lendemain matin, à l'aube, sans avoir repris connaissance, fut mort horrible Batu Khan. Les larmes de tristesse et de chagrin embrouillaient les yeux des noyons braves et des simples soldats.
Les descendants de Gengis Khan, quelle que ait été leur foi, ils observaient pieusement les coutumes mongoles. N’importe où le khan fut mort, il devait être enterré dans la terre de ses ancêtres. Mais le chemin de Saray à  Karakoroum était trop long, c’était pourquoi sans oser violer la coutume, il décidèrent d’agir ainsi : on fit deux cercueils noirs, et on mit les vêtements et les armes du Khan dans un cercueil, et deux cent soldats, habillés tout en noir, aux chevaux noirs allèrent aux steppes mongoles, remportant l'esprit du grand vainqueur des peuple à la patrie des ancêtres. Dans l’autre cercueil orné d'or, on mit le corps de Batu Khan, les armes coûteuses, les coupes d'or, dont il avait bu du vin et du koumys.
Pour que l' éclat de l'or n’ait personne séduit, et les ennemis n’aient pas pu y insulter, la nuit profonde les gens les plus proches emportèrent le cercueil avec le corps de Batu au bord haut de l’Itil, couvert de forêt épaisse. Là, il fut enterré. Et de nouveau, respectant la coutume des Mongols on ne mit pas de monument  funéraire sur la tombe de Batu Khan. On planta  de jeunes arbres dans le sol meuble. Pendant quelques années l’équipe de toulenguites d’élite garda le bois défend détruisant toute vie qui tentait d’y approcher ou d’y survoler. Ce fut ainsi jusqu'à ce que des arbres aient poussé sur la tombe de Batu Khan et personne ne pouvait savoir où se trouvait le Grand Khan de la Horde d'Or.
***
Les tristes nouvelles de la mort de son père rattrapa Sartak en chemin. Comme un chrétien , il ordonna à un soldat oroussoute de l’équipe de dire jour et nuit des prières pour le mort, mais il ne retourna pas son cheval.
Le Grand Khan de la steppe mongole Mengou, heureux que Sartak, malgré la mort de son père, arriva à Karakoroum pour participer au kouroultay, l’a approuvé comme le khan de la Horde d'Or.
LE DEUSIEME CHAPITRE 
I
Sartak passa l’hiver de lièvre (1255) , l’année qui lui apporta le titre de Khan de la Horde d'Or, dans le palais de Gulistan de la ville de Sarai Batu. Il était calme dans les terre dépendantes, et à partir de l'automne, le nouveau khan , ayant remis tous les soins,  s’occupa des affaires religieuses et du renforcement des liens avec les principautés des oroussoutes.
Depuis que Sartak devint jumelé avec le prince de Novgorod Aleksandre Nevskiy et adopta le christianisme, beaucoup de choses changèrent en lui. Venant à Novgorod, il visitait les églises et les cathédrales, il étudiait soigneusement la façon dont les oroussoutes vivaient.
La foi chrétienne plut au jeune khan par ses rites somptueux et sa solennité. Les Kipchaks, le peuple qui lui était soumis et le principal pilier de la Horde d'Or, confessaient l’islam, mais cela ne troublait pas Sartak. Il croyait que le temps sera venu et il aura été possible de tourner les nomades en christianisme . Selon son ordre, le maître captif allemand Gosset bâtit une église dans le bas Itil, près de la petite ville de Soumerkente. Contrairement aux attentes du khan les Kipchaks l’accueillirent  indifféremment et ne se dépêchaient pas d’accomplir le rite du baptême. Seulement une partie de la noblesse et certains membres de la famille du khan prirent l’exemple sur Sartak.
Le jeune khan était perplexe avec cette question, mais cela ne le bouleversa pas beaucoup. Il croyait que toute chose avait son temps. Sartak ne contraignit personne. Il aimait l’orthodoxie, mais il n’était pas possible de l'appeler un chrétien. Ayant grandi comme tous les Mongols, en selle , il croyait en chamans et en guérisseurs. Sartak ne pouvait pas prendre immédiatement par son âme beaucoup de conditions et obligations insupportables pour lui que la foi lui imposait. Donc, étant chrétien, il avait six femmes à trente ans. Deux d'entre elles étaient des familles mongoles, trois étaient des Kipchaks, et une était des Alains. Toutes les femmes donnèrent naissance à ses enfants, mais aucun enfant  survécut. L’année où Sartak adopta le christianisme le fils aîné d’Oulakchi, âgé de sept ans, tomba de son cheval et s’écrasa. Les autres enfants ayant atteint l'âge d’un an ou deux ans, moururent d'une maladie inconnue.
Les Kipchaks chuchotaient, qu’il semblait que la malédiction était sur leur khan. Et comment aurait-il pu être autrement, lorsque deux ses femmes étaient bouddhistes, trois ses femmes étaient musulmanes, et lui, il était un chrétien. Comment pouvaient les enfants vivre si leurs parents adorent les dieux différents ? Comme on savait depuis longtemps si deux  chameaux commençaient à frotter, la mouche aura péri entre eux, et si les dieux entraient en discussion de l'âme d’un bébé, l'un des enfants aura obligatoirement mort de la malédiction d’un d’eux.
Ces rumeurs atteignirent Sartak , et il décida de prendre la septième femme, cette fois-là elle était chrétienne. C'est là où, pour la première fois, il se heurta aux particularités de la nouvelle foi.
Une fois, quand le khan visita Novgorod, une jeune fille de seize ans Natacha de la famille noble des oroussoutes tomba sous ses yeux. Le coeur de Sartak tressaillit. Au visage blanc, mince, ayant une longue tresse châtaine, un regard lucide de ses doux yeux bleus, elle charma immédiatement le coeur du khan. Ses parents donnèrent leur consentement, mais sans beaucoup de joie. Et qui pouvait refuser au fils du grand Batu Khan ?
Et voilà l'église intervint. Selon la tradition chrétienne, Sartak et Natacha devaient se marier. Le métropolite de Novgorod Daniil dit : « Fils du grand Batu Khan, nous aimons ton désir. Le soutien de la Horde d'Or , tu nous es cher, mais la foi pour le chrétien est la plus chère.  Selon nos lois, croyant en Jésus-Christ ne peut avoir qu'une seule femme. Et si tu aimes la jeune fille Natalia et tu veux la prendre pour épouse, laisse tes femmes précédentes. C'est alors seulement je peux vous marier ». 
Sartak pria le métropolite rétif, menaça, mais il était catégorique. Le khan jeta sur les épaoules de Daniil le manteau cher de zibeline, lui donna le cheval sous la selle d'argent, il le combla de pièces d'or.
Le métropolite prit les cadeaux, en disant : « Que tout ce que tu as donné soit ton don à l'église sainte, mais le Dieu me maudira, si je te marié jusqu'à ce que tu ne laisses pas tes femmes précédentes ». 
Le jeune Khan n’eut pas de courage de faire ce que le métropolite avait dit. Bien que Sartak ait été tout-puissant, mais ne voulant pas détruire l'unité de la Horde, craignant la vengeance des  parents de ses épouses, il décida d’attendre le bon moment.
Il semblait que la prudence prévalut, mais la passion que la fille des oroussoutes réveilla  brûlait le coeur.
Ne sachant pas que faire, une fois il s’adressa à romey Koyak, qui était engagé de diverses tâches dans le quartier.
- Dis-moi - demanda Sartak, - Est-il possible que les saints qui ont créé la foi chrétienne, aient passé toute leur vie avec une femme ?
Koyak devina facilement pourquoi le khan s’adressa à lui. Ayant éteint rapidement son sourire malicieux apparu sur les lèvres, il dit gravement :
- Oui. Les saints observaient strictement la loi. En outre, tous les adeptes de la foi chrétienne n’étaient pas autorisés à prendre une nouvelle épouse, si la première est encore en vie ou s'il n’est pas divorcé avec elle. Mais ceux qui avaient le pouvoir royal sur les gens donné par la volonté de Dieu... Est-ce que le khan n’a pas entendu parler du conflit qui a eu lieu entre Imam Nouriddin Khorézmi et les prêtres orthodoxes ?
Sartak regarda romey avec interrogation.
- Ce débat a eu lieu dans le palais du khan Gouyuk tandis qu’il a décidé de se prononcer contre ton père le grand Batu Khan.
- Je t’entends, romey.
Koyak ferma les yeux, comme s'il se souvenait .
- C’était ainsi... Tous savent que Gouyuk, comme vous, a adopté à son temps la foi chrétienne. Mais il était fougueux et ne pouvait pas souffrir ceux qui professaient l'Islam, et c’est pourquoi il poursuivait gravement les infidèles. Et le conflit dont je parle, a été organisée afin de déshonorer les musulmans. Je ne vais pas parler du tout , il s'agissait d'une compétition de la sagesse , l'esprit , la connaissance. Le conflit était long et compliqué, comme la trace d'un renard. Donc ... Les chrétiens ont demandé à l’imam : « Quel genre d'homme était le prophète Mohammed ? Parlez-nous de lui ». Nouriddin Khorézmi a répondu : « Mohammed est le dernier prophète envoyé par Allah sur la terre, il est leader des saints. Le prophète Isa a dit : « Le Très Haut, ne ménage pas de bien pour le prophète qui viendra après moi... » Ensuite, les chrétiens ont demandé :« Seulement celui qui a âme immaculée et ne prête pas d’attention sur les femmes, peut être considéré comme un saint... Mais le prophète Mohammed avait neuf épouses ... Comment peut-on le canoniser ? » L’imam n'a pas perdu contenance : « le Prophète David avait quatre vingt dix neuf femmes, Salomon avait trois cent femmes et encore mille concubines. Que dites-vous à propos de ça ? ». Les chrétiens ont objecté : « David et Salomon ne sont pas prophètes,  ils sont tsars ». Le conflit traînait en longueur et ne pouvait pas voir la fin, comme un chemin de steppe en une longue journée d'été. Et alors les prêtres orthodoxes sont allé sur le truc. Ils ont demandé le khan Gouyuk d’ordonner aux musulmans de réciter une prière, namaz en conformité avec tous les canons.
Imam Nouriddin Khorezmi avec l'un des ishans présent à la discussion a commencé à lire namaz. Les chrétiens l’empêchaient par tous les moyens : le pinçaient, battaient sur la tête quand ils se penchaient sur le tapis de prière. Mais ceux qui faisaient le namaz, étaient forts dans leur foi, et les paroles du Prophète Mohammed concernant ce que rien ne devrait les empêcher de terminer le commencé, sinon ils peuvent aller en enfer, ont fini la prière par la dernière surate. C’était comme ça... Le matin suivant le khan Gouyuk avec son armée à cent mille a marché aux steppes de Kipchak contre son père ... Trois jours plus tard, une maladie inconnue l’a frappé et a provoqué des vomissements de sang, il est mort. Les Musulmans ont alors dit : «  Le khan Gouyuk a permis de se moquer de notre foi. Le prophète Mahomet l'a puni... » Bien sûr, pas à cause du conflit le khan est mort ...
Sartak ne fit pas attention aux derniers mots. Le romey rusé lui suggéra une bonne idée. En effet, si David avait quatre vingt dix neuf femmes, et Salomon avait trois cent femmes et mille concubines, pourquoi lui, le maître de la Horde d'Or , ne pouvait pas prendre une autre femme ? Le métropolite Daniil devrait prêter l’oreille à ce qu'il entendit du romey et le marier avec la jeune fille des oroussoutes. Et s’il n'était pas d'accord cette fois-là...
Les yeux de Sartak brillèrent méchantement, la main tendit au poignard.
- Va,- dit Koyak, - que sotnik Syrmak soit prêt au chemin ...
Mais Syrmak entra lui-même. C’était un guerrier sombre, aux larges épaoules et à la large poitrine. Son borik décoré par la peau du renard de steppe, nommé korsak, son caftan court gris de laine de chameau, garni de fourrure de loutre sur le col, ses bottes confortables avec des bas de feutre disaient sans parole qu'il appartenait à l'une des clans des Kipchaks.
Un homme maigre de race jaune  était avec Syrmak. Au même temps que selon le vêtement du sotnik on pouvait déterminer avec précision qu'il était Kipchak, on pouvait comprendre selon le vêtement de l’étranger qu’il était du Bas Itil.
Sartak était si préoccupé de ses pensées qu’il ne fit pas attention à l'étranger.
- Selle les chevaux, - ordonna-t-il. Allons à Novgorod. Pour prendre la jeune fille des oroussoutes Natalia.
Le sotnik attendit.
- Oh, mon seigneur ...
Seulement à ce moment le khan vit un étranger :
- Je t’écoute...
Le sotnik empoigna l’étranger par le col, et celui-là, il tomba à genoux devant Sartak. Tout son aspect exprimait sa crainte et son obéissance.
- Qui est-ce ?
- C’est l’homme qui s'est échappé de BerkéKhan.
Quittant la vie grand Batu, selon la coutume, légué par Gengis Khan, donna en gestion beaucoup de terres  à ses parents qui étaient allés avec lui aux campagnes. Ils géraient eux-mêmes leurs ulus, mais dans le même temps ils étaient subordonnés au Khan de la Horde d'Or. Par tradition , on les appelait les propriétaires des ulus, mais quand Koulagou conquit l'Iran et l'Irak, on commença les appeler les émirs. Seules les tribus turques continuaient les nommer comme khans.
Un tel khan était Berké, frère cadet de Batu. Le quartier se trouvait sur une élévation d’Aktubé , sur la rive de l’Itil, près de la ville de Sarykum < Sarykum est un village, qui était près de la ville actuelle de Volgograd. Maintenant, ce lieu est appelé vestiges de ville Tsarev > .
Les hivers rigoureux firent Berkéconstruire un petit palais. La noblesse suivit aussi à son exemple, des maisons de bois, de brique et de pierre apparurent. Sur l’Aktubé une cité se batît, qui devint connu comme le quartier principal de la Horde d'Or, Saraї.
Berké avait une armée forte, et après Batu Khan, il était toujours considéré comme la première personne dans la Horde.
- Pourquoi as-tu fui ? - demanda Sartak , et ses sourcils se réunirent sévèrement sur la racine de nez. Qui es-tu et comment t’appelles-tu ? - Je suis Sara-Bougui, - dit le guerrier précipitamment. – Je suis du clan mongol bargoute. Mon père Yessou-Bougui était le chef des gardes du corps de Soubédey-bakhadour intrépide. J'ai servi comme soulguichi <Soulguichi est servant préparant de l’eau et une serviette pour le khan avant de lui faire le namaz.> à l’époque du Khan Berké ...
- Nous n'avons pas besoin d'un esclave .. - interrompit Sartak impatiemment. - Dis, pourquoi as-tu fui ?
Le guerrier baissa la tête.
- Berké Khan , fils de grand Djoutchi et mon seigneur ... Je suis son esclave. Et je suis obligé à lui obéir ... Mais il est musulman, et moi, je suis chrétien ... Il est clair que la foi l’a influencé ainsi que de chaque jour il devient plus sanguinaire et plus cruel. Sur ses lèvres il y a toujours le nom d'Allah , et sur ses mains il y a du sang. Je n’ai pas pu le supporter ... surtout le dernier qu'il a fait ...
- Qu’est-ce qu’il a fait ?
- Il y a une semaine, citant la volonté du prophète Mahomet, il a pris pour sa quatrième épouse une jeune fille des oroussoutes de Novgorod ...
Le  coeur de Sartak se serra d’un pressentiment mauvais.
- Comment s’appelle-t-elle cette jeune fille ? – demanda-t-il à haute voix.
Le guerrier fronça les sourcils.
- Na-ta-li-a ... - dit-il, prononçant difficilement un mot étranger pour lui.
Le khan pâlit, et le guerrier sans faire attention à l’état de Sartak, continua :
- On l’a amenée au palais, Berké a ordonné de la fouetter par des barres et il l’a forcée à adopter l'islam. La jeune fille a tellement crié, a tellement pleuré ... Je n’ai pas pu supporter la violence que les musulmans font et je me suis enfui chez vous ...
- Emmenez-le ! – cria Sartak au sotnik. – Que je ne le voie plus !..
A partir de ce jour-là Sartak qui avait Berké en grippe et avant,  le détesta. Il commença à chercher des moyens de vengeance au frère perfide et à langue douce de son père.
Dans les septième-huitième siècles dans le sud de Maverannakhr et à Dechte-i-Kiptchak les foyers de l'Islam commencèrent à émerger. Dans telles villes d'Asie centrale que Samarkand et Boukhara , la population professait des religions différentes, et c’était pourqoui l'Islam ne se heurta pas à une résistance sérieuse. L’islam devint insensiblement la foi dominante et la persécution brutale commença contre tous les infidèles.
Au XIII-ième siècle, lorsque les Mongols arrivèrent aux terres de Khorezm et Dechte-i-Kiptchak, l’Islam y fut déjà solidement établie. De petites communautés chrétiennes continuaient à exister, mais leurs jours étaient comptés. 
Cependant, les Mongols, en suivant l’exemple de Gengis Khan, traitaient également aux représentants des différentes confessions. À la demande de l’homme qui avait fait l'univers trembler serviteurs de tous les cultes étaient exemptés de taxes.
Parmi les Mongols eux-mêmes, avant que le monde entendit le nom de Gengis Khan terrible, le christianisme s’était répandu assez largement. Les familles mongoles entières le professaient. Beaucoup de descendants de Gengis Khan prirent ses épouses de ces familles, et leurs enfants étaient élevés par les lois du christianisme . C'était pourquoi il s’avéra que les chrétiens de Khorezm et Dechte-i-Kiptchak reçurent le support des Mongols.
Pendant le règne du Khan Gouyuk de Karakorum, né d'une femme de la famille des kéreys, qui s'imprégna des préceptes chrétiens avec le lait de sa mère, le soutien habituel se transforma en une persécution féroce et implacable des musulmans. Gouyuk ne gouverna que deux ans, mais ce fut suffisant pour établir une alliance solide des chrétiens de l’Asie centrale, l'Arménie et la Géorgie .
Mengou, qui occupa le trône du khan après lui, ne donna de préférence à aucune religion. Sous lui les musulmans et les bouddhistes se sentirent en sécurité. Mengou ne prêta aucune attention au fait que le fils de Batu Khan Sartak était chrétien. Il accepta sans hésitation que Sartak monta sur le trône de la Horde d'Or .
Aveuglé par la haine à Berké, le jeune khan décida à entrer en lutte contre lui.  A Samarkande il y avait beaucoup de chrétiens, et il savait que ses coreligionnaires l’auront appuyé. Il y envoya ses hommes de préparer la campagne commune contre les musulmans. Ses plans étaient grands – Sartak rêvait de tourner Samarkand un jour en son quartier principal de christianisme.
Toutefois, les musulmans ne croisèrent pas les bras. Leurs rangs grandissaient malgré que lentement. Sur les terres de Khorezm et de Transoxiane une lutte religieuse prenait la force , élargissait.
Mais non seulement les terres du sud attirèrent l'attention du jeune Khan . De plus en plus, ses pensées revenaient aux principautés des oroussoutes. De plus en plus, il pensait sur les terres situées à l'ouest et au nord de la Horde ...
L’invasion des Mongols en Rus’ fut plus terrible que la peste. Les gens moururent tant qu’il fut impossible de compter, les villes se trouvèrent en ruines, se couvrant d’arroche et d’absinthe des champs labourés, le gémissement des gens menants en esclavage était au-dessus de la terre.
Les principautés russes ne faisaient pas partie de la Horde d'Or. Les Mongols frappaient d’un tribut lourd , et c'était l'équivalent d'une mort lente et douloureuse, parce qu'il n'y avait rien à payer, les champs devinrent stériles, les Mongols volèrent le bétail, les hommes,  soutiens de famille, furent tués aux combats.
Mais le pillage et la violence des mongols provoquaient non seulement la tristesse et le désespoir. La haine mûrissait, la rébellion grandissait. En Rus’ on comprenait qu’il n’y avait qu’un seul moyen de garder la vie et la foi, était de se battre. La Horde d’Or ne prenait pas seulement de tribut, il n’avait aucune année sans les raids des troupes à certaines villes et principautés. 
A peine ils s’installaient en place, les artisans et les gens labourables prenaient la force, que de nouveau, les isbas brûlaient, le sang versait et le gémissement était au dessus de la terre martyre. Il y avait un seul chemin de vaincre ou de mourir .
Non seulement les Mongols convoitaient la terre russe. Les Allemands et les Suédois attendaient leur heure, un bon moment. La chose tentante pour eux étaient les terres de Pskov et de Novgorod, car les routes commerciales reliant l'Europe du Nord et les pays de l'Est se trouvaient là.
Le bague autour les principautés russes qui ne s’étaient pas soumis à la Horde, se serrait de plus en plus étroitement. Il était inutile de demander l'aide de voisins : saccagés par les Mongols, ils se trouvaient dans une situation désespérée .
En ce temps, le khan Sartak s'assit sur le trône de la Horde d'Or. Profitant de cela, le prince Aleksandre Nevskiy équipa l’ambassade à son jumelé. Boyar Danil se rendit à la Horde d'Or. La tâche des ambassadeurs n'était pas facile, ils devaient obtenir de Sartak l'assurance que la Horde n’aura pas lancé ses tumens contre les villes du nord de la Rus’. Cela leur aura permis sans regarder le voisin redoutable, de concentrer toutes leurs forces pour combattre contre les Allemands. Et encore le prince Aleksandre ordonna de parvenir à la libération au moins temporaire de Novgorod et de Pskov du tribut que ces villes payaient à la Horde .
Au plein de l'hiver l ambassade de Novgorod avec des cadeaux riches se rendirent à la Horde d'Or. Après plusieurs jours de tempêtes de neige ils s'enfoncèrent à mi-corps dans la neige de la forêt. Les dépressions comblées de congères, se tournèrent en plaines. Un dégel court succéda le froid à pierre fendre. La neige durcie gela ainsi que ni homme ni bête ne pouvait le détruire. Les sentiers, frayés par les messagers entre les villes russes et la Horde, se couvrirent de glace .
Les ambassadeurs regardaient inquiètement et maussadement la terre enveloppé par un linceul de neige. Leur tâche n’était pas facile s’ils auront pu obtenir le consentement du Khan pour ce que le prince Aleksandre avait médité ? Auront-ils pu rentrer chez eux ? Et puis après que le Khan était jumelé du prince ? Bien des fois les ambassadeurs russes se perdirent sur le chemin, comme si la terre s’ouvrait au-dessous d’eux. Les Tatars étaient perfides, et personne ne savait ce qu'ils avaient à l'esprit.
La Horde accueillit les ambassadeurs avec les honneurs. Dans la steppe, loin de la ville, les toulenguites des gardes du corps du Khan entourèrent les oroussoutes. Féroces, aux chapeaux de fourrure de renard, abaissés sur leurs yeux, ils fouettaient quiconque qui osait s'approcher de la caravane des ambassadeurs.
Khan Sartak lui-même quitta le palais Goulistan pour accueillir le boyard noble. Sur sa tête il y avait un tymak de fourrure duveteuse de loutre, une pelisse de castor coûteuse était jeté sur ses épaoules. Le khan accueillit les invités sans armes, montrant ainsi beaucoup de respect et de confiance. Seulement sur sa large ceinture d'or un petit poignard pendait à manche en ivoire dans la gaine d'or. Le Khan ne le laissait jamais .
Parmi les arrivés Sartak reconnut immédiatement un parent du prince. Danil était de haute taille, de constitution robuste, ayant un regard attentif de ses yeux bleus.
Sans hâte, le khan commença à descendre les marches du palais à la rencontre des coureurs. En le voyant, les ambassadeurs mirent rapidement pied à terre. Les guerriers-toulenguites agiles prirent les rênes silencieusement et emmenèrent les chevaux au piquet. Etant approchés vers le khan, les ambassadeurs des oroussoutes, comme la coutume l’exigeait, firent un profond salut.
Sartak salua Danil selon la coutume mongole, se serrant la poitrine de l’invité.
- Bienvenu, boyar, – dit le Khan .
- Merci pour cette bonne parole, Grand Khan de la Horde d'Or. – s'inclina Danil. - Nous sommes venus de loin pour vous dire un mot de ton jumelé, du prince de Novgorod Aleksandre Yaroslavitch.
Sartak sourit .
- Je pense que le mot du prince n'est pas tant court pour l’écouter en plein vent. Allons, sois mon hôte...
Le khan prit le bras de Danil et entra dans le palais accompagné par les ambassadeurs et les gardes du corps.
Pour un moment Sartak devint inquiet. Il se sentait les yeux de quelqu'un, pleins de haine  regardaient sa nuque. Le Khan se retourna brusquement. Et il se rencontra immédiatement avec ces yeux. Dans la suite du jeune boyar il y avait un homme que le Khan connaissiat bien et depuis longtemps. Il était impossible de le confondre avec quelqu'un d'autre. Le temps semblait épargner cet homme, grand , endurant, son visage à rides profondes, il resta dans la mémoire du premier coup d'œil. Sartak ne pouvait pas se tromper. C’était Sviatoslav. Et involontairement le Khan se rappela soudain de l’ancien couvert par une brume de temps. Cela avait commencé juste là ayant réuni ces deux hommes de nombreuses années plus tard. Ces événements ne semblaient pas avoir de rapport avec Sviatoslav, et pourtant...
Cette année-là où les hordes de Gengis Khan avaient envahi la terre de Khorezm en fleure, Kadyrkhan Oulanchik, cousin du khoresmshakh Mohammed était naib, le gouverneur de la ville d’Otrar. Otrar était une forteresse redoutable bien fortifiée. Vingt mille soldats étaient subordonnés à naib.
Et, comme d'habitude Gengis Khan avait fait avant de faire ses tumens marcher contre un puissant ennemi, il y avait envoyé une caravane commerciale. Plus de quatre cent soldats en civil avaient accompagné les marchands-espions musulmans.
Les rumeurs aux bazars d’Otrar étaient l’un pire que l’autre. Les marchands de passage leur faisaient peur par les Mongols inconnus, on disait que ceux ne connaissaient la pitié à personne et qu’ils marchaient déjà aux terres de Khorezm à verser leur sang. «  Il n'y a pas de force qui pourrait leur résister », - chuchotaient les guerriers et les marchands.
Kadyrkhan -naib avait rendu compte vite que la caravane arrivée dans la ville n’était pas tout à fait ordinaire. Sur son ordre, pendant la nuit les soldats avaient massacré tous les espions.  Un seul avait réussi à s'échapper.
Après avoir appris ce qui s'était passé, Gengis Khan était furieux et envoya un messager à khoresmshakh Mohammed exigeant « envoyer Naib Kadyrkhan, pieds et mains enchaînés, au quartier ».
Mohammed n’avait pas pu livrer son relative. A Khorezm, ébranlée par des conflits sans fin, la noblesse n’avait pas compris son action, et Kadyrkhan lui-même, ayant sous son commandement une armée forte, il ne serait pas rendu facilement. Ce n’était pas bonne règle pour le maître de punir son soumis pour la fidélité .
Khorezmchakh ordonna de tuer les ambassadeurs mongols. En réponse, Gengis Khan lança ses tumens. Il commanda à ses fils Djagataï et Ouguédeï de détruire la ville d’Otrar, à son fils aîné Djoutchi de saisir les villes situées dans le bas Seykhoune .
À l'automne de la même année, les Mongols arrêtèrent près des murs d’Otrar. Naïb Kadyrkhan savait que ni lui, ni les habitants de la ville n’auront pas été ménagés, et c’était pourquoi il prit la décision de se battre jusqu'au bout.
La ville assiégée se tint pendant six mois, et qui savait ce qui serait arrivé s'il n'y avait pas de trahison. Une nuit les nomades sous commandement de Karach-batyr envoyés par khorezmchakh comme l'aide de la ville à la veille du siège, pressentant la mort, ouvrirent les portes de forteresse et partirent pour la steppe .
Les mongols réussirent à saisir cette trahison. Or, dans la ville, dans  les rues étroites et dans les places du marché, des batailles sanglantes commencèrent. Les habitants se battaient désespérément. Chaque maison, chaque cour se tournit en forteresse.
Les forces étaient inégales. Les défenseurs de la ville se réduissaient de plus en plus, mais les soldats mongols semblaient être sans nombre. Obéissant à la discipline de fer, ils allaient de l'avant obstinément, ivres de sang, aux yeux brillants dans l’attente d'une riche prise.
Ceux qui pouvaient porter les armes, se cachèrent dans le palais de Naїb Kadyrkhan. Incendie de tous les côtés la ville flambait. Les bouffées de fumée noire offusquaient le soleil , se tordaient de la chaleur insupportable, les feuilles tombaient des arbres et des araks séchaient.
Quand les flèches prirent fin et les épées s'émoussèrent, les derniers défenseurs d’Otrar continuèrent à se battre sur le toit du palais. Les femmes serviteuses apportaient des briques crues lourds et les soldats les jetaient sur la tête des ennemis.
Enfin, les mongols réussirent à attraper Kadyrkhan qui était épuisé, mourant de ses blessures. Lui blessé, il fut traîné à Gouyuk, fils aîné d’Ouguédeї.
- Tu es un vrai guerrier, - dit-il. – Les Mongols savent apprécier le courage. Avant ta mort, tu peux demander ce que tu veux.
- J'ai un désir, - répondit Naїb - Je veux mourir sans voir vos groins.
Gouyouk tira son épée et coupa la tête à Kadyrkhan.
A la volonté impérieuse des fils de Genghis Khan les guerriers mongols obtinrent le droit de piller la ville capturée pendant dix jours. Tout ce qui était impossible d’apporter fut brûlé. Les livres inestimables de la bibliothèque d’Otrar célèbre dans tout l'Est flambaient dans d'énormes feux, la sagesse des siècles périssait , tournant en cendre. Le vent et l'eau finirent la destruction, et la ville au temps jadis belle, riche et puissante, fut rasée.
Après avoir pris Otrar l’armée mongole se divisa. Comme deux ailes noires s’étendirent au-dessus de Khorezm. L'une d’elles couvrit de l'ombre terrible Samarkand et Boukhara, l’autre  - ville était au-dessus de Syganak,ville des Kipchaks.
Les tumens mongols portaient la mort à tous les êtres vivants, tournant les oasis récemment florissantes en désert. Les palais et les temples décorés des dessins bizarres tombèrent en ruine, les eaux propres et lumineuses, qui avaient jadis apaisé la soif de milliers de personnes regorgeaient de cadavres. La steppe sauvage ne savait pas de pitie et était sourde aux cris des mourants .
Sept jours et nuits la ville-forteresse de Syganak résistait à la poussée des ennemis. Furieux par la résistance opiniâtre les Mongols massacrèrent tous ses habitants.
Oui, ce fut ainsi... Le père et les vieux soldats en parlèrent qui avaient eu la chance de participer à ces campagnes et de parvenir à leur vieillesse.
Sartak regarda de nouveau Sviatoslav. Le visage du guerrier était impassible, seulement ses yeux étaient attentifs et froids, regardaient méchamment sous ses épais sourcils.
Qui aurait pu imaginer que là sur les ruines de Khorezm, l’étoile de l’homme appelé Kara- Bougui monta, et puis, dans les terres des oroussoutes, elle se coucha après la rencontre avec Sviatoslav. En vérité, tout pouvait être dans ce monde sublunaire et tout pouvait arriver.
Il fut là, à Khorezm, l’étoile de Kara- Bougui ... Alors il n’était âgé que de dix-huit ans. De taille moyenne, solidement bâti, il se distingua immédiatement parmi les autres soldats. Et il se ditingua pas par sa force fabuleuse et son courage mais par sa férocité et sa cruauté. Il viola les filles à vue d’oeil de leurs parents, et si quelqu'un essaya d'intervenir ou d’interférer, il se jetait au rebelle à la fureur de chacal. Kara-Bougui lui cassait les vertèbres cervicales particulièrement, par un moyen connu seulement par les Mongols et plaçant les mains sous le sang jaillissant de la gorge de la victime, il le buvait.
Il se trouva avec le temps dans l'armée de Batu Khan, et il alla avec lui contre les  principautés des oroussoutes, participa à la bataille avec les Allemands. Même les guerriers mongols parlaient de sa cruauté à voix basse. Batu Khan remarqua Kara-Bougui et le fit sotnik.
Sartak aimait le dévouement sans réserve du guerrier de la Horde d'Or. Kara Bougui devint l'ombre du jeune Khan, sa main droite. Et quand Khan fut baptisé, il avec son maître adopta le christianisme. La nouvelle foi, cependant, ne changea pas Kara-Bougui. Il était toujours cruel et sanguinaire.
Mais une action de Kara-Bougui fit même les noyons mongols et les guerriers chevronnés tressaillir.
Il arriva au printemps, lorsque les bovins des troupeaux mongols innombrables apprirent déjà le goût de l'herbe jeune, et au-dessus des lacs et canaux de rivières les oies et cygnes volés des pays chauds trompetèrent les trompettes d’or et d'argent. Les oroussoutes qui avaient survécu l'hiver affamé, commencèrent à semer. Un petit détachement de guerriers mongols retournait à la Horde après la collecte des impôts de printemps dans les villages des oroussoutes.
Kara Bougui allait devant le détachement sur l'étalon noir. Il était vêtu d' une armure de fer noir et d’un casque. Kara Bougui qui s’attrista depuis années ressemblait de loin à une masse sombre . Derrière le détachement les chariots lourds à deux roues chargés des choses qu’on avait pu obtenir ou prendre dans les villages des oroussoutes se traînaient lentement. Il s'agissait principalement des fourrures. Des peaux de loups, lièvres, renards, castors et écureuils étaient soigneusement liées en balles, cachées des intempéries.
Le chemin était connu, personne était à craindre, et les guerriers se détendirent et ôtèrent leurs tymaks de renard lourds, en mettants les têtes au chaud soleil de printemps .
Lorsque le détachement contourna le lac, un peu à l’écart, sur le bord de la forêt, un petit village s’ouvrit. On pouvait voir que sur les champs noirs, en chemises de lin des hommes et des femmes d’oroussoutes allaient derrière des araires. L'image était familière et connue.
Soudain Kara Bougui freina. Une petite troupe d’enfants, garçons et filles agés de neuf-sept ans, sautèrent des maquis denses de roseaux autour du lac. Ils étaient vêtus ainsi que les adultes, en longues chemises blanches. Un brouhaha joyeux rompit le silence. Les enfants portaient quelque chose dans les bas, apparemment des œufs d'oiseaux, trouvés près du lac .
Mais l'un d'eux remarqua l’armée mongole et un cri désespéré et strident frappa les oreilles. Abandonnant leur proie , les enfants coururent au village. Une petite fille mince aux longues jambes, aux cheveux d'or courait devant.
Kara Bougui regarda fixement les enfants, puis une étincelle d'intérêt alluma dans ses yeux. Il frappa le cheval avec ses talons, et couchant sur le pommeau de la selle, il courut après eux.
La petite fille courut à l'arraché. Parfois, elle se retournait et Kara Bougui ne vit dans ses grands yeux bleus que l'horreur . Il montrait ses dents avec fureur, en essayant de l'attraper par les cheveux, mais elle s’esquivait, et la chasse recommençait.
Enfin, les forces quittèrent la fuyarde. Elle tomba une fois, deux fois. Et quand Kara Bougui la rattrapa tout de même, mit pied à terre et tourna sur le dos, le corps de la petite fille tremblait de crampes, elle rejeta sa tête en arrière et tout à coup elle devint molle, s'étendit.
Quand les hommes qui travaillaient dans le champ entendirent des cris des enfants, ils réalisèrent qu’un malheur arriva près du lac. Ayant pris ce qu’ils trouvèrent sous la main, les gens se précipitèrent pour aider les enfants. C’était Sviatoslav, père de la petite fille qui courut premier. Comme si le coeur-devin lui donna de la force. Mais il était trop tard . Il ne voyait que le dos de Kara Bougui et le reconnut tout de même. On connaissait cet homme noir terrible très bien dans les villages environnants des oroussoutes.
On n’avait rien à dire. Dans le silence sombre les gens étaient debout au-dessus de l’enfant mort. Le crime demandait la vengeance. Mais autant se cogner la tête contre un mur. Les mains lourds serraient en poings, et ses yeux brillaient de haine.
Sviatoslav, ayant quitté sa chemise, en enveloppa le corps de sa fille, et leva ses mains. Après, il jeta un regard absent aux réunis :
- Allez ... travaillez ... Je vais à Batu Khan, lui-même.
Personne ne lui barra  le chemin, n’osa pas tenir. Et on ne lui dit rien. Tous avaient une idée, un désir, mais un bon moment n’arriva pas encore où cela pouvait réaliser .
Kara Bougui ne savait pas lorsque il avait fait son travail néfaste , que trois jours plus tôt, le grand Batu Khan et son entourage étaient arrivés vers l'un des lacs prochains de chasser les oiseaux migrateurs.
Le guerrier marcha toute la journée au quartier du Khan. Le grand soleil, comme s’il connaissait sa douleur , s'arrêta au bord du terrain et inonda les forêts et les vallées de lumière rouge alarmante. Et les tentes du Khan quand Sviatoslav les vit enfin étaient à cause de cette lumière comme éclaboussées de sang.
Le guerrier arrêta seulement pour un moment. « Au lieu de mourir tous les jours, – pensa-t-il amèrement, il sera mieux que cela se passe tout d’un coup ». Sviatoslav mit la main sur le couteau caché dans les plis de son pantalon, le déplaça plus près de la hanche, pour qu’au cas échéant il ait pu le prendre facilement, et fit un pas en avant .
Les noukers du Khan, ayant entouré Sviatoslav par un anneau dense, l’amenèrent à Batu.
Le Khan, qui venait de rentrer de la chasse, se tenait à sa tente .
Sans crainte Sviatoslav s’approcha de lui, tenant le corps de l’enfant sur ses mains allongées. En regardant le visage du Khan les yeux secs, pleins de désespoir et de chagrin, il raconta ce qui s'était passé. Le visage de Batu Khan se pétrifia, et la main trouva le poignard. Il ordonna à ses toulenguites par geste de trouver et amener Kara Bougui .
Les noukers mirent rapidement devant la tente le trône de campagne du Khan. En attendant Kara Bougui, Batu envoya pour le lama tibétain Sakia, guérisseur d’Ouguédeї, grand khan de Karakorum, qui était en visite à la Horde d'Or. Et quand un grand vieil homme s'approcha de lui et lui demanda :
- Apprends et dis-nous pourquoi cette petite fille que l’oroussoute a apporté est morte.
Exprimant l’obéissance le lama s’inclina profondement.
Poussant des pointes des lances quatre toulenguites amenèrent Kara Bougui à la tente du Khan. Le guerrier mongol regarda en dessous. Son visage sombre devint tout noir et seulement les dents blanches étaient méchantes et rapaces.
- Liez ses mains, - ordonna Batu .
Les noukers firent Kara Bougui tomber sur la terre, mirent ses mains derrière son dos, sanglèrent durement ses poignets.
Le Lama Sakia et Sviatoslav sortirent de la tente. Le peuple se réunit autour du trône du khan, et tous en retenant leur haleine regardaient tantôt Batu , tantôt le visage renversé de la petite fille que l’oroussoute tenait dans l'attente de la suite des événements. 
- Alors, pourquoi la petite fille est morte ? – demanda le khan fronçant les sourcils sévèrement.
- Son cœur s’est brisé, oh Grand Khan.
Batu dirigea son regard Kara Bougui qui était à genoux. Il s’avéra que le Khan offensa son guerrier en vain. Valait-il le déshonorer et le punir pour la mort d’une petite fille des oroussoutes, celui qui était l'un des plus fidèles ?
Batu se retourna vers le lama :
- Alors l’oroussoute a menti, affirmant que sa fille a essuyé une avanie ?
Les yeux fixes du khan se rétrécirent, et son regard devint ressemblant à celui de serpent. Les gens étaient glâcés, baissèrent les têtes, et seulement Sviatoslav regardait toujours Batu hardiment et courageusement.
- Non. Il dit la vérité, - chuta le Lama en silence. – La violence est fait à un cadavre ...
Un soupir calme passa la foule comme un coup de vent. Selon les coutumes mongoles, ce que Kara-Bougui commit, considéré comme le plus grand crime.
Même Batu Khan lui-même, qui ne connut pas la miséricorde pour quiconque, qui organisa les festins sur les corps des ennemis morts et qui écouta avec indifférence comment leurs os crackaient et brisaient sous des planches lourdes, pâlit.
Son regard d’arrêta à Kara-Bougui :
- Est-il vrai ce que dit le grand guérisseur Sakia ?
- Oui, - prononça Kara-Bougui  d’une voix enrouée. La grimace de peur décomposa son visage. - Mais je n’ai pas torturé l’âme de l’enfant, oh Grand Khan ! Mais le corps mort ne sent rien ...
Sartak se rappela comment le sentiment de dégoût inonda alors tout son être. Il se rappela comment son père se tourna vers son frère Mengou et demanda :
- Quel genre de punition pour cette personne juges-tu opportun ?
Mengou, connu pour sa cruauté, hésita, puis dit :
- C'est un crime, qui jette une ombre sur le guerrier mongol. Mais Kara-Bougui a beaucoup fait pour gagner les oroussoutes , et donc, la peine peut être adoucie. Cent coups de pied de vigne ...
Batu Khan regarda son frère cadet Berké :
- Que dis-tu ?
- Selon la foi musulmane, un tel homme après sa mort doit brûler éternellement dans le feu, parce qu'il avait fait violence au cadavre de l'enfant. Un tel crime ne peut pas être pardonné. Attribuez-lui mille coups.
Batu entoura d’un regard les visages des réunis. Les noyons et les soldats, debout autour de son trône , étaient habitués à la mort humaine, le sang ne leur faisait pas de peur et leurs coeurs ne savaient pas de compassion pour la souffrance des autres. Mais l’action de Kara- Bougui était au-delà de ce qui était permis. Et chacun, n’importe de quelle foi il était, quel dieu il adorait, comprenait que c’était un crime. Donc, les visages de gens étaient sombres.
- Que voudrais-tu ? – demanda tout à coup Batu à Sviatoslav.
- Donne-le-moi – dit l’oroussoute regardant encore le visage du Khan.
Batu resta pensif. Mengou avait raison. A cause de la mort de l’enfant du peuple conquis valait-il  prendre la vie du guerrier, qui toute sa vie servit fidèlement et loyalement à la Horde ? .. Oui, il était coupable d'un acte terrible. Pouvait être il fallait faire ainsi que Berké dit, - attribuer mille coups, et qu’il ait espéré le bonheur ? Si le Ciel le gardait, Kara Bougui aura survécu. Mais si la foule aura jugé une telle décision juste ? Selon les visages on pouvait comprendre que les guerriers étaient en attente de la peine de mort. Le peuple était naïf et stupide. On pouvait détruire des millions d'innocents, mais si on faisait la justice une fois, et tout aura été oublié, pardonné. Il aura été appelé Saїn Khan, juste khan. Pouvait-être l’opinion de peuple à cent mille  coûtait la vie d’un sotnik ?
Batu se redressa, leva la tête et regarda Sviatoslav :
- Soit, oroussoute.
La foule s’agita.
- Gloire ! Batu Khan est juste Khan !
- Saїn Khan ! – criaient les gens.
Kara Bougui se jeta , en essayant de ramper à genoux à Batu Khan, mais les lances acérées des toulenguites butaient contre sa poitrine. Ecumant de rage et de peur, il se tordait au pied du trône, en criant des paroles de supplication, mais à cause du rugissement de la foule, répétant l'éloge de la sagesse du Khan, ses cris n’étaient pas entendus.
Sviatoslav mit le corps de la petite fille à terre et s’approcha du mongol. Les gardes s'écartèrent devant lui, laissant passer. L’oroussoute saisit les cheveux de Kara-Bougui, une lame fine de couteau brilla dans sa main. La tête noire énorme du mongol se roula à terre...
Sviatoslav cacha le couteau, souleva le corps de sa fille, et sans regarder personne, s’éloigna. La foule des guerriers s'écarta respectueusement.
Batu Khan se tourna vers son vizir en chef Saouk, fils du frère cadet de son père.
- Arrête-le ! – commanda-t-il impérieusement. – Donne-lui un cheval et la rançon pour sa fille.
Tulen-Bagadur, gendre de Batu , l'un des chefs militaires les plus audacieux de la Horde d'Or, satisfait de la décision du Khan, baissa la tête en approbation et dit doucement :
- Saїn Khan ! Juste khan ...
Ses paroles furent entendues, et la foule des guerrier crièrent encore :
- Batu Khan - Saїn Khan !.. 
Ferme dans ses décisions, ne conaissant pas de pitié et de compassion Batu pouvait faire semblant d'être un homme juste pour maintenir le respect dans l'armée. Il ne voulait pas perdre Kara-Bougui audacieux, mais que put-il faire, apparemment, c’était la volonté du ciel.
- Sartak se souvenait bien de ce cas. Et à ce moment, en regardant Sviatoslav, il pensait que le temps n'avait aucun pouvoir sur cette personne. Quinze ans s’écoulèrent, et il était toujours fort et puissant, seulement il avait les cheveux et la barbe grisonnants. Donc, Sviatoslav était à ce moment dans la drougine du prince Aleksandre, car il venait d'arriver avec l'ambassade. Plus d’oroussoutes se réunissaient sous le drapeua de Novgorod invaincu.
En pensant à Sviatoslav, Sartak ne savait pas que, dans la foule , accueillant l'ambassade russe, il y avait une autre personne, qui se rappelait aussi bien que lui ces événements lointains près du lac. C’était le frère cadet de Kara Bougui noir. Il remplissait à la cour Sartak les fonctions de bakaoul, ordonnateur des aliments et des boissons. Il se souvenait de tout et reconnut aussi Sviatoslav, mais aucun muscle ne frémit sur son visage bronzé aux pommettes saillantes, seulement dans ses yeux les feux de loup mauvaix éclatèrent pour un instant et s'éteignirent immédiatement.
Quand ils entrèrent dans le palais, Sartak dit:
- Messieurs les Ambassadeurs, nous ne parlerons pas de l’affaire aujourd'hui. Vous êtes hôtes du khan de la grande Horde d'Or ...
Les oroussoutes s'inclinèrent, exprimant le consentement avec la volonté du Khan.
Sartak tourna la tête vers l’homme au visage sombre et sévère :
- Je crois que mon vizir en chef n’est pas contre ?
L'homme hocha la tête. C'était le fameux Sauk, qui avait rempli les fonctions de vizir encore à l’époque de Batu Khan. Il avait plus de soixante ans, et son visage, jadis lisse et rond, était creusé de rides. Il était le plus vieux des descendants du grand Gengis Khan, et c’était pourquoi il avait une influence particulière sur les affaires de la Horde d'Or. Au cours d'une campagne des Mongols contre les terres des oroussoutes, Kulkan, père de Saouk avait dirigé l’armée séparée . Ses tumens s’étaient emparé la ville de Kolomna , mais au cours de la bataille, il avait péri de la flèche d’un oroussoute.
Selon la coutume des Genghisides si pendant le siège de la ville un de leur famille périssait, une terrible vengeance aura eu lieu. Et là, ils n’avaient pas reculé de leurs règles. Tous les habitants de Kolomna, des nourrissons aux personnes âgées, avaient été coupés .
Le désir de continuer à venger pour son père guidait les actions de Saouk toute la vie. Et depuis qu'il était devenu vizir en chef de Batu Khan, Saouk n'arrêtait pas de dire à propos de la nécessité de parler aux oroussoutes seulement par la langue de sabre courbe mongol. « Les bakhadurs jusqu'à ce qu'ils se querellent, ne pourront pas unir. L’Etat pillé par toi ne sera jamais ton ami. On  recherche l’amitié jusqu'à ce qu’on sent la force. Si tu ne veux pas qu’on te soit hostile, augmente encore plus ton pouvoir, soit cruel et impitoyable, » - ne cessait pas de répéter Sauk.
On abattit pour les hôtes des oroussoutes une jeune jument, apporta du vin et des sacs en cuir, nommés sabys, pleins de koumys moussant frais. Le taichi de Kiptchak,  le narrateur connu Sulungut, jouant de la dombra, raconta à l'auditoire l'histoire du grand Gengis Khan.
Il chantait à voix gutturale, rauque sur Torgan Chiré, qui sauva le jeune Gengis Khan quand les gens du clan des tayjigoutes voulurent le tuer. Et comment le simple mongol Témoudjin devint le grand Gengis Khan, et lui donna les terres des Merkits s’étendant des steppes mongoles à la rivière Selenga et lui donna le titre de darkhan, permettant de  porter la cotte de mailles <Les guerriers de  Gengis Khan ne portaient ni cottes de mailles, ni cuirasses.> et les plumes d’aigle sur sa coiffure <Les plumes d’aigle sur la coiffure étaient considérées comme un signe de pouvoir> .
La générosité de l’homme qui fit trembler l'univers était grande, et ainsi il donna à Torgan Chiré neuf pardons pour ses infractions futures.
Le narrateur frappait les cordes de dombra, et ses yeux brillaient d'inspiration et de foi. Pour les ambassadeurs des oroussoutes il racontait la vie de Gengis Khan, grand -père de Sartak, il racontait comment l’homme qui fit trembler l'univers savait payer pour le bon par le bon.
Le narrateur parlait de l'obéissance et de dévouement de toutes les tribus et les peuples envers le grand Gengis Khan, racontant le serment que les noyons Altaï, Koutchir et Sétchey-béki donnèrent quand il monta sur le trône d'or :
- Si nous marchons contre l'ennemi, nous amènerons 
Pour toi dans le palais les jeunes filles les plus belles 
Et nous amènerons ses épouses charmantes,
Ses argamaks sélectionnés à mince cou,
Les plus rapides dans la steppe.
Si nous allons à la chasse, alors, ayant fait le tour du monde,
Nous procurerons pour toi et attacherons à la selle
Les animaux les plus brillants, des zibelines à peaux noires.
Si nous violons notre serment,
Laisse-nous, tes esclaves ingrats,
Près du foyer éteint,
Sépare-nous de nos femmes et enfants.
Ayant fini chanter le conteur promena son regard plein de triomphe et de la dignité autour tous. Par son aspect, s'il donnait les conseils aux ambassadeurs des oroussoutes d’être honnêtes et fidèles avec Sartak Khan, descendant du grand Gengis, ainsi que les gens fidèles qui avaient vécus plusieurs décennies plus tôt. 
Toutes les personnes rassemblées le comprirent.
Et si Saouk approuva mentalement les mots prononcés par le narrateur, mais Sviatoslav s'assombrit encore plus. Il trouvait cet accueil saumâtre, même l'air du quartier du khan lui semblait insupportable. Cachant à peine la haine Sviatoslav regardait les gens vêtus des fourrures de peaux de loup et de castor, des malakhai de renard, aux visages luisants de gras. Les Mongols se comportaient  arrogantement et orgueilleusement, vêtus de fourrure coûteux, accrochés des armes, décorés de l'or . Tout cela fut pris de ceux qui avaient faim à ce moment dans des  isbas sans cheminée, gémissaient sous le joug intolérable sur la terre russe ravagée.
Sviatoslav ne pouvait pas manger et il n’enivrait pas de vin et koumys.
Non seulement Sartak mais et Saouk aux yeux perçants remarquèrent son état. « Comment je déteste les oroussoutes, ainsi ils nous détestent, - pensa-t-il tout à coup avec une anxiété inexpliquée. – Le moment arrivera apparemment où nos routes se croisent ... »
La fête à l’occasion de l'arrivée des oroussoutes touchait à sa fin. Et Sulungut, narrateur de Kipchak, prit de nouveau sa dombra pour chanter ce que Gengis Khan répondit au serment noyons fidèles :
- Ne m’apportez pas la proie que vous avez pris de l'ennemi,
Prenez-la pour vous-même.
Ne me donnez pas de zibélines et de loups 
Que vous avez pris en chasse, laissez pour vous.

La minuit tomba. Torgoouts, gardes qui avaient travaillé l'après-midi, cédèrent la place aux koptégouls, guerriers qui gardaient la paix de la famille de Khan dans la nuit. Et avant les premiers rayons du soleil rien vivant n'osait approcher du palais. L’épée et la flèche de kechiktène de garde aurait privé la vie de toute personne qui ait osé désobéir à la volonté du chef de la Horde d'Or.
Quarante ans passèrent après la mort de Gengis Khan, et les descendants suivaient encore pieusement ses instructions. Pour la protection du palais et le maintien de l'ordre dans la Horde , un tumen spécial des kechiktènes de garde fut organisé. Genghis Khan avait enseigné : « Auparavant huit cent koptégouls et sept cent torgoouts nous avaient été subordonnés. Nous avons ordonné de former un tumen de  kechiktènes.  Le fils du noyon et du chef de millier, le fils du sotnik et du chef d’équipe, un simple guerrier du peuple peut devenir garde. Pour cela, il doit connaître l’affaire militaire et être à bon visage. Le fils du chef du millier doit amener dix camarades et son frère cadet, le fils du sotnik doit  amener cinq camarades et son frère, le fils du chef d’équipe ou de l’homme simple doit  amener trois camarades et le frère. Chacun qui veut devenir kechiktène doit obtenir à son service ancien un cheval et des armes. Personne ne doit empêcher aux soldats de se joindre aux kechiktènes ».
Chacun qui devint garde de Gengis Khan s’engagea beaucoup, mais il reçut d’énormes préférences. L’homme qui avait fit trembler l’univers avait enseigné :
« Personne n'a le droit de s'asseoir au-dessus du kechiktène. Personne n'a le droit, le passant outre de ne pas appeler son nom. Personne n’a le droit d’entrer dans la maison ou la tente, que le kechiktène garde sans sa permission. Passant outre le  kechiktène il est interdit de lui parler de quoi que ce soit. Il est interdit de demander au garde à propos du nombre de personnes dans le lieu où il prend son service. La personne qui se promène sans permission du kechiktène, peut être arrêté et même tué en cas de la désobéissance. Les noyons simples et tysyatchniks sont obligés à se trouver à une distance respectueuse du garde ordinaire. »
Le soutien de la Horde de Gengis Khan fut toujours l’armée, et les kechiktènes furent les meilleurs, les plus fidèles. Ils avaient servi au Khan par matraque fiable dans la lutte contre les ennemis internes et externes.
« Mes descendants qui vont occuper le trône après moi, et les descendants de leurs descendants , s'ils veulent d'ériger à ma gloire un monument d'or, qu’ils gardent les  kechiktènes  comme leurs propres yeux, car ils m’avaient toujours gardé plus que leur propre vie, » déclara-t-il Gengis Khan.
Lorsque Batu devint khan de la Horde d'Or, il fit ainsi que son grand-père avait ordonné. Les gardes fidèles entourèrent son trône. Seulement ils s’appelèrent pas kechiktènes mais toulenguites.
Les ambassadeurs des oroussoutes, fatigués de son long voyage et de la fête organisée en leur honneur par Sartak, furenet menés à leurs chambres. Près de la porte de la chambre où Danil devait dormir, un toulenguite se tenait avec une épée nue. Le boyard se déshabilla et était sur le point d' aller au lit, préparé sur une énorme peau de tigre, que la porte s'ouvrit et romey Koyak, conseiller de Sartak, entra avec une torche à sa main. Des reflets de flamme s’agitèrent dans les tapis, dont tous les murs de la salle étaient couverts, et leurs dessins bizarres jouèrent de lumière mystérieuse tantôt en imprégnant des couleurs et tantôt en pâlissant. 
Le romey s'inclina sans rien dire.
Danil regarda l'homme, en attendant ce que Koyak allait dire. 
- Maintenant, à la demande du Grand Khan on vous mènera une jeune fille .
Le boyard leva la tête avec étonnement.
- Jeune fille ?
- Selon l'ancienne tradition mongole, si un hôte honoré est arrivé, nous le faisons ainsi toujours...
- Mais la foi chrétienne l’interdit. Est-ce que le Grand Khan Sartak n’est pas un chrétien ?
Un sourire à peine perceptible toucha les lèvres minces du romey, mais il cacha immédiatement son visage dans l'ombre.
- Non, - dit-il. – le khan est mongol ...
Comment le boyar avait-il pu savoir que Sartak après avoir dopter la foi chrétienne, respectait toujours les coutumes mongoles ? Tout fut mélangé dans le nouveau Khan de la Horde d'Or. Il combinait et une profonde dévotion aux préceptes païens de Gengis Khan, et une bonne connaissance des règles et des dogmes du christianisme. Il ne se guida pas toujours dans ses affaires sur ces règles...
Danil voulait demander au Koyak plus à propos du Khan, mais le romey disparut déjà, et la porte frappa doucement ferment derrière lui.
Bientôt un toulengite d’énorme taille poussa dans la chambre une jeune fille de douze ou treize ans, douce comme la soie et belle comme une fleur.
Selon la procédure établie encore par Gengis Khan, les gardes du palais faisaient non seulement le service militaire. Les toulengites étaient obligé à organiser diverses fêtes dans la Horde et même à fournir des vivres du quartier du khan. Le destin des hommes et des femmes attachés au palais, à l'exception des parents du khan étaient dans leurs mains. C’était pourquoi, après avoir reçu un ordre de Sartak, le capitaine de garde ordonna à sa discrétion de la seule fille de la veuve, qui travaillait à la cuisine du Khan.
Ayant poussé la jeune fille, le toulenguite, serrant sa main contre sa poitrine, s'inclina au boyar et disparut derrière la porte.
La jeune fille était incroyablement belle. Elle était mince comme un brin d'herbe au printemps, au visage pâle, aux yeux énormes, comme chez un chameau, aux tresses noires comme la nuit. Les yeux pleins de larmes, regardaient le boyar avec crainte.
Danil s'approcha d’elle doucement et posa sa main sur le dos. Le corps mince de la fille tremblait. Elle enfouit son visage avec ses mains et se mit à pleurer bruyamment .
Poussant doucement la fille, le boyar l’approcha vers la porte.
- N’aie pas peur. Je ne vais pas te faire de mal, - dit-il trouvant avec peine des mots de Kipchak.
Mais la fille dut ne pas l'entendre. Elle continuait à sangloter .
Danil ouvrit la porte et dit au toulenguite :
- Qu’elle aille chez elle. Je n'ai pas besoin de femme.
Et le lendemain le Khan Sartak ne négocia pas. Il voulait montrer aux ambassadeurs des oroussoutes son amblier rapide, la meute de chiens courants et se vanter de ses bons tireurs. Alors il organisa la chasse.
On réveilla les oroussoutes à l'aube. L’hiver de cette année-là fut rude, neigeux, et il semblait que des meutes de loups de toute la steppe de Kipchak vinrent aux troupeaux du Khan.
Les guerriers engagés de protéger les troupeaux ne pouvaient rien faire avec les carnassiers. La neige tomba sous les sabots des chevaux, et les loups avaient le temps d’échapper à la chasse. Seuls les chiens rapides et légers et les tireurs habiles pouvaient aider à venir à bout des bandits gris.
Les chasseurs fatigués retournèrent tard dans la soirée dans la Horde. La bonne chance les accompagnait, la chasse était grande. Convenu avec le khan que les négociations aurons eu lieu le matin, les ambassadeurs des oroussoutes s’allèrent aux chambres réservées pour eux.
Danil se mit à peine au lit que le toulenguite d’hier amena de nouveau la jeune fille dans sa chambre avec ses yeux de chameau.
Elle ne pleurait pas, comme d'hier , seulement regardait en arrière la porte avec anxiété et crainte. Le boyard saisit que la fille voulait dire quelque chose. Il l’appela par geste.
Surmontant sa peur de l’oroussoute la fille s’approcha de lui  sur la pointe des pieds, se pencha vers son visage et murmura très ardemment :
- Ne bois pas rachiya, le vin qui te sera servi demain.
Danil ne saisit que « rachiya – vin ». Il savait que le vin, que des khans mongols buvaient généralement s’appelait ainsi. Le coeur soudainement poussa, la fille l'avertit. Le boyard fut glacé de mauvaise appréhension.
- Qu’est-ce que tu as dit ? Répète ...
La fille s’étonna que l’oroussoute ne comprenait pas sa langue . Ses yeux étaient sombres de désespoir, mais tout à coup une étincelle brilla, et elle murmura à nouveau, accompagnant les paroles avec des gestes :
- Demain, on te offrira du vin, rachiya, la fille montra du doigt la poitrine du boyar. - Et toi, ne le bois pas.  - Elle secoua la tête et montra comment repousser la coupe des mains. -  Si tu le bois ... -  La fille leva les mains jointes devant sa bouche comme si elle voulait boire le boisson. – Tu mourras ! Tu périras... - la fille imita un homme mourant.
Danil entendit .
- Vin rachiya ... – répéta-t-il, en regardant le visage inquiet de la jeune fille.
- Oui ! Oui !
Le boyard sourit chaleureusement .
- Merci ... - et il caressa sa tête. - Maintenant, tu peux partir ... - Danil montra la porte.
La fille se précipita vers la sortie rapidement et légèrement.
Dans le destin des gens et même des nations entières le vin jouait toujours un rôle important. L'histoire connaissait de nombreux exemples où l'Etat à cause du fait que ses sujets furent trop friands de vin, fut réduit en poussière et disparut à jamais de la surface de la terre. Les pays puissants , conquérant les terres des voisins plus faibles, portèrent le vin en dehors de la violence perpétrée par les armes et de la cruauté habituelle. Les envahisseurs qui faillirent obtenir leur résultat par l'arme soumirent les gens par la religion, les coutumes et encore par le vin. Le vin fut une catastrophe terrible pour les peuples qui n’avaient pas encore développé leur Etat. Gengis Khan le comprenait très bien. Il savait que pour vaincre l'ennemi, il ne suffit pas à avoir une discipline de fer. En outre, il fallait avoir une autre force qui aurait réchauffé, obscurci l’esprit et les sens des guerriers de son Horde multinationale. Par conséquent, l’homme, qui fit trembler tout l’univers, autorisa à voler, violer des femmes et boire. Il aimait aussi le vin et, en le prenant, il manquait souvent de mesure. Une fois, quand une orgie de plusieurs jours dans le quartier faillit finir par la mort du Khan , son conseiller Chigui Khoutougue dit amèrement :
- Oh, grand khan, je n’ai pas su avant, qu'il y a une force dans le monde qui est au dessus de toi...
Gengis Khan, offensé par les mots du conseiller, ôta son borik , le mit sur le trône et s'inclina profondément devant lui.
- Au-dessus de moi seulement mon chapeau, - dit-il fièrement .
- Non, - dit Chigui Khoutougue, - le vin est au-dessus de toi.
Pouvait-être cette conversation, et pouvait-être, les événements suivants changèrent soudainement le mode de vie de Gengis Khan. Il s'abstint de vin et il punissait sévèrement ceux qui avaient agi différemment.
Après la victoire d’Ouguédeï et de Djagataï sur le khorezmchah Muhammed leur armée faillit périr. Ayant capturé la capitale de Khorezm et après avoir trouvé les celliers à vin du palais, les guerriers mongols s’adonnèrent à l'ivresse. Les fils de Gengis Khan, leurs noyons, des simples soldats burent une semaine, deux semaines, buvaient jusqu'à la perte de conscience. Les habitants survivants de Khorezm massacrèrent des mongoles abrutis de vin par des centaines entières.
Ayant appris cela, Gengis Khan se mit en colère. Il envoya son détachement spécial à Khorezm, qui fit exploser les celliers à vin du chah à l'aide de poudre chinois composé de soufre pulvérisé et de coton <la poudre chinoise>.
L'armée mongole fut ainsi sauvée.
Les historiens disaient que Gengis Khan se fâcha contre ses fils pour ce qu'ils s'étaient arrogés tout le butin. Mais il semblait que ce n’était pas tout. L’homme qui fit trembler tout l’univers eut peur que ses enfants, s’étant adonnés à l’ivresse, ne purent pas rattraper et détruire complètement l'armée écrasée du khorezmchah. C’était après cet événement, il ordonna d’écrire ses mots :
« Un homme ivre est sourd et aveugle, il n' a aucun esprit et aucune compréhension. Sa connaissance et son talent ne vaut rien. Il n'arrivera à rien mais à la honte. Le régent, enclin à l'ivrognerie, n’est pas capable de grandes choses. Le chef des troupes, obscurci par le vin, ne peut pas mener ses guerriers. Le noyon ivre ne comprendra pas où il a envoyé une flèche et s’il a atteint son but.
S’il est impossible de ne pas boire, on peut s’amadouer au maximum trois fois par mois. Il est bien de boire une fois. Il est encore mieux de ne pas boire du tout. Mais il est difficile de rencontrer des non-buveurs... »
Les descendants de l’homme qui fit trembler tout l’univers tâchèrent suivant leurs forces d’exécuter son ordre, mais ils n’interdirent pas de boire aux peuples conquis et aux Etats dépendants. Inversement, pour affaiblir leur esprit et leurs sens, ils encouragèrent la consommation du vin.
A l’époque du khan Gouyuk un tel épisode eut lieu. Le khan demanda à l'Iiam Nuriddin de Khorezmi :
- Le vin aide un fatigué à détendre, réduit le chagrin d’un malheureux, remonte le courage. Il est fait de grains purs de millet et de blé, de raisins sucrés. Et si le Prophète Mohammed aime vraiment les gens et pense pour qu'ils soient heureux, alors pourquoi interdit-il à ses disciples de boire ?
Et Nuriddin Khorezmi répondit :
- Il était une fois un des disciples du Prophète Sahib, fatigué du long voyage, a décidé de rester au repos chez une femme seule. La jeune veuve ne l’a pas laissé entrer dans sa maison. Elle a dit : « Si tu veux passer la nuit chez moi, tu dois accomplir une de trois conditions. Ou couche avec moi, ou tue mon fils de cinq ans, ou bois une coupe de vin ».
L’adepte du prophète pensait : « Si je couche avec la femme, je vais tomber dans un péché, si je tue un enfant innocent, je vais commettre un crime. Je vais prendre une coupe de vin, et je recevrai du plaisir de vie et de la joie ».
Il promit à la femme de remplir sa dernière condition. La femme le laissa entrer dans la maison. Mais quand le disciple du Prophète prit du vin et devint ivre, il grimpa dans le lit de la femme et tua son enfant. Qu’est-ce que un ivrogne n’aura pas fait ?
Depuis lors, Mohammed, aimant les gens, interdit aux musulmans de boire du vin.
C'est ainsi que ça fut.
***
Le lendemain matin, la Horde entama des négociations avec les ambassadeurs des oroussoutes. Compte tenu de la situation difficile de la Principauté de Novgorod, Khan Sartak convint de ne pas lever choulen pendant deux ans des oroussoutes <Le choulen est  un tribut de cheptel.>, yaman <Yaman est un tribut de l'eau, qui était levé  conformément au nombre de personnes et de cheptel.>, et oundan < Oundan est un tribut pour entretenir des cochers >, et aussi un tribut de la récolte, nommé avariz. Les autres princes qui supportaient Aleksandre Nevskiy furent aussi libérés de taxes.
Sartak ne dit rien de précis concernant le fait si la Horde d'Or allait aider au prince si les Allemands allaient à Novgorod.
Il y avait des raisons. Les doyens de la famille Gengis Khan observaient avec désapprobation ses relations avec les oroussoutes. Il dut se garder de Nogaï, et Saouk, et Bakhadur, et Mengou et Temir. Ceux-là croyaient que la Horde ne devaient pas aider à ceux qui, hier, avaient été ses ennemis.
Il ne fallut pas se dépêcher avec la décision finale concernant l'aide aux oroussoutes. Si les chevaliers allemands entraient à Novgorod, alors il aura été plus facile de convaincre les récalcitrants de s'unir avec les princes des oroussoutes. Après avoir conquis les habitants de Novgorod , les Allemands auront pu se retrouver face à face avec la Horde d'Or , et cet ennemi fut fort et ses intérêts, sans aucun doute , se seront heurtés aux intérêts des Mongols. Le khan Sartak décida de garder cet argument pour l'avenir , dans le cas de la lutte contre ses adversaires.
Il dut penser à l'avenir de la Horde. Le khanat semblait encore solide et robuste, mais le Caucase et l'Azerbaïdjan s’en allèrent, et ce fut Koulagou, un autre descendant de Gengis Khan qui gouvernait ces terres. Sartak savait qu'il yavait beaucoup de gens qui voulaient s'emparer de la Crimée et de Khorasan. Qu’est-ce qui allait arriver cinq, dix , vingt ans plus tard ? La Horde d'Or ne devait pas abandonner l'alliance avec les principautés des oroussoutes de Nord. Il pouvait arriver que la Horde aura eu  besoin de leur aide pour la lutte contre les ennemis internes.
Pendant les pourparlers avec les oroussoutes Sartak remarqua que non seulement Saouk et Bakhadur furent contre son alliance avec Novgorod. Sviatoslav le trouvait saumâtre aussi, mais le vieux guerrier fit tout pour ne pas se trahir. Il fut facile à le comprendre. Aurait-il pu un homme qui avait vu cette terrible dévastation que les Mongols avaient apportée à sa terre, rechercher une alliance avec eux ? Seulement un grand besoin poussa les oroussoutes à ce pas - des chevaliers allemands se trouvaient aux frontières et il fallait choisir entre deux maux.
Khan Sartak savait des personnes fidèles que Sviatoslav était très respecté par les gens simples à Novgorod et qu’il avait une influence sur le prince Aleksandr.
Cela inquiéta Sartak.


Le grand Gengis Khan enseigna : « Si tu as un soupçon que demain ton ennemi deviendra ton ami, et ton ami deviendra ton ennemi, alors abandonne les deux pendant que ton ami est ton ami, et ton ennemi est ton ennemi. »
C’était une bonne idée. Mais le grand-père fut un seul souverain de toutes les terres occupées, et il n'eut pas à avoir peur de leurs proches qui étaient prêts à tout moment à couper la gorge ou verser de poison dans une tasse.
Après avoir fini les négociations on organisa la fête en l'honneur des ambassadeurs partants. On mit dans les salles des palais des tables rondes basses, les ayant garni de tout dont la Horde pouvait se vanter. Sur des plats en bois des tas de viande fumaient, koumys et le vin mongol, nommé torossun moussaient dans des seaux, on servit dans des coupes d'argent du vin et rachiya.
Saouk, conseiller en chef du khan, fut assis dans la place d'honneur à la droite du khan et à sa gauche il y avait boyar Danil.
Par tradition établie encore par Genghis Khan le bakaoul du palais s’approcha vers  Sartak et tenta un morceau de viande du plat servi pour lui, puis il prit une gorgée de vin de son verre. Le khan devait s'assurer que sa nourriture et ses boissons ne furent pas empoisonnées.
Sartak souleva le premier la coupe d'or et la vida. Son entourage fit la même chose. Seulement les ambassadeurs des oroussoutes sans goûter leur vin, les mirent  sur la table.
Le khan s’étonna. Encore hier les oroussoutes avaient pris du vin avec plaisir, avait bu beaucoup sans s'enivrer, mais aujourd'hui ... Il se méfiaient de quelque chose ? Ou pouvait-être il ne buvaient pas parce le bakaoul essaya seulement le vin dans sa coupe ? Mais il s’était passé ainsi les anciens jours ... Donc, il yavait une raison. C’était mauvais que les hôtes ne faisaient pas confiance au maître.
- Qu'est-il arrivé ? - demanda Sartak se renfrognant. – Pourquoi les hôtes n’ont pas voulu  déguster notre vin ?
Le khan regarda le boyar Daniel. Celui-là n'eut pas le temps de répondre. Sviatoslav leva lentement sa coupe et la mit en face de Saouk soigneusement pour ne pas renverser le vin.
Le vizir, qui selon la coutume des soldats mongols préférait boire torosun au bouzou, réalisa ce que le guerrier des oroussoutes voulait. Il prit lentement la coupe.
Une pensée traversa l’esprit de Sartak que l’oroussoute calcula bien. Si le vin était empoisonné, cela aurait pu être fait par Saouk. Le vizir ne cacha pas son hostilité envers les habitants de Novgorod.
Mais Saouk leva la coupe sans broncher visage.
- Depuis ma jeunesse, je suis habitué à boire la boisson mongole nommée  torossun mais je n'ai jamais eu de goût  au vin de Kipchak, - dit-il. – Mais si notre hôte veut... – le vizir porta la coupe à sa bouche. 
Soudainement le khan tendit la main rapidement.
- Attendez ... Nous savons que vous ne buvez pas la rachiya... – Les yeux de Sartak s’agitèrent regardant les personnes rassemblées. Non, apparemment, Saouk est coupable de rien, s’il a pris la coupe si hardiment... Je pourrais ordre d’emporter du tout le vin de la table, mais si le vin n'est pas même empoisonné, ça donnera une raison aux habitants de Novgorod de penser qu'ils ne se sont pas trompés dans ses soupçons et le vin avait du poison. Et le principal soupçon de la perfidie tombera sur le Khan.
Si Sartak vit en ce moment le visage de son bakaoul, il aurait tout compris. Plus blanc que la neige il se figea derrière lui .
Les yeux du Khan s'arrêtèrent sur le tulengite, qui était à la garde à l'entrée. Il fit un signe avec sa main .
- Viens ici. Bois. – Sartak montra par les yeux à la coupe.
Le guerrier timide, heureux de prendre la miséricorde des mains du khan, prit soigneusement la coupe avec les deux mains et colla contre elle.
Personne dans la Horde n’osait pas déranger l'ordre du Khan, mais tout à coup le tulengite s'arrêta à boire. Son visage devint confus .
- Grand Khan, - dit-il. – Laissez-moi ne boire plus, parce que je suis musulman et ... – le tulengite ne finit pas la phrase. Une grimace de la douleur déjeta son visage, la coupe tomba des mains tremblantes, et lui, se jetant roule maladroitement sur son côté, tomba sur la terre.
Le silence sonnant suspendit dans l’appartement du khan. Des centaines d'yeux regardaient Sartak , en attendant ce qu’il aura fait et ce qu’il aura dit. Les narines du Khan frémissaient, les yeux se rétrécirent, pour cacher le tremblement la main atteint pour la dague.
Sartak ne dit aucun mot. Il se leva brusquement de table et sortit de la salle. Le Khan comprit maintenant que quelqu'un voulait le brouiller avec les habitants de Novgorod. Apparemment, non seulement lui, se souvenait comment de nombreuses années plus tôt Turokine Khatune, mère de Khan Gouyuk, avait empoisonné le prince Yaroslav, père Aleksandr à Karakorum. – Ce fut alors et Aleksandr, et son frère Andrey se détournèrent de Guyuk et vinrent à Batu Khan .
Quelqu'un se souvenait de tout cela et voulait répéter ce qui avait été. Mais qui ?
Par ordre du Khan tous les gardes du palais furent vérifiés, tous ceux qui en quelque sorte pourraient avoir accès aux bouteilles de vin. Les recherches furent inutiles. Craignant pour leurs vies, la jeune fille Koundouzeet sa mère gardaient silence, qui avaient vu comment le bakaoul du palais avait versé du jus de fleur vénéneuse nommée kutchelyaba dans le vin.
Deux questions tourmentaient Sartak, qui avait empoisonné le vin et qui en avait prévenu les oroussoutes ? Il s'avèrait qu'il n'y avait pas d'unité dans la Horde , et même dans le palais il y avait ceux qui pouvaient à tout moment lui souhaiter la mort. Etait-il possible que Saouk fut mêlé dans cet incident ?  Il n'aimait pas les oroussoutes, mais il était douteux qu’il me voulait de mal ? Si il savait que le vin était empoisonné, Saouk n’aurait pas osé le boire. Le vizir était rusé comme un renard, et donc il aurait trouvé un truc, inventé une raison pour refuser de la coupe fatale ... »
Le jeune tulengite qui avait goûté ce vin, passa jour et nuit inconscient. Le guérisseur du palais, qui versa dans sa bouche des tisanes et du lait, déclara : « C’est son bonheur qu'il a bu si peu. Sa fin était proche. » Donc, quelque part, il y avait un ennemi vicieux et insidieux. Et là, dans la Horde, un homme se cacha et attendait son heure, quand à bon moment il allait accomplir. Celui qui fut assis sur le trône de la Horde d'Or, avait toujours des ennemis. La Horde était forte et riche, ce fut un morceau savoureux pour les envieux.
Sartak pensa longtemps et décida que le seul qui aurait pu espérer prendre sa place était BerkéKhan. Pouvait-être le fil du complot menait vers lui. Mais dans la Horde il n’y avait pas de ses gens sauf le bakaoul qui, une fois s’était fui de lui, mais il détestait Berké, et pendant des années qu'il avait vécu à la cour, il eut beaucoup d’occasions d'empoisonner le khan.
Il fut étrange que Berké avait également maintenu depuis longtemps de bonnes relations avec le prince Aleksandr. La querelle de la Horde avec les oroussoutes lui était avantageux.
***
Avec l'arrivée du printemps Khan Sartak et sa suite quittèrent la ville de Saray et migrèrent vers le djaylaou. Et quand la terre sécha et la rivière retourna dans ses rives, Sartak alla à Karakorum pour saluer le Grand Khan Mengou et pour lui demander un conseil à propos des affaires de la Horde d'Or.
Comme il fut établi depuis les temps anciens, en passant par les ulus où les descendants du grand Gengis Khan gouvernaient, il visitait leurs quartiers. Il ne voulait pas voir seulement Berké. Dans l’âme du Khan la haine remplaça son aversion envers le frère de son père, et les soupçons se transformèrent en l’assurance.
Ayant appris que Sartak passa ses possessions, étant enragé Berkéavec une centaine de ses noukers rattrapa la caravane du khan de la Horde d'Or près du passage de Yaik.
- Je suis le plus agé de la Horde parmi les descendants de Jotchi ! – dit-il, cachant à peine son rage. - Pourquoi tu me dégrades devant les autres , pourquoi n’es pas tu venu chez moi pour demander des conseils sur ce que tu vas parler au Grand Khan Mengou à Karakorum ?
Sartak regarda fixement Berké.
- Vraiment, vous êtes le plus âgé parmi les descendants de Jotchi ... Mais vous êtes muslmanin , et je suis chrétien ... Ce serait un grand péché de regarder en face d’un tel musulman comme vous ...
- Ah voilà ! - Berkétressaillit de la haine. - Alors, adieu !
Il leva son index vers le ciel, sur lequel un anneau avec un gros diamant brilla. Le bakaoul de Sartak de peur ferma les yeux avec sa main.
- Adieu ! - répéta Berkéavec menace et monta sur son 
amblier, qui fut amené par son nouker.
Sartak ne répondit rien. Il suivit Berkédu regard jusqu'à ce que son détachement  n'ait pas disparu dans la brume tremblante de steppe.
Le même jour, la caravane du Khan et une mille de tulengites courageux traversèrent Yaik et Sartak tourna son cheval aux steppe d’Irtychsk.
Deux jours plus tard , ils atteignirent les rives d’Irguiz et décidèrent d'arrêter pour la journée de repos. Sartak fit mal, la diarrhée sanglante commença. Le khan regretta qu'il n’avait pas pris son médecin. A chaque heure qui passait , il se sentait plus en plus mal. Deux jours plus tard, sans avoir repris connaissance, le khan de la Horde d'Or, chrétien Sartak mourut.
BerkéKhan, revint après sa rencontre avec Sartak dans son quartier plus méchant que l'hiver de six mois. Descendu du cheval et ayant jeté la bride au nouker, il entra dans sa tente, déboutonna sa ceinture décorée d'or et de pierres précieuses, et la jeta autour de son cou comme un signe de tristesse et se lamenta :
- Oh ! Allah ! Si la foi du prophète Mahomet est vrai, alors laisse à ta colère et ta vengeance tomber sur la tête de Sartak infidèle, qui la tache ! ..
Le khan cria ses malédictions haut et fort, de sorte que les gens qui étaient proches du quartier puissent l'entendre .
Allah ne semblait pas presser de réaliser son souhait. Une journée passa, la deuxième, la troisième ... Et voilà à l'aube un messager passa à cheval à travers le quartier tenant un drapeau noir. Il cria :
- Gens ! Sartak, khan de la Horde d'Or est décédé ! Malheur à nous ! ...
Les musulmans qui entendirent les lamentations de Berkése dirent entre eux :
- Notre chakh est un vrai disciple de la foi. Allah l’a entendu et a puni Sartak. Le châtiment est arrivé !
Berkéfut désormais fermement convaincu qu'il fut son temps de s'asseoir sur le trône de la Horde d'Or, mais le Grand Khan de Karakorum Mengou le tourna de nouveau et nomma le khan  le plus jeune fils de Batu Khan - Oulakchi .
À peine six mois plus tard, pendant un des régals le jeune Khan mourut après avoir bu du vin empoisonné.
CHAPITRE TROIS
L’ancien bakaoul de Khan Sartak Sary Bougui se trouvait sur une rive escarpée de Itil. Au fond, la rivière majestueuse et calme , roulait, tortillait ses vagues en faisceaux serrés. Sous le ciel bleu où les yeux pouvaient voir, la steppe en couleurs vives se trouvait. A cause du vent frais d’hautes herbes penchaient à la terre. Les hirondelles, rapides comme les éclairs noires, tantôt s’envolaient dans le ciel bleu sans fond, tantôt, tombaient vers l'eau. Sary Bougui regardait fixement de grandes vagues d'Itil. Son âme se réjouit, mais en regardant la figure immobile du mongol, personne n'aurait deviné quelle tempête de sentiments bouillonnait en lui.
Une semaine plus tôt, les gens les plus remarquables et les plus respectés soulevèrent Berkésur le tapis blanc - il devint khan de la Horde d'Or. Le rêve de toute sa vie réalisa. 
Le nouveau Khan immédiatement envoya son homme à Sary-Bougui. Le tulengite qui vint chez le bakaoul murmura respectueusement :
« Le Grand Khan a dit qu'une fois son frère Batu dans le feu de la colère avait ordonné d’exécuter le bakhadur Kara-Bougui, un soldat brave et fidèle de la Horde d'Or. Il est temps de calmer son esprit , et que pour cela notre grâce tourne au frère cadet du défunt, au seul frère de Sary-Bougui. Je pense, les yeux du tulengiea brûlaient d'envie, le khan va te nommer le chef d’un aïmag ou le chefs du millier. »
Les lèvres minces de Sary-Bougui s'étendirent dans un sourire de ses souvenirs, les yeux bridés se transformèrent en minuscules fentes, il montra ses dents comme un carnassier, et se mit en rire doucement d'une voix enrouée.
...Batu donna Kara-Bougui à l’orussute pour le déchirer ... Non, Sary-Bougui n’oublia rien – il n’était pas une vieille femme sénile. Ce fut Berké, qui avait proposé de punir son frère par mille coups, et il avait déclaré que pour son action Kara-Bougui cmme musulman, allait brûler en enfer pour toujours. Et mille coups – ce ne fut pas l'enfer ? Non, ce ne fut pas du tout pitié que Berkémontrait... Et comment, avec quel mépris Sartak regarda son frère? Fut-il possible d'oublier tout ?
Plus de dix ans il dut attendre son heure, et le moment de vengeance vint ... Non, pas pour les mérites de Kara-Bougui le khan l'appela. Les actions d’éclat de son frère lors de la prise d’Otrar et de Kharmankibé furent depuis longtemps oubliées... Les descendants de Gengis Khan ne rappelaient fermement que le mauvais. Le passé ne les obligeait pas à être bons ... Tous les mots sur les exploits de Kara- Bougui furent pour le tulengite pour qu’il ait éclaté la gloire de la bonté du Khan parmi les gens. Pour les mérites d'aujourd'hui BerkéKhan devait récompenser, son fidèle esclave. Ayant reçu la Horde d'Or, dont les terres il était impossible de contourner en six mois, le Khan, ne l’aurait-il pas nommé le chef de l’ulus égal au passage de six jours ? Il l’aura fait. Parce que Sary-Bougui savait un grand secret du Khan ...
Le visage de l'ancien bakaoul pâlit soudainement, son sourire disparut de ses lèvres , et son âme se remplit de crainte. Sary-Bougui entendit que la terre tremblait, que un bruit sinistre éclatait dans la steppe. Il tourna brusquement la tête. Le bruit s'élargissait, grandissait et les oreilles du mongol qui s’habituèrent déjà, saisirent  bruit de sabots. Les yeux de Sary-Bougui se grandirent en horreur. Du méandre de la rivière d’Itil un troupeau innombrable de chevaux se précipita droit sur lui.
L’ancien bakaoul se précipita vers les plaines, où les chevaux entravés pâturaient et il y avait sa yourte . Il y avait sa femme et ses deux jeunes fils. Mais la route fut coupée. Et de ce côté-là, en soulevant la poussière vers le ciel, en secouant l'air par hennissement inquiétant, une avalanche vivante descendait. Sary-Bougui remarqua que devant le troupeau l'étalon noir truite de Berké galopait, qui n'avait jamais connu ni rênes, ni lasso chevelu et qui venait facilement à bout un loup ...
Se sauvant déjà seul, Sary-Bougui courut de nouveau vers le ravin, mais les chevaux qui galopaient follement furent proches et il n'y avait aucune possibilité de se sauver. Le mongol tomba à genoux et ferma son visage aux mains ...
L’étalon à large poitrine, à longue crinière  de Berké le frappa avec ses sabots de fer. Le corps de Sary-Bougui roula sous les pieds du troupeau ...
A l’endroit où, jusqu'à récemment, le mongol fut debout, deux troupeaux de chevaux semi-sauvages appartenants à Berké Khan se rencontrèrent comme deux rivières. Ils furent innombrables. Culbutant par poitrine, mordrant l’un l'autre les chevaux hennissaient furieusement. Les juments ronflaient, les voix plaintives des poulains perdus sonnaient au-dessus de la steppe.
Ensuite, les deux troupeaux se calmèrent et coulèrent lentement comme un flot ininterrompu vers l'ouest. Leur mouvement fut long. Juste avant le coucher du soleil on rencontra des bergers. Ils descendirent, se serrèrent la main, s’embrassèrent.
La terre où les troupeaux galopèrent , se tourna en la poussière, et rien ne rappelait que jusqu'à récemment, il y avait eu là une yourte et les gens avaient vecu.
Seulement le principal berger de khan Salimguirey remarqua ce que les autres ne fit pas attention . Au moment où les chevaux, comme une avalanche vivante avaient échappé du méandre de la rivière d’Itil, il lui sembla qu’un minuscule silhouette d'un homme passa rapidement au ravin haut de la rivière.
Il ne le dit à personne, mais le matin il alla au ravin. Les yeux d'aigle pointus de Salimguérey n'avaient pas trompé. A l'endroit où, hier, il avait imaginé un homme, sur la terre brisée en poussière le berger vit un petit poignard. Sautant de son cheval, il le ramassa. Les sabots des chevaux sauvages n’avaient pu rien faire avec l’acier damassé beau et avec une poignée parsemée de petits diamants.
Salimguérey commença soudainement à comprendre pourquoi BerkéKhan avait ordonné de chasser ses troupeaux innombrables le long de la rive d’Itil.
Admirant le jeu des pierres brillantes qui ornaient la poignée du poignard, pensait-il tristement : « Khan Berké devait avoir peur de toi, s’il avait décidé de fouler ton propriétaire aux pieds de ses troupeaux. Le Khan était rusé, cruel, s’il avait conçu une telle mort pour un homme désagréable. Non sans raison, certains disaient que le Khan était toujours plus intelligent que quarante sages ».
Quelques jours plus tard, Salimguérey donna le poignard à Berké Khan. «  La chose est cher, digne seulement des khans, - dit-il. – Je  l'ai trouvé sur les rives d’Itil, où les troupeaux ont passé ... "
La Khan ayant plissé les yeux bridés, regarda le berger. Il reconnut son poignard, que de nombreuses années plus tôt il avait mis dans les mains de Sary-Bougui et avait expliqué pourquoi il en aurait avoir besoin. Donc, le bakaoul n’était plus. Le mystère de Berké alla avec lui. Pour toujours. Pour tout le monde. Allah était grand ! Toute sa volonté !
Le Khan remercia le berger pour un cadeau coûteux , et ensuite il appela le vizir et lui dit de nommer Salimguérey sotnik.
***
Ayant devenu khan de la Horde d'Or , Berké n’alla pas à la ville de Saraï, au palais de Batu Khan . Son quartier se trouvait encore sur le terrain de l’aymak qui lui appartenait , dans la petite ville de Aktubé, qui était à neuf farsakhs <farsakh est une mesure de longueur égale à six kilometers.> de Sarykum. Mais, imitant le fondateur de la Horde d'Or, le Khan ordonna d'appeler aussi son quartier Saraï, bien que la capitale officielle de la Horde soit restée Saraï - Batu . Un de ses premiers actes après son avènement, fut son ordre d'ériger une mosquée avec ses minarets dorés .
Comme Batu , Berké n’était pas de constitution solide - il était de taille moyenne, maigre et mobile.
Comme la plupart des descendants de Gengis Khan, il hérita de son grand-père  la colère, la jalousie, la cruauté et le courage dans ses décisions . Et tout comme son grand ancêtre, il savait cacher ses sentiments et intentions . Contrairement à son frère Batu , Berké ne vengea jamais ouvertement, préférant gérer les affaires par procuration, en restant dans l'ombre .
A son instigation, Mengou dans l'année où il était devenu chef du grande khanat mongol àe Karakorum, avait ordonné de couper en une nuit soixante-quinze personnes de la noblesse mongole avec le fils aîné de Djagataï - Bory. Personne ne savait quel rôle Berké y avait joué, craignant l'influence croissante des descendants d’Ouguédeï et de Djagataï.
Berké croyait qu’il ne fut pas encore le temps d’agir ouvertement. Et pourquoi ? Non sans raison  on disait que si Allah voulait l'entendre, il aura entendre même un murmure.
Les intensions perfides de Berké étaient pour longtemps. Il attendait juste une occasion de détruire tous les descendants d’Ouguédeï et de Djagataï et de couper pour toujours ces deux grandes branches de l’arbre de la famille de Gengis Khan.
Mais Batu Khan avait confus à la fois tous les projets. Se mettant en campagne aux terres des oroussoutes et d'autres terres situées à l'ouest, il avait pris avec lui un jeune Algouy, né de Baydar, fils moyen de Djagataï et Kaydou de dix-huit ans, né de Khachi, fils d’Ouguédeï.
Berké haïssait et craignait surtout le brave et audacieux Algouy dont il devinait son principal rival dans l’avenir. Il aspirait à sa mort, mais la peur de devenir ennemi de Batu Khan l’obligeait de reporter l'exécution du plan .
Berké fut toujours respecté par le Grand Khan Mengou. Un jour à sa demande le khan avait même ordonné de commencer le kurultay par les prières musulmanes. Ce fut un signe de grande confiance par rapport au parent, parce que Mengou n'avait respecté aucune foi, adorant seulement ce que son ancêtre Gengis Khan avait adoré.
La prudence de Berké, sa ruse lui permettaient d'être toujours l'un des premiers parmi les descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers. Il se montra bien lors de la prise de Khorezm, de la conquête des steppes de Kipchak, et des campagnes aux oroussoutes. Il ne se jeta jamais dans la bataille à la tête de ses tumens , mais il ne resta pas derrière. Personne n'avait vu la peur sur son visage . Cependant , il n'était pas connu pour ses exploits parmi les Mongols que Nogaï mais il guidait toujours raisonnablement ses armées.
Et maintenant , quand Berké franchit le cap de la cinquantaine, il prit finalement le trône de la Horde d'Or . Le projet de toute sa vie réalisa. Il semblait que tout avait été vérifié de nombreuses fois, mais ... D’où il fallait commencer ? Il était connu depuis longtemps qu’une chose était de s'asseoir sur le trône, et l'autre était de gouverner.
S'asseoir sur le trône de la Horde d'Or était la même chose que s'asseoir sur le dos d'un dragon. Si tu se trouves un peu maladroit, imprudent - et il allait te jeter sur le sol et la gueule allait immédiatement avaler celui qui avait récemment été son maître.
De la même racine Batu et Berké étaient nés, mais néanmoins, ils ne se ressemblaient pas. Si le premier était semblable à un aigle, le second était plus comme un faucon. Et leurs vols différaient, et chacun ne pouvait prendre que sa proie. Batu savait conquérir d'autres peuples, Berké rêvait seulement de les garder en l'obéissance. Il semblait sentir que s’il ouvrait ses mains pour attraper quelque chose à ajouter aux possessions de la Horde d'Or, que tout ce qu’il tenait  toujours fermement, allait tomber et commencer à s'effondrer.
Extérieurement, il semblait que tout restait exactement le même que sous Batu Khan, - les terres de la Horde étaient en paix , et les peuples étaient soumis. Mais il semblait seulement. Tantôt dans un endroit, tantôt dans l’autre des hommes qui étaient contre l'ordre établi par les khans mongols apparaissaient. Et la chose étrange était qu’ils n'étaient pas les seuls, leurs troupes augmentèrent en nombre immédiatement, prenant la force et la puissance. Il s'avéra que l'obéissance du peuple était trompeuse. Berké comprenait bien que terribles pour la Horde telles déclarations étaient. Des gens se souvenaient mieux quelque chose vu une fois que quelque chose entendu cent fois, et c’était pourquoi il était délibérément cruel avec les rebelles et aucun d'eux ne pouvait compter sur la grâce et la miséricorde du Khan.
Au-dessus de la Horde d'Or, forte et puissante, comme si l’angoisse éternelle et l’attente du malheur proche ou des orages répandaient. Peu de gens auraient pu alors le sentir, mais tout le monde pouvait voir que de chaque année le nomade devenait plus pauvre qui cessa d’aller en campagnes pour combler des girouettes des biens étrangers ; tout le monde pouvait voir qu’après les terribles dévastations les villes des oroussoutes se relevaient et devenaient peuplées. Ni tribut des terres conquises, ni taxes de passage à travers de la  Horde des caravanes de marchands ne pouvaient renforcer l’Etat créé par Batu parce que tout allait juste à la trésorerie du Khan et il dépensait tout pour que son armée soit restée forte. Même l'Islam avec tous ses dogmes et enseignements de l'obéissance servile à leurs supérieurs ne pouvait rallier les gens pauvres qui ne s’habitua qu’à prendre sans donner rien à d'autres.
Et pas de la noblesse , mais volontairement Berké se restreignait seulement au tribut des terres des oroussoutes. Pour lui, un nomade, le peuple dont on avait tout pris,  ne mourut pas, ne devint pas vagabond mais  avec ténacité sans précédent continuait à construire des villes et à cultiver la terre, semblait incompréhensible et mystérieux. La terre des oroussoutes semblait mystérieuse et sombre, dont les limites étaient perdues quelque part dans l'extrême nord, au-delà des forêts noires et des marécages infranchissables, où les chevaux mongols s’envasaient. L’instinct du nomade incitait Berkéà être à l'écart de quelque chose incompréhensible, il suffisait à faire raids pour que l'ennemi n’ait jamais devenu fort, et à quereller les princes entre eux, et tout était à la volonté du Très-Haut.
Après la mort de Batu Khan, ayant senti la faiblesse de ses successeurs, les têtes se bougèrent et tirèrent de côté les héritiers d’Ouguédeï et Djagataï Khorezm, Khorasan . Et l'Azerbaïdjan empauma imperceptiblement Koulaga.
BerkéKhan avait peur, quand il pensait que de misérables haillons de l’ancienne grandeur de la Horde d'Or puissante pouvaient rester. Il était possible de s’asseoir sur le dragon à condition qu’il ait lancé sur chaque tête une nouvelle bride au lieu de celle putréfiée, et qu’il ait pris les rênes à mains de fer. Et les mains de ceux qui tendraient leurs bras vers les terres de la Horde devaient être coupées. Ce n’était pas facile de le faire, mais il n'y avait pas d'autre issue. Il n’avait pas mené la lutte pour le trône pendant quelques années, pour qu’après l’avoir obtenu, soit devenu khan sans puissance.
Berké pensait ainsi, debout sur une colline et observant la nouvelle mosquée se bâtir qui aura dû conquérir par sa splendeur et la beauté les musulmans et les hôtes de sa nouvelle capitale.
Ce fut le célèbre maître romey Kolomon,  qui la construisait. Auparavant, quand les troupes vaillantes de Koulagou avaient pénétré dans les terres des Arméniens, il avait été fait prisonnier. Berké l’obtint à son parent. Même alors, il avait rêvé de construire la mosquée incroyable , mais Kolomon n’avait pas obéi à l'ordre. «Je suis chrétien, - dit-il ,- et je ne peux pas construire une maison pour un dieu étranger ». 
Le maîtret était têtu, il essaya de s'échapper plusieurs fois et, donc, Berké ordonna de l’enchaîner de chaînes. Seulement maintenant , quand il devint khan de la Horde d'Or, Berké rappela et dit de lui amener Kolomon .
- Si tu bâtis une mosquée, à qui  il n’y aura pas d'égal dans le monde musulman, je vais te donner la liberté, - dit le Khan au maître.
- Est-ce que le khan dit la vérité? - demanda Kolomon .
- Oui. Le khan ne répète pas deux fois et ne reprend pas ses mots.
Le romey, ennuyé de la liberté, y réfléchit.
- Eh bien, - dit-il enfin. - J'aime ma foi, mais j’aime plus la liberté ...
Berké se souvint de cette conversation avoir vu maintenant Kolomon. Le romey, nu jusqu'à la ceinture , musclé , bronzé , avançant sa barbe rouge , considérait le dessin sur le tableau noir. Autour lui, des esclaves grouillaient comme des fourmis traînant briques et planches.
Kolomon se tourna légèrement, et le khan vit les chaînes sur les pieds et les mains du maître. Les lèvres de Berké toucha un sourire diabolique. Eh bien, il dut le faire, sinon le giaour fichu avait pu tenter à nouveau de s'échapper. Il était âgé de seulement quarante ans, il était encore plein d'énergie, et personne ne savait ce qu’il avait en tête. 
Berké se tenait immobile, en regardant ce qui se passait en bas. Son visage était inexpressif . Sa suite se tenait derrière lui ainsi immobile et silencieuse, n'osant pas déranger la méditation du Khan.
Le nouveau khan avait quelque chose à penser. Il savait que la construction de la mosquée ne lui aura pas gardé la Horde d'Or, mais il croyait toujours qu’il faisait la bonne chose. La mosquée était un symbole de puissance, et les gens l’aimaient.
Berké était un homme cachottier. Même les gens les plus proches ne savaient rien de ses plans et ses pensées. Mais ce qu’il conçut était terrible, et donc le Khan ne pouvait faire confiance à personne de son secret.
La Horde d'Or était un géant. Elle s’occupait la troisième partie de tout le royaume, créé par Gengis Khan, mais comme apparavant, à son époque, elle dépendait de Karakorum et elle était obligée de coordonner chaque son action avec le Khan assis là.
A son époque l’homme qui avait fait trembler tout l’univers avait bien organisé la structure interne de l'Empire mongol. Il l’avait divisée en ulus et avait donné chacun d’eux en gestion de l'un de ses quatre fils. Ensuite, chaque ulus s’était divisé en aïmaks, que  les fils de ses fils avaient possédés. Par le stricte précepte du grand kagan, les aïmaks avaient du se soumettre aux ulus, et tous ensemble avaient été subordonnés au grand khan à Karakorum .
Genghis Khan terrible avait quitté sa vie depuis longtemps mais ses descendants observaient fermement l’ordre établi par lui. Les ulus annuellement envoyaient à Karakorum tout le tribut qu'ils levaient des peuples conquis, tout ce qu’ils réussaient à prendre dans les campagnes. Seul le Grand Khan de Karakorum avait le droit de partager la proie et de décider ce que chacun méritait. Ayant obtenu le consentement du kouroultay il aurait pu même prendre tout et donner à quelqu'un seul pour préparer une nouvelle campagne.
Celui qui était élevé sur un tapis blanc à Karakorum était grand et puissant.
Le troisième fils de Gengis Ouguédei ayant devenu khan n’avait pas pu faire ce que son père avait fait. Mais il avait réussi à garder le royaume mongol et ayant envoyé les braves petits – Batu, Guyuk , Bori, Koubylay , Koulagou, Baydar , Mengou Kaïdou et Nogaï – aux campagnes il avait écarté les bornes.
Mais lorsque Guyuk s’était assis sur le trône de Karakorum comme si le bonheur avait tourné le dos aux Mongols. Au lieu des célèbres batailles dans les terres étrangères des conflits internes, la haine et la tromperie étaient venus.
A ce moment le Grand Khan mongol se considérait Mengou, mais il n’eut pas de volonté de fer de son ancêtre. Donc, ses deux frères, deux louveteaux du jeune fils de Gengis Khan - Touli, Kubylay et Koulagou montraient déjà des dents. Le premièr avait conquis la Chine du Nord, le deuxième avait conquis l’Iran , et aujourd'hui ou demain Koulagou aura été Ilkhan de tout l’Iran, et le temps sera venu quand Kubyltay se sera déclaré empereur de la Chine ...
L'heure où le grand royaume de Gengis sera tombé en décadance était proche. Et c’était le moment où la Horde d'Or allait devenir indépendante, n’était-ce pas ? Jusqu'à quand les biens provenant de ses terres auront nourri Karakorum ? Si on continuait à le faire, si la Horde aurait pu toujours rester forte et puissante ?
Le serpent , qui ne se développait pas, n’aura pas devenu dragon ; le trône dont le pied n'était pas assuré d’or, aura titubé tôt ou tard et n’importe qui aura pu l’obtenir. 
Berké Khan pensait de l'indépendance de la Horde dépendante de lui à ce moment-là, et c'était sa pensée la plus secrète et la la plus brûlante. Il n'osa à personne en parler parce qu’il savait le caractère rigide de Mengou.
Il avait à attendre jusqu'à ce que l'un des descendants de Gengis Khan se soit risqué à cette entreprise le premièr, et alors ...
Les pupilles des yeux bridés de Berké soudainement s’élargirent, s’obscurcirent, et le visage jaune aux pommettes saillantes fut injecté de sang. Il se tourna vers la suite :
- Apportez ici l’esclave Kolomon.
Un des Nouker s se précipita en toute hâte en bas de la colline.
Le romey, pressé par le Nouker , commença à escalader lentement la colline. La lenteur du maître fit le khan furieux, mais il était calme en apparence.
Kolomon se tenait de façon indépendante. Resté à vingt pas du Khan , il s'arrêta soudain  et leva son visage .
- Berké Khan, - dit-il - mes chaînes sont trop lourdes pour moi d'être agile et rapide. J’ai besoin de beaucoup de temps pour me rapprocher de l'endroit où tu es et pour tomber à tes pieds. Considère que je l'ai déjà fait. Je t'écoute ...
Le romey insoumis n’appela jamais le Khan « grand ». Pour cela, il avait été battu plusieurs fois des fouets, jeté dans une fosse profonde - zindan, mais rien n’avait pas pu briser le maître.
Berké gardait silence, regardant Kolomon des yeux sombres de fureur. Romey dit :
- Le suicide aux chrétiens est considéré comme un grave péché. Si ton épée me frappe, je me trouverai une personne heureuse, parce que la mort est la meilleure façon de cesser d'être esclave ...
Le khan ne répondit pas à ses paroles et ne prit pas un pari audacieux. Il demanda :
- Je t’ai dit de faire le fondement de la mosquée en pierre - pourquoi m'as-tu désobéi et tu le fais en brique ? La mosquée pourrait s'effondrer ...
Dans les yeux bleus de romey on pouvait voir un petit rire.
- Tout est dans la puissance d'Allah. Pourquoi va-t-il détruire ce qui est érigé en son honneur ? ..
Soudainement Berké dit à voix basse, et c'était un signe que le rage l’étouffait.
- La mosquée construite par le Khan de la Horde d'Or, doit être éternellement ...
Kolomon secoua la tête, faisant semblant de ne pas remarquer la colère de Berké.
- Les églises et les mosquées n’existent pas pour longuetemps car elles sont érigées sur l’ordre des régents, mais parce que les gens compétents les construisent. Les briques cuites mises sur la solution de gantch sont plus dures que les pierres sont...
- Donc, est-ce que tu ne veux pas remplir mon ordre ?.. – demanda le khan doucement.
- Même un sot exécute l’ordre intelligent, mais les mots d'un sot déroutent le plus intelligent - dit le maître lançant un défi.
- Donc, tu es plus intelligent que moi ?
Si Kolomon était debout à proximité, il y aurait laissé sa tête pour son insolence. Les Nouker s, conseillers, noyons reculèrent en crainte du khan. Ils connaissaient son maître, ils savaient que pris de fureur calme, il pouvait frapper de l'épée quiconque qui s'approchait.
Le Khan se calma aussi vite et brusquement qu’il se mit en colère .
Kolomon sourit .
- Pourquoi ris-tu, romay ? - demanda Berké.
- Ayant entendu vos malédictions, je me suis souvenu de la parabole, qu’on raconte à mon pays ...
- Eh bien, dis -le-nous - permit gracieusement le Khan .
Le romey cligna ses yeux bleus :
- Une fois un bouc ayant grimpé un haut ravin, et s’est mit à gronder le loup. Il n'y avait pas de telles mots, qu'il ne lui a pas dit. Mais le temps a passé, et le bouc s’est calmé. Puis le loup a dit: «Tu es un tel bouc courageux, car je ne peux pas te prendre, mais tout peut toujours changer ... »
Berké étouffa à peine sa fureur éclatée en lui de nouveau.
- Viens près du romey - dit-il durement à un de ses Nouker s, - et coupe-lui la tête ...
Soudain le Khan vit le visage blanchi du maître et la peur éclata dans ses yeux.
Berké rit :
- Es-tu prêt à mourir, romey ?
- Je suis prêt pour cela, Khan, depuis le jour que j’ai été fait prisonnier. La mort est la délivrance des tortures, que j’ai dû souffrir... Mais qui va terminer ta mosquée ?
Berké pensait. Saouk se pencha vers lui :
- Oh, grand khan, garde la vie au gyaour impertinent. La mosquée le mérite. Sa grandeur portera ton nom aux descendants ...
Le khan leva la main, arrêtant le Nouker  qui leva déjà son sabre sur la tête de Kolomon.
- Pour la première fois j’ai vu la peur dans tes yeux, romey. Et c'est bien ... Je te donne la vie. Donnez-lui cent fouets.
Berké  se retourna et s'éloigna. Il ne vit pas comment le visage du maître s'illumina et un soupir de soulagement échappa de sa poitrine. Le khan marchait et pensait que le romey semblait perdre son esprit . Car la mort serait vraiment pour lui la délivrance de l'esclavage . Il est chrétien, donc pourquoi ses derniers mots étaient sur la mosquée ? J'en ai besoin pour renforcer l'esprit des musulmans, pour glorifier mon nom. Le romey sait bien que je ne vais pas pardonner à son audace et aussitôt que la mosquée est terminée, la mort l’attend toujours. Le khan ne comprit pas le maître . Comment lui, élevé dans la steppe sauvage où l'air même était rempli d’odeur de sang et de soif de destruction, pouvait-il savoir qu’il y avait dans le monde les gens dont l'âme pouvait s'épanouir une fleur miraculeuse, même si le corps gémissait de douleur. Il ne connaissait pas l'état d’enchantement , lorsque la personne avait une grande cible et il obtenait la possibilité de créer, d’ériger...
S'inclinant profondément au Khan Salimguirey s’approcha précipitamment.
- Oh, grand khan, - lui dit-il, sans regarder les yeux de Berké, Barakchi-khatounee et dix Nouker s femmes passèrent Kumbel.
Le khan leva la tête. Il était encore sous l'emprise des pensées du romey. Bien que Berké comprit facilement où Barakchi-khatounee s’était dirigée, il demanda avec espoir : 
- Peut-être elle s’est mise en promenade ?
Salimguirey s'inclina encore plus bas.
- Mes gens avaient pensé la même chose jusqu’à ce que son détachement ait commencé à  descendre du col. Les femmes sont armées et probablement elles vont à l'Iran pour voir khan Koulaga.
Barakchi-khatounee était veuve de Batu, mère des derniers khans de la Horde d'Or,  Sartak et Oulakchi, elle était tatare de la famille des alchines et confessait le christianisme. Calme, presque invisible pour les autres , mais il y avait une rivalité féroce entre elle et Berké. La foi les partagea, mais encore plus la lutte pour le pouvoir .
Après la mort de Sartak à la volonté du Grand Khan mongol à Karakorum Oulakshi était devenu khan de la Horde d'Or. Il n'avait eu pas encore dix-sept ans, et donc, prenant en compte l'esprit lumineux et la capacité de regarder l'avenir,  Barakchi-khatounee avait été nommée régente.
Mais lorsque le jeune khan décéda subitement et Berké réussit finalement à être élevé sur un tapis blanc, Barakchi-khatounee réalisa que ses affaires furent mauvaises. Sachant très bien la nature de Berké, la khancha attendait de mourir à tout moment, comprenant qu'elle n’aura pas eu de grâce. Les Mongols ne pardonnaient pas des offenses, ne toléraient pas des rivaux. Pas une seule fois il regretta qu’elle n’avait pas convaincu Batu Khan de tuer Berké en son temps. Le désir de venger pour ses fils, de reprendre le pouvoir de la Horde d'Or requéraient ses actions.
Barakchi-khatounee envoya à l'Iran, à Koulagou Khan, un homme fidèle. Celui, mû par la haine envers Berké et le considérant comme un rival et un ennemi, décida de prendre la vieille khatun sous sa protection.
Et maintenant Barakchi-khatounee fuit. Berké n’aurait pas été lui-même s’il n'avais pas prévu un tel résultat, et donc il avait prise la khancha en filature. Le message de Salimguirey ne fut pas inattendu pour lui.
- Eh bien ... – dit le Khan, et la peau de son visage se tendit. – Elle a décidé de demander l'aide au coreligionnaire Koulagou ... - Il se tourna brusquement vers Salimguirey : - Prends ta sotnia et rattrape-la. Je veux voir sa tête ...
Saouk frissonna.
- Elle est veuve de Sain-Khan, de Batu juste ... C'est ta parente. Comment peux-tu la tuer ? Laisse-lui aller ... Quel mal une femme peut-elle te causer? ..
Berké ne daigna pas le vieux conseiller même d’un regard:
- Si je la regrette aujourd'hui, demain elle va réunir avec Koulagou et ils ne vont pas me regretter. Galopez et faites ce que j’ai dis .. !
Saouk ne dit mot. Il savait trop bien le khan, se souvenait de sa ruse, lorsque ayant soufflé par Berké, Mengou avait coupé à Karakoroum près d'une centaine de descendants d’Ouguédei et Djagatai. Le nouveau Khan de la Horde d'Or avait son coeur de pierre, et Barakchi-khatounee ne signifiait rien pour lui.
Berké soudainement brisa le silence douloureux :
- Que les gens me connaissent non seulement comme un bon khan qui bâtit des mosquées...  Qu’ils savent que je suis sévère et que pour la justice j’ai ordonné de couper la tête de femme de mon frère, de grand Batu ... Nous devons nous rappeler le précepte de Gengis Khan : « Les gens respectent leur régent seulement quand ils ont peur de lui ... »
La nuit suivante, un mongol à la face large, sans sourcils, s’étant penché bas devant le khan, lui donna un mouchoir de soie dans lequel la tête de Barakchi-khatounee était enveloppée...
Berké, ayant regardé le visage de la morte, égrenant lentement son chapelet, comme un vrai musulman , lit une prière et dit d’enterrer la tête avec tous les honneurs, qui devaient être quand quelqu’un  des parents du khan était mort. La vengeance atteignit encore un ennemi...
Il était temps de penser à autre chose, d'autres soucis envahirent le Khan. Il fallait renforcer la Horde d'Or ébranlée, pour la faire puissante et formidable, telle qu'elle avait été à l’époque de grand Batu . Berké enviait la gloire de son frère, enviait et essayait de comprendre comment il avait réussi à faire tout ce qu'il avait eu en tête.
En conquérant Maverannakhr, Gengis Khan n’avait rencontré aucune résistance sérieuse. Samarkand et Boukhara étaient tombés un après l'autre, plusieurs forteresses avaient ouvert leurs portes , même sans essayer de lutter contre les mongols. Otrar et Syganak avaient donné des soucis, mais seulement la ville de Khodjent, comme un guerrier vaillant, s’était dressée pour la défense contre la horde sauvage .
Lorsque les tumens des mongols avaient atteint la haute de la rivière Seykhun et avaient assiégé Khodjent, l’émir de la ville Temir Melik n’avait pas ouvert les portes de forteresse. Il était un homme de constitution herculéenne, à beau visage sombre, audace et brave. Dans la forteresse il y avait peu de guerriers, la cavalerie de nomades, envoyée par le khorezmchah trahit, encore le matin elle quitta la ville, mais l'émir croyait en courage et en dévouement de ses gens. Il était constamment avec ses soldats sur les murs de la ville, en tirant à l'arc et jetant des pierres sur les assaillants .
Après certaines tentatives de prendre de la ville, les Mongols arrêtèrent l'assaut en attendant l'approche des forces fraîches. C’était de Temir Melik  l'historien iranien Djouveini écrit les années plus tard : « Temir Melik était un vrai héro. Et si le bogatyr Rustem, héro du poème « Chakhnamé », avait vécu à cette époque, il lui aurait convenu d'être palefrenier ».
Les forces des mongoles et des défenseurs de la ville étaient inégales. Et quand l'heure fatale arriva, Temir Melik avec les soldats survécus se réfugièrent dans la citadelle de pierre - Khazaré. Le palais se trouvait sur une petite île au milieu de Seykhun. Les flèches et les pierres des ennemies de catapultes chinoises n’atteignaient pas cette place.
Etant en colère à cause de leur échec et de la persévérance des habitants de Khodjent, les mongols amenèrent cinquante mille prisonniers d’Otrar, Boukhara , Samarkand et leur dirent de construire un pont à l'île.
Les pierres pour le pont rapporté on prit dans trois farsakhs de la rivière. La file sans fin de gens en loques épuisés, affamés allaient jour et nuit de la montagne à la rive.
Mais Temir Malik ne permit pas aux mongols de finir le plan. Chaque nuit, douze bateaux transportaient ses guerriers au passage, et ils détruisaient ce qu’on avait déjà construit. Les flèches incendiaires des mongols ne pouvaient rien faire avec des bateaux couverts de feutres et d’argile humide.
A l'île la famine commença, et, alors, Temir Malik mit ses soldats dans des bateaux et décida de descendre le Seykhun .
C'était un voyage épouvantable. De chaque côté de la rivière, ils furent persécutés par des détachements montés mongoles en couvrant des bateaux par la grêle de flèches dans les endroits où le lit de la rivière devenait étroit.
Les soldats de Temir Melik restaient de moins en moins, mais près de la forteresse Djent les attendait une nouvelle épreuve. Sur ordre de Djoutchi les mongols gonflèrent les peaux de bœuf, ayant affermi par des troncs d'arbres et endiguèrent le Seykhun par un pont fort flottant.
Descendus sur le rivage, Temir Melik avec un petit détachement alla dans le désert de Kyzyl Koum. Mais la poursuite continua. Les ennemis rattrapèrent le batyr blessé, perdant son sang. Ils étaient trois, il était seul. Allongé sous un buisson de saxaoul, n’ayant plus de forces de se déplacer, Temir Malik appela les mongols :
- Vous êtes trois, et j'ai trois flèches ! Si vous voulez vivre - revenez en arrière !
Frappés par son courage, pensant qu'il était déjà condamné à mort, les guerriers s'entretinrent et s’en allèrent.
Mais Temir Melik ne périt pas. Il réussit à atteindre Khorezm. Sur l’ordre de Mohamed , il se mit à la tête des troupes de défense d’Ourguentch. Et on y racontait des  légendes sur son courage.
Quand il devint clair que Khorezm fut voué, Temir Melik Shah avec le fils du chah, Djalal ad-din courageux, accompagné de trois cents guerriers alla à Khorasan.
Ce fut ainsi dans ces années lointaines. Djoutchi présenta Khodjent, ruiné, inondé de sang des perdants au fils de Berkéde quinze ans. Avec son frère Berkéjar, il avait été élevé par une des épouses de Djoutchi - Khanikey-beguime-bekrinki, qui adopta l’islamisme. Là, entourés constamment par les oulémas savants, ils étaient devenus adeptes zélés de l'islam .
Le temps passa. Berkéjar était devenu régent de Souzak et Berké, d’après le conseil de son père, avait quitté Khodjent à sa belle-mère Khanikey-béguime, et était allé avec lui aux steppes de Kiptchak.
Et voilà, quand Berké était devenu Grand Khan de la Horde d'Or, ses pensées revenaient de plus en plus à Khodjent, Boukhara et Samarkand.
Berké, rêvant de faire la Horde d'Or forte et grande à nouveau, d'unir tous les peuples et les pays sous la bannière de l'islam , avait eu ses propres plans. Il croyait que seulement l'Islam l'aura aidé à régler des comptes avec ses ennemis, tels que Koulagou.
Il ne pouvait pas ajourner son projet. Mais d’où commencer ? L’armée principale de la Horde fut composée de kiptchaks, de tatars, de bulgares, de guz, d’alains et d'autres tribus nomades conquis par les mongols. Il avait été difficile de classer ces peuples nomades comme vrais musulmans . Ils n'avaient eu ni mosquées, ni médersas. Parmi eux il y avait peu de gens qui voulaient cinq fois par jour lire namaz comme l'islam l’exigeait. Il fut difficile, presque impossible, de faire de ces personnes les défenseurs de la foi.
Non. Il fallait commencer des villes de Maverannakhr. Là, la plupart des habitants furent vrais musulmans. Là, on construisait des mosquées et des médersas, et les oulémas, les imams les murides tenaient le peuple en laisse. 
Berké voulait glorifier son nom et montrer au monde que parmi les descendants de Gengis Khan , lui seul fut espoir et soutien de l’Islam. Le Khan avait espéré gagner le clergé, l’appeler à Dechte-i-Kiptchak, pour qu’on ait servi dans les mosquées construites dans les villes de la Horde d'Or et ait enseigné les lois de l'Islam aux nomades.
Pour cacher pendant certain temps ses intentions véritables, Berké Khan avait annoncé qu'il allait à Boukhara pour faire connaissance des grands théologiens de cette ville et pour leur donner son patronage de khan .
Il y avait encore une autre raison pour le voyage, mais le Khan gardait le silence pour ce moment-là.
Après la conquête de Maverannakhr Gengis Khan avait divisé entre ses fils et ses petits-fils les artisans capturés. Djoutchi avait aussi reçu sa part.
À Boukhara, il y avait eu environ cinq mille orfèvres, forgerons, constructeurs de maisons et de mosquées, qui appartenaient à la Horde . Il y avait eu tels gens à Khodjent et Bénakent. Tout ce qu'ils avaient fait, tout salaire pour leur travail avait dû entrer au trésor de la Horde. Mais au cours des dernières années, le flux de l'or était devenu faible, et Berké soupçonna que les descendants  de Djagataï et Ouguédeï intervinrent en cachant une partie du profit qui avait dû légitimement lui appartenir. Il était impossible de pardonner une telle chose.
Le printemps suivant, accompagné par de troupes de dix mille hommes Berké Khan était arrivé à Boukhara .
Ressemblant en apparence à un persan, Moussabek dargouchi de la ville avait rencontré le khan avec les honneurs convenables au khan à la porte ouest. Syrnays et karnays mugeaient. Les chevaux de Kiptchak qui ne furent pas habitués à ces sons, ronflèrent, se cabrèrent. 
Après les mots de bienvenue être prononcés, Moussabek s'inclina bas de nouveau à Berké :
- Grand Khan , permettez-moi de mener vous et vos guerriers vaillants au quartier que nous avons organisé hors des murs de la ville ...
Berké fronça les sourcils :
- Est-ce qu’il n’y a pas de place pour nous dans les palais de la ville ?
Dargouchi hésita :
- Il y a des palais dans la ville, mais Grand Khan ...
- Dis ! - ordonna Berké impérieusement.
Moussabek leva la tête et regarda le visage du Khan ses yeux perçants sombres .
- La ville est agitée ... Ayant appris de votre arrivée, à partir d'hier les habitants ont bouillonné, comme l'eau dans un chaudron. Particulièrement les artisans qui appartiennent à la Horde d'Or.
- Pourquoi sont-ils malheureux ?
- Les gens disent que tout gagné va à la Horde d'Or ... Ils n’ont rien pour nourrir leurs femmes et leurs enfants ... Ils disent: « Que le khan nous plaigne ou commande de nous couper ».
Berké crispa son visage de rage .
- Vous vous êtes envuyé de boucherie !.. - murmura-t-il méchantement. - Ils veulent me faire peur. Et tu me conseilles de rester hors de la ville ? ..
- Pourquoi exciter les chiens ?..
- Non! - dit Berké. - Je ne vais pas tourner mon cheval ! Je vais leur apprendre à respecter leur maître ! - Et, se tournant vers Salimguirey il ordonna : - Mène la caravane !
La colère barbota, se battit dans le gorge du Khan.
La caravane alla lentement à la porte de la ville. Les guerriers en cottes de mailles étincelantes, aux chevaux rouges entourèrent le Khan et prirent de longues lances à la main.
Le crépuscule épais enveloppa la ville. La fraîcheur humide venait des aryks murmurants et les rossignols chantaient dans les jardins sombres. De grandes étoiles velues s'enflammèrent sur le velour du ciel noir.
Dargouchi Moussabek et sotnik Salimguirey allèrent en avant de la procession. 
Le silence terrible et inhabituel entoura les coureurs. Berké se sentit gêné. Lui, il fut stepniak qui détestait toujours la presse des villes et il ne les connaissait que dans les moments de combats acharnés, frissonna . Pouvait-être il aurait dû obéir au dargouchi et retarder l'entrée dans la ville jusqu'à demain ?
La rue menant à la place de la ville, fit soudainement un tour, et Berké, surpris, tressaillit même et arrêta son cheval. La rue était pleine de gens. Les gens se tenaient en silence , et des milliers de torches fumées flambaient au-dessus de leurs têtes. Les reflets de flamme s'élancèrent sur les visages, le vêtement, et donc, il semblait que la foule se balançait lourdement. Cette image était insolite et terrible pour le Khan .
Les gardes du corps se refermèrent autour de Berké, tirèrent des gaines leurs sabres et les élevèrent au-dessus de leurs têtes. Les reflets écarlates de flamme jouèrent sur les pales.
La foule gardait silence, il était impossible de se retirer. Seulement le caractère aurait pu sauver la Horde d'Or à ce moment-là, parce que dans les rues étroites de la ville, ils n’auraient pas pu se tourner pour se battre. Ils n’avaient qu’à aller à l'inconnu, et s’étant dominé Berké tira la bride et envoya son cheval en avance.
La foule s'écarta silencieusement, laissant passer le khan. Les chevaux s'ébrouèrent anxieusement, louchant leurs grands yeux humides sur les gens, les lueurs sanglantes de milliers de feux jouaient dans leurs prunelles.
Ce ne fut pas l'anxiété mais la peur saisit tout l'être entier de Berké. Il se rendit compte que si l'un de la foule avait jeté un cri, et un fleuve vivant aurait écraser lui-même et ses Nouker s avec des sabres tirés. La lutte ne se sera faite pas. Tout aura fini en un instant .
Mais les gens étaient silencieux. La caravane vint à la place principale, et, quand il semblait que tout resta derrière, un autre fleuve de feu se précipita de la rue de côté et bloqua le chemin.
Salimguirey et Moussabek arrêtèrent leurs chevaux , en regardant le Khan avec anxiété.
Soudain , un homme grand et mince, vêtu de blanc et à un turban bleu sur sa tête s’avança de la foule.
Berké, essoufflé de la peur et du rage, poussa sur lui son cheval.
- Qu'est-ce que tu veux ? Qui ose barrer le chemin au khan de la Horde d'Or ? – demanda-t-il avec menace.
- Grand Khan ! – L’homme à vêtements blancs regarda son visage sans crainte. - Les gens ont trois demandes pour toi ...
- Dis ...
- Les khans ne sont pas dieux pour garder un homme en esclavage toute la vie. Même le meurtrier est condamné pour un certain terme ou on lui retire la tête ... Tout doit avoir ses limites... De nombreux artisans capturés par les mongols et qui avaient été donnés à la maison de Djoutchids ont déjà vieilli et ne peuvent pas faire ce qu’il avaient fait avant. Tout d'abord, donne-leur la liberté. Ils sont nés libres, alors, qu’ils ne meurent pas esclaves.
Berké se maîtrisa. La demande fut insignifiante. En effet, à quoi les vieux servaient-ils ...
- Bien, - dit-il. - Je leur donnerai la liberté ...
- La deuxième demande du peuple ... – l’homme s'arrêta un instant. – Ici il ya près de cinq mille forgerons, ciseleurs, peaussiers appartenant à la Horde d'Or. Beaucoup d'entre eux étaient jeunes, lorsque ton grand-père Gengis Khan les avait fait esclaves. Ils ont longtemps eu des familles, mais car tes gens prennent tous leurs revenus , ils vivent dans la misère éternelle – ils ne mangent pas à leur faim et ils ne peuvent pas acheter des vêtements. Grand Khan, le peuple demande que tu ordonnes de ne prendre qu’un tiers de leurs revenus ...
Les yeux de Berké se rétrécirent.
- Et que les artisans appartenant à d'autres khans demandent-ils ?
- La même chose ...
Berké regarda la foule. Beaucoup de citoyens étaient armés de bâtons.
- Est-ce qu’ils demandent ainsi, avec des bâtons à mains ?
L'homme à turban bleu ne déropa pas son regard :
- Quand il s'agit de la vie, on peut prendre en mains pas seulement bâtons ...
Le khan regarda encore la foule. Les reflets des flammes jouaient sur les visages bronzes et sévères des gens, dans leurs yeux. « Ces gens peuvent tout faire », - pensa Berké, et de nouveau la peur saisit son cœur.
Berké avait vu beaucoup de révoltes contre la Horde d'Or dans sa vie, il avait participé à sa répression , mais pour la première fois il se trouva en face à face avec la haine du peuple. Il avait le désir de refuser la prière, mais il ne se sentait pas encore si fort sur le trône de la Horde d'Or pour agir audacieusement. Il avait besoin de gagner le temps pour revenir à soi, et puis ...
- La troisième demande du peuple ... Que les enfants de tes esclaves ainsi que les enfants des libres musulmans aient le droit d'assister à la medersa et d’apprendre à lire.
Berké attendait tout sauf cela. Les mongols n’avaient pas d écriture. Mais quand le grand Genghis Khan avait établi son état invincible, il avait ordonné d’écrire les mots mongols par lettres d’alphabet ouïgoure. Donc, « Livre d'or » s’était écrit ainsi, où il s’agissait de l'histoire de la vie et des exploits de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers, qui était destiné à ses descendants. Seulement les chingizids et la noblesse de famille mongole avaient pu apprendre à écrire. Et ici, à Boukhara, la foule folle, la populace voulait égaler l'os blanc .
- Ça n'arrivera jamais! - dit le khan brusquement. 
Il lui semblait que la foule avança sur lui. Les chevaux hennissaient anxieusement.
- Nous penserons... - dit Berké soudainement. – Demain, tu dois venir au palais, et nous allons te dicter notre décision, - dit-t-il à l’homme à turban bleu et frappa le cheval au fouet.
Le cheval se cabra  et obéissant à la volonté du cavalier il se lança sur la foule ...
***
Le lendemain matin, l'homme à turban bleu se rendit au palais. Les gens l'arrêtaient dans les rues, persuadant de ne pas y aller seul, de ne pas croire au loup de steppe. En réponse, il  dit:
- Tout peut arriver . Tout est dans les mains d'Allah ... Mais si je vais seul ou nous dix allons, ça ne changera rien si le khan veut faire une méchante affaire. Il a dix mille guerriers , et rien ne le fera changer sa décision. A quoi bon des sacrifices inutiles ? Je dois faire mon devoir, et je vais l’accomplir...
L'homme à turban bleu savait bien la vie. Il était difficile d’entraîner le peuple opprimé, malheureux. Il ressemblait à un grand océan, mais pour faire le balancer, le vent était nécessaire. L’arrivée du khan de la Horde d'Or sembla secouer le peuple. Mais le khan, voire haineux, avait promis d’exécuter les demandes, et la croyance en son infaillibilité calma le peuple et il semblait que leur souffrance morale s'apaisa.
Et pourtant, pour la première fois les gens de Boukhara montrèrent la désobéissance . Tout le monde vit la peur dans les yeux de Berké hier et savait que le Khan aura gardé pour toujours dans sa mémoire cette nuit, les visages sévères des gens et le reflet terrible des flammes dans leurs yeux.
Les chevaux mongols piétinèrent ces terres quarante ans et le peuple baissa la tête devant  le fouet du conquérant. Les événements de la nuit montrèrent : les gens se seront réclamés de leurs droits savant ce qu'ils voulaient malgré que pour ce moment-là timidement mais déjà fermement. La puissance de la Horde d'Or était grande, mais elle-même n’aura pas pu vaincre le peuple lié par une idée. On n’avait besoin que de temps. 
L’homme à turban bleu allait sans crainte au palais, où le Khan s'était arrêté. Il savait que après hier il n’aura pu ni se cacher ni fuir de la ville. Toute la nuit, autour de sa maison les gens du dargouchi, poursuivaient chaque son pas. Mais ce qui devait arriver, sera arrivé de toute façon ...
On attendait l’homme à turban bleu dans le palais. Les toulenguites le fouillèrent sans rien dire et le ménèrent dans la salle où Berké se trouvait.
Le khan regarda la personne qui entra depuis longtemps et attentivement. Soudain, il demanda :
- Es-tu chrétien ?
L'homme nota que Berké avait un autre air qu’il avait eu hier. Dans ses yeux il n’y avait pas de crainte, son visage était impérieux, sévère, sa voix était assurée. Pourquoi s’étonner ? Aujourd'hui , la puissance était de son côté. Les guerriers qui étaient arrivés avec les khan de la Horde d'or entourèrent le palais, les troupes de cavalerie de Mussabek all aient dans les rues et faisaient entrer les gens dans les cours.
- Non. Je suis homme.
- Peut-être es-tu musulman ?
- Non.
- Bien. Puisque tu n’es ni chrétien, ni musulman, alors sois homme, - dit Berké  avec un sourire moqueur, égrenant lentement son chapelet de perles. Ses impressions d’hier, apparemment ne s’effacèrent de la mémoire et brûlait, exigeait une issue. - Tu as dit hier : « Les khans ne sont pas dieux ... » Si tu as parlé du Dieu, alors tu crois en lui ?
- Oui, je le fais ... - dit l'homme à turban bleu. - Le nom de mon dieu est la vérité.
Le visage de Berké trembla d’un rire silencieux.
- Peux-tu me dire où ton dieu est ?
- La crème est dissous dans le lait ... La même chose est la vérité. Elle est partout : dans le ciel, sur la terre, en moi et en lui ... - l'homme indiqua sur le toulenguite debout derrière le khan.
- Est-ce qu’il y a la vérité en moi ? Que penses-tu ? – le khan regarda avec moquerie l'homme à turban bleu.
- Je ne sais pas ...
- Mais je le sais ... Ma vérité est en mon pouvoir, en ma foi ... Et le monde n’a pas d'autre dieu qu'Allah et son messager est prophète Mohammed. Je suis disciple du prophète et défenseur de son affaire ...
L'homme à turban rit doucement. Sous sa belle moustache noire les dents blanches, lisses comme les perles brillèrent humidement.
- Si le Grand Khan dit la vérité, - dit-il, - il devrait choisir Jésus ou Moïse. Ils sont plus forts que Mohammed .
Les perles sur le chapelet de Berké scintillèrent plus rapidement.
- Qui te l’a dit, giaour ? Il n'y a pas de saint plus fort que Mohammed. Il est messager de Dieu sur la terre. Moïse est aussi un prophète, il est frère cadet de Mohammed. Lorsque Moïse marchait, le fond de la mer se découvrait. Jésus pouvait ressusciter les morts, et sur la place où Mohammed priait Allah , les montagnes transformaient en pierres et les pierres transformaient en poussière. Cela se passait parce que Allah voulait voir le visage de son fils saint. Il est le prophète le plus puissant. Personne n'ose être plus fort que lui ...
L'homme secoua la tête :
- Tout peut arriver dans ce monde ... Si Jésus était fort, il n'aurait pas été crucifié .
- Tu portes un turban, - dit le Khan d'un air significatif ,- mais probablement tu n'as pas lu le Coran et tu n’as pas parlé avec des oulémas scientifiques. Je sais que Jésus est aussi Fils de Dieu, et je sais que ce n’était pas lui mais une autre personne qui avait été clouée sur la croix.
- Vraiment? - L'homme sourit faiblement.
Berké ne remarqua pas la moquerie. Il aimait à enseigner, aimait à montrer son dévouement à l'islam et ses connaissances.
- Écoute-moi, giaour, - dit le Khan. - Pour les miracles que Jésus a fait, les infidèles l’ont vassimilé au dieu . Les partisans de Moïse - djouites, brûlant d'envie, le chassaient. Un jour, en se cachant de ses ennemis, Jésus se cacha dans une maison. Sentant l'approche des djouites, le saint s'est envolé dans le ciel. Les ennemis ont réussi à prendre un homme ressemblant à lui. On a lapidé cet homme et l’a crucifié.
L’homme à turban, cachant son sourire dans les yeux, dit:
- Il s'avère que Jésus a permis de dévorer une personne innocente de rien au lieu de lui ... Bien sûr, si tu est semblable à dieu, tu peux faire tout ce que tu se proposes... Probablement c’est pourquoi Jésus buvait du vin ?
- Non. Il a bu du vin par accident, - dit Berké avec dignité, content par l’impression qu’il produit à son interlocuteur. Ses mains égrenaient lentement son chapelet. - Sur la route à Jérusalem, saint Jésus a eu soif. Il est allé dans la vigne, et a commencé à y chercher de l'eau. Enfin, il a vu une cruche de terre. Dans la cruche il y avait un liquide semblable à l'eau, et Jésus se mit à boire. Le liquide était un peu amer et acide au goût. Alors Jésus a demandé à la cruche, pourquoi cela était . Et la cruche a répondu que quelqu'un lui a volé une aiguille et l’a vendu pour une pièce de cuivre. Cette pièce de monnaie s’est trouvé dans les mains du propriétaire de la vigne, et il l’a donné à un marchand achatant la cruche. A cause de cela l’eau dans la cruche a un goût amer. Voilà, tu vois, giaour, un petit péché lié à le vol de l’aiguille, a changé l'eau en vin insidieux. Prophète Mohammed était plus sage que Jésus, parce qu'il nous a laissé les préceptes : de ne pas faire du mal à l'autre, de ne pas boire de vin, et les riche doivent toujours avoir de la compassion aux pauvres et les aider. C'est ce que dit la cinquième surate du Saint Coran ...
L’homme à turban pencha bas la tête.
- Maintenant je comprends, oh grand khan, pourquoi hier vous avez accepté les demandes du peuple. Vous suivez en tout à Prophète Mohammed ...
Le chapelet dans les mains du Khan s’arrêtèrent. Il semblait être retourné à la terre. Dans ses yeux bridés étroits une flamme de rage flamba.
- Non! – cria-t-il. - Hier je n'ai rien promis à personne !
- Mais les gens ont entendu vos mots, Grand Khan ...
- Quels gens ? La foule ! Ils ne sont pas gens, mais mes esclaves ! Tu sais, giaour, le Coran dit que la promesse arrachée par contrainte ou par menace, n'a pas de pouvoir !
Le visage de l'homme à turban pâlit comme une endive. Il dit calmement et tranquillement :
- Alors, hier vous avez eu peur ? Donc, il y a la force qui peut faire trembler même le Khan de la Horde d'Or...
Berké rit vicieusement :
- On tremblera de mon nom .. aux siècles des siècles..!
Le Khan attrapa une cloche d'argent et la secoua rapidement. La porte s'ouvrit, Salimguirey, garde du corps de Berké, chef de la sotnya de toulenguites parut sur le seuil.
Le Khan montra le côté de l’homme à turban .
- Je le condamne à mort pour ce qu'il a organisé la révolte à Boukhara sacré et a appelé la populace à me désobéir ! Que le sang de ce giaour ne profane pas les murs du palais ! Fais-le sortir de la ville et coupe-lui la tête ! Que son corps devienne la nourriture pour les chacals !
Berké dévisagea l'homme à turban bleu, mais son visage était calme.
Le khan se rappela soudain que, pendant la conversation, il tira à plusieurs fois la tchaktcha faite habilement de la corne de cerf .
- Pour que je n’oublie pas la conversation avec cet homme, apporte-moi sa tchaktcha ...
Salimguirey s'inclina, tira son épée de son fourreau et, pressant par elle l’homme à turban, il  le conduisit à la sortie .
Berké ferma les yeux et resta immobile pendant une longue période. Le calme lui revenait lentement – les doigts cessèrent de trembler et la  colère se calma.
Le khan tapa des mains. Le vizir apparut sur le seuil :
- Que les musulmans qui sont venus de Samarkand entrent...
Reculant le vizir disparut derrière la porte. Après un certain temps, les hommes à turbans blancs entrèrent dans la salle. S'inclinant , ils s’approchèrent vers l'estrade sur laquelle le Khan était assis, et tombèrent sur le sol, cachant ses pieds à l'orientale. L'un d'eux , un obèse à visage rouge, à belle voix de velours commença à lire la prière. Quand il avait fini, tout le monde passa  les mains jointes sur leurs visages. Et Berké comme un musulman pieux, répéta ce geste.
- Amen !
Après un certain temps, celui, qui avait lu la prière, dit d'une voix triste :
- Khan honorable de la Horde d'Or, depuis l'an dernier vous avez perdu deux vos personnes proches: Sartak Khan et Oulakchi Khan. Que ce soit la terre qu'ils reposent en paix ... Nos condoléances ...
- Je vous remercie, hommes honorables. Tout est fait selon la volonté de Allah Tout-Puissant ... Devons-nous murmurer contre l'adversité ? - Il garda un instant le silence. - Vous êtes venu chez moi pour affaire ?
Le saksaoul, homme noir qui ressemblait à l’arbre noueux grandi dans le désert prit la parole.
- Oh, grand BerkéKhan, - dit-il à voix basse, grinçante. Nous sommes venus chez vous aux cœurs pleins de tristesse. Vos adhérents musulmans souffrent de la violence terrible des infidèles à Samarkand. Quelleshumiliations sont tombées à notre sort ! .. Récemment, ils ont mis à feu un jeune homme qui a pris notre foi. Le dargouchi de la ville soutient les chrétiens et il nous a privé de tous les droits. Nous vous connaissons comme un khan juste et un vrai  musulman, et nous sommes venus chez vous pour demander la protection ... Sauvez-nous des infidèles.
Berkéfronça les sourcils.
- Avez-vous assez de force pour résister aux incroyants ? Ou les musulmans à Samarkand ont-ils oublié comment défendre leur foi ?
- Nous sommes beaucoup ... - attrapa le sens caché dans le discours du Khan l’habitant de Samarkand. Mais qu’est-ce que la Horde d'Or dit à cela? Jusqu'à présent, personne ne nous a jamais dit des mots d'encouragement et personne n’a jamais essayé de nous aider ...
Il dit la vérité, et  Berkéle savait.
Le christianisme se confirma à Samarkand longtemps avant du moment où les Mongols étaient venus là. Les descendants des samanides et karakhanides le protégèrent. En outre, la chute de Khorezm, où les musulmans avaient toujours trouvé un soutien, mena au fait que l'Islam commença à perdre ses adhérents. Les Mongols qui étaient arrivés ne donèrent la préférence à aucune religion.
Tout cela était dans l'intérêt des chrétiens et leur communauté se renforça. Le fort aimait à se rappeler les insultes et à venger à l'ennemi vaincu. Ayant obtenu le soutien des descendants de Gengis Khan, dont un grand nombre avaient à leur temps adopté christianisme, l’église avait organisé la persécution des musulmans.
Voyant que le Khan était silencieux, l’habitant de Samarkand se remit à parler :
- Un jeune homme a abandonné sa foi chrétienne et est venu à la mosquée ... Avec son consentement, il a été circoncis, et il a juré sur le Coran d’être fidèle de prophète Mohammed ... Les chrétiens se sont plaints au dargouchi de la ville que nous l’avons fait par la force. Le dargouchi  a ordonné au garçon de retourner à sa foi ancienne, mais il a refusé car Allah a illuminé son âme par la lumière de la vérité ... Alors les chrétiens l’ont pris et brûlé sur le bûcher ...
Le khan grimaça . Il n'était pas intéressé par ces détails .
- Quel mot attendez-vous ? – demanda-t-il avec impatience. - Quelle aide ?
- Beaucoup de chrétiens ... - dit l’habitant de Samarkand évasivement.
Berké resta pensif.
- Au nom d'Allah, tout sera pardonné ... Mes guerriers aux vêtements des gens ordinaires seront avec vous...
- Donc, Allah t’aidera, oh Grand  Khan ... Il est mieux de le faire dimanche, quand les infidèles se réunissent dans leurs églises ...
- Amen ! – dit le Khan .
Les habitants de Samarkand répétèrent après lui comme un écho:
- Amen! ..
Le même jour, Berké accueillit dans le palais les gens nobles de la ville, les oulémas scientifiques, les murides et kari des mosquées de Boukhara. Leur ayant donné les cadeaux somptueux apportés de la Horde d'Or le Khan considéra le jour complet et se retira.
***
A l'heure où la nuit tomba sur la terre, Salimguirey, accompagné de  plusieurs toulenguites, conduit l' homme à turban bleu au delà de la ville pour faire ce que le Khan avait ordonné.
Les rues étroites et sombres semblaient énigmatiques et mystérieuses. Les nomades qui ne furent pas habitués à l’étroit, avaient peur. Mais Salimguirey marchait avec confiance, comme s’il trouvait par instinct le chemin dans le labyrinthe de rues et d'impasses, semblables à des terriers de renard. Bientôt, les soldats furent près des portes de la ville .
Salimguirey s’arrêta, resta un instant pensif, puis se tourna vers les toulenguites :
- Donc. Plus loin vous n’allez pas avec moi. Je vais seul en finir avec le giaour. Revenez.
De la haute muraille de la ville le croissant ressemblant à la faucille se montra, des maisons en terre battue, couvertes de sa lumière mystérieuse brumeuse,  devinrent comme des pierres tombales. Dans les rues étroites l’obscurité devint encore plus épaisse.
Les toulenguites charmés de la lumière de lune fantomatique étaient indécis. Ils avaient peur de retourner seuls, et ils avaient plus de peur d’aller au-delà des portes de la ville, où dans la brousse, sur les pentes des ravins perdus des chacals pleuraient, aboyaient d’une voix enrouée.
- Nous sommes d'accord de revenir ... Mais comment pouvons-nous trouver le chemin .. - dit l'un des toulenguites.
Salimguirey rit d'une manière encourageante :
- Regardez bien ... Là-bas vous pouvez voir le minaret de la mosquée. Si vous prenez cette rue, vous irez directement vers lui. Nos soldats se trouvent là. Ils vous indiqueront le chemin au palais .
Les gardes connaissaient de vue le garde du corps du Khan lui ouvrirent la porte étroite et laissèrent aller de la ville .
Lorsque Salimguirey et l'homme à turban bleu s’éloignèrent assez loin des murs de la ville et personne ne pouvait les entendre, ils s’arrêtèrent comme s’ils étaient convenus. 
- Pourquoi était-il nécessaire d'aller tant loin, Salimguirey ? - dit amèrement l’homme à turban bleu. - N'est-il pas plus facile de me tuer quelque part dans une ruelle sombre?
- Tu es Tamdam, un scientifique célèbre. Et le Khan le sait. Si nous te tuons quelque part dans la ville, demain tout le peuple va en parler. Le khan veut que personne ne sache où et comment tu es mort.
- Le khan est sage ... - sourit tristement Tamdam. – Qui pourrait savoir que un jour deux louveteaux se sont rencontrés, deux étudiants de Mohammed Tarabi < Mohammed Tarabi est chef de la rébellion à Samarkand dans l'année du chien, c'est à dire en 1238. Lors de la répression de la rébellion les Mongols ont perdu dix mille guerriers . > ? Et l’un coupa la gorge à l’autre...
Salimguirey ne répondit rien. Les amis se tenaient longtemps en silence, en regardant le clair tremblant de lune couler, diffluer au-dessus des champs cultivés, des ravins profonds.
- Où as-tu été tout ce temps ? - demanda Salimguirey.
- D’abord, je me suis enfuit à Bagdad, mais les Mongols y sont aussi venu. La soif de vengeance ne me permettait pas de vivre en paix, et je suis revenu ici à Boukhara ...
- Tu n’as pas perdu du temps en vain ... Les gens disent que tu as compris la sagesse de beaucoup de livres, que tu sais le Coran par cœur et que toutes les lois de  la charia te sont connues...
- C'est ça ...
- Moi, j'ai couru dans la steppe de Kipchak. Qui pourrait me reconnaître là ? Peut-être les oiseaux migrateurs. J’ai été berger et j’ai gardé des chevaux depuis de nombreuses années . Aujourd'hui, je suis yuzbachi d’une centaine de toulenguites de la garde du Khan ...
- Tu as obtenu beaucoup ... - dit Tamdam avec moqueur.  - Combien de sang des frères as-tu versé pour mériter cet honneur ?
Salimguirey pencha la tête :
- Pourquoi le dis-tu ? Mes mains sont propres . Le temps de les ensanglanter n’est pas encore arrivé. Et tu sais à qui ce sera le sang.
Les amis se tinrent en silence depuis longtemps. Soudain Salimguirey tendit la main à Tamdam :
- Je ne vais pas plus loin. Prends-le, cela pourra te servir. Ton chemin est difficile et loin. - Sous le clair de lune l’or brilla dûment.
Tamdam hésita, puis il prit les pièces :
- Merci ...
- Attends, - dit Salimguirey et approcha son visage au visage de l’ami, en essayant de voir ses yeux. - Ne crois pas que je suis devenu un loup ... Je me souviens combien de sang des ouïghours et des kipchaks les khans ont versé... Comment peut-on oublier notre maître, et ce qu’il nous a légué ? .. Eh bien, adieu !
- Attends ... - Tamdam posa sa main sur l’épaoule de Salimguirey. - Voici ma tchaktcha. Emporte-la au Khan, parce qu'il ne croira pas en ma mort. Un vieillard prisonnier de Kipchak à Bagdad me l’avait fait depuis longtemps. Il ya longtemps ... Il a eu la nostalgie ...
Les amis s’embrassèrent, et bientôt la figure de Tamdam habillé tout en blanc, fondit au clair de lune fantomatique .
***
Les nouvelles mauvaises avaient les ailes d'oiseaux. Le fait que les musulmans avaient massacré à Samarkand tous les chrétiens, devint vite connu dans les villes. Les gens disait des divers. Les partisans les plus véhéments de l'islam se réjouirent ; ceux à qui la foi en Allah ne surpassa pas l’esprit, pleuraient la mort des perdus, parce que les chrétiens et les musulmans étaient des gens du même sang. Calife Mysyra, ayant vu dans Berké un vrai disciple de Prophète Mohammed, lui envoya son ambassadeur avec des cadeaux coûteux.
Berké Khan se cacha. Il ne loua pas à haute voix les musulmans de Samarkand, mais il ne dit pas de paroles de condamnation. Le khan attendait comment les événements se seront développé plus loin.
Après avoir passé encore une semaine à Boukhara , il décida de revenir à la Horde d'Or . Le voyage ne lui apporta pas de satisfaction. Son cœur était troublé. Tout ce qu'il avait appris là, ne le faisait pas heureux. Le grand empire de Gengis Khan chancela. La méchanceté et la rivalité guidaient les actes et actions des descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers. A Maverannakhr, Khorasan et Turkestan oriental les partisans de la séparation de l’ulus de Djagataï de Karakorum prenait de force. Et cela signifiait qu’un certain temps après, ils seront partis en campagne contre les descendants à Toula.
Après que Mengou était devenu Grand Khan des Mongols à Karakorum , l'hostilité entre les Chingizeds augmenta. Elle était la plus aiguë entre les enfants et les petits-enfants de Djagataï et Ouguédeï. D’après le testement de Gengis Khan, si quelqu’un de ses rejetons commetaient un crime ou une affaire injuste, tous les Chingizids devaient le juger. Cependant le testament de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers fut oublié. Celui sur lequel côté avait le pouvoir jugeait. Donc, les descendants d’Ouguédei tuèrent Altan Beguime, jeune fille de Gengis Khan, et ils ramassèrent sur un tapis blanc Guyuk au lieu de Chiramoune qui avait du devenir Grand Khan des Mongols à Karakorum après la mort de son père. Lorsque, après sa mort, Batu Khan avait aidé à Mengou à devenir Grand Khan des mongols, le fils de Djagataï Yessou Monké lui s’opposa. Cependant le petit-fils de Djagataï – Kara-Koulagou, né de son fils Moutiguen, prit le parti de Mengou. Les petits-enfants d’Ouguédeï nés des fils Kadan et Kutan avaient soutenu le nouveau khan.
Dans l'année du cochon ( 1252), lorsque les descendants de Gengis Khan s’étaient réunis pour la cour de noyons, Mengou avait fait sévèrement la justice de ses ennemis. Il n'avait épargné que Chiramoune, mais il ne lui avait pas cru à la fin. Trois ans plus tard , selon son ordre on avait noyé Chiramoune dans la rivière. Mengou exécuta sans procès la mère de Chiramoune Barakchi Khatune et la veuve  de Khan Gouyuk - Oguil-Gaymache. Il avait donné l’ulus qui avait appartenu à Djagataï à Kara-Koulagou, et celui pour se débarrasser de la femme de Yessou Monké qui avait régné l’ulus avant, avait dit à de la piétiner par le troupeau de chevaux.
Immédiatement après la mort du grand Gengis Khan un massacre parmi ses descendants avait commencé. Les Khans et les dirigeants avaient rapidement changé l’un l'autre. Le poignard et le poison étaient devenus l'arme principale dans la lutte pour le pouvoir. Mais la famille de Genghis Khan était abondante , et, donc, l’hostilité ne finissait pas pendant les décennies – il y avait toujours quelqu'un pour l’empoisonner et le couper.
Il fut pire pour les peuples conquis. Ce furent eux que les chingizids avaient envoyés l’un contre l'autre en essayant de s'établir dans un ou l’autre ulus.
BerkéKhan retourna à peine à la Horde qu’un cavalier noir lui apporta les nouvelles de Karakoroum que le Grand Khan mongol Mangu dans l’année de brebis ( 1259 ) ferma les yeux pour toujours. Quarante mille personnes assistèrent à ses funérailles, deux mille yourtes blanches augmentèrent dans la steppe mongole. Les funérailles furent commises selon toutes les règles léguées par Gengis Khan. Mengou fut enterré secrètement ayant tué tous ceux qui participèrent à l'enterrement. Des troupeaux de milliers de chevaux coururent sur le tombeau pour cacher pour toujours l'endroit où le Khan fut enterré.
Si la mort d’Ouguédeï fut le début de la haine entre les Chingizeds, le départ de la vie de Mengou servit comme un signal de la séparation de l'empire créé par Gengis Khan.
Dans l'année du singe (1260) un évènement sans précédent se passa. Pour la première fois deux grands Khans vinrent. Ils furent fils de Touli : Koubylay fut en Chine et Arik-Bougui fut à Karakorum.
Il était étroitement dans un pot pour deux têtes de mouton. La haine brutale commença entre les nouveaux khans. Au kouroultay, où ils avaient été choisis, Koulagou et Berké, deux représentants les plus influents de la famille de Gengis Khan avaient été absents. Cela eut ses raisons .
Koulagou, fils moyen de Tuli, réalisant la volonté de Mengou, avait conquis au fil de ces ans, l'Iran et l'Irak, et Mengou l’avait nommé ilkhan des toutes les terres conquises. Koulagou fut chrétien, et donc il dut appuyer Arik-Bougui, mais les circonstances furent telles que Karakorum ne put pas compter sur son aide. Les mamluks de Beybars infligèrent une défaite à son armée et commençèrent une campagne contre la Syrie. A cette époque, le roi de Géorgie David Large souleva une insurrection contre l’ilkhan .
Koulagou punit cruellement les géorgiens .
Mais il n'y avait pas de paix dans ses terres. Il aura du réfléchir et chercher un allié fidèle sur qui il aurait pu compter aux moments difficiles. Les Géorgiens ne firent pas la peur à l’ilkhan. Les mamluks de l'Egypte prenaient de la force. Leur chef Beybars combattit avec succès contre les Croisés et il ne voulait pas donner la Syrie, que Koulagou aspirait à asservir.
L’ilkhan regardait l’ulus de Djagaty de plus en plus souvent avec espoir. La Horde d'Or, à son tour, ayant peur de renforcement de Koulagou, aspirait à renforcer ses liens avec Beybars. Berké ne voulait pas perdre l'Azerbaïdjan, mais il hésitait encore à s'opposer ouvertement à Koulagou. Le dernier savait sans doute aussi ce qu’il faisait, parce qu’il n'avais pas eu peur d'empoisonner plusieurs parents de Berké en Irak.
L’idée de recouvrer l’ancienne force et la majesté de la Horde d'Or envahit Berké. Et, en attendant une occasion de faire justice de ses ennemis extérieurs, il décida de s’occuper de ses affaires intérieures.
La capitale de la Horde d'Or, selon les projets de Berké, aurait dû ébranler les amis et les ennemis par sa beauté, montrant la puissance et la richesse .
Berké fut mécontent de la façon dont le romey travaillait. La construction avait commencé depuis longtemps, immédiatement, dès que le Khan était devenu le seul maître de la Horde, mais la mosquée fut à moitié prêt. Il semblait que Kolomon travaillait lentement exprès. Il fallait le punir, mais quand Berké examina ce qui avait été déjà fait, il était heureux. La mosquée frappait  par sa beauté. Le maître utilisait habilement du marbre, des pierres de verre bleues des montagnes arméniennes, la peinture bleue azur de Samarkand, la sculpture sur bois de gantch blanc. Les murs de la mosquée rappelait par le jeu de ses motifs et ses couleurs le tapis de Farsi.
Le khan attendait avec impatience l' achèvement de la construction de la mosquée. Elle l’aura aider à unir tous les musulmans et aura confirmer sa renommée du défenseur de l'Islam. Berké voyait déjà mentalement les minarets d'or brûler dans le soleil, inspirant les gens à la foi en la grandeur de la Horde, qui possédait la moitié du monde.
Comment faire romey indocile se hâter ? Pouvait-être son mal du pays se calma, et le plus probable, il devinait que, après l'achèvement des travaux, Berké ne l’aura pas libérer, il ne lui aura pas donné la liberté.
Kolomon ne se hâtait pas vraiment pas de finir la construction, bienque cela ait été étrange. Quel maître ne rêvait pas de voir son rêve se réaliser ? Kolomon ne faisait pas exception. Mais il y avait des raisons qui l'obligeaient à faire autrement. Comment le khan de la Horde d'Or aurait-il pu connaître des pensées du romey simple, de l’esclave, du captif ...
En quittant le palais, Berké dirigea le cheval vers un petit lac de steppe, entouré par un mur vert de roseaux. Ses cygnes y habitaient.
Chaque matin le Khan venait ici pour admirer les beaux oiseaux. Versant facilement le sang et de l'homme et de la bête, Berké idolâtrait ses cygnes. La contemplation des cygnes l’inspirait de la confiance et de la tranquillité d'esprit .
Les cygnes étaient apprivoisés. Avec l'arrivée du temps froid, ils habitaient dans une place chaude spéciale, et quand le printemps arrivait, on les libérait dans ce lac. Personne n'osait tirer ou effrayer les oiseaux. Les gens spécialement adjoints le veillaient. Le châtiment  sévère attendait des désobéissants .
Un jour de la saison avancée un garçon de service au lac rentra chez lui. Qui avait su que la nuit, il aura neigé et gelé ?
Les cygnes ne pouvaient pas voler. Et quand le matin, comme d'habitude, le Khan vint au lac, il vit les oiseaux demi - morts congelés dans la glace. La fureur de Berké ne connaissait pas de limites. D’après son ordre, deux Nouker s se mirent à nu et brisant la glace par leurs corps, sortirent les cygnes sur la rive. Les ayant enveloppés dans un tissu les Nouker s apportèrent les oiseaux dans le siège du khan. Les oiseaux revécurent de chaleur, et le Khan les nourrit de ses propres mains. Cette même nuit, le garçon mis aux cygnes était mort sous les coups.
Dans la Horde on savait que Berké aimait les oiseaux, mais personne ne pouvait supposer que le Khan idolâtrait les cygnes. Son âme leur appartenait.
Berké avait onze ans quand son grand-père Gengis Khan avait conquis l'une des villes chinoises , et il avait donné à son petit-fils ces cygnes domestiques. Les oiseaux avaient été presque les oiselets. Gengis Khan avait dit à Berké: « Les cygnes sont oiseaux sacrés. Qu’ils soient toujours avec toi. Ne permets à personne de les offenser ... ».
Dans les paroles du grand-père il y avait un mystère, et Berké conquis par lui, effectuait pieusement son précepte. Quand il se mettait aux campagnes, on obligeait l’homme le plus fiable à veiller sur les cygnes. Le Khan, qui ne paya jamais à personne pour le service, faisait des cadeaux généreux à l’homme gardeur ...
Depuis longtemps Gengis Khan était mort, père Djoutchi avait quitté ce monde depuis longtemps. Oui, et lui-même, il vécut déjà soixante ans, mais le temps comme si n'avait pas de pouvoir sur les oiseaux, ils étaient toujours beaux, leurs cris ressemblants aux trompettes d'argent se répandaient toujours au-dessus du lac. Et de chaque année, le khan s’attachait de plus en plus fortement aux cygnes. Il s’étonnait d’un tel long âge des oiseaux.
Une fois le Khan appela un kousbégui,  oiseleur connu dans la Horde, et lui demanda :
- Dis-moi, combien d’an vivent les cygnes?
- Cent soixante - cent quatre vingts, - répondit le vieil homme.
- Un aigle royal ?
- Il a une courte âge comme un homme, de soixante-dix à quatre-vingts ans.
Berké regarda le kousbégui avec suspicion:
- Pourquoi l’aigle royal fort vit moins que les cygnes faibles vivent ?
Le vieil homme eut un petit rire :
- L’aigle royal est cruel et sanguinaire. Son sacrifice est faible. Et les cygnes se nourrissent des pétales de fleurs, des herbes et des racines blanches qu’ils prennent du fond des étangs propres ...
Le Khan n’aima pas la réponse de kousbégui :
- Peut-être tu vas nous dire pourquoi les cygnes meurent ?
Le vieil homme regarda Berké aux yeux fanés des années de la vie .
- D’une flèche de l’homme, des dents de la bête, ou d’un oiseau de proie ou de la douleur...
- Que douleur peuvent les oiseaux avoir ?
Le kousbégui secoua la tête :
- Est-ce que grand khan ne sait pas que le cygne ne peut pas vivre sans sa paire ? Les gens ont même composé une chanson à ce sujet. Ecoute, oh, Grand Khan ...
Le vieil homme se mit à chanter à voix rauque, cassée :
- Le cygne peut vivre dans le lac longtemps,
S’il habite avec sa paire en joie.
Il va vieillir et mourir misérable,
S’il perd plus tôt son ami.
Presque cinquante ans passèrent dès le moment où le grand-père avait donné à Berké ces oiseaux. Au cours des dernières années , il semblait qu'il  comprit enfin le secret, que  Gengis Khan ne lui avait pas ouvert. Les cygnes ne furent pas seulement un cadeau. Deux oiseaux blancs étaient devenus destin de Berké. Et pendant qu'ils étataient vivants, le Khan n'eut rien à craindre.
Quoi qu'il serait arrivé, tout se sera passé, toute adversité aura contourné. Et plus Berké y pensait, plus il croyait en le lien miraculeux entre sa vie et la vie des oiseaux.
Admirant les cygnes le Khan oubliait des batailles, des ennemis, de vengeance ... Qui savait, pouvait-être, ils lui rappelaient son enfance loin, quand son âme avait été légère et propre, et son esprit n’avait pas été ivre du sang versé. Ou pouvait-être la jeunesse éternelle des oiseaux lui donnait de la consolation, trompait sa retraite proche, promettant une longue vie et l'accomplissement de tous les désirs, quels inaccessibles qu'ils pouvaient sembler. Qui savait ?..
Lentement,  ayant abaissé les rênes de son cheval, Berké allait au lac ce jour-là. Derrière lui, marchant sur ses pas, les Nouker s fidèles le suivaient. Soudain le Khan vit un cavalier. Il regarda et ne pouvait pas en croire ses yeux. Une jeune fille à borik, un chapeau de satin, bordé de la zibeline, et à un pourpoint de velours rouge allait à la rencontre sur son bon amblier.
La jeune fille ne connaissait pas le Khan. Elle sembla se hâter et elle ne regarda pas même les coureurs passants. Le Khan put voir son jeune visage propre, ses yeux grands et sombres, comme chez un chameau. Les lèvres rouges de la fille souriaient, elle pensait probablement de quelque chose très bon .
Les femmes émouvaient Berké déjà rarement, mais la beauté de la jeune coureuse fit le coeur du Khan battre chaudement et fortement.
-  A qui sa fille ? - demanda le Khan sans savoir contre qui il fut en colère.
Un des Nouker s, s’approchant vers Berké, dit respectueusement :
- Elle est fille de la femme qui avait sert à la cuisine dans le palais de Sartak Khan. Elle s’appelle Koundouze.
- La fille de la domestique ? – Le khan fronça les sourcils encore plus. - Donc, qui lui a donné son amblier et ces vêtements?
- Il s'est passé récemment, oh, Grand Khan. Nogaï Khan l’a fait. La mère de Koundouze est une parente lointaine de l'une de ses épouses.
Berké sourit méchamment. Les parents éloignés des femmes du khan commencèrent à se comporter comme s'ils descendaient de sang bleu.
- Comment la mère d'une jeune fille lui permet de se promener où elle veut? Elle n'est pas mariée ?
- Non, oh, Grand Khan. Mais elle est fiancée.
- Qui sera son mari ?
- Elle est fiancée de Danil, boyar de grand prince Aleksandr Nevskiy.
Le khan fronça les sourcils et regarda le visage du Nouker :
- Tu ne confonds rien ?
- Non. – Le nouker se pencha en selle, baissa sa voix : - J'ai servi dans le palais de la Sartak Khan. Dans l’année où il a été soulevé sur un tapis blanc, Danil est venu à la Horde...
- Je le sais ... – Berké dit avec impatience .
- D’après l’ordre du khan j’ai emmené cette jeune la nuit au jeune boyard. Alors elle avait treize ans. Je crois que Danil est tombé amoureux d’elle... Quand il partait, il a demandé à Sartak Khan de lui donner Koundouze pour sa femme ...
Comment pouvait-il savoir le nouker que tout cela s’était passé différemment. Danil avait décidé de rendre le bien à la fille parce qu'elle lui avait sauvé la vie. Sans révéler la raison véritable à Sartak Khan, Danil lui avait demandé d’envoyer  Koundouze à visiter Novgorod quand elle avait grandi. Le khan, pensant que le Boyard était tombé amoureux de la jeune fille, convint. Et donc après le départ de Danil,  Sartak avait  refusé à tous qui avaient recherché Koundouze en mariage.
La puissance de la Horde après la mort de Batu Khan se balança, et chacun des descendants de Djoutchi, en prévoyant dès guerres intestines, avait essayé d'obtenir le soutien d'un allié puissant. Un tel allié fut Novgorod.
A cause de cela Nogaï se rappela des parents lointains de sa femme avec la mère de la jeune fille, c’était pourquoi il lui avait envoyé des cadeaux. Koundouze aurait pu devenir femme de boyard de Novgorod et être utile.
En écoutant le Nouker , Berké pensait du sien. Pour réaliser ses projets, il aurait pu aussi avoir besoin de l’alliance avec Novgorod. Donc, il ne valait pas à cause d’une fille de Kiptchak, même très belle, gâter les relations avec le prince Aleksandr.
- Voilà pourquoi elle se comporte ainsi ... –dit Berké avec un sourire. - Mais si elle se porte comme une renard rouge, un gerfaut habile se trouvera pour elle. – Le khan se tourna vers le nouker. - Regarde, pour que les corbeaux envieux ne la picorent pas. Il faut la garder comme la propre prunelle. La Horde doit tenir sa parole, même si elle l’a donné au prince des oroussoutes...
- S’il n’est pas trop tard ... - dit le nouker timidement .
Le Khan releva brusquement la tête :
- Donc ...
- On dit que chaque matin elle va à romey Kolomon qui construit la mosquée ...
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas ...
Berké ne demanda plus rien. Si lui, le grand khan, aurait pu poser des questions à un simple nouker ? Dans le palais il y avait des gens qui ce jour-là allaient lui raconter tout concernant Koundouze et Kolomon, ils allaient parler de ce qui avait eu lieu et même de ce qui aura eu lieu. Pour un instant le visage heureux de la fille se leva devant ses yeux.
Cette fois-là, Berké arriva à la mosquée en cours de construction du côté de l’Itil. Des centaines d'esclaves grouillaient à terre, pétrissaient de l'argile, taillaient des pierres. Le Khan arrêta son cheval, effrayé par ce qu'il avait vu. Le mur de la mosquée brillait de couleurs de l'arc-en-ciel. Les dessins de couleur entrelaçaient dans un ornement merveilleux, clouaient le regard. Quelque chose merveilleusement lumineux, quelque chose de fête était dans l’oeuvre de Kolomon. Le Khan essaya douloureusement de se rappeler où il avait vu le pareil , mail il ne put pas. Puis il se rappela soudain le pré de printemps sur les rives de la Kéroulène bleue, sur la terre de ses ancêtres, où il avait vécu dans son enfance lointane. Alors ainsi, la terre avait brillé de l’arc-en-ciel de couleurs, et là cet arc-en-ciel fut créé par l'homme. Et c'était incroyable ...
« Oh, grand Allah, donne de la force au maître pour finir ce miracle au terme fixé. – pensa Berké. -  Dans tout l'univers il n’y aura pas de mosquée, égale à la beauté de celle-ci ! »
- Berké Khan ! Aimiez-vous la peinture murale ?
Le Khan tressaillit et se tourna vers la voix. Le romey Kolomon était tout près et le regardait. Ses cheveux et sa barbe avaient tellement grandi qu’ils couvraient presque le visage du maître . Il était mince, sombre à cause du soleil constant, et seuls les yeux bleus, clairs et propres, émettaient de la lumière lumineuse effrayante.
Berké ne put pas cacher ses sentiments et dit ainsi :
- J’aime bien ...
- Si vous l'aimez, alors, c’est bien ...
Le Khan saisit une moquerie en voix du romey.
Berké, malheureux du fait qu’il ne put pas cacher ses sentiments, fronça les sourcils et demanda sèchement :
- Quand vas-tu finir le travail ?
- En automne ... – dit Kolomon calmement.
- Eh bien ...
Berké toucha les rênes du cheval, mais après avoir passé quelques pas, il ne put pas résister à prendre à nouveau un coup d'œil à la mosquée.
Ce qu'il vit fit le Khan perdre le don de la parole. Il ne remarqua qu’une  pâleur mortelle inondait lentement le visage de Kolomon.
Berké descendit avec hâte de cheval, fit quelques pas vers la mosquée, puis il renvoya à sa place précédente. Et, comme s’il ne croyait pas ses yeux, il passa sa main sur le visage. Non. Les yeux ne le trompaient pas. La vision ne disparut pas.
Sur le mur à travers l’arabesque il vit la figure d'une jeune fille à amblier. Le Khan n’aurait pas pu se tromper. C'était Koundouze. Il regarda son visage au même sourire, le même bonheur il y avait dans ses yeux, même des vêtements et le cheval étaient les mêmes qu’il avait vu ce jour-là, quand il avait rencontré la jeune fille sur le chemin vers le lac .
Encore et encore, Berké revenait à la place enchantée. L'image de Koundouze tantôt disparaissait, tantôt apparaissait. Sinon qu'il y avait une jeune fille à amblier, et voilà il y avait seulement un éclat brillant de couleurs .
Les lèvres du Khan tremblèrent sans bruit. Il avait beaucoup entendu parler de miracles. Il connaissait la magnifique mosquée iranienne avec sept dômes. Là, si on était exactement sous la coupole centrale et si on prononçait un mot, l’echo l’aura répété dans les toutes coupoles, mais si on quittait cette place, et un silence mortel aura été votre réponse, même si tu commençais à crier.
Il y avait beaucoup de mystères et de miracles, mais il n’entendit encore jamais à propos de celui qu’il avait vu ce jour-là. 
Le maître espérait que son secret ne sera pas révélé si tôt. Sinon, il n'aurait pas osé une telle insolence. Apparemment , la providence elle-même voulut que le Khan y soit arrivé ce jour-là. Un tremblement secret embrassa Berké. « Pour tout la volonté d'Allah ... » - pensa-t-il superstitieusement.
Kolomon fut immobile, et seulement ses yeux aux prunelles énormes sombres observaient attentivement chaque mouvement du Khan. Berké, sans un mot, se dirigea lentement vers le cheval et monta lourdement en selle ...
***
Il n’y avait pas dans le monde le sentiment plus fort que l'amour. Pour elle un poltron pouvait devenir héros, et un homme qui ne savait pas de lettres, pouvait composer une belle poésie.
Kolomon avait vu Koundouze pour la première fois quand le soleil du printemps avait fait fondre la terre et les cieux, et les herbes odorantes de Dechte-i-Kiptchak avaient déjà grandi à genoux et le vent avait emporté de la steppe un arôme capiteux, excitant .
Deux toulengites faisaient Kolomon courir dans les rues de Saray. Le maître, comme d'habitude, passa toute la journée à la construction de la mosquée et ce moment-là il revenait à sa prison.
Le romey fut fatigué et malgré des cris des toulengites il marchait lentement. La beauté de la nuit de printemps lui était indifférente comme les étoiles joyeuses et clignotantes dans le ciel sombre humide, et la lueur fantomatique de la lune, jetant des ombres profondes sur les rues étroites poussiéreuses. Kolomon était tout pris de ses pensées. Il pinçait lentement tout ce qui avait été fait pendant la journée, en pensant de la mosquée en cours de construction. Les chaînes sur les pieds du maître tintaient doucement et tristement.
Le romey ne remarqua pas d’où deux femmes vinrent tout à coup. Ils allaient à sa rencontre, et occupé de ses pensées il glissa indifféremment ses yeux sur leurs visages. Le son mélodieux de pièces d'argent tissés en tresses de la jeune fille s’ajouta soudainement au cliquetis de ses chaînes.
- Bonjour , agay.
Kolomon leva sa tête avec étonnement. La voix était profonde, tendre. Le romey regarda les passants. Le clair de lune était lumineux et propre, et il vit facilement les visages des femmes. L’un visage n’était pas déjà jeune, aux traces de son ancienne beauté, et l’autre auquel  la voix appartenait sans faute était jeune et beau. Les yeux du maître ne pouvaient pas se tromper.
La jeune fille était de grande taille, mince, aux grands yeux. Des fils de pièces d'argent étaient tissés en deux tresses lourdes, longues, presque à terre, mises derrière le dos qui sonnaient mélodieusement à chaque pas.
- Bonjour ... - dit romey distraitement.
Les femmes passèrent, mais lui, il les suivait du regard jusqu'à ce que l'un des toulengites ne l’ait pas fouetté :
- Allons, allons ...
Kolomon avança, mais le visage de la jeune fille inondé de lumière de lune scintillante se leva devant ses yeux, son bonnet - borik avec le sultan de plumes d'oiseaux, ses lourdes tresses ... Le romey semblait qu’il avait vu dans le regard de cette jeune fille un ravissement...
Dès cette nuit-là  Kolomon perdit sa paix, son intérêt pour le travail, les ornements qui étaient nés dans sa tête pendant des nuits blanches étaient fanés et lui semblaient une imitation bon marché. Il pouvait  regarder longtemps ce qui avait été fait, et le feu de l’insatisfaction brûlait son âme. La peinture semblait au maître devenir terne, et il lui semblait que la vie avait quitté son oeuvre. Il fut ainsi depuis longtemps, la construction de la mosquée s’arrêtait, et un désespoir saisit Kolomon. 
L'été touchait à sa fin. Les vents froids volaient sur les rives de l’Itil des forêts sombres de la terre des oroussoutes. L'eau dans la rivière devint épaisse et des tourbillons sous les ravins ne furent plus vus dans le fond. Kolomon maître était triste et sombre comme l'automne proche. 
Un jour, comme d'habitude, avec les premiers rayons du soleil le romey vint à la mosquée. Ce qu'il vit lui semblait un rêve. La jeune fille qu’il avait rencontrée la nuit étonnante de printemps lunaire était à cheval gris foncé, en selle, garnie d'argent. 
Kolomon la dévisageait. S’étant appuyée par la poignée de la kamtcha de spirée rouge sur le pommeau de la selle, elle jeta sa tête à borik de zibeline et elle regardait  attentivent les motifs sur le mur de la mosquée. Elle fut tellement impressionnée qu'elle n’entendit même pas le cliquetis des chaînes sur leur pieds du romey. Il fut frappé par sa beauté et s'arrêta, hésitant à faire un pas pour ne pas perturber, ne pas l'effrayer. 
Tout à coup, une illumination rapide comme le vol d’un martinet, passa dans le cerveau de Kolomon. A ce moment, il savait ce qui lui manquait et ce qu'il fallait faire. Le cœur se serra des pensées insolentes, mais il n’avait pas de force de l'éteindre, l’oublier. Le maître savait ce qu'il voulait, il savait comment il aurait pu finir pour lui, un prisonnier de Berké Khan puissant, et pourtant ... 
- Bonjour, sœur ... - dit-il calmement. 
- Bonjour ... 
Koundouze tressaillit et se retourna. La peinture de l’embarras inonda son visage. Elle reconnut Kolomon. 
- Qui a fait ce miracle? – demanda-t-elle. 
- Moi... 
Kolomon regardait attentivement le visage de Koundouze, comme s'il essayait de la garder dans sa mémoire pour toujours. 
- Quand allez-vous terminer toute la mosquée ? 
Soudain le romey se mit à rire, et les dents lisses blanches brillèrent sur le visage mangé de barbe épaisse. 
- Quand tu ordonnes ... 
Koundouze regarda étrangement le maître. 
- Cela n’arrive pas, - tout à coup, elle secoua la tête décidément et brusquement, et les pièces tissées en tresses noires comme la nuit, sonnèrent justement comme des cloches d'argent. - Fais-le aujourd'hui, en ce moment ! .. 
- Tu as raison. Il ne se fait pas ... - dit Kolomon tristement, et immédiatement les feux fous, insolents éclatèrent dans ses yeux. – Mais si tu veux vraiment pour que je finisse rapidement ce travail, viens ici tous les jours à la même heure. 
Koundouze  haussa indépendamment les épaoules : 
- Pourquoi? 
- Je ne peux pas le dire encore... Mais est-ce que tu veux voir plus vite la mosquée construite ?  
Le visage de Koundouze était calme et il semblait soudain à Kolomon qu’elle allait fouetter l’amblier avec la kamtcha et s’éloigna au galop de la  rive de l’Itil et elle aura disparu de sa vie pour toujours. 
- Viens ! – demanda le romey passionnément. - Cela est très nécessaire ! Viens, quand tout Saray était encore endormi et quand des esclaves se mettent à leur travail de forçat ! .. 
Les mots du maître avaient une énigme, mais ils avaient encore quelque chose qui fit la jeune fille le croire. Elle vit les chaînes grosses, lourdes sur ses pieds, et elle vit ses yeux brûlants bleus comme le ciel de printemps, et dit: 
- Bon. Je vais faire votre demande ... 
*** 
Dès ce jour-là le maître romey sembla se laver dans l'eau de vie. L'inspiration le frappa et  une joie profonde et calme brillait dans ses yeux. Koundouze venait tous les jours. 
Le coeur transcendait l'ordre, et de chaque rencontre la jeune fille attirait de plus en plus vers Kolomon. Elle ne savait pas encore ce qu'était l'amour, et donc, elle ne résista pas au sentement qui était né en elle. 
Mais une fois Koundouze  rendit compte qu’elle aimait, et elle eut peur. Il lui sembla que le cheval la portait le long du bord de l'abîme, mais elle n’avait pas de force de s'asseoir sur la selle, de se maintenir. 
Kolomon était un homme merveilleux, un grand maître, mais il avait le dieu différent, une autre foi. Si on l’aura donnée pour lui ? Et pourtant, il était esclave, selon les lois de la Horde, il n’était pas homme. La vie d’un esclave était moins chère que celle de bovins. Aucun musulman ne lui disait de mots d'encouragement, la mère n’aura pas été d'accord. Que aurait pu être pire que de rompre les lois des ancêtres ? 
Koundouze  avait peur de penser à tout cela et chassait les pensées du romey, mais elles venaient sans invitation et la hantaient, empêchant de vivre comme avant, sans soucis. 
La jeune fille commença soudainement à soupçonner que ses rencontres fréquentes avec Kolomon étaient dangereuses pour eux deux. Si quelqu'un découvrait leurs sentiments, un malheur aurait pu arriver. 
Mais le cœur ne voulait pas connaître les coutumes des ancêtres, et il l’appelait jour et nuit sur la rive de l’Itil. Koundouze ne pouvait pas vivre même un jour sans voir les motifs merveilleux créés par les mains de son bien-amé. 
L’amour et la beauté gagnaient toujours l’esprit. Elle se jurait de ne plus aller chez le maître, mais l'aube prenait feu à peine, Koundouze  sellait son cheval avec hâte. Elle avait peur d'admettre qu'elle ne pouvait pas déjà imaginer la vie sans Kolomon, ce bon homme fort, brusque en ses mouvements. 
Ce fut ainsi ce jour-là où elle vint comme d'habitude tôt à la mosquée. Le soleil ne se leva pas encore, et il n’y avait personne sur la rive à l'exception des esclaves et les toulenguites de garde. 
Koundouze  sauta facilement de la selle, lia son amblier à un arbre mince et sourit joyeusement à Kolomon. 
Le maître prit doucement sa main et l’amena vers la mosquée. La peinture murale d’un des murs fut déjà presque finie et les échafaudages furent déjà enlevés. Koundouze vit que le romey était  très excité de quelque chose. Il lâcha sa main, et passa rapidement près du mur, puis il s'éloigna à une distance de sorte qu’il pouvait embrasser tout à un coup d'œil. 
- Viens ici! – appela-t-il Koundouze . 
Koundouze  vint docilement et se tint à côté de lui. 
Les premiers rayons de soleil frappèrent le mur, et les peintures de beauté fabuleuse y jouèrent. Elle avait déjà vu ce tableau dizaines de fois et elle se tourna perplexe vers Kolomon, ne réalisant pas ce qu'il voulait d'elle et pourquoi il l’avait amenée là. 
- Voilà !.. – murmura le romey avec impatience. - Regarde! Un miracle! .. 
Koundouze  regardait. Et tout à coup, comme si le soleil déplaça ses rayons, les couleurs se fanèrent, et à travers les motifs mystérieux d'ornement, elle vit quelque chose qui lui donna le vertige, et elle poussa un cri d'étonnement de sa poitrine. 
Koundouze vit elle-même à amblier. Le tableau prit tout le mur énorme, et elle ne pouvait pas se tromper. D'abord, elle se vit de loin : le visage heureux, la tête fièrement haut à fagots de tresses lourds et l’amblier comme s’il était animé, semblait prêt à sortir du tableau sur la terre. 
Koundouze  s'avança involontairement pour toucher le vu des mains, mais le tableau merveilleux disparut immédiatement, et il n'y avait rien sur le mur, à l'exception des couleurs brillantes lumineuses. Confuse, elle recula et revit immédiatement le tableau. 
La jeune fille tourna son visage à Kolomon. Dans ses yeux il y avait l’admiration et la prière. 
- Qu'est-ce que c'est? – demanda-t-elle à peine audible. 
Le romey mit sa main sur son épaoule : 
- Sois calme, ma fille! Chut! Tiens-toi dans ses mains. Personne sauf toi ne devrait même deviner ça ... – la parole de Kolomon pressée et confuse. - Je rêvais de faire un tel miracle toute ma vie ... Je le gardais pour l'avenir ... Mais tu es venue ... Maintenant, comprends-tu pourquoi je t’ai demandé de venir ici tous les matins ? On peut voir ce tableau seulement d’ici, et seulement quand le soleil se lève ... Si le soleil change sa position dans le ciel, personne, même d’ici, ne pourra pas voir ce que tu as vu! .. Seul le grand et le bon soleil donnant aux gens de la chaleur et de la lumière, ouvre par ses rayons les peintures invisibles en faisant les apparaître au monde. 
Koundouze  ne pouvait toujours pas s'en remettre: 
- Comment as-tu réussi à le faire ? 
- Il n'y a pas de limite pour l'esprit humain. J’ai fait tout un peu, j’ai ouvert l'un des mystères du savant qui avait vécu dans l’époque d’Iskander Bicorne ... Soudain Kolomon arrêta de parler. L'un des toulenguites gardant les esclaves s’approcha directement vers eux. - Je vais te parler de tout plus tard. – Le romey regarda en face de la jeune fille aux yeux perçants : 
- Koundouze ! Je veux te voir! Aujourd'hui, dès que les premières étoiles s'allument, viens au lac! J'ai quelques pièces d'or, et je vais acheter cette nuit au garde ! .. Je vais t’attendre!.. 
- Bon. J’y vais. - dit la jeune fille doucement mais fermement. 
Revenu au palais, Berké ordonna de ne laisser personne entrer et il resta seul pendant longtemps. Les réflexions sur ce qu'il avait vu ne lui donnait aucune paix. Le choc passa, et il pouvait tout penser sans hâte. 
Il devait faire quelque chose. Mais quoi? Le romey perfide, sachant que la religion musulmane interdisait de représenter les personnes, animaux et oiseaux, mais le trompa. 
Si quelqu'un devinait sur ce qu'il avait vu ce jour-là, les musulmans se seront détournés du Khan, qui avait permis au gyaour de commettre un tel sacrilège. 
La mosquée était magnifique. Berké ne vit jamais tels motifs et couleurs, bien qu’il ait vu les terres de divers peuples pendant sa longue vie. Soudain une idée glissa : pouvait-être personne n’aura jamais su que l’image humaine  se cachait sous l’ornement, pouvait-être il n’aurait pas dû détruire ce que le maître romey avait créé ? Ou il fallait ordonner de construire quelque chose sur l’endroit d’où le mystère ouvrait ? 
Mais tout de suite la suspicion remplaça ses doutes. Et si ce n’était pas le seul secret du maître? Qui savait ce que giaour pouvait avoir en tête ? 
Le sang quitta le visage du Khan quand il y pensa. Non! Il y avait une seule sortie de détruire toute la peinture que le romey avait fait sur ce mur, et de le forcer à obéir à la volonté du khan. 
Devant ses yeux tout à coup l’image de la beauté à l’amblier se déclara clairement et nettement. Il était difficile de lever la main sur une telle chose. Mais pourquoi, pourquoi le maître s’était décidé sur cette action folle ? Le toulenguite fit allusion au Khan ce jour-là de quelque chose, mais il ne montra que la tête du serpent, cachant son corps dans l'eau. Alors, de quoi s’agissait-il ? 
Berké pensait du romey ayant devant ses yeux l’image de la jeune fille. Depuis longtemps l’excitation n’avait pas embrassé son cœur et le désir d'avoir un jeune corps ne s’était pas reveillé. Il aurait pu ordonner aux Nouker s  de la trouver et de l’amener immédiatement au palais, mais quelque chose retenait le Khan ... 
Alors, comment agir avec le maître? L’esclava osa aimer une jeune fille libre, jeune, belle, comme l'étoile du matin Cholpane ... 
Le khan prit une cloche d'argent et la secoua. 
Le sotnik Salimguirey entra avec hâte dans la salle. 
- Amenez ici le maître romey. 
- J'entends et j'obéis, mon Grand Khan. 
Après un certain temps, les soldats avec des épées tirées traînèrent  Kolomon au palais et et le poussèrent dans la chambre du Khan. 
- Laissez-nous deux ! - ordonna Berké. 
Les soldats se retirèrent. Le khan regarda le maître longtemps et attentivement, comme s’il essayait de lire ses pensées. Le  visage du romey était pâle et immobile. De grosses gouttes de sueur brillaient sur son front haut. 
Un sourire méchant toucha les lèvres de Berké. 
- Parle-moi – ordonna-t-il. 
- De quoi, Berké Khan? 
- D’abord, lorsque tu vas terminer la construction de la mosquée? 
- J’ai déjà dit ... en automne. 
- Bon. Maintenant dis-moi pourquoi tu as peint cette fille sur le mur ? 
Kolomon leva brusquement la tête. 
- Je l'aime! 
- Eh bien, est-ce qu’elle t’aime? 
- Et elle m’aime ... 
Le visage du khan trembla, mais il comprima sa colère et restant calme il dit à voix basse: 
- Sais-tu qu’elle est fiancée? 
- Je le sais. Mais si cela importe quand les gens s'aiment ? 
L’insolence du romey, ses réponses tenaces et audacieuses mettaient Berké en fureur : 
- Vous avez la foi différente. La jeune fille est musulmane ... 
Le maître ne cacha pas les yeux: 
- La plus grande religion que les gens de toute la terre adorent, est l'amour ... 
Le visage du Khan pâlit et devint pointu. Il sentit le rage sauvage familier le saisir, se lever à sa gorge. Il suffisait de se détendre, et ce setiment allait l'accabler, fermer les yeux de la voile de brouillard sanglant, et puis ... 
- Tu sais ... que notre religion interdit ... de dessiner les gens ... - Berké poussa à peine des mots de la gorge rétractée. 
- Je l'aime ... Et je n'avais pas d'autre façon de l'exprimer. Elle ne comprenait pas mes mots et elle en avait peur, parce que les mots peuvent mentir. 
- Donc ... 
- Quoi d'autre? Quand elle a vu son image, elle lui a raconté tout. Koundouze est bien conscient de ce que cela signifie pour moi. Et si je n’ai pas peur, ça signifie que mes mots ne sont pas faux. J'ai fait d’après votre religion, un péché terrible. La jeune fille a appris que je l'aime plus que ma vie. Et elle était d’accord ... 
Dans les coins de la bouche du Khan il y avait l'écume et ses yeux étroits se transformèrent en minuscules fentes. 
- D’accord ? 
- Oui. Elle a accepté d'être la mienne pour toujours, - Kolomon tomba soudainement à genoux. – Oh, Grand Khan, je n'ai jamais demandé rien à personne dans ma vie... Pour mon bien-aimée je me suis mis à genoux ... Je prie une seule chose ... Je ne veux pas de liberté ... Que je reste esclave pour toujours, je vais créer pour vous un millier de belles mosquées, laissez Koundouze être ma femme ... 
La main de Berké glissa vers la dague qui était à côté. 
- Et est-ce que la jeune fille a accepté de devenir la femme de l’esclave ? 
- Oui, Grand Khan, elle vous le demande aussi ... 
- Donc, tu vas finir la mosquée que tu as promis ? 
- Je tiendrai ma parole, Grand Khan. 
Le visage de Berké s'éclaira. Il sonna la cloche d'argent, et tout de suite Salimguirey apparut dans la porte. 
- Nous avons convenu avec le maître Kolomon ... – Les lèvres du Khan s’étirèrent soudainement dans un sourire, mais ses yeux ne riaient pas - ils étaient encore froids et méchants. - J'ai décidé l’unir avec la jeune fille, dont il parle, bien sûr, s'il tient sa parole et finit la construction de la mosquée en automne. N’est-ce pas, maître romey ? 
- Oui - Kolomon se pencha tout son corps en avant. 
- Maintenant, écoutez ma commande, - le sang quitta le visage de Berké soudain à nouveau ,- pour le dessin qu'il a fait sur le mur de la mosquée, de le punir par une centaine de coups. Pour le désir d’épouser une femme musulmane de le châtrer. Il faut faire tout cela en présence de la fille et de tous les esclaves. Ensuite, conformément à l'accord, de l’unir avec la jeune fille. 
Kolomon chancela. Il connaissait les coutumes du monde terrible dans lequel il vivait, le khan de la Horde d'Or ne changeait jamais ses décisions. 
- Ordonne mieux de me sabrer à cette place ! Pourquoi me vivre .. – grailla le romey.
- Non, - dit impérieusement Berké. - J'ai encore besoin de ta vie. Tu dois terminer la mosquée ... 
Ce fut une nuit terrible. Khan Berké ordonna de rassembler prèsque dix mille esclaves sur le maydankhanou, la place principale de la ville. Les toulenguites de cheval aux épées tirées dans leurs mains entourèrent les esclaves en anneau serré. Kolomon, dans les chaînes, était sur une plate-forme de haut, entouré par des gardes et était visible à tous. Dans les coins de l’ echafaud les feux pourpres énormes en hauteur de l'homme brillaient et leurs flammes par reflets inquiétants jouaient dans les prunelles dilatées des esclaves et sur les lames étroites des sabres des toulenguites. 
La nuit comme si déplaça vers la place principale de la ville et le ciel noir et lourd, descendit à la terre elle-même et était prêt à tomber sur les têtes des gens rassemblés là. 
Deux gardes amenèrent Koundouze  et la traînèrent dans l’ echafaud. Un murmure doux, comme un gémissement déferla sur la place. Elle était belle. Le visage était pâle, les yeux fermés ressemblaient à une vague de cheveux noirs balayés sur ses épaoules ... 
- Écoutez! Ecoute! Tout le monde doit le savoir! – cria le héraut du khan, un mongol énorme comme s’il était coulé de bronze. - A la demande du khan de la Horde d'Or, Berké honoré, l’esclave romey pour qu’il avait baisé le mur de la mosquée, la demeure d'Allah, sera puni d'une centaine de coups. 
Le bourreau, un homme mince de grande taille à un malakhay de renard porté en bataille, leva la main. 
Les toulenguites gardant Kolomon entassèrent le maître sur l’échafaud ... 
- Un, deux, trois ... 
Au-dessus de la place, au-dessus des têtes des gens figés en silence, la vigne sifflait à fendant l'air. Le silence n'était troublé que par la voix ferme et impassible de l’héraut comptant des coups: 
- Quatre, cinq, six ... 
Les flammes pourpres des feux vacillaient au-dessus de l’échafaud, arrachant de l’obscurité les visages sévères des esclaves, les sourcils avec colère résumées. Dans la lueur alarmante tortillante le sang de l’esclave Kolomon semblait noir. 
- Cinquante ... soixante et un ... – compta l’héraut. 
Soudain, un cri strident de femme monta au-dessus de la place. C'était la voix de Koundouze : 
- Gens! Chers ! Sauvez-le ! Après tout, c’est le grand maître Kolomon! 
La foule chancela vers l'échaufaud, mais ensuite reflua et se figea à nouveau dans un silence lourd. 
- Quatre-vingt-dix, quatre vingt onze ... – les mots impassibles tombaient sur les têtes des esclaves. 
Les toulengites, ayant pris le romey par les bras, le mirent sur l’échafaud. La peau sur le dos du maître pendait en lambeaux. Il saignait. 
- Écoutez, écoutez! - s'écria l’heraut de nouveau. - A la demande du grand khan de la Horde d'Or Berké pour que ce romey infidèle voulait épouser une femme musulmane, la femme de Kiptchak, qui s’appelle Koundouze, il faut le châtrer ! Que la décision sage du Khan se réalise ! 
Un mollah à turban blanc monta à l’échafaud. Dans ses mains un couteau brilla. 
- Détachez les vêtements de l’esclave, mettez-le sur son dos et tenez-le fermement, - ordonna-t-il aux toulengites. 
Koundouze  chancela, laissa tomber sa tête sur sa poitrine. 
- Relevez la tête de cette salope! – cria le bourreau aux toulenguites tenants la jeune fille. -Faites-la voir comment son futur mari sera un eunuque! 
Et soudain, la voix forte et impérieuse tomba dans le silence oppressant : 
- Gens! Est-il possible de tolérer une telle violence? Ou avez-vous oublié que vous êtes gens? 
Toutes les têtes se tournèrent vers la voix. Un grand homme, vêtu tout en noir, debout à quelque distance de l’échafaud. Son visage était fermé jusqu’aux yeux avec un mouchoir. Et personne ne pouvait en ce moment même penser que c’était Salimguirey, sontik du garde du corps de Berké Khan. 
La foule s’agita, rugit anxieusement : 
- Libérer le romey ! 
- Mieux mourir que vivre ainsi ! 
Donc, dans l'année de la poule (1261) dans la capitale de la Horde d'Or à Saraï Berké le soulèvement des esclaves commença. Le sang versa et les maisons flambaient trois jours. Berké Khan, se cachant dans son palais, appela en aide de la steppe les tumens de lachkarkachi Nogaï. 
Les esclaves résistaient obstinément. Ils savaient que la grâce ne sera fait à personne, et c’était pourquoi chacun d'entre eux valait à la bataille dix soldats. Chaque maison, chaque duval pisé se transforma en une petite forteresse. Affolés en sa majorité, sans arme les gens furieux se jetaient sur les coureurs des toits des maisons. 
Pressés par les soldats de Nogaï, les esclaves se réfugient dans la mosquée inachevée sur les rives de l’Itil. Il n’y avait déjà pas de flèches, et ils démolaient les murs pour repousser de pierres et de briques. 
La troisième nuit, sachant qu'ils ne pouvaient  pas faire face à l'armée du khan, les esclaves par détachements entiers perçaient dans la steppe, allaient à la nage à travers l’Itil. 
La revanche du Khan fut terrible. Berké ordonna de mettre tous ceux qui avaient survécu, hors la ville, et les soldats sabraient des captifs et les piétinaient par des chevaux ...
Le Khan triompha la victoire, mais la peur quis'installa dans son cœur, ne passait pas. Premièrement la populace leva la tête pas quelque part à Samarkand lointain ou à Boukhara, mais ici, au cœur de la Horde d'Or, qui restait ferme dés  le moment où grand Batu Khan l’avait créée. Les choses étranges se passaient, et Berké ne savait pas qu'il aurait dû faire plus loin.
Lorsque le massacre des esclaves fut fait, le Khan envoya les noukers sur le lac pour apprendre si ses cygnes étaient intactes, et il ordonna de trouver le maître romey et la jeune fille Koundouze.
Les cygnes ne souffrirent pas au cours des troubles, mais il n’y avait ni romey ni jeune fille ni parmi les vivants ni parmi les morts.
... Se cachant dans la journée, Kolomon et Koundouze avec un petit groupe d'esclaves en fuite marchaient pendant la nuit du côté de la rivière Tan <Tan est la rivière Don.>.

CHAPITRE QUATRE
IV
Nogaï,  fils unique de Tatar, né du fils cadet de Djoutchi-Bouala, au temps où Batu Khan entra en campagne en Europe, eut vingt ans.  Il était brave et chaud. Ni son grand-père Boual, son père Tatar ne se glorifièrent dans les campagnes, n’obtinrent pas le titre de Khan. Selon les règles déterminées par Gengis Khan, ils prenaient part à toutes les affaires de la Horde, mais après les campagnes ils revenaient dans leurs ulus pour s’abandonner aux délices de la vie paisible.
L’ulus dernier de Tatar après son retour de l'Europe de l'Est devint la terre de Crimée. Il installa son quartier dans la ville de Kafa.
Sous la direction de Nogaï pendant les campagnes contre les oroussoutes et les ougres il y avait des tumens constitués des mongols khadarkints et des cavaliers de Mangit.
Ceux et d'autres furent célèbres comme grands guerriers, grands archers. Les Khadarkints différaient aussi par le respect strict des engagements de Gengis Khan et suivaient pieusement  la discipline de fer déterminé par lui. Non sans raison le chef de leur famille Mounir Kouran fut en son temps émir et commandait les troupes de droite de Gengis Khan.
Les tumens de Nogaï ne savaient pas de défaite. Pour cette raison, Batu Khan le fit son naib <Naib est le gouverneur général.> en Bulgarie et Moldavie qu’il avait conquises. Mais après que l'armée principale des Mongols retourna sur la rive de l’Itil, Nogaï, restant seulement avec deux tumens, ne put pas tenir longtemps dans la soumission les peuples conquis. Les circonstances étaient telles qu'il dut deux ans plus tard mettre son armée appauvrie en ulus de son père en Crimée. Tatar fut déjà mort, et l’ulus appartenait de plein droit à Nogaï.
Mais le grand Batu Khan juga différemment. Il commanda à Nogaï d’arriver à Saray et il le fit lachkarkachi de toute l’armée d’or.
Nogaï obéit à l'ordre, mais la prudence naturelle, la capacité à anticiper l’avenir le forcèrent à quitter la plupart de ses soldats khadarkints fidèles dans l’ulus de son père. Il leur donna tout ce qu'ils avaient attrapé dans les campagnes, et outre cela il attribua chacun de son trésor.
Nogaï sentit la faveur de son action de nombreuses années plus tard, quand il décida d’entrer en lutte contre le Khan de la Horde d'Or - Toktay. Les soldats mongols n'oublièrent pas sa gentillesse. Tous comme l'un, ils vinrent sous sa bannière et devinrent son soutien sûr et solide. Même alors les khadarkintsy et les mangoutes habitant la Crimée, furent appelés nogaïsy. Et non pas celui qui était assis sur le trône de la Horde d'Or, ils magnifient Khan et son maître Nogaï.
Après la mort de Batu les khans changeaient dans la Horde, mais Nogaï était toujours lachkarkachi de toute l’armée, parce qu'il n'avait pas son pareil dans le courage et la sagacité. Les simples soldats l'appréciaient pour sa générosité et sa justice et ils étaient prêts à le suivre au bout du monde.
La force était toujours sur le côté de celui qui avait dans les mains l'armée nombreuse et fidèle. Berke ne ressemblait pas au grand Batu Khan. Celui réussit à créer la Horde d'Or puissante. Mais Berke essayait au moins de la garder en sécurité, de ne pas donner à autres descendants de Gengis Khan de tirer les terre conquises par son frère. La vanité énorme, les intentions secrètes ambitieuses, firent le penser sur la haine prochaine avec ilkhan Koulagou, avec des descendants de Djagataï, avec Koubylay et Arik-Bougui.
Ne réalisant pas qu'il ne pouvait pas faire ce que Batu Khan avait accompli, Berke songeait à un pays immense qui serait composé de nouveau comme à l’époque de Genghis Khan le Grand de toutes les terres qui avait appartenues à son grand-père autocratique. Et ce n’était pas Karakorum qui aurait dû gouverner de tout cet empire mais la Horde d'Or.
Réfléchissant seul pendant longtemps ses idées, Berké commença soudainement à craindre Nogaï. Qu'est-ce que le fait que ni son grand-père, ni son père ne furent pas Khans ? le Khanat était l’apanate des fils aînés de Djoutchi. C’était la loi des Genghisides. Mais à ce temps-là qui suivait la procédure déterminée par l’homme qui avait fait trembler tout l’univers? Chacun qui avait de la force dictait ses lois. Koubylaï était un exemple. Est-ce que ce fut lui qui en s'appuyant sur son armée, le premier des nombreux descendants de Gengis Khan avait séparé de Karakorum et avait osé créer son khanat ? A l’époque du grand-père la mort violente l’attendait pour cet acte, et à ce temps-là ? Il n’y avait personne à punir les apostats.
Qui pouvait se porter garant pour le fait que Nogaï, se considérant un descendant de Gengis Khan, digne de devenir maître de la Horde d'Or, n’empiétait une fois sur le trône ? C’était lui qui avait l’armée dans ses mains, et elle lui était fidèle.
Non. Il fallait se débarrasser de Nogaï. Et plus tôt cela se faisait mieux cela serait. Berké comprenait qu'il était également difficile et dangereux ce moment-là de prendre son poste de lachkarkachi ou de le empoisonner. Nogaï était trop influent et c’était pourquoi il avait donc peur de s'aventurer sur l'hostilité ouverte avec lui.
Et quoi, si l’envoyer en campagne contre le khanat de Koulagou pour faire revenir Azerbaïdjan et Chirvan à la Horde? La guerre était la guerre. Et tout pouvait arriver. Si Nogaï gagnait, la Horde d'Or sera devenue plus forte, et alors il n’était pas trop tard pour réfléchir à la façon de se débarrasser de ses rivaux. Si Nogaï faisait fiasco, il y aura eu un prétexte pour le priver du titre lachkarkachi.
Berke aspirait à la victoire sur Koulagou fort et cruel et en même temps il haïssait Nogaï.
Pour que les yeux n’aient pas pu diffamer l’un l’autre, Dieu créa le nez entre eux. Entre frères Koubylaï et Arik-Bougui Allah oublia de mettre une barrière, et ainsi au fil du temps entre les fils de Tulé il y avait un énorme trou. Son nom était l'envie. D'autres descendants de Gengis Khan, également rêvant de pouvoir et de gloire, du trône de leur grand-père, au motif que Koubylaï avait violé premier la loi des ancêtres et qu’il s’était nommé khan sans décision du kurultay, approfondissaient avec diligence ce trou, en le transformant en abîme.
Tous se mélangea sous le ciel éternel. Les descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers, ayant oublié leur seul sang qui coulait dans leurs veines, devinrent ennemis.
Kadan, fils d’Ouguédeï, Togouchar, fils de Témougé-otchigan, frère cadet de Gengis Khan  se rangèrent du côté de Koubylaï. Sous leur main il y avait une  brave armée, aguerrie dans de nombreuses batailles, habituée à l'obéissance, dont sous les coups la Chine du Nord était tombé jadis.
***
Mais Arik-Bougui avait des alliés sûrs et sévères, rejetons de Baydar célèbre, fils de Djagataï, Algouï. Il avait participé à la capture de  Kharmankibé et à la conquête des terres polonaises. Sur le côté d’Arik-Bougui il y avait le petit-fils d’Ougédey - Kaïdou. Il était un guerrier courageux, un membre de nombreuses campagnes. A cette époque, il possédait de l’aymak Mekrinskiy au Tian Chan de l’Est.
Les forces semblaient être égales. Mais cela semblait tellement.
Arik-Bougui, assis sur le trône à Karakorum, était bien conscient que la Horde d'Or, qui lui subordonnait nominalement n’était pas un allié sûr. Berké Khan rêvait depuis longtemps de séparer et il n’attendait que les circonstances favorables pour lui.
Les troupes de Koubylaï, fils aîné de Toulé et d’Arik-Bougui, fils le plus cadet se rencontrèrent sur les rives de la rivière Onguine. Le ciel se détourna son visage de l’un le plus jeune des frères, ses tumens furent brisés, et Arik-Bougui fuit à  Ienisseï aux tribus kirghizes.
Ayant capturé Karakorum et ayant laissé là une petite armée, Koubylaï inspiré par la victoire retourna en Chine dans son principal quartier à la ville de Chandou. Bientôt un homme d’Arik-Bougui vint là pour confesser. Koubylaï sachant le tempérament chaud du frère, sa propension à écouter les murmures et les potins pardonna Arik-Bougui.
Mais les autres descendants de Gengis Khan, détestant Koubylaï chanceux, qui dans la lutte contre lui avaient fait Arik-Bougui leur bannière, rassemblèrent une armée et ayant attaqué Karakorum, le capturèrent.
Arik-Bougui, ayant oublié qu’il avait récemment demandé la miséricorde, lança ses tumens au sud aux possessions de son frère aîné, en espérant gagner cette fois-là. La cavalerie célèbre de Koubylay, composée de guerriers d'élite kechikténé, les arrêta au bord du désert de Gobi et mit en déroute l'armée d’Arik-Bougui.
Koubylay aurait pu se débarrasser pour toujours du Grand Khan Mongol à Karakorum, mais il n'avait pas permis à sa cavalerie de poursuivre les tumens en fuite de son frère, parce qu'il ne voulait pas que le sang des Mongols ait arrosé la terre où grand Genghis Khan avait jadis soulevé son drapeau et où la puissance des Mongols était née. Au lieu de cela Koubylay interdit d'envoyer de la nourriture à Karakorum. Et là où jusqu'à récemment, on avait piétoné le pain et le beurre, la famine arriva.
A la veille de ces événements dans le quartier d’Arik-Bougui Erguéné-Beguime, veuve de Kara-Koulagou, dirigeante de l'ancien ulus de Djagataï était arrivé. Pas pour des raisons de curiosité elle avait fait ce voyage long et ardu de Karakorum. Erguéné-Beguime cherchait une alliance avec Arik-Bougui. Elle savait que le feu de la guerre intestine aura devenu plus fort d’année en année et il n'y aura aucun descendant de Genghis Khan, qu'il n’aura pas été touché. Elle voulait garder son ulus à n'importe quel prix. Mais deux adversaires sanguinairs Berké et Koulagou jetaient déjà leurs regards sur lui s'attendant pour eux à une bonne heure. Elle avais besoin d'un allié sûr, mais dans les terres voisines il y avait des ennemis ou ceux qui ainsi qu’elle pâmés d'effroi, attendaient une décision sur leur sort de son voisin plus puissant.
Essayant d'obtenir l'appui de Karakorum, Erguéné-Béguime avait promis à Arik-Bougui que si Berké et Koulagou décidaient de lancer leurs tumens pour aider Koubylay, elle aura envoyé son fils Algouï avec l'armée au Turkestan oriental, et le dernier leur aura barré la route.
Mais Koulagou semblait ne pas s'impliquer dans la lutte entre les deux frères. Sachant que, tôt ou tard, il aura dû le faire il renforçait rapidement son ilkhanat. L'expérience montrait que, très bientôt son ennemi principal sera devenu la Horde d'Or, et c’était pourquoi il cherchait tous les moyens pour brouiller Berké et Algouï.
Mais tandis que la veuve de Kara-Koulagou avait négocié à Karakorum, Algouï sans attendre d'autres événements se dérouler, lança ses tumens à Kachgarie, où il y avait beaucoup d’hommes sûrs et fidèles et il y avait renforcé son armée et il s’était nommé Khan du Turkestan oriental.
Le nouveau Khan agissait rapidement et énergiquement. D’après son ordre son cousin Nikpey-Oglan avec son détachement de cinq mille soldats avait fait irruption dans la terre prise entre deux fleuves Seykhoune et Djeykhoune. Les grandes villes de Maverannakhr - Boukhara et Samarkand s’étaient rendues presque sans combat.
Algouï qui détestait Berké depuis longtemps, d’après les conseils de Koulagou avait ordonné de couper tous ceux qui avaient rapport à la Horde d'Or. Ceux qui avaient réussi à s'échapper, abandonnant leurs biens et leur bétail, avaient fui en crainte de Maverannakhr. Cela avait forcé Berké à chercher un allié avec Arik-Bougui.
L'alliance entre Berke et Arik-Bougui semblait éphémère et fragile à tous qui avaient les yeux. De grands espaces les séparaient, et il était facile de deviner que la Horde d'Or n'attendait que l'occasion de se séparer définitivement de Karakorum.
Algouï en sentant une force derrière lui avait osé aller plus loin et déclarer par ses actions qu'il n’allait plus soutenir Karakorum. Après avoir conquis le Maverannakhr, le nouveau Khan avait ordonné d’exécuter les émirs des villes conquises, il avait volé le trésor des collecteurs d'impôts, qui était généralement envoyé à Arik-Bougui. Sans avoir peur de la vengeance pour ce qu'il avait fait, Algouï, s’étant assuré de la parole de Koulagou que le dernier n’aura pas interférer, avait lancé ses tumens à Khorezm et en Afghanistan.
Tous ces événements se passèrent si rapidement que la Horde d'Or n'eut pas le temps de récupérer, elle se perdit des actions écrasantes et audacieuses d’Algouï qui avait récemment été imperceptible parmi Genghisides.
Berké Khan fut furieux. Il comprenait que ce n'était pas la fin de la Horde d'Or, mais le dénouement était quelque part dans le coin. L'heure était proche où l’énorme peau de taureau qu’il s’imaginait les terres de la Horde, déchirée et massacrée sur les bords par les autres Chingized aurait pu se transformer en peau de mouton. Si la totalité de ses possessions n’était limitée que par la steppe Dachte-i-Kiptchak, le coucher de soleil aura été inévitable. La steppe était infinie, mais ses terres ne donnaient naissance qu’aux herbes, et on aura pris nulle part du pain, de l'or, de la soie. Et si la richesse sortait il n’y aura pas eu de force. 
Il avait  besoin de nouveaux alliés, et ils ne pouvaient être que les oroussoutes. Ils étaient soumis, mais qui aurait pu savoir ce que le peuple établi à demeure de forêt, qui n’était pas toujours clair jusqu'à la fin pour un nomade, pensait?
Le knan sentait la vieillesse s’approcher inexorablement, ses désirs et ses possibilités ne correspondaient pas les uns les autres de plus en plus. Il n'y avait pas de temps à concevoir quelque chose pour l’avenir lointain. Et il n’avait personne à laisser la Horde d'Or dont il avait aspiré au pouvoir de nombreuses années. Berké n'avait pas d'enfants.
Quelques jours plus tard Berké Khan recueillit le conseil de khan. Aux frontières de la Horde il devenait de plus en plus inquiètement et les nouvelles alarmantes que les coureurs apportaient contredisaient parfois les uns aux autres et donc elles faisaient encore plus peur.
Berké imitait son grand-père à tout et il faisait habituellement des conseils seulement pour annoncer la décision qu’il avait pris à l'avance. Batu suivait toujours la même règle.
Le conseil de Khan se réunit dans le nouveau palais.
Sur l’estrade couverte par le tapis persan rouge, Berké fut assis sur le trône d'or. Ses vêtements étaient en soie chinoise jaune avec des motifs d'or brodés, en soulignant encore plus le visage jaune du Khan. Il ressemblait à Bouddha, coulé en or pur et posé à la place d'honneur dans la pagode.
Dans la salle il y avait un silence respectueux. Les chingizids furent assis près du trône, c’étaient Barkhoudour, fils de Cheibani, lachkarkachi Nogaï, Saouk, fils de Koulka, Jongatbay, petit-fils de Khassara, frère cadet de Gengis Khan. Plus loin il y avait les noyons, émirs et les autres nobles que le Khan avait daignés inviter au Conseil.
Berké entoura d’un regard long et attentive les hommes réunis.
- Par la volonté d'Allah, moi, maître de la Horde d'Or, Berké Khan, ouvre le conseil. Amen. - Il passa les paumes serrées sur son visage.
Les participants attendaient. Le Khan dit:
- Aujourd'hui, la Horde d'Or a de nombreuses questions importantes et urgentes. Dans le sud Koulagou Khan a empoisonné les descendants de Djoutchi – oglans Berkenjar et Bolgoutaï et lui, ayant égorgé leurs gens, il a pris tout l'Iran et l'Azerbaïdjan.
Il n’est pas mieux dans l'Est. Depuis qu’Arik-Bougui et Koubylaï ont commencé une guerre, les circonstances nous ne favorisent pas en Transoxiane, à Khorasan et à Khorezm. Algouï, rejeton de Baydar célèbre, qui n'avait pas montré auparavant un manque de respect pour la Horde, a chassé Erguéné-khatune de l’ulus de Djagataï et il s’est nommé Khan. Il a pris le Maverannakhr et Khorasan, et maintenant ses tumens sont prêt à jeter aux pieds d’Algouï le Khorezm. Il a osé couper nos naïbs et des collecteurs d'impôts à Boukhara et Samarkand. – Berké prit pause et regarda autour aux prunelles piquantes de dessous ses paupières enflées. - Que dites-vous, les meilleurs des meilleurs, les intrépides des  intrépides, si la Horde d'Or puissante doit tolérer ces offenses ou s'il faut tirer les épée contre les infidèles ? Ou peut-être quelqu’un d'entre vous va indiquer un autre moyen de punir les ennemis?
Personne ne put répondre au Khan. la porte s’ouvrit et Salimguirey entra dans la chambre. Perturber le conseil était considéré comme un crime terrible. Seulement le chef de la garde du corps pouvait se décider à cela si le Khan était menacé d’un danger ou si le messager aporta des nouvelles particulièrement importantes.
Tout le monde attendait la parole du sotnik.
- Dis, - les sourcils de Berke se rencontrèrent dans la racine du nez, et ses yeux  regardèrent attentivement le visage de Salimguirey.
Il s'inclina.
- Mauvaises nouvelles, Grand Khan ...
- Je t’ordonne de parler ! - Répéta Berké. – Voici il y a ceux qui peuvent tout savoir.
- Grand Khan mongol à Karakorum Arik-Bougui a envoyé aux terres des oroussoutes son détachement sous le commandement de Chelkéné-baskak sans rien dire au notre quartier. Les guerriers ont commencé à exiger aux oroussoutes le tribut qu'ils envoient généralement à la Horde. Les oroussoutes ont montré leur indocilité et ont entourée le détachement de Chelkéné-baskak. Le messager a dit que le détachement est menacé de destruction.
- Alors, est le vieux loup Chelkéné toujours vivant ? - Barkhoudour demanda avec émotion.
- Il s'avère que oui, - dit Salimguirey, - s’il suce l’énergie des oroussoutes. 
Barkhoudour voulait remettre le sotnik à sa place. Si c’est son affaire d'intervenir quand un Chingizid dit mais soudainement Berké souleva impérieusement sa main.
- Pas de taxes pour Karakorum - dit le Khan durement. – Que le messager dit aux oroussoutes qu'ils peuvent complètement couper le détachement. Je ne veux vivre vivant que Chelkéné-baskak. Observe-le, sotnik, toi-même. Chelkéné-baskak a fait beaucoup pour la grandeur du trône, et je veux qu'il revienne dans les steppes mongoles vivant.
Les membres du Conseil étaient silencieux. L’ordre de Berké signifiait la rupture complète avec Karakorum. Tout le monde attendait cela depuis longtemps - la querelle était imminente, mais pourtant ce qui arriva semblaient inattendu à plusieurs personnes.
Barkhoudour, en utilisant le droit de le plus aîné des descendants de Djoutchi, déclara :
- Grand Khan, en prenant cette décision, vous violez le précepte principal de Gengis Khan ...
- Je le sais et je m’en souviens, - dit Berké sèchement.
- Est-il nécessaire de le faire?
- Oui. Il est nécessaire pour le bien-être de la Horde d'Or.
Le regard de Berké tomba sur Uolkétay-noyon de vingt ans. Il était petit-fils de l'émir Djalairov de l’atabek Kadan, qui à son temps-là avait élevé Ouguédeï, fils de Gengis Khan. Son père Aljétay avait servi fidèlement à Ouguédeï et il avait reçu le titre de l'émir pour son honnêteté et sa franchise. Dans cette année où kouroultay avait soulevé sur le tapis blanc comme le grand Khan mongol à Karakorum Mengou brave, fils de Touli, Aljétay sans avoir peur de vengeance avait dit aux Genghisides : « Chacun de vous a donné à son temps le serment de nommer le Khan, selon les préceptes du grand Gengis Khan, toute créature vivante de la famille d’Ouguédeï. Il est connu que même une vache n'oserait pas manger de l'herbe où cette créature pose son pied, et le chien n'oserait pas renifler sa trace. Mais vous avez violé le serment aujourd'hui ».
Koubylay lui répondit : « Oui, nous avons pris un serment ... Mais c’étaient les descendants d’Ouguédeï qui ont violé premiers les lois archaïques de grand-père. Gengis Khan disait : « Si l'un de mes descendants commet un crime ou cesse de respecter la loi, donc, seulement mes descendants réunis ensemble peuvent juger une telle personne. Mais la famille d’Ouguédeï sans demander à personne, a tué le petit-fils de Djagataï – Altalou-oglan. Si ce ne t’est pas assez  , alors je vais te dire encore ... N'est-il pas Ouguédeï, mourant, a demandé de faire Charamoune, son fils le plus jeune, son successeur ? Mais et ice ses descendants ont violé la loi ayant soulevé Gouyuk Khan sur le tapis blanc. »
Il était vrai, et Aljétaï dut se taire.
Ce fut ainsi alors. Et en regardant maintenant Oulkétay, Berké pensait que les Chingizids ne suivaient plus les procédures prescrites par leur grand-père, et, si nécessaire, ils les interprétaient ainsi qu’etait bénéfique pour eux. Eh bien, son ulus, son khanat, ses intérêts étaient proches.
Berké n’éprouva pas de remords s’étant décidé de rompre avec Karakorum. Inversement, ayant pris et annoncé cette décision, il se sentait soulagé. Il n’y avait plus de torture secrète, d’incertitude. Désormais la Horde d'Or aura pris toutes les décisions par elle-même, sans regarder en arrière, et sans demander la permission du Grand Khan mongol. Et il ne fallait plus envoyer au quartier central une part de proie et de tribut recueillis des peuples soumis.
Berké, confiant en la justesse de sa décision, demanda aux membres du Conseil:
- Dites-moi, qui est maintenant Grand Khan des Mongols, Koubylaï ou Arik-Bougui ? Ils ne peuvent pas eux-mêmes répondre à cette question. Alors, peut-être nous devons envoyer le tribut à tous les deux ? Non. Désormais la Horde d'Or  ne partagera sa proie à personne. Nous devons soulever l’épée contre Koulagou et Algouï et, donc, nous avons nous-mêmes besoin du bétail et du pain que nous recevons des terres conquises pour nourrir nos soldats. Nous avons besoin de l'or et de l'argent pour équiper nos tumens et pour récompenser les soldats braves et vaillants.
La plupart de membres du conseil acquiescèrent, parlèrent, approuvant la sagesse du Khan. Seulement Barkhoudour et Saouk ne dirent pas un mot. Ils étaient les plus vieux là et ils rappelaient encore bien la luminosité et la gloire de l’empire créé par l’homme qui avait fait trembler tout l'univers, ils se rappelaient l’époque où il y avait la paix entre les Chingizeds et ils avaient été unis par un seu but. De vieux guerriers comprenaient que à ce temps-là, quand la Horde d'Or se sépara du grand khanat mongol à Karakorum, la charpente de l’Etat mongol chancela et le drapeua blanc à neuf queues de Gengis Khan n’aura jamais fait une armée forte et unie. Le pressentiment du malheur proche se sentait dans l'air. La Horde d'Or, le principal soutien de Karakorum, se détourna d’elle au temps le plus difficile. Mais apparemment, il était destiné, parce que tout ce qui se passe sur la terre, c'est la volonté d'Allah.
Le Conseil dura ce jour-là pendant longtemps. On décida d'envoyer vingt mille guerriers contre Koulagou sous le commandement de Nogaï, et c’aura été Berké qui allait lancer l’armée de dix mille contre Algouï. Les messagers galopèrent dans les villages et les campements de Dechte-i-Kiptchak pour déclarer aux gens la décision du khan et pour appeler aux campagnes des kiptchaks, mangoutes, boulgares et djiguites d’autres tribus conquises par la Horde d'Or.
Le soir même, un Nouker  accourut dans le palais et se prosterna à Berké, cria :
- Oh, Grand Khan ! Je vous apporte de mauvaises nouvelles! ..
- Quand irra quelqu'un ici avec de bonnes nouvelles? – jeta le Khan en colère, et son visage devint pâle mate, un mauvais préssentiment serra son coeur. Dis. Qu'est-il arrivé?
- Un de vos cygnes est tué !
Berké superstitieux frémit et recula comme d’un coup.
- Rechercher ! Rechercher le coupable! Je vais lui donner la mort la plus terrible, qui n'existe que sur la terre!
Mais la recherche fut en vain.
Avec la mort du cygne l’angoisse vague et oppressante s’installa dans l’âme de Berké. Elle ressemblait à une prémonition empêchant de vivre, penser et agir. C'était un signe du destin, mais quel signe, qu’est-ce qu’il voulait dire ? Et c’était pouvait-être le ciel lui-même disait au Khan que l’un des cygnes sacrés fut tué, par conséquent, l'une des campagnes conçues par Berké aura été infructueuse? Donc, il devait chercher l’issue. 
Et le Khan le trouva. Il engagea au lieu de lui à commander les troupes contre Algouï le  jeune noyon Uolkétaï.
Barkhadour sage essaya doucement d'avertir le Khan:
- Uolkétaï est trop jeune. Il a seulement vingt ans ... Est-il de taille à faire cela ?
Berké dit:
- Et quel age avions-nous  quand nos pères avaient donné sous nos commandement des tumens ? Uolkétaï est jeune, mais il a beaucoup de force et un fort désir de se distinguer dans la bataille. Je crois en lui ...
La préparation pour les campagnes se faisait dans la Horde selon l’ordre établi depuis des temps immémoriaux, c’était pourquoi chacun savait que faire et exécutait le devoir avec zèle et sans retard.
Tous les matins Berké venait encore au lac de jonc et écoutait pendant longtemps les cris mornes du cygne solitaire.
Le sentiment de catastrophe imminente ne passa pas. Les gens suivaient attentivement chaque pas de leur Khan et ne le comprenaient pas. Comme tous les Chingizids, il n’éprouva de la compassion à person, mais pourquoi le Khan s’inquiétait tellement pour le cygne et s’ennuyait de lui ? Etait-il possible que les ans amollirent le coeur de Berke ?
Non. Le coeur du Khan restait encore tel qu’il avait été, et personne ne savait que Berké avait soif de la violence le plus parmi les tous Genghisides. Il n'avait tout simplement pas de capacités militaires, que son frère Batu possédait, sinon il aurait déjà tourné la terre en un désert et aurait fait des fleuve de sang couler sur elle.
Une semaine après que Nogaï et Oulkétaï s’étaient mis avec leurs tumens en campagnes, le Nouker  rouge qui substituait sotnik Salimguirey pendant la période de son voyage à la terre des oroussoutes, apporta au Khan de mauvaises nouvelles.
- Grand Khan! – dit-il. – Le messager de Maverannakhr a dit que dès que Algouï et Koulagou ont appris sur la campagne lancée contre eux, ils ont orndonné de chasser tous  les artisans appartenant à la Horde d'Or hors les murs de la ville de Boukhara, et ils les ont découpés avec leurs femmes et leurs enfants.
Les nouvelles étaient vraiment mauvaises, mais les yeux de Berké brillèrent vindicativement. Il se rappela son voyage à Boukhara, se souvint de la nuit, la lumière agitée et anxieuse des flambeaux au-dessus des têtes des milliers de gens qui avaient osé lui présenter leurs revendications, lui qui était le Grand Khan de la Horde d'Or. Il se rappela la peur qui l’avait saisi alors dans les rues étroites comme des gorges d'argile ... Le châtiment rattrapa les rebelles. Il était dommage que ce ne fut pas lui qui avait fait ce massacre.
En voyant que le Khan gardait silence le Nouker  rouge pensa qu’il ne réalisa pas l'importance de tout ce qui s'était passé, et dit:
- Ils doivent l’avoir fait pour que la Horde d'Or n’ait personne pour prendre les impôts?
- Oui, c’est ça, - convint Berké indifféremment. – C’est égal, les artisans ont été soumis à Algouï. La Horde n’a pas vu de profit d’eux pendant derniers temps... Bientôt, nous aurons beaucoup de nouveaux esclaves. Très bientôt ...
A ce moment-là Salimguirey s’en allait plus en plus loin des frontières de la Horde d’Or, crevant des chevaux. Il accomplit l'ordre du Khan et il ne donna pas aux oroussoutes de tuer Chelkéné-baskak. Mais il le sauva pas pour permettre de vivre sur la terre. Déjà pas jeune, mais encore fort et large d'épaoules, avec des sourcils épais sombres le baskak, comme avant, restait la tempête des peuples conquis. Même parmi les Mongols, il se distinguait de sa cruauté. Où il y avait les collecteurs d'impôts de Chelkéné, des isbas flambaient, les femmes et les enfants criaient, tous les vivants et tous les insoumis se transformaient en cendres. Salimguirey croyait qu'un tel homme ne devait pas vivre. Mais il devait gagner du temps.
Quand on passa finalement les terre des oroussoutes, où ils pouvaient rencontrer des détachements des Mongols lancer, Salimguirey envoya l’un de ses soldats à Saraï, pour qu’il ait dit à Berké à propos du devoir fait.
Cette même nuit, le sontik  emmena Chelkéné dans les fourrés et le coupa par son épée. A l'aube le détachement de Salimguirey composé de personnes fidèles, tourna leurs chevaux vers les montagnes du Caucase. Le sotnik savait que Berké, trompé par ses nouvelles de son retour, n’aura pas sitôt deviner ce qui s'était passé, et jusqu’à ce qu’il ait envoyé la chasse, le détachement avait le temps de s'en aller.
Salmiguirey ne se décida pas à fuir immédiatement. Mais les circonstances étaient telles qu’il était dangeureux de rester dans la Horde. Les gens du Khan chassaient l'homme en noir, qui avait soulevé des esclaves à la révolte. Personne ne devinait que c’avait été Salimguirey mais le noeud devenait  plus serré de chaque jour, et lui, le sotnik de la garde du corps du Khan, le voyait mieux que d'autres.
Des rumeurs étaient entendu de Samarkand qu’une communauté avait apparu qui opposait les mollahs, ichans et les khans trompant et volant les gens, et l’homme appelé Tamdam dirigeait par les malheureux. Salimguirey comprenait qui c’était.
 Le sotnik regrettait une chose qu’il ne réalisa pas son vieux projet, qu’il ne tua pas Khan Berké. Mais apparemment, toute la volonté d'Allah.
Salimguirey ne savait pas encore que Berké ne l'attendait pas non seulement parce qu'il devait apporter Chelkéné-baskak. Le cercle se ferma. Les gens du khan indiquèrent déjà au sotnik du Khan et trouvèrent ceux qui auraient pu confirmer sa participation à la rébellion des esclaves et à la fuite de Kolomon et Koundouze.
Dans les terres situées à l'est de la Horde d'Or, le feu faisait rage.
Ayant essuyé une défaite de Koubylay et se rendant compte qu'il n’aura jamais pu battre son frère, le Grand Khan mongol à Karakorum Arik-Bougui lança ses tumens contre l’autre désobéissant - Algouï. Kara-Bougui-noyon et le fils de feu Khan Mengou Assoutay commandaient l’armée.
Algouï, ayant été averti par les espions, attaqua soudainement Kara-Bougui au lac Soum. Dans la bataille le noyon était mort et son armée se dispersa à travers la steppe.
Algouï, content de la victoire facile, oubliant la prudence, ordonna d’installer ses tentes de campagne pour un long séjour sur les rives de la rivière trouble et rapide l’Ili.
Algouï fut sévèrement puni pour son insouciance. La deuxième aile de l’armée de Karakorum dirigée par Assoutaï, ayant fait une marche de nuit rapide, comme un ruisseau de montagne tomba sur le camp d’Algouï. Le khan réussit à peine à s'échapper. Il s'enfuit avec un petit détachement à Turkestan oriental.
Inspiré par le premier succès dans la longue lutte avec ses adversaires, Arik-Bougui lui-même, avec sa nouvelle armée, arriva en automne avancé dans la combe de l'Ili pour y hiverner et compléter la déroute d’Algouï et pour faire les possessions perdues à la soumission de Karakorum.
Arik-Bougui était chaud, et à cause de cela ses décisions ne furent pas toujours bien méditées. Là, sur la rive de l’Ili capricieuse, il commença à juger ceux qui avaient été épargnés de l'armée de Kara-Bougui. Sans pitié, il arracha la vie à de nombreux noyons, les ayant accusés de tous les échecs.
En voyant une telle cruauté du Grand Khan mongol, les émirs des tribus nomades, qui l'avaient rejoint au début de la campagne, avec le début de l'hiver, sous divers prétextes, commençèrent à le quitter.
L’hiver cette année-là fut sévère. La neige profonde cacha le désert de l’Ili, et même des chevaux mongols, habitués à trouver leur nourriture dans toutes les conditions, commençèrent à à maigrir. Des froids amers et des vents d’ouragan succédèrent le dégel. La position dans l'armée d’Arik-Bougui devenait de plus en plus difficile de chaque jour. On enleva à la population locale tout ce qui aurait pu être utile pour les mongols, mais cela ne sauva non plus. Vers le printemps dans son armée il n’y avait presque pas de chevaux. Un mongol sans cheval n’était pas déjà guerrier, mais il était une proie facile de tous ceux qui souhaitent la prendre.
Dès le moment où le grand Gengis Khan avait réuni tous les mongols sous son drapeau blanc à neuf queues, l'armée mongole ne se tourna jamais dans une telle situation désespérée et pitoyable. Arik-Bougui fut forcé de demander grâce à Koubylay et il se rendit à discrétion.
Koubylay manifesta de la miséricorde au frère pour la deuxième fois. Il donna la vie à Arik-Bougui et à Assoutaï, fils du feu grand khan mongol Mengou, et il ordonna d’égorger tous  les noyons restants, qui avaient commandé l'armée.
Algouï, qui avait fui au Turkestan oriental, réunit une nouvelle armée, maria Erguéné-khatune, veuve de Kara Koulagou qu’il avait chassée lui-même de l’ulus de Djagataï, exprima la démission à Koubylay Khan et reconnut ainsi son pouvoir.
Quand le bonheur et la chance sourissaient au nouveau maître de l’ulus de Djagataï, l’armée d’Oulkétaï, ayant hiverné dans les steppes de Dechte-i-Kiptchak, se mit en campagne de la Basse Itil vers les villes de Syganak, Otrar et Souzak.
A sa rencontre, sentant le soutien fort de son maître Koubylaï, Algouï lança ses tumens...
***
Les nouvelles noires atteignirent les oreilles de Berké Khan le matin quand il baigna, termina la lecture de la prière. Blessé, noir de lassitude, le messager lui dit que l'armée de la Horde d'Or, après trois jours de bataille fut brisée, et que Uolkétaï courageux fut mort sur le champ de bataille. En représailles à l'audace Algouï brûla et détruit la ville d’Otrar qui avait appartenue à la Horde d’Or.
La défaite d’Uolkétaï était un coup dur pour les intentions ambitieuses de Berké. Tout ne commença pas ainsi qu’il avait prévu. Il avait besoin au moins d’une petite victoire pour inspirer les soldats afin de les préparer pour les batailles difficiles.
Et pouvait-être le voulut le ciel lui-même? Ce n'était pas simplement son cygne aimé fut perdu. Etait-il un signe venu d'en haut?
Berké savait que après les premières nouvelles noires, d'autres arrivaient comme des chameaux de la caravane. Il ne se trompa pas.
Bientôt, il fut devenu connu que Algouï captura Semiretchié, le Turkestan oriental, la Transoxiane, la moitié de Khorezm et l'Afghanistan nord.
Après la reddition volontaire par Arik-Bougui et Assoutaï et, après avoir reconnu leur dépendance à Koubylay toutes les terres de l'empire de Gengis Khan, sauf la Horde d'Or et l’ilkhanat de Koulagou lui appartinrent. A partir de ce moment-là, Koubylaï devint le vrai grand khan des Mongols.
De lourdes pensées tenaient Berké en souci. Le nombre d'ennemis devint moindre, mais ceux qui étaient restés, gagnèrent beaucoup de force et de puissance. Dans l'Est il y avait Koubylaï. Dans le sud il y avait Koulagou. Ils avaient beaucoup d'ennemis extérieurs, mais la Horde d'Or pour chacun était la proie désirée. Cependant, elle n’était plus telle qu’elle avait été à l’époque de Batu, elle n’avait plus d’une telle grandeur – les voisins eurent le temps de profiter des biens, ils détachèrent les terres les plus riches et les plus peuplées, et pourtant ... Berké était sûr qu’il aura pu encore rassembler une armée forte. La bouche, qui était habituée à faire bonne chère et la main qui était habituée prendre généreusement, n’auront pas accepté la perte.
Berké avait peur d’une autre chose. Il entendut des rumeurs que Koubylaï allait se déclarer empereur de la Chine. Qui lui aura empêché après cela, à lui, Grand Khan des Mongols en Chine, à déclarer qu'il était devenu désormais comme Genghis Khan lui-même et par conséquent, toutes les terres où un cheval mongol posa son sabot auront été sous son contrôle? Que faire si cela était vraiment arrivé ?
Et Koulagou était un loup fort et rusé. Il sévit impitoyablement et décidément contre les Géorgiens rebelles. Et s’il prenait le dessus des mamelouks de l’Egypte, qui se soumettaient à Beybars, donc, le monde entier aura été divisé entre Koubylaï et Koulagou. Et alors le tour la Horde d'Or sera venu.
Seulement maintenant, lorsque les nuages  se condensèrent au-dessus de la Horde, Berké réalisa pour la première fois comment difficile d’être khan. Vaniteux, rêvant seulement de la gloire, il pensait en peur ce que les générations futures auront dit, s’il tombait le drapeau de la Horde d'Or, ce que les Chingizids, descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers, auront dit.
Celui qui choisit un gourdin ne suivant pas ses forces, aura laissé la tomber obligatoirement sur sa tête. Est-ce que cela lui sera arrivé ? Est-ce qu’il était monté en vain  sur le trône d'or?
Ayant devenu sophistiquée au fil des ans l'esprit cherchait issue, essayait d'ouvrir au moins un trou, mais c'était en vain.
Dernièrement, Berké commença à arriver plus souvent que d'habitude au lac en défans. Ici, rien ne le détournait de pensées, personne n'osait troubler sa paix et sa solitude. Le khan n'aimait pas les gens et donc il ne chercha jamais l'amitié et ne consulta personne. Il savait que dans la steppe il ne fallait faire confiance à personne jusqu'à la fin. Si tu atteignis la richesse et la gloire - sois prudent, car il n’y avait autour que des envieux et ennemis, faire semblant d'être amis.
Un jour étant venu, comme d'habitude, vers le lac, le Khan fut surpris. Sur le miroir des eaux pas un cygne nageait mais trois., Berké ne pouvait pas comprendre d'où ils étaient venus. Etait-il possible que c’aient été les poussins de cygne de l’année précédente, qui ne laissèrent pas dans le malheur l’oiseau solitaire ? Et si c’était ça, alors était-il possible que parmi les Genghisides, parents par le sang, on ait trouvé de tels gens auraient pu le soutenir pendant cette période difficile ? Non, il devait chercher un allié sûr. Bienque les fils de Khan Tuli aient été trois, mais il y avait beaucoup de descendants de Gengis Khan, et il y avait ceux qui auront eu peu de goût des affaires des frères de la même façon que cela s’était passé avec Berké.
Il se souvint immédiatement du petit-fils d’Ouguédeï - Kaïdou. Qu'importait qu'il n'était pas de la famille de Djoutchi ? Avec Batu Khan, quand il avait été encore jeune, il était allé en campagnes contre les oroussoutes. Il avait été guerrier courageux et intelligent. Au cours des dernières années, il avait possédé des terres situées entre la Chine et l’Ouygourstan. Kaïdou avait essayé de ne pas interférer dans les troubles civils des Genghisides, mais il avait suivi attentivement tous les événements, car à côté de son ulus il y avait l’ulus de Djagataï et le renforcement d’Algouï lui avait menacé aussi des ennuis. Le soutien de l’armée de Kaïdou furent békrines et ouysynys, doulatys, albanys, sybanys, familles de Kiptchak nomades sur les terres soumises à lui.  Les soldats de étaient bekriny Kaïdou et errant sur son sujet atterrit Kipchak accouchement - Uisyn, Dulatov Albans, Syban.
C’était douteux que Kaïdou aura voulu se soumettre à Algouï, mais cela aura dû inévitablement arriver, si le dernier sentait qu'il n'avait pas d’adversaires dignes.
Il devait envoyer immédiatement à Kaïdou une personne fiable et essayer de le gagner à sa cause.
Berké croyait toujours aux présages. Et ces trois cygnes ... Pouvait-être que le destin lui-même suggérait une issue ? Il avait besoin d'une alliance forte. Lui-même, Kaïdou... Et qui le troisième?
Berké avait pensé de la troisième personne depuis longtemps, encore avant ayant obtenu le trône de la Horde d'Or. En rêvant de devenir le drapeau de l’islam, il suivait attentivement ce qui se passait en Egypte. Les mameluks auraient pu être son soutien. Ils étaient musulmans et se trouvaient en rivalité constante avec Koulagou qui soutenaient les chrétiens.
S’il était possible de renforcer l'alliance avec Baybars, ni Koulagou ni Algouï n’auront pu résister à la Horde d'Or et aux mameluks.
Le jour où Berké vit trois cygnes sur le lac, devint joyeux pour lui. Il revint à peine au palais que les ambassadeurs arrivèrent de Kaïdou. La fille de dix-huit ans du gouverneur de l’ulus fut à la tête. Des légendes marchaient à propos de son audace et ses prouesses militaires. Depuis qu'elle avait appris à s'asseoir sur le cheval et à manier l’arc, Koutloune-Chaga s'accompagnait constamment son père dans toutes les campagnes. Elle était belle, et les Mongols lui avaient donné le nom Angriam – Clair comme la lune.
Koutloune-Chaga n'était pas marié, et les commères affirmaient que Kaïdou l’aimait non seulement comme une fille.
Après la fête, quand le Khan et Koutloune-Chaga furent seuls, elle parla de l'objet de sa visite. Kaïdou demanda de l'aide pour lutter contre Algouï.
Le matin Berké appela jaourynchy <Jaournchy est prévisionniste prévoyant le sort sur le l'omoplate de mouton.>  et demanda de dire fortunes concernant Kaïdou. Le dernier dit que la campagne de Kaïdou contre Algouï aura été heureux.
Une semaine plus tard Koutloune-Chaga quitta le quartier de Berké, ayant obtenu le droit d’organiser le tumen de soldats sur les terres de la Horde d'Or, en bordure de l’ulus de Djagataï. Ayguirime se mit à l’ulus de son père en tête de l’armée et de la caravane chargée des cadeaux coûteux.
La semaine ne passa pas dès le moment où Koutloune-Chaga s’en alla, et les ambassadeurs de l'Egypte arrivèrent chez Berké.
Dans les négociations, on convinrent que Baybars non seulement aura lancé contre Koulagou mais aura encore déclaré le djihad,  la guerre sainte du monde musulman contre les infidèles. Le drapeau blanc de cette guerre sur les terres de Dechte-i-Kiptchak sera devenu Berke Khan, défenseur ardent de l'islam.
Tout allait parfaitement. Berké avait de nouveau de certitude de ses forces, et la position de la Horde d'Or ne lui semblait plus si grave et désespérée. Il fut temps de réfléchir sur les ennemis non seulement externes mais aussi internes. Le Khan ordonna de faire une proclamation que si quelqu'un lui apportait la tête de Salimguirey, Kolomona et Koundouze, il aura été richement récompensé.
Pendant ce temps, les fugitifs allèrent de plus en plus loin des possessions de la Horde d'Or. Leur détachement grandissait de chaque jour - les esclaves fugitifs de différentes nationalités y entraient.
Des possessions d’Algouï de tristes nouvelles venaient. Le nouveau Khan, ayant appris de l’ambassade des mamelouks à la Horde d'Or, faisait justice des musulmans sévèremet. Depuis longtemps personne des Genghisides ne fit un tel massacre – on égorgea non seulement des hommes adultes, mais aussi des femmes et des enfants.
A cette époque, Erguéné-khatune, femme d’Algouï mourut, et il dit que les musulmans furent coupables de sa mort.
Les nouvelles furent tristes, mais elles causaient de la joie à Berké. Plus Algouï faisait du mal, plus les musulmans cherchaient à se protéger à la Horde d'Or, voyant en Khan leur seul espoir et soutien.
Mais Algouï croyait en sa puissance en vain. Même le vent fort changeait de direction, si son chemin était bloqué par une tempête. Cette tempête devint Kaïdou, attendant tranquillement son heure dans les montagnes de Tarbagatay. Il comprenait que, pour ne pas perdre l’ulus qui lui appartenait, il fallait agir.
Kaïdou était un guerrier courageux et clairvoyant. Les campagnes conjointes avec Batu ne passèrent pour rien, il avait appris et adopté beaucoup du Grand Khan. En outre, le long service à Karakorum sous Mengou Khan lui avait appris à comprendre les événements, à résoudre des intrigues des Genghisides. Kaïdou était bien conscient que après un peu de temps s’il ne faisait rien les mains avides d’Algouï ou de Koubylaï nécessairement se seront tendues à son ulus.
Sur les terres appartenant  à Ka dou dans les années antérieures, de nombreux soldats et noyons s’étaient installés, se souvenant de l'époque d'or de Gengis Khan, des campagnes glorieuses de son fils Ouguédeï, le gouvernement raisonnable de Mengou Khan, lorsque les Mongols avaient été encore unis et les descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers n'osaient pas entrer en lutte fratricide. Il leur fut pénible à regarder, comment la puissance du grand Khanat Mongoo déclinait, et les familles mongoles unies jadis par la discipline de fer,prenaient le parti de l'un ou de l'autre des Chingizids.
Et quand Ka dou préparant à combattre contre Algouï leur demanda de l’aide, tous qui pouvaient encore tenir des armes, se rassemblèrent sous son drapeau, et ceux qui ne pouvaient pas le faire envoyèrent leurs enfants et petits-enfants. Békriny, ouygourys, kiptchaki entrèrent dans l'armée. Pendant une courte période, il rassembla les forces suffisantes à résister et Algouï et Koubylaï. L’armée, qui avait beaucoup de vieux guerriers, respectait pieusement les préceptes de Gengis Khan et était prêt à aller jusqu'au bout avec leur chef.
Et Kaïdou savait intelligemment et raisonnablement commander les tumens. Lui, de taille moyenne, large d’épaoules, aux pommettes saillantes, était encore fort malgré son âge, il semblait avoir pris rien de sa mère, ayant gardé l'apparence d'un mongol typique. Kaïdou n’avait pas de barbe et de moustache. Sur son menton solide bronze il n’y avait que neuf poils, et il aimait les caresser toujours.
Son père Kachi mourut de vin étant devenu ivrogne. Kaïdou, lui-même ne buvait pas même le koumyss. C’était rare dans la famille d’Ouguédeï, où tous, fils et petits-fils, buvaient. Son caractère ressemblait à celui de Gengis Khan. Il avait toujours la tête claire, et Kaïdou pesait toute entreprise longtemps et froidement, sans se fier aux impulsions spirituelles.
Tout comme son grand-père, il divisa l'armée en camps et il mit ses fils à la tête de chacun. Kaïdou ne faisait pas confiance aux étrangers. Le camp bloquant le chemin à Koubylaï, fut sous commandement de son deuxième fils Orousse, le troisième fils Baykagar se trouvait à la frontière avec la Horde d'Or, le quatrième fils Sarban devait faire face à Koulagou. Kaïdou lui-même, avec son premier-né et sa fille cadette Koutloune-Chaga se mit à préparer à rencontrer l'armée d’Algouï.
De bonnes nouvelles, comme le vent, dispersaient des nuages sombres des horizons méridionales et orientales de la Horde d'Or. Berke Khan, remerciant à Allah pour sa miséricorde envers lui, fit apporter un grand sacrifice – on égorgea de nombreux bestiaux différents et on organisa un toy inouï pour le quartier de la Horde. <Toy est fête, festin>.
La vie était comme le ciel. Il était bleu et clair, mais tout à coup les nuages couvraientet et cachaient le soleil des yeux, et immédiatement le vent devenait froid, et sur l'horizon des foudres clapotaient et des tonnerres sourds volaient.
La joie finit à peine faire bruit dans la Horde concernant la victoire de Kaïdou et le succès de Nogaï, qu’un cavalier sur cheval couvert d'écume apporta des nouvelles de menaces  que les villes des oroussoutes de Rostov, Yaroslavl, Souzdal et Uostyug Velikiy se révoltèrent. Leurs habitants ne voulaient donner tribut ni à Karakorum ni à la Horde d'Or, ni à Kubylaï Khan de Khanbalyk <Khanbalyk est la ville de Pékin. En mongol, la ville de Khoïuv> veux.
Le messager dit: « L’incendie peut se propager à travers toutes les terres des oroussoutes ».
Il était possible qu’il ait eu raison. Pas pour la première fois Berké rencontra l’ indocilité des oroussoutes et il tâchait toujours de casser leur volonté pour longtemps. Mais un tel cas n’arriva jamais, quatre villes se soulevèrent tout d'un coup. Un grand feu aura vraiment pu commencer, et il aura été difficile de venir à bout de l’incendie.
Qui dans la Horde détestait les oroussoutes cordialement ? Qui fallait-il envoyer à leurs terres avec l’épée mongole punissante ? Berkenjar? Mais il était malade, et cette affaire était au-dessus de ses forces. Et pouvait-être, il fallait le faire, comme Batu l'avait fait - brouiller les princes? Combien de fois des princes fiers tombèrent facilement dans la chausse-trape.
Sous tous les Khans la Horde d'or craignait le plus la réunion des oroussoutes. De chaque année, des gens rêvant de rassembler les terres disparates et se débarrasser du joug détesté apparissaient de plus en plus. Les gens simples refusaient d'obéir aux princes qu'ils étaient prêts à servir à la Horde.
La vie des oroussoutes fut insupportable. Après les raids dévastateurs des baskaks venaient. On nommait à ce poste dans la Horde, les guerriers impitoyables et les plus brutales. Outre l'impôt de capitation les principautés dépendantes devaient donner un dixième de la récolte et la moitié de fourrures produites. Si quelqu'un ne pouvait pas donner le désiré, le collecteur du tribut donnait lui-même au trésor de la Horde ce qui devait être donné pour que l'année suivante le débiteur lui aura retourné avec intérêt. Si le débiteur ne payait pas au terme fixé non plus, l'esclavage l’attendait. Parfois, la perception des impôts se faisait par des hommes de confiance de la population locale. Les oroussoutes appelaient ces hommes bessermens, les Kipchaks leur donnèrent le surnom de kyrmany <Kyrmany est le nom pas tout à fait clair. Il peut se produire du mot de Kipchak « kyrou » - couper (signifiant la cruauté des collecteurs), ou parce que la dîme a été prise directement sur l’aire (« kyrman » est l’aire).>.
Pendant le règne du Grand Khan mongol Mengou pour simplifier la procédure de lever une dîme sur les terres des oroussoutes, l’homme nommé Pyssyk Berké fut envoyé. Ruse et méchant, il avait servi jadis au Chinois Eluï-Tchutsaï, conseiller en chef d’Ouguédeï.
Pyssyk Berké décida de faire le recensement de la population et de tous les bovins de toutes les principautés des oroussoutes. Il exigea la même chose de la ville libre de Novgorod. Les habitants de Novgorod, déchargés de taxes pendant le règne de Khan Sartak, se révoltèrent. Mais les circonstances ne leur favorisaient pas. Sur les frontières il y avait encore des chevaliers allemands, et il fut dangeureux de se quereller avec Karakorum et la Horde d'Or. Sous la pression des boyards Novgorod décida d'organiser le recensement.
Les villes des oroussoutes bouillonnaient de mécontentement. Baskak Kitak, ayant fait son quartier à Yaroslavl, avec l'aide de l’ancien moine Izosim qui avait accepté l'islam, resserrait plus fortement le noeud de taxes sur la gorge des oroussoutes. Les chaînes d'esclaves allaient aux marchés d'esclaves de Boukhara, Samarkand et Istambul.
Et voilà, les villes se révoltèrent. Berké pensa longtemps à propos de la personne qu’il pouvait envoyer pour les maîtriser. Le choix tomba sur Saouk. Le khan était au courant de sa haine envers les oroussoutes et donc il était sûr que le vieux conseiller aura tout fait comme il fallait.
***
A l'aube le détachement de cinq mille s’approcha vers les murs de Rostov Velikiy. C’était sur la première ville son chemin où il fallait montrer aux oroussoutes la force de menaces de l’épée mongole.
Ayant ordonné d’installer des tentes de campagnes, Saouk fit un petit somme, et quand il sortit de sa tente blanche, le soleil jouait déjà sur les dômes de l'église de la ville.
En ce moment-là, Saouk ne ressemblait pas du tout à un homme de soixante-dix ans. Ces mouvement devinrent rapides, il regardait ses yeux clairs et jeunes. En fin, le jour arriva où il pouvait venger les oroussoutes en entier.
- Appeler ici Kablan-noyon! - commanda Saouk.
Le nouker agile, poussant son sabre en gaine, courut à exécuter l’ordre.
Saouk regarda pensivement la ville située devant lui. Il dut trop longtemps attendre ce jour. Encore hier il n’y avait dans la Horde un homme plus calme et discret que lui. Beaucoup de gens pensait que Saouk avait obtenu le titre de conseiller de khan tout à fait par accident. Donnant des conseils au Khan, il n’haussa jamais la voix, et si Berké n'était pas d'accord ou exprimait son mécontentement, il se taisait en un instant. Les gens pensaient parfois qu’il était égal à Saouk quelle décision le Khan prenait, mais il n’était pas du tout ainsi.
Tout simplement il avait appris à cacher très bien ses pensées, mais dans son cœur toute sa vie une petite étincelle d'espoir couvait sans s'éteindre.
Saouk appartenait aux descendants de Gengis Khan, et qui parmi eux ne rêvait pas du pouvoir, ne rêvait pas de gouverner les peuples, de conquérir de nouvelles terres et de se prélasser constamment dans le succès et la gloire ?
Saouk avait déjà réalisé à dix-sept ans que son objectif fut presque inaccessible. Son père, Koulkane, était mort pendant la prise de la ville des oroussoutes Kolomny. Sa mère, Koulane-khatoune, était l’épouse la plus jeune de Gengis Khan. Elle ne se souvenait ni de sa famille, ni de sa tribu. Il était clair que aucun Genghiside né  des femmes aînées, ne lui aura pas cédé le chemin; d'ailleurs, il n’y avait pas dans la Horde de parents de la famille de sa mère, à qui il aurait pu s'appuyer dans la lutte future pour le trône. Si le père ait été vivant ...
Saouk rendit compte très vite qu'il n'avait pas de capacités spéciales qui lui auraient permettre de se démarquer parmi les autres Genghisides. Mais le rêve secret ne le quittait pas et brûlait son cœur. Et de nouveau, il pensait à son père, et il croyait que si des oroussoutes n’avaient pas pris sa vie, tout se sera passé autrement. Son père fut un guerrier sans peur. A tels moments, Saouk détestait farouchement les oroussoutes et il les considérait seulement coupables à l’effondrement de ses plans et espoirs.
Au fil des ans, un nouveau sentiment apparut dans son ame, c’était le désir de venger pour son père et lui-même. Pour cela, il utilisait toutes les occasions de participer à des campagnes sur les terres des oroussoutes. Mais où prendre la capacité du commandant, si elle fut absente de la naissance ? Saouk fut à la tête des troupes trois fois mais l’étoile de chance ne s’enflamma jamais au-dessus de sa tête. Seulement son cheval rapide le sauva trois fois de la corde de la mort.
Batu et autres Chingizids voyant l’incapacité de Saouk aux guerres et invasions, compte tenu de son isolement et sa taciturnité, avaient décidé de le laisser dans la Horde en qualité de conseiller.
Ce fut une autre défaite, l'effondrement des derniers espoirs d’avoir de pouvoir et de gloire. La colère, le désespoir avaient frappé Saouk. Tout en lui bouillonait, il voyait moqueries  dans chaque mot et chaque action des autres Genghisides, mais capable de se contrôler, il semblait'être heureux de sa nouvelle nomination. Il ne pouvait pas cacher sa haine seulement envers les oroussoutes, et c’était pourquoi à chaque occasion il conseillait aux khans de les détruire.
Et maintenant, en regardant la ville rebelle des oroussoutes, soudain Saouk se rappela nettement la visite à la Horde des ambassadeurs de Novgorod, chez Sartak Khan. Les giaours maudits avaient tué le père, et l’avaient aussi persécuté. Ce fut alors qu'il avait failli goûter la coupe de vin empoisonné proposée par Sviatoslav à barbe rousse. Si Saouk savait que le vin avaot été empoisonné, il ne l'aurait jamais touché. Mais l’oroussoute était coupable de tout, ses yeux. Combien d’haine il y avait dans ses yeux quand le vieux guerrier regardait les mongols! Dans son acte il y avait un défi et ayant brillé de haine de réponse, Saouk avait surmonté sa peur, qui ne le quitta jamais, et avait pris la coupe.
A ce moment-là les choses étaient différentes. La peur était absente. Derrière lui, il y avait cinq mille guerriers courageux aux yeux brûlants de la bataille proche et de la proie prochaine qui étaient prêts à obéir à tout son geste,à chaque mot. Malgré sur ses vieux jours, mais le temps où il pouvait faire un repas funéraire sanglante pour le père qui était mort dans les terres des oroussoutes, arriva. Il aura écrasé les villes insoumises, il les aura transformé en cendres, et elles n’auront plus jamais été capable de renaître des cendres, pour contrecarrer la Horde d'Or.
Soudain Saouk pensa que c’aurait été bien si un jour l’oroussoute Sviatoslav à barbe rousse tombait dans ses mains. Il aurait fait le dire pourquoi le dernier détestait tellement les mongols. Il lui aurait rappelé la coupe de vin empoisonné ...
Essoufflé d'avoir couru, grondant par un sabre, Kablan-noyon,  gros et gras, s'approcha de la tente.
Saouk dit:
- Nous ayant envoyé en campagne, grand Berké Khan nous a dit avant de détruire la ville, de demander aux oroussoutes ce qu'ils veulent. Prends une centaine de soldats et mets-toi à eux. Si tu penses que leurs désirs ne coïncident pas avec les nôtres, appelle les oroussoutes pour qu’ils viennent hors les murs pour se battre avec nous. S’ils ne sont pas d'accord, menace que nous allons brûler la ville et les mettre à mort terrible.
- J'entends et j'obéis ...
Kablan-noyon se précipita à ses soldats.
Il revint déjà dans l'après-midi.
- J'ai fait ce que vous avez ordonné ...
- Dis. Je t'écoute.
- Demain en ce temps les oroussoutes sortiront de la ville.
Pour un instant, Saouk prit peur. Quelque part dans son cœur il voulait et il avait peur de cette bataille, parce que les leçons amères apprises dans sa jeunesse étaient encore vivants dans la mémoire.
- Est-ce qu’ils n'étaient pas prêts à nous montrer leur obéissance ?
- Non. – Kablan-noyon inclina la tête grosse et lourde. - Je n’ai pas pu apprendre où le prince se trouve. Les gens proches à lui ont été capturés et jetés dans la fosse. La foule se révoltait. Les commandants de tout sont le pope appelé Rostislav et son vieux conseiller Sviatoslav de Novgorod. Ils disent qu'ils sont frères. Les rebelles ont enchaîné Kitak et ils ont exécuté Izossim qui avait accepté notre foi. Les citadins disent : « Si vous voulez Kitak, prenez-le, mais nous n’allons plus vous donner de taxes et impôts ».
- Qu’ont-ils dit encore?
- Ils ont exigé pour que nous n’envoient plus jamais nos bessermens.
- Et qu'est-ce que tu leur as dit ?
- Je lui ai répondu que cela n'arrivera pas. J’ai dit de libérer Kitak et d’arrêter leur révolte... S'ils ne le font pas, alors nous allons les mettre à mort.
- Qu'est-ce qu'ils t’ont répondu ?
- Au lieu de vivre de cette façon, il sera mieux de mourir. – Kablan-noyon se tut un instant. - Je pense qu'ils ne reculeront devant rien ...
- Beaucoup d'ennemis?
- Non. Seulement les citoyens et ceux qui sont venus des villages voisins. Ils sont armés de n’importe quoi ...
- Que proposes-tu ? Comment devons-nous agir ?
- Pourquoi ajourner ce que nous pouvons faire maintenant ? Nous devons prendre la ville d’assaut. Sinon, qui sait, peut-être une aide leur va d'autres villes ? Les oroussoutes d’aujourd'hui ne sont pas ceux d’hier. Je l'ai vu. Celui qui s’est déshabillé n’aura pas peur et entrera dans l'eau. Les oroussoutes n’ont aucune peur, et c’est pourquoi nous ne devons donc pas tergiverser.
- Soit, - approuva Saouk d'un air important. – Tu as deviné mes pensées.
Des cris gutturaux des Mongols se répandaient sur le camp. Les gens couraient, s’agitaient. Des chevaux hennissaient anxieusement et d'une voix perçante.
- Allez! - commanda Saouk. – Que  Dieu l'esprit nous aide, l’arouakh de grand Gengis Khan!
L’assaut fut violent et court. Lorsque la lune rouge flamboyante se leva au-dessus des  forêts noires des oroussoutes, la ville flambait comme un immense bûcher. Mais pendant la nuit, éclairée par la flamme rouge, jusqu'à l'aube le fer sonnait sur le fer, des flèches glapissaient finement,  des chevaux hennissaient et des voix furieuses des combattants furent emportés à des étoiles lointaines.
Les habitants de la ville, voyant qu'ils ne pouvaient pas résister aux Mongols, tuèrent Kitak et les autres otages. Ils se battaient jusqu'au bout, sans craindre pour leur vie, parce qu'ils savaient que la mort était désormais la seule occasion pour eux de cesser d'être des esclaves.
A l'aube, les mongols chassèrent à la place principale de la ville tous ceux qu’ils avaient pu saisir. Tout autour au lieu des izbas des tas de rondins noirs fumaient  et la fumée puante de l’incendie se levait à ciel blanchâtre du matin.
Des gens blessés, ensanglantés se tenaient blottis l’un près de l'autre, et Saouk ne vit rien sur leurs visages que la fatigue sauvage, inhumaine.
Il était assis sur le cheval et en essayant de voir au moins une manifestation de la peur des oroussoutes, mais il était absent, et cela mettait le mongol en fureur.
Le regard de Saouk s’arrêta sur les visages de deux grands vieillards à barbes rousses. Leurs têtes grises découvertes, leurs statures trapues, solides, les poses dans lesquelles ils se trouvaient, disaient qu’ils n’étaient pas des citadins ordinaires.
Saouk regarda attentivement. Un des vieillards lui semblait familier, et ayant la bride de son cheval, il s'approcha de lui. Il leva le menton du prisonnier avec le bout de sa kamtcha.
Non, Saouk ne pouvait pas se tromper. C’était Sviatoslav, dont il s’était souvenu la veille de la bataille. Un sourire toucha ses lèvres pâles séniles :
- Vois-tu, oroussoute, nous nous sommes rencontrés de nouveau ...
Tout en ecchymoses, le visage enflé du vieux guerrier ne trembla pas du tout.
- Je vois. Par conséquent, c’est le sort ...
Saouk ne supporta pas le regard détestant, dur de Sviatoslav et détourna les yeux.
- Maintenant, tu vas regarder l’affaire faite par tes mains. Tu as irrité les oroussoutes. Ils vont payer pour cela par leur vie. Il sera ainsi toujours avec tous ceux qui osent parler contre les mongols.
Sviatoslav ne dit rien. Saouk tourna fortement son cheval et revint à la place précédentre pour venger.
Des soldats vaillants traînaient de la foule des prisonniers, le premier qui venait à la main. Le supplice était fixé par Saouk lui-même.
- Tuez,- jeta-t-il.
Le bourreau, assis sur de cheval, pas déjà jeune, mais de stature sévère, tira de la gaine son sabre, s’étant soulevé sur ses étriers, il disséquait avec retards le prisonnier de l'épaoule à la taille.
Kablan-noyon après chaque coup habile plissa les yeux et claquait sa langue, exprimant ainsi son approbation.
Parfois, pour un changement, Saouk commandait :
- Tuer en mongol.
Dans ce cas, les autres guerriers faisaient le rôle des bourreaux. Ils saisissaient un condamné, le jetaient à plat sur le sol et lui pliaient les talons à la nuque. Un cri bref, un craquement de la colonne vertébrale brisée - et on traînait le corps sans vie sur le côté.
- Tuer ...
- Tuer en mongol ...
Les commandes courtes, calmes de Saouk tombaient sur les personnes condamnées.
Saouk était en liesse. Voilà, c’était la vengeance digne pour son père, pour sa propre vie malheureuse. Oroussoutes damnés ! Auparavant, il n’avait que regardé comment les khans mongols faire exécution, aujourd'hui il la faisait lui-même. Qu’ils tremblent ! Que ceux qu’il laissait exprès en vie, aient parler aux autres de sa vengeance et qu’ils aient dit aux descendants le nom « Saouk ». Les oroussoutes devaient se soumettre, devaient se rappeler pour toujours que le ciel lui-même leur avait préparé le sort d’être esclaves, que pour toute désobéissance, ils auront payé la vie. La puissance des Mongols était grande et leurs cœurs étaient de pierre, ils ne savaient aucune compassion, aucune pitié.
Le tas de cadavres devenait de plus en plus haut. Au-dessus de la place il y avait l’odeur fétide de l’incendie et l'odeur du sang humain chaud.
Quand il fut le tour des vieux frères, Kablan-noyon, se penchant à Saouk, dit :
- Ce sont instigateurs de la révolte. Rostislav et Sviatoslav ...
- Je le sais. – tarda à répondre Saouk .- Combien de nos soldats ont été tués au cours de la prise de la ville?
- Deux mille ...
Saouk fit la grimace :
- Lequel de ces vieux est cadet ?
- Rostislav ... Il a soixante-sept années ...
- Mettez-les côte à côte.
Les guerriers exécutèrent l'ordre de Saouk. Le dernier scruta du regard les visages des frères.
- Aimes-tu beaucoup ton frère cadet? – demanda-t-il soudain à Sviatoslav.
- Oui ...
- Eh bien ...
Saouk pensa. Il se rappela un incident qui avait eu lieu douze ans plus tôt à Bichbalyk.
Baourtchin,  émir d’Ouïghour, chrétien par la foi, obéissant aux ordres de l'une des épouses d’Ouguédeï - Ogoul-Gaïmych, avait dû organiser dans les terres habitées par les ouïghours, un grand massacre des musulmans. Le chef des disciples du prophète Mahomet Seyfoutdin l’avait appris. Mais que pouvait-il faire? Seul un miracle aurait pu sauver les musulmans. Et par la volonté d'Allah le miracle était arrivé.
Baourtchin avait décidé d'aller à Karakorum pour entendre encore une fois la confirmation de la commande d’Ogoul-Gaymysh elle-même, mais à ce moment-là on avait nommé le grand khan Mengou. Seyfoutdin sachant la tolérance religieuse du nouveau souverain mongol, avait dépassé l’émir et avait obtenu à force des prières le Khan d'intercéder pour les musulmans.
Baourtchin était arrivé à peine à Karakorum, comme il avait été capturé et jeté dans un cachot. L’émir n’avait pas reconnu depuis longtemps son projet jusqu’à ce que Ogoul-Gaymysh ait avoué elle-même. Son destin avait été décidé.
Le khan Mengou avait condamné lui-même à mort Baourtchinu. Il avait ordonné de l’exécuter à Bichbalyk, qu'il avait récemment gouverné, à la vue de tous les peuples.
Oh-oh-oh! Saouk ne pouvait pas jusqu’à présent oublier ce qu'il avait vu. Seulement le mongol, guerrier courageux et impitoyable, pouvait arriver à cela.
Baourtchin, beau, mince, au teint sombre, avait été emmené sur le lieu d'exécution enchaîné. Le héraut cria aux gens la volonté du Khan Mengou:
- Exécuter l’émir d’Ouïghour Baourtchin pour l’intention criminelle d’égorger à Bichbalyk les  musulmans fidèles corps et âme au grands Khan Mengou. – C’est l’homme le plus proche à lui doit le faire l’égorgeant par le couteau. La personne qui a fait l’exécution prendra sa place.
Deux guerriers mirent Baourtchin sur l'échafaud où l'exécution devait avoir lieu. Et tout de suite, un jeune guerrier à moustache noire, au visage ressemblant à l’émir, sortit de la foule. Ce fut Ourkenjem, son frère cadet germain. Le héraut, qui avait crié la parole du Khan, lui avait donné le couteau. Les bourreaux avaient fait Baourtchin tomber sur l’échafaud, lui avaient attaché les mains et les pieds.
Ourkenjem comme pour égorger un mouton, s’était mis sur un genou à côté de son frère en regardant en attente le héraut. Le dernier hocha la tête. Lentement, tranquillement se penchant vers le visage de Baourtchin, Ourkenjem avait flanquer un coup de couteau sur la gorge. Puis il s’était levé, tout éclaboussé de sang, il regardait aux yeux écarquillés sans voir de nouveau le héraut. Le dernier ayant pris des mains des serviteurs un caftan rouge, symbolisant le pouvoir de l'émir, l’avait jeté sur les épaoules du tueur, et avait mis sur sa tête un borik garni de fourrure de martre.
Les gens habitués à la brutalité des mongols avaient vu le pareil pour première fois. La foule était silencieuse, choquée, et seulement quelques voix timides, incertaines avaient essayé de crier: « Que ta gloire grandisse, émir ! »
Le nouvel émir avait fait aux bourreaux le signe pour emporter le corps de son frère, et s’étant assis sur son amblier noir dont le harnachement fut entièrement décoré avec de l'argent, alla à la tête de ses noukers à la ville.
Oui, il était impossible d’oublier le pareil. Saouk semblait à ces moments-là éprouver de nouveau ce qu'il avait vu.
- Nous se connaissons. - dit-il à Sviatoslav. - Rappelles-toi comment nous nous sommes assis à le même dastarkhan quand Khan Sartak était encore en vie ? En mémoire de cela, je veux te donner la vie. Mais ton tort est dur, et je ne peux pas sans te punir. - Saouk tarda, regarda le visage de Sviatoslav .- Tu dois serrer le cou à tes mains ton frère cadet. Il sera en tous cas tué. Si tu fais ce que je t’ai dit, ma parole est forte, tu resteras en vie ...
Le vieux soldat baissa la tête et resta silencieux pour une longue période. Une larme trouble glissa sur son visage halé, taillé par ses ans.
- Soit, - dit-il calmement. – Ordonne à tes soldats de délier mes mains.
L’âme de Saouk exultait. Les oroussoutes n’avaient jamais vu le pareil. Qu’ils se soient  souvenus de cette journée pour toujours. Si cela aurait pu arriver autrement ? Qui pouvait se décider à donner sa vie pour la vie de l’autre personne qui était condamné en tous cas ? La peur pour soi-même plus chère que le sang proche. Même les Chingizids, gens  marqués par le doigt de Dieu lui-même, suivaient cette loi.
Saouk inventa la vengeance terrible pour Sviatoslav. Les gens ne lui auront jamais pardonné  le meurtre de son frère, et tous les ans que le Ciel lui donna, lui, un  guerrier fort jadis, aura vagué comme un proscrit parmi son peuple.
Pire que la mort ne pouvait être que la honte. Elle ne pouvait pas être lavé de rien : ni par actions, ni par mots. Donc, que Sviatoslav vive après avoir exécuter la condition, mais désormais le jour clair soit sa nuit sombre et chaque bruissement  le chasse comme une bête sauvage dans les profondeurs de la forêt, loin des gens, des routes et des sentiers. Un homme mort-vivant aura commencé à vaguer sur la terre des oroussoutes, jetant la peur dans ceux qui osaient juste penser à l’indocilité.
Les yeux de Saouk regardaient par le feu vindicatif.
- Laissez ses mains libre ! – dit-il aux noukers.
Les derniers exécutèrent son ordre à la hâte.
Tout de même, sans lever la tête, le vieux guerrier se tenait devant Saouk, frottant lentement ses mains qui étaient devenus bleus du lasso à cheveu.
- Eh bien ! – dit-il avec impatience.
Sviatoslav releva brusquement sa tête. Pour un instant, les yeux de deux vieillards – un oroussoute et un mongol – se rencontrèrent. Et soudain Sviatoslav se jeta en avant. Le caftan rouge de Saouk tombant de son cheval flasha dans l'air comme l'aile d'un oiseau.
Tout se passa si vite que personne ne put ni se mettre en mouvement, ni tirer son épée. Quand ils se jetèrent et déchirèrent enfin l’oroussoute de Saouk, tout fut fini. L’ épouvantable se passa. Le mongol était immobile sur la terre humide, tourmentée avec les sabots des chevaux à sa pomme d'Adam écrasé, froissé.
- Otez-vous du chemin ! – cria Kablan-noyon, poussant par la poitrine de son énorme étalon à Sviatoslav.
Fermant de peur les visages par les mains les noukers se rejetèrent en arrière. Le sabre mongol hurla furieusement, flasha aigrement dans les rayons du soleil du matin ...
***
Le Grand Khan de la Horde d'Or, Berke exultait. Les tumens de Nogaï, surmontant facilement la résistance de l'ennemi, mettaient plus en avant en de l'Azerbaïdjan. A quelques semaines Kablan-noyon vint à bout des oroussoutes– il brûla les villes récalcitrantes et versa leurs terres avec du sang. De la haute Ili Koutloune-Chaga désirée vint au quartier.
Qui aurait été heureux, sinon le Khan, quand de braves guerriers louaient son nom avec de nouvelles victoires?
Le khan ne devait pas connaître une mauvaise humeur, parce que toutes les joies lui appartenaient seulement par la volonté du ciel. Que le sang  ait coulé, que les esclaves aient pleuré sur des cendres ! Alors quoi? Le coeur du vrai mongol devait se réjouir à la vue du sang et des larmes!
Et des pertes n’étaient pas du tout importantes. Ce ne fut pas important que un grand nombre de ceux qui avaient remporté la victoire pour lui furent tués ! Pourquoi penser que quelque part dans le monde il y avait des gens qui pleuraient sur des morts ? Au lieu d’eux,  d'autres soldats, jeunes et forts, seront venus pour servir loyalement et fidèlement au Khan, et auront obéi à tout son ordre et son désir.
« Les morts seront oubliés, mais la victoire restera pendant des siècles » - ainsi disait le grand Genghis Khan, qui ne connaissait pas de peur et de doute. S’il avait été autrement, les Mongols ne seraient jamais devenu le peuple le plus puissant.
Berke avait soif de nouvelles victoires, et donc l’arrivée de Koutloune-Chagui lui plaisait, et le chagrinait. Le sentiment envers la jeune femme qui s’était allumé de force renouvelée luttait constamment avec le désir de l’envoyer immédiatement à l’ulus de son père avec une nouvelle armée pour l’aider dans la lutte contre Algouï.
Mais la prudence cette fois-là comme si laissa Koutloune-Chagou. Au moment où elle arriva à la Haute Ili avec l'armée, que Berké Khan lui avait donné, il était trop tard. Beaucoup de choses changèrent là pendant qu'elle se livrait à des plaisirs amoureux.
Algouï, prétentieux et chaud , qui s’était fait battre par Kaïdou,  ne pouvait pas l'accepter. Il rassembla une nouvelle armée et la lança sous le commandement de l'émir de Boukhara et de Samarkand Moussabek contre son ennemi.
Et encore une fois, la bataille eut lieu sur les rives de la rivière jaune Ili. Les rivaux se rencontrèrent sur la plaine légèrement vallonnée, rouge du soleil furieux. Le terrain comme si favorisait à la cavalerie de Kiptchak de Kaïdou, mais étant devenue diluée dans les combats récents, la dernière n’avait plus de l’ancien force sévère, et Koutloune-Chagou ne revenait pas toujours de Berke Khan avec l’aide.
Il fut trop tard de se retirer. Et espérant la volonté d'Allah, Kaïdou lança ses tumens à la rencontre de l’armée d’Algouï ...
La bataille fut courte mais chaude. Kaïdou eut à se sauver à toutes jambes avec l'armée restée. 
Et ici, dans le différend des descendants de Gengis Khan le cas intervint. L'un des jours les plus chauds Algouï mourut subitement d'une crise cardiaque.
La lutte féroce pour le pouvoir sur l’ulus de Djagataï éclata de plus. Les récents vainqueur n’avaient pas du temps à ce temps-là pour Kaïdou. Ayant rassemblé une armée et étant venu impitoyablement à bout des parents,  Moubarekchakh, fils de feu Erguéné- khatune se déclara le nouveau khan.
Et à ce temps, ayant obtenu l’aide longtemps attendue de Berké, Kaïdou renforca son armée et se mit à conquérir définitivement Semiretchyé.
La caravane de vie sans connaître des arrêts marchait en avant. Et de nouvelles voies, de nouvelles orientations étaient choisies par  le caravanebachy incompréhensible et mystérieux nommé le Sort.
Dans l'année du cochon, l’année des querelles et de la haine entre les descendants des fils de Gengis Khan, Essen-Tubé, né de Moutiguen, fils de Djagataï fut tué. Ses enfants - Barak, Maumoune, Bassar – furent élevés tout ce temps-là en Chine, chez Kubylaï-khan. Barak était le plus intelligent et audacieux parmi eux.
Le Grand Khan Kubylaï, étant malheureux que Moubarekchakh s’était emparé du trône d’Algouï  arbitrairement, sans son consentement,  ordonna à Barak d'aller à l’ulus de Djagataï et le gérer en ensemble avec le khan faux. Quand le messager de Kubylaï arriva au siège de Moubarekchakh et vit que le nouveau Khan y s’était fermement établi et aucune conversation concernant le gouvernement commun ne fut possible, il fit sagement, il cacha la vraie raison de son arrivée sans laisser ses sentiments, il demanda humblement à Moubarekchakh l’ancien aymak de son père, situé sur la rive de Seykhoune en gouvernement.
Le nouveau maître de l’ulus de Djagataï accéda gracieusement à la demande du parent. Barak étant arrivé à l’aymak, comme Kaïdou sage, se mit à rassembler autour de lui les gens fidèles, parents et proches.
Imperceptiblement, peu à peu il accumulait des forces, rangea les noyons influents à son parti. Et quand Moubarekchakh, agité par les actions de Barak partit en campagne contre lui, le dernier rencontra le Khan près de Khodjente et prit le dessus dans la lutte acharnée. Moubarekchakh fut capturé. Ayant été khan moins d'un an, il perdit le pouvoir et fut contraint de céder le trône à Barak.
Toutes les richesses, tout le pouvoir dans le quartier appartenaient à Barak. Comme les autres Chingizids, il n'allait les partager avec personne. Et donc il regardait sans peur et sans respect voulu son récent patron.
Koubylaï, observant attentivement tout ce que Barak faisait, décida de remettre à sa place le parent qui avait passé toutes les bornes et de lui rappeler à qui il était obligé à sa volée soudaine et rapide.
Le grand khan de Chine du Nord, qui comprenait également les parties de la Mongolie, pour réaliser son rêve le plus cher il lui était nécessaire de garder en soumission les terres appartenantes à l’ulus de Djagataï. Koubylaï espérait avec le temps répéter Genghis Khan le grand et recueillir toutes les terres conquises par les mongols, sous la seule main forte et puissante. C'était pourquoi il avait envoyé contre Barak un détachement de six mille de guerriers mongols sélectionnés.
Toutefois, le nouveau Khan n'avait pas peur du menace et lança à la rencontre avec l’armée de trente mille. Le détachement envoyé par Koubylaï ne prit pas l'appel et se retira dans leurs possessions. Koubylaï décida d’ajourner la vengeance. Les événements en Chine le firent se distraire pour une période des événements qui se passaient sur les frontières occidentales. Et Barak, heureux de son succès, détruit la ville de Khotan et tourna ses tumens à Maverannakhr.
Il voyait sa vie sereine, constituée seulement de succès et de joie. La Horde d'Or était la voisine la plus grande et la plus forte des plus proches voisins mais Berké Khan semblait se trouver tranquillement dans ses possessions et n'allait pas menacer à l’ulus de Djagataï. Ni Koubylai, ni Kulagou, occupés de leurs tâches, ne cherchaient pas à intervenir dans les affaires de Barak. Mais le calme était seulement externe.
Pendant que dans l’ulus il y avait une lutte pour le pouvoir, Kaïdou maîtrisa tout Sémiretchié, et atteint les rives de la rivière Talas,  tout contre les terres soumises à Barak. C’était déjà une menace. Enflammé par les victoires faciles, le nouveau Khan lança à la rencontre des tumens de Kaïdou.
Au milieu du mois de jeltoksan <Jeltoksan est le mois de décembre.> leurs armées se rencontrèrent sur les rives de la Talas. Kaïdou lui-même était malade, et la bataille fut commandée par un de ses fils. Le succès tourna son visage de lui. Ayant perdu un grand nombre de soldats, il dut battre en retraite. Mais Barak fut aussi incapable de continuer la poursuite de l'ennemi rompu. Soudain des vents violents glacées souflèrent, le froid survint, et ses tumens habitués aux hivers chauds et apaisants de Transoxiane et de Khorezm, furent forcés de quitter le Sémiretchié.
Barak s’en allait à son ulus en pleine confiance qu'il aura rencontré de nouveau Kaïdou en été et sera venu à bout du voisin dangereux. Mais ses plans manquèrent. La Horde d'Or, s’agitant que Barak devevait de chaque jour de plus en plus puissant, envoya armée à cinquante mille pour aider Kaïdou. Habitués aux conditions difficiles, sur les chevaux résistants, des alains et des kipchaks composant les principales forces de l’armée se mirent en campagnes sur les terres de l’ulus de Djagataï.  Berkenjar, le chef militaire expérimenté, frère du Khan de la Horde d'Or les commandait.
Nogaï termina presque la conquête de l'Azerbaïdjan. Les villes des oroussoutes couvertes de la neige, se cachaient dans leurs forêts et semblaient avoir refusé définitivement leurs pensées de montrer l’indocilité à la Horde. Mais pourtant, Berké ne put pas goûter la joie enivrante de la victoire.
Au moment où ses tumens se préparaient à la bataille avec Barak, l’épouse  moyenne du Khan mourut et il prit la jeune épouse Akjamal, une beauté aux yeux grands et beaux, comme au chameau. Elle était la fille de bay de la famille arguyn qui possédait d'innombrables troupeaux de chevaux, traînant dans les steppes de Kiptchak. Berké vivait dans l'attente de bonnes nouvelles.
Mais le malheur tournait déjà au-dessus de sa tête, et le khan de la Horde d'Or ne savait pas qu'il était très proche.
***
Kolomonu n’avait que dix ans quand il avait entendu parler des Mongols. Il vivait alors dans le pays des Arméniens, où son père, un célèbre maître romey, construisait l'un des monastères.
Les rumeurs effrayantes égaraient dans les villes et les villages. Aux marchés les gens aux yeux exorbités ouvrant la bouche d'étonnement écoutaient des contes des cavaliers sauvages galopant à chevaux à courtes crinières du côté où le soleil se levait.
Les rumeurs furent rapides et vagues comme si elles furent apportées par le vent. Les gens en furent étonnés mais  personne ne croyait que des guerriers terribles seront venus un jour à leurs terres, disséquées par des gorges profondes et des vallées.
Le père de Kolomon construisait encore le monastère, et le garçon  était près de lui toute la journée. Il était fasciné d’un jeu génial de couleurs que son père peignait des murs, et il pouvait regarder depuis longtemps des maçons travailler intelligemment et habilement. Le père enseignait le fils l’harmonie des lignes et ouvrait au garçon tout ce qu'il voulait savoir.
Mais un jour des mongols mystérieux apparurent dans les contreforts du Caucase. Et les rumeurs ne furent plus des rumeurs, mais elle devinrent une vérité terrible.
Les tumens mongols guidés par Soubédeï et Djébé-noyon passèrent le Khorezm et vinrent au nord de l'Iran. L’un après l'autre, les villes Khar, Koum, Zendjan, Kazvin  brûlaient. Effrayés par la cruauté des conquérants, les habitants de Khamadan avaient payé un énorme tribut aux Mongols.
Ayant hiverné près de la ville de Rey, où il y avait assez de nourriture pour la cavalerie, les mongols empiétèrent à l'arrivée du printemps en Azerbaïdjan. Ici, ils rencontrèrent peu de résistance et tournèrent leurs chevaux en Géorgie. Les géorgiens et les arméniens mirent en place contre les nouveaux arrivants leur armée combinée de vingt mille. Le roi de Géorgie Lacha et l’atâbeg Ivane le commandaient.
La bataille féroce eut lieu près de la ville d'Ani. Et là les Mongols recoururent à leur moyen insidieux préféré. Djébé avec le détachement de cinq mille se cacha en embuscade, et Soubédeï prit l’attaque principale. L’issue de la bataille semblait être résolue - les mongols fuirent. Et c'était seulement quand les ordres militaires de géorgiens et arméniens furent violés, les coureurs de Soubédeï se tournèrent de nouveau vers eux, et le détachement de Djébé frappa en arrière.
Après avoir subi de lourdes pertes, Lacha et Ivané furent forcés de battre en retraite. Mais ni Géorgiens ni Arméniens ne furent brisés.
Le dieu de guerre Souldé ne se détourna pas encore des mongols, mais le malheur errait quelque part pas loin. Et alors Soubédeï sage, comme s’il le pressentait, ordonna de tourner au nord ses troupes chargées de proie riche.
Ayant détruit Chémakhou, les tumens mongols s’arrêtèrent dans la ville de Derbent. La forteresse imprenable construite sur la montagne leur barrait le chemin dans les steppes de Kiptchak. Derbent qui avait été érigée dans le cinquième siècle, pendant le règne de Sasanides, appartenait à ce temps-là aux Chirvan-chakhs. La forteresse fut bien fortifiée, et non sans raison elle s’appelait la «porte de fer».  Personne ne pouvait la passer ni au sud ni au nord.
Les mongols pressés de l’arrière par les détachements des géorgiens et arméniens, furent piégés.
Et puis ils envoyèrent leur ambassadeur aux dirigeants de Derbent. Soubéde  et Djébé demandaient à propos de l'amitié et de la paix, et proposaient un payement riche pour le droit de passer par la porte de fer.
Les habitants de Derbent hésitèrent. Dix personnes les plus notables se rendirent aux mongols d'entamer des négociations. Par ordre de Soubédeï ils furent capturés, et l'un d'eux fut sabré devant les autres.
On ordonna aux survivants de montrer une solution de contournement. Sinon, la mort leur attendait tous.
Sur les pentes de la montagne, sur des chemins à peine perceptibles, en évitant une défaite complète, les tumens mongols sortirent aux terres du Caucase du Nord. Le chemin des troupes de Soubédeï et Djébé fut long et sanglant, avant qu’ils revinrent à leurs steppes mongoles indigènes, sur les rives de l'Onon et Kerulen ...
L’invasion ne toucha pas Kolomon jeune. Leur famille se cacha derrière des murs épais de la ville d’Ani, que les mongols ne réussirent pas à prendre. Mais il peu d'années plus tard, et de nouveau, il devint témoin des événements terribles, le sang coulait de nouveau et le soleil devenait noir de la fumée des incendies.
A cette époque-là Kolomon eut dix-huit ans. Cette fois-là, le maleur ne l’épargna pas. Les habitans de Khorezm saisirent son père et le fit esclave, sa mère mourut.
Kolomon resta seul, mais il connaissait déjà les secrets de maîtrise et savait construire. Ainsi que son père, il construirait des monastères et des églises.
Il fut agité sur les frontières des terres des géorgiens et des arméniens. Des repos courts alternaient des luttes chaudes, et le rapprochement d’une grosse tempête se sentait de plus en plus fortement. Les gens vivaient en peur constante, l'ombre du malheur proche ouvrit déjà ses ailes noires sur les montagnes du Caucase.
Bientôt, après le retour de Soubédeï et de Djébé des steppes de Kiptchak Genghis Khan le Grand âgé de soixante-douze ans mourut. Sentant que ses jours furent comptés, un an avant sa mort l’homme qui avait fait trembler tout l'univers exprima sa volonté de faire son héritier son troisième fils Uoguédeï.
Dans l'année du cheval (1235) le nouveau khan mongol réunit tous les descendants de Gengis Khan au grand kouroultay.
On décida de poursuivre l’affaire de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers et de lancer des tumens mongols intrépides sur les terres des oroussoutes et en Europe de l'Est. Les forces principales furent sous le commandement de Batu Khan. L’autre branche de l'armée mongole fut dirigé par Jourmagoun et devait de nouveau conquérir le Caucase.
Par la décision du kouroultay Batu fut confirmé en position de lachkarkachi, chef de toute l'armée. Jourmagoun devint lachkarkachi-tama. Il devait après la campagne rester pour toujours dans les terres conquises. Donc, les guerriers qui allaient avec lui prirent leurs familles avec eux. Un énorme convoi de charrettes et de chameaux chargés marchait derrière l’armée de Joumagoun. 
Sous son commandement il y avait quarante mille cavaliers - quatre tumens. Altynaï-Begime, épouse cadette de Gengis Khan se mit en campagne avec Joumagoun. 
Grand Khan Ouguédeï avertit lachkarkachi-tama: « Tu nous envoie toujours l’or propre jaune, soie, brodée de motifs d'or, perles de lune et coraux rouges, des chevaux aux longs cous, nars bruns, chameaux à laine épaisse de khatchidetsk et ânes à charger et ânes capables de porter bagage léger ».
En année suivante, en année du singe, Jourmagoun accompagné par une grande caravane, avec les femmes et les enfants, atteignit le Caucase. 
Près d’Atrpatakan il écrasa l'armée de Djalal ad-din. Le chef des habitants de Khoresm fut tué. 
Jourmagoun eut besoin de six longues années pour conquérir enfin le Caucase. Les Géorgiens, les Arméniens, les Azéris, les Alains, les Ossètes, les Tcherkesses résistauebt farouchement à la nouvelle invasion. Chaque ville devint  forteresse et ne soumit pendant une longue période aux Mongols. 
Après une de ces batailles la vie de Kolomon changea radicalement. Il eut vingt-trois ans, quand le lasso à cheveu l’arracha de la selle. 
Selon la loi, établi encore par Genghis Khan, tous les prisonniers furent partagés entre ses descendants. Mengou-Temir eut Kolomon , et son chemin traversa la Horde d'Or. Le Caucase du Nord, selon la volonté de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers, appartenait désormais à la Horde d'Or. 
Les mongols tournèrent leurs chevaux en Asie Mineure. Dans l'une des batailles Jourmagoun fut blessé, perdit son audience et mourut peu de temps plus tard. Le nouveau lachkarkachi-tama à la demande de Karakorum devint Baïjou. Il ne cédait pas en sa fermeté et et sa brutalité à son prédécesseur. Les tumens soumis à sa volonté se mirent en campagne sur les seldjouks du  Sultanat Roum. 
Emir Keï Khosrov II, avec le roi des Arméniens de Kilikie réunit une énorme armée de deux cent mille mercenaires composée de grecs, arabes, francs, arméniens et kurdes. Les opposants se rencontrèrent entre les villes de Karin et Erznka. Trente mille cavaliers mongols semblaient faire une chose incroyable : l’armée de l'émir fut cassé et le Sultanat de Roum cessa d'exister. Son capital la ville florissante de Kséria, située sur l'ancienne route des caravanes, fut pillée et détruite. 
Le tsar de Kilikie Guétoum I, qui avait vu ses propres yeux, en souhaitant de sauver son peuple, se rendit volontairement aux mongols, donna une forte rançon et promit à Baïjou au premier appel de l’aider avec l’armée. 
Dans l'année du cochon (1256), Koulagou, le troisième fils de Tuli, devint dirigeant du Caucase et de l'Iran, du troisième plus grand ulus du royaume de Chingiz. 
Bientôt les tristes nouvelles vinrent : dans les steppes mongoles lointaines Mengou Khan mourut. Les préceptes que Gengis Khan avait donné, disaientà Koulagou d’aller immédiatement à Karakorum pour assister aux funérailles. Il le fit exactement. Il mit Kit-Bougui-noyon à la tête de ses troupes en son absence. 
Mamelouk Koutouz, qui dirigeait l'armée égyptienne, considéra ce moment-là  favorable pour lui et écrasa l'armée de Kit-Bougui dans le territoire de la ville d’Ain Joumite. 
Il ne réussit pas à goûter jusqu’au bout la joie de sa victoire. Après son retour en Egypte, il fut poignardé par Beybars, son ancien esclave de Kiptchak, qui s’était déclaré sultan. 
Le Khan de la Horde d'Or Berké cherchait l’amitié avec le nouveau sultan. Beybars était musulman, sévait contre des infidèles, et en plus, et c'était la chose principale il fut ennemi de Koulagou. 
Le gouvernement de Koulagou fut cruel. Il mena des guerres sans fin et toute leur gravité reposa sur les épaoules des peuples conquis. Le tribut excessif, la participation dans ses campagnes suscitaient un mécontentement constant et fréquentes manifestations contre les mongols. Il devait constamment envoyer ses troupes contre des rebelles. Sur les frontières du nouvel ulus il fut agité : Beybars attendait un bon moment pour attaquer. 
Il fut à ce moment-là Berké, annonçant à tous que selon le testament de Gengis Khan, le Caucase devait appartenir à la Horde d'Or, ordonna à Nogaï d’entrer avec l’armée de  vingt mille dans les terres  de l'Azerbaïdjan. 
Koubylaï, khan de la Chine du Nord, sachant que son frère était en difficulté, envoya pour aider Koulagou trente mille soldats. 
D’où Kolomon, Koundouze et Salimguirey pouvaient-ils savoir tout cela ? Leurs chevaux les portaient vers l'Azerbaïdjan, et ils étaient fermement convaincus qu’ils s’en allaient de la Horde d’Or odieuse de plus en plus loin. Il semblait que bientôt les terres auront commencé où où Berke Khan n’aura pas pu les trouver. Comment pouvaient-ils savoir ... 
*** 
Koulagou Ilkhan, qui possédait le Caucase, l'Iran, l'Irak et la Syrie avait vu beaucoup de belles villes, mais il ne voulut jamais s'installer au moins dans l'une d'eux. Il était un Mongol partout. En hiver, il migrait avec tous à la steppe la plus proche, en été, il montait dans des vallées en fleur de montagne et en choisissant  un endroit aimé sur la rive d’une rivière, il ordonnait d’installer des tentes de son principal quartier. 
Parmi tous les descendants de Gengis Khan, il seul suivait strictement tous les préceptes de son grand-père. Et aucun des descendants de Koulagou, possédant l’Iran, n’osa briser les coutumes mongoles. Même seulement les femmes aînées des dirigeants avaient le droit de porter le nom « khatoune » , et les enfants nés d’elles héritaient le pouvoir. A partir de Genghis Khan toute sa descendance prenait les premières épouses des familles des tatars, konourats, naimans, kereys et oirats. Les enfants nés de ces mariages différaient de la vivacité d'esprit, de courage. De la femme de Gengis Khan de la famille des konourats Djoutchi, Djagataï, Ouguédeï, Touli étaient nés. Le sang de ces familles coulait aussi dans les veines de Ordou, Batu Khan, Mengou, Koulagou, Koubylaï, Arik-Bougui, Mengou-Temir. 
La sœur de Bouk-Témir, noyon de Naiman – Erguéné-khatoune était la fille bien-aimée de Djagataï. Après la mort de son mari Kara-Koulagou elle gouverna l’ulus depuis longtemps. 
*** 
Au début de l'été, de l’année de la souris (1264) Koulagou ordonna de mettre les tentes de la Horde près de la ville de Tebriz, où il y avait beaucoup de  ressorts propres et froids. 
Le temps difficile vint pour l’ilkhan. Des deux côtés, comme deux mains fortes, Beybars et Berke Khan tendaient à sa gorge. Les deux vivaient du même rêve, de finir le plus possible avec Koulagou. Il fut aussi agité dans les terres serviles. Le mécontentement du peuple s’étendait, et la lueur de rébellions s’agitait de plus en plus souvent sur les murs de la yourte du Khan. 
Koulagou n’eut pas froid aux yeux. Il combattait pour le pouvoir toute sa vie. Il apprit que rien et personne n’aura pu sérieusement secouer le khanat jusqu'à ce qu’il ait eu un bâton solide dans les mains, c’était-à-dire, l’armée solide et dévouée. Il devait seulement savoir le diriger. Les événements récents montrèrent que l’ilhan n'oublia pas comment il fallut l’utiliser. 
L’ilkhan se sentait mal à son aise. La maladie s’installa dans son corps plus d'un an plus tôt, mais il essayait de ne pas lui succomber et de ne pas aller au lit, de ne pas se retirer.  
Au début du printemps Koulagou visita l'armée, qui se préparait à rencontrer Nogaï qui s’approchait du Caucase du Nord. Il y avait là surtout les soldats, que Koubylaï lui avait envoyés. Il donna son armée sous la direction du frère cadet Togouz-Khatune. Ils résistaient à Beybars. 
Le lachkarkachi des troupes de la Horde d'Or Nogaï vint sur les terres de l'Azerbaïdjan pas par le chemin qu’une fois Soubédeï et Djébé étaient venu. Nogaï mena ses tumens rapides à Derbent passant la côte du nord de la mer Khozarskoye. 
Koulagou n’attendait pas que le  lachkarkachi de la Horde d'Or s’y décida. Mais une fois les Portes de Fer faillirent devenu place de mort de l'armée mongole, pressée par le roi géorgien. 
Mais Nogaï fit la même chose. Pendant les froids d’hiver il fit passer ses guerriers la rivière en glace Derbent à travers la gorge de Chirvan et écrasa les premiers détachements, pas encore très importants de l’ilkhan. 
Les actions de Nogaï alertèrent Koulagou – seulement un guerrier expérimenté et audacieux pouvait le faire, et donc il lança à sa rencontre une grande armée. 
Mais Nogaï ayant maîtrisé Derbent, ne fut pressé de se mêler au combat. Il était difficile de deviner ce qui le retenait. L’ilhan décida que le lachkarkachi attendait des renforts de la Horde d'Or, et commit une nouvelle erreur. Il envoya à l'aide de son fils une partie de guerriers - les Géorgiens et les Arméniens qui furent habitués de combattre dans les montagnes et savaient le faire. Et alors Nogaï comme s'il s'attendait à ce moment, lança ses tumens à la rencontre de l’armée de Koulagou. Ses soldats pendant un long séjour à Derbent furent enseignés de se combattre à pied et d’attaquer les remparts de la ville, c’était pourquoi  Nogaï cassa facilement la résistance des petites forteresses de rencontre. 
Il fut dur à l’ilkhan d’avouer qu’il eut tort, en supposant que Nogaï n’ait pas osé sans des troupes supplémentaires aller en avant. Il se dirigea avec hâte vers l'ennemi, mais il fut trop tard. Les tumens rapides du lachkarkachi atteignirent déjà les plaines de piémont de Chirvan, et cela signifiait que la cavalerie de Nogaï prit de nouveau le dessus de l’armée de Koulagou, composée principalement de soldats à pied. 
Malgré sa vaste expérience, Koulagou perdit la première bataille, et seulement les troupes qui vinrent opportun pour l’aider le sauvèrent de la destruction totale. 
Etant fatigué et en colère l’ilkhan retourna à son siège. Pour la première fois, il subit une telle défaite, et pour la première fois les pensées amères vinrent qu'il n’avait pas d’armée ainsi forte qu’elle avait été. Auparavant, elle s’était composée de peuples nomades: mongols, kiptchaks, turkmènes-seldjouks et d'autres tribus des rives de Djeykhoun. Il avait pu compter sur eux. Mais les peuples conquis n’auront jamais pu devenir une base sûre du pouvoir.  
Koulagou sentit l'anxiété le saisir pour la journée de demain. Il triait mentalement tous les noyons. Parmi eux, il ne trouva personne qui fut égal selon le talent à Soubédeï ou Djébé, qui lui avaient enseigné jadis de conquérir des terres et des peuples. 
Il y avait Saridja, Buralgui, Zagan ... Mais les  noyons qui avaient été chez Gengis Khan ou Ouguédeï les avaient dépassé de loin. Les derniers pouvaient détruire les montagnes et transformer les pierres en poussière. Jourmagoun mourut, et Bayjou ne fut plus. 
Noyon Bayjou ... Sa propre langue l’avait tué. Une fois il avait conduit ses tumens sur Bagdad, puis il avait fait trembler tout l'Iran. Il l'avait fait par les mains des Géorgiens et des Arméniens, mais il voulait lui prendre toute la gloire, tout le succès. 
Cela blessa l'honneur de Koulagou et de tous les Genghisides. 
L’ilhan avait essayé de mettre le Noyon à sa place, mais tout fut en vain. Et puis les mots de Bayjou étaient venus à Koulagou concernant ce que s'il voulait, toute l'armée l’aura suivi, et il ne sera rien resté de la Horde de l’ilkhan. La patience était venue à sa fin. Koulagou avait ordonné de tuer le Noyon. 
Seulement maintenant soudain une idée attardée s’insinua que Bayjou avait pu dire rien. Pouvait-être des jaloux l’avaient calomnié ? Mais il n'y avait pas le temps de réfléchir, parce que les soldats aimaient vraiment Bayjou, il était lachkarkachi-tama et il savait pas sa générosité gagner les cœurs de ses noyons subordonnés. Le châtiment eut lieu.
Il avait beaucoup de besoin de Bayjou à ce moment-là, pendant cette période dure lorsque Nogaï pouvait apparaître un jour près des murs de Chemakhi, et cela aurait signifié que la plupart du Caucase aurait été désormais dans ses mains, et personne n’aurait pu prévoir s’il aurait été possible de le rendre. 
Les troupes de quarante mille soldats qui étaient jadis venus des rives de Kerulen amincirent dans les campagnes et batailles. Beaucoup de mongols se marièrent des femmes de la région et commencèrent à vivre selons les traditions locales. 
Khan Koubylaï donna trois tumens en aide, mais combien parmi eux y avait-il de vrais mongols ? Oui, et ceux qui étaient venus, il avait dû partager, ayant envoyer certains contre Nogaï, et certains contre Beybars. 
La maladie se faisait  sentir plus en plus , et Koulagou pensait déjà qui aurait pu le remplacer à la tête des troupes pour résister à Nogaï. 
Il passait en revue ses noyons pendant de longues nuits blanches en pesant et comparant les mérites de chacun d’eux. Le chef devait être expérimenté, ruse, capable d'agir rapidement et avec assurance, malgré les circonstances. Comment il avait besoin de Bayjou à ce moment-là... 
Kulagou se rappela soudain de son fils, tyomnik Adak. Mais il mit en doute : il pouvait être brûlé par la soif de vengeance pour son père exécuté, il pouvait attendre un bon moment où il aura pu rendre avec usure  à l’ilkhan? Et immédiatement Koulagou se calma parce qu’il  savait qu’un avancement rapide éteindait toute incendie dans l’âme de l’homme, qui rêvait de la gloire et l'honneur. Les descendants de Gengis Khan savaient trouver les places les plus vulnérables des gens, ils savaient transformer des ennemis d'hier en des amis les plus fidèles et les plus sûrs. 
Togouze-khatune, la femme la plus aimée de Koulagou, entra dans la tente. L’ilkhan admirait involontairement sa démarche légère, son visage basané frais. Quand son père Toulli avait pris Togouze-khatune comme la femme cadette, il n’avait que treize ans. Depuis lors, trente ans passèrent, mais Togouze-khatune ne perdit pas sa beauté et de charme. 
S’étant approchée de l’Ilkhan, elle s'agenouilla à ses pieds et regarda avec anxiété son visage: 
- Grand Khan, vous vous sentez mal? 
Koulagou passa fatiguement la main sur son visage. Récemment, la maladie lui rappelait d’elle-même vraiment de plus en plus souvent. Tous les matins, la tête lui tournait et la faiblesse méchante embrassait tout son corps. Il regarda gentiment  Togouze-khatune et sourit sans joie: 
- Je crois que les forces ne me reviendront déjà jamais ... 
Togouze-khatune, regardait l’ilkhan avec anxiété sans détacher les yeux.
- Si je pouvais prendre ta maladie, je n’hésiterais pas, je le ferais ... 
Koulagou croyait à cette femme. Elle ne lui mentit jamais. Ils divisèrent toujours en deux toutes les difficultés et les épreuves.
- Tu ne dois pas avoir du mal ... - dit calmement l’ilkhan. Dis mieux ce qu’on entend de  nouveau dans la Horde? 
- Le temps est toujours gracieux pour nous, - dit Togouze-Khatoune. - Tout reste le même. Le détachement de tes guerriers arrêta des kiptchaks dans les montagnes, qui avaient fui de la Horde d'Or. Ils disent que parmi eux il y a romey, célèbre maître. Il sait construire des palais et des temples. Et sa femme ... 
- Qui le dit ? Lui-même ? 
- Non.Il y a les gens qui le connaissent. 
- Pourquoi se sont-ils enfuis du Khan Berké ? 
- Il est facile à comprendre le romey - il s’ennuie de sa terre natale, ainsi que la femme. L’amour peut mener au bout du monde. Demande-toi-même aux kiptchaks ... 
- Bien. Je vais à eux. 
Togouze-Khatoune sourit sournoisement. 
- Le Grand Khan devient vieux ... Il n'a rien demandé de la femme ... 
- Ces temps sont finis. - en fronçant les sourcils, dit Koulagou. 
L’Ilhan était toujours réservé et brève en conversation, mais aujourd'hui, en regardant son visage, Togouze-khatoune vit ses yeux profondément enfoncés, ses joues creuses et elle se rendit compte que Koulagou était vraiment très malade et qu’il était douteux que les plaisirs de la terre l'intéressaient. Elle plaignit son maître de tout cœur. 
Koulagou jeta sur ses épaoules son caftan et sortit de la tente. 
Les prisonniers se tenaient dans un groupe compact, et lorsque l’Ilkhan posa le pied sur le tapis aux couleurs éclatantes étendu  près de l'entrée les noukers qui les gardaient, fit les  prisonniers tomber à genoux par coups avec leurs fourreaux de sabre. Bien que Koulagou n’ait rien demandé à Togouze-khatoune de la femme, il la vit la première comme un cygne blanc dans la volée d'oies grises. L’Ilkhan regarda indifféremment tous les visages et il prêta immédiatement attention au romey. Le romey avait les épaoules larges musculaires, le visage mince, bienqu’il ait été vêtu, comme tous les prisonniers, dans les vêtements de Kiptchak. 
Tout à coup Koulagou sentit un accès de rage. Toute sa vie, il détestait les gens qui fuiaient de leurs khans. Il ne pouvait jamais croire à telles personne en rien. Ils trahirent son ancien maître, donc, ils auront renoncé avec la même facilité de leur nouveau maître. Les fugitifs, selon Ilhan, ne devaient pas marcher sur la terre. Et il n’était pas important ce qui les avait fait quitter son Khan: le destin lourd, la nostalgie de sa terre natale ou quelque chose d’autre. 
Koulagou détestait Berké, mais pourtant le dernier était Khan. Et qu’est-ce qui aurait pu plus terrible et indigne que la trahison de son maître ? Qui pouvait être sûr que demain le fugitif n’aura pas gardé une rancune à celui qui lui avait donné refuge et protection, et qu’il n’aura pas enfoncé le poignard dans sa poitrine? Les prisonniers étaient obligés de mourir. Tous sans exception. Gengis Khan légua ainsi. 
Plus fortement la maladie tourmentait Koulagou, plus sombre et intolérant envers les autres il devenait. Maintenant, il ordonnait de tuer plus souvent que d'habitude. Il semblait que tuant les autres, l’Ilkhan s'étendait ses propres jours. Aucun Chingizid connaissant de sa mort imminente, ne voulait faire du bien à personne qui restait encore sur la terre ou demander pardon à Dieu, en qui il croyait en sa vie. Et la même chose se passa avec l’Ilkhan. En tuant les autres, il semblait aspirer à payer son indépendance à sa propre mort qui se trouvait au chevet. 
Koulagou regarda de nouveau la femme. Ses tresses noires, étonnamment longues tombèrent sur la terre piétinée et ressemblaient à rubans de soie brillants. L’ilkhan ne vit jamais de telles tresses, même aux femmes de Perse, célèbres par leur beauté. 
Pour la première fois depuis plusieurs jours de sa maladie soudainement une pensée voluptueuse vint : « Si je roulerai ces tresses sur la main !.. » 
Surpris, Koulagou cligna même les yeux. Quelque chose remua dans son âme, et sans donner aucun ordre comment agir avec les détenus plus loin, il se retourna et se dirigea vers les tentes, où il décidait en général des affaires de sa Horde soumise. 
Le nouker, qui se trouvait à l'entrée, ouvrit devant l’Ilkhan la porte sculptée,  décorée avec  ivoire. Koulagou passa rapidement trois tentes unies et se mit sur l'estrade de moquette. 
Mais en regardant son vizir El-Eltébir, il commanda : 
- Appelez ici Adak-noyon. 
Nouker , debout au passage de la troisième tente à la deuxième tente, cria: 
- Laisser entrer Adak-noyon! 
Les voix des Gardes transmettaient l’ordre de l’Ilkhan : 
- Que Adak-noyon entre ... 
Adak était un vrai mongol, de petite taille, aux épaoules presque carrées, ayant une barbe rare, qui ne commença qu’à pousser sur son visage immobile plat. Dans l'armée de Koulagou il dirigeait la mille. 
L’appel à l’ilkhan lui fit peur. 
Trois ans passèrent quand Koulagou avait ordonné d’exécuter son père - Bayjou. Cependant, le jeune Noyon ne se sentait pas du tout coupable. Il servait honnêtement et fidèlement, comme le mongol devait le faire, comme son père l’avait enseigné. Et, tout récemment, dans l'une des batailles quand les guerriers avaient hésité et furent prêts à prendre la fuite, il avait réussi à les inspirer, à leur redonner l'espoir de gagner. Après ce cas, l’Ilhan, qui l’avait tout vu de ses propres yeux, avait présenté au noyon un poignard à manche d'or. 
Pourtant, il était difficile de deviner ce qu'il pensait Koulagou. En effet, récemment, il avait été dans l'amitié avec son père, mais cela ne lui avait pas empêché d'ordonner de l’exécuter. L’âme de l’Ilkhan était comme un trou de renard. Il y avait beaucoup de circonvolutions, et personne ne pouvait dire où sa pensée allait tourner. 
S’étant approché rapidement de l'estrade sur laquelle Koulagou était assis, Adak tomba à un genou, mettant sa main sur sa poitrine et baissa la tête: 
- Grand Khan, je suis arrivé sur votre ordre... 
Koulagou fut silencieux, examinant le jeune noyon. La tête du dernier était toujours baissée, et son cou court bronzé s’ouvrirait, comme s’il le tendit délibérément pour qu’il ait été commodément de frapper par le sabre.  
En position d’attente le vizir El-Eltebir et le scribe avec un gros livre ouvert dans ses mains, se figèrent de chaque côté de Koulagou. 
En fin l’Ilkhan brisa le silence: 
- Adak-noyon, as-tu une dent contre nous? 
- Non, Grand Khan ... 
Koulagou secoua pensivement la tête: 
- Il doit en être ainsi. Sur cette terre il y a toujours beaucoup de gens qui ne savent pas porter leur tête sur leurs épaoules. Qui a besoin de tels hommes ? L'un d'eux était ton père - Bayjou ... 
Adak était silencieux, sans comprendre où l’Ilkhan voulait dire. Mais le dernier soupira et continua : 
- Tu ne sembles pas le même que ton père. Dans la bataille dernière tu as montré ton courage et que tu nous appartiens corps et âme. Pour une telle dévotion ... 
Soudainement Koulagou se tut. Ses pieds commencèrent à briller de feu, comme s'il les mirent dans un réchaud, sur la braise. C’était un accès régulier de maladie. Elle venait toujours ainsi. L’ilkhan savait que vers midi la chaleur sera monté des pieds, pour couvrir tout le corps, l'esprit et la conscience seront devenus dérangés. Il se contrôlait avec difficulté. Le temps pour les affaires était encore, et c’était pourquoi Koulagou continué son discours : 
- Pour un tel dévouement j'ai décidé de te nommer chef du tumen. A partir de maintenant, tu es responsable de dix mille guerriers courageux. -  L’ilkhan tourna la tête tour à tour vers le vizir et le scribe. - J'ordonne de l’écrire. 
Les yeux d’Adak-noyon brillèrent. Il tira son épée de son fourreau et sans se lever des genoux il embrassa la lame: 
- Par quels mots puis-je vous remercier, oh grand khan! Je vous jure que je vais vous servir toujours avec honnêteté et dévouement ! .. 
Koulagou regarda attentivement le jeune noyon. Non, il ne se trompa pas. Le dernier allait servir vraiment fidèlement. Qu'est-ce que cela signifiait pour un vrai mongol la mort de son père, si on te donnait sous commandement un tumen? Après tout, la vie sera devenue tout à fait différente qu'auparavant. C’était l’honneur et la gloire, c'était un sentiment doux de pouvoir sur les gens, qu’il était impossible de comparer à rien. 
Les joues d’Adak-noyon s'empourpraient de bonheur. 
Koulagou leva la main. 
- Eh bien, - dit-il. - Maintenant, l'émir Adak-noyon, écoute notre deuxième ordre. Tu prendras le tumen de guerriers de mongols et de kipchaks, et iras à la rencontre de Nogaï. Ayant rassamblé toutes nos troupes, tu vas l’attendre près de Chemakhi et tu dois faire le fuir du champ de bataille. 
Adak regarda hardiment en face l’Ilkhan : 
- Je vais exécuter votre ordre, mais j'ai une demande. 
- Dis. 
- Permettez-moi de prendre au lieu des guerriers de Kiptchak les guerriers locaux. 
L’Ilkhan fronça les sourcils :
- Pourquoi? 
- Les kipchaks sont musulmans. Je les ai vus lors de la prise de Bagdad et dans des batailles avec Beybars. Ils perdent courage et se battrent sans diligence nécessaire. Presque toute l’armée de Nogaï se compose de musulmans ... 
- Je te comprends, - dit Koulagou. – Faisons comme tu veux. Maintenant, va. Que le dieu de la guerre Souldé ne te quitte jamais. 
Adak accompagné par les noukers sortirent de la tente, et Koulagou resta encore depuis longtemps en méditation, écoutant comment la chaleur montait lentement et inexorablement sur les jambes des pieds brûlants de plus en plus haut. 
Le temps était compté. Et il avait tout peu de temps jusqu’au moment où la chaleur aura saisi tout son corps et l'esprit aura commencé à se troubler. L’ilkhan regarda El-Eltebir. 
- Amenez les fugitifs ici. 
*** 
La tente était spacieuse et les captifs, poussiéreux, dans des vêtements en lambeaux, leurs mains liées par lassos de crin, furent mis près de l’entrée. De tous côtés, ils étaient entourés par les noukers silencieux et sévères avec des épées nues. 
Seulement Koundouze avait les mains libres. Elle entra dans la tente, en tenant dans les mains ses tresses fabuleuses. Et l’Ilkhan lui-même, et les noyons réunis ici ne pouvaient détacher ses yeux de la jeune fille. 
Au cours des pérégrinations Koundouze devint mince, son visage devint sombre, mais même cela ne pouvait pas cacher sa beauté naturelle incroyable. 
Togouze-khatune sortit légèrement de l’entrée de côté, fermée par un rideau de soie et s'effaça. Ses yeux attentifs étudiaient le visage de Koulagou et alors, le visage de la jeune femme. Pour un instant, une étincelle de jalousie brilla dans ses yeux, mais tout de suite elle  s'éteignit. Un doux sourire toucha ses lèvres belles et pleines. à cette fugitive, avant de la prise votre décision de son sort. Si vous êtes d’accord, je vais prendre la fille chez moi ... 
Koulagou sourit. Togouze-khatoune médita quelque chose, et il n’avait aucune raison de lui refuser. 
- Que ce soit comme tu le souhaites ... 
- Allons, - dit Togouze-khatoune à Koundouze et prit sa main. 
La jeune fille ne bougea pas, en regardant Kolomon dans le désespoir. 
Le dernier hocha légèrement la tête. 
- Suis-moi - impérieusement ordonna Togouze-Khatoune, et une impatience fut entendue dans sa voix. 
- Va, - murmura Salimguirey. – Ce qui doit se passer se passera ... 
Dès le début, quand leur vie libre fut finie et ils se heurtèrent contre l’embuscade et se trouvèrent dans les mains des mongols, les fugitifs convinrent à obéir à tout à Salimguirey. 
Tenant ses tresses lourdes par les mains, Koundouze suivit consciencieusement Togouze-khatoune. 
Dans la tente il y avait un silence effrayant, et la lumière passant à travers le trou dans le toit en forme de dôme, devint soudain lourd et terne. 
L’ilkhan regarda Salimguirey, en devinant en lui le chef. 
- Parle-moi. Qui es-tu? D’où es-tu ? 
Salimguirey baissa respectueusement la tête. 
- J’ai été sotnik de la Horde d'Or, - dit-il calmement. - Je suis de la famille de kéreys. Après avoir appris que le chef de notre famille Saidja vous sert, oh, grand khan, je voulais devenir son guerrier. 
Koulagou comme s’il approuvait l’entendu, hocha la tête. 
- Et cet homme, - Salimguirey hocha la tête à Kolomon, est romey. Il est un maître inégalé, constructeur. Lorsque Jourmagoun-noyon a capturé la ville de Gyandjou, il a été captivé, puis il a été donné à Mengou-Temir et on l’a envoyé comme esclave dans les terres de de la Horde d'Or. Quel esclave ne rêve pas de devenir libre? Il s'est enfuit Les gens disent que l'église, qu'il a construit à Ganja, n’est pas toujours finie ... 
L’ilkhan ragaillardit : 
- C'est vrai. J'ai vu cette église. 
Dans les yeux de Koulagou soudain une petite flamme flasha. Il se rappela qu’il avait récemment pensé réunir les chrétiens autour de lui et les faire son pilier du trône. 
L’ilkhan plissa les yeux et scruta Kolomon : 
- Pourrais-tu la finir? 
- Oui, Grand Khan. 
- Je te donne la vie. Pour cela tu rempliras ta promesse. 
Après une petite pause, comme s’il oublia du romey, Koulagou fronça les sourcils de nouveau et demanda: 
- Pourquoi les autres ont-ils fui? 
- Ils sont habitants des montagne et en leur temps ils ont aussi été captivés, - dit Salimguirey. 
L’ilkhan scruta les visages des prisonniers. Et, bien qu'ils aient été tous habillés en vêtements de kiptchaks, il reconnut facilement parmi eux les géorgiens et les arméniens. 
- Mais je vois ici et kipchaks ... 
- Il y a cinq guerriers de la Horde d'Or avec nous. Ils n’ont plus voulu servir à Berké Khan. 
Koulagou fit une grimace de dégoût. 
- Donc, il leur est devenu difficile? Et en s’échappant à l’ilkhan Koulagou ils ont cru qu'ils vont grandir ici le ventre et rester sur les tapis moelleux avec des femmes aux corps blanc? 
Salimguirey n’eut pas du temps ne de répondre ni de répliquer. Koulagou leva brusquement la tête. 
- Que tous entendent  ma décision. Toi, - il regarda Salimguirey, - tu s’es précipité chez Saidja pour devenir son guerrier. Que ton désir s'accomplisse. - Koulagou dirigea son regard à Kolomon.  – Tu vas terminer la construction de l'église. A Gyandja il y a beaucoup de chrétiens. Que ce soit notre cadeau pour eux. Tu prendras les géorgiens et arméniens avec toi. Tu dois leur apprendre à traiter avec de l'argile et de la pierre. 
L’ikhan se tut, écoutant comment la chaleur montait de plus en plus haut sur son corps. Elle atteignit déjà ses lombes, et il devait bientôt commencer à brûler dans l'estomac. 
- Tuer Kipchaks ! – dit-il fortement. - Que ce soit un exemple pour tous. Ceux qui ont été ingrats envers son khan, ils trahiront tôt ou tard celui qui les a abrités. 
- Grand Khan! - cria Salimguirey. - Ils sont bons guerriers. Envoyez-les avec moi, et ils seront les premiers dans la bataille, et ils glorifieront votre nom. 
- Ne les tuez pas! - ajouta Kolomon. – Envoyez-les avec moi pour construire l’église! 
Soit un sourire, soit une grimace de douleur crispa le visage de Koulagou. La chaleur qui inondait son corps malade engendré en lui un sentiment de rage. Lui, ilkhan, à qui des centaines de milliers de personnes étaient soumises, devait mourir, et pourquoi ces cinq kiptchaks devaient rester sur la terre ? Qu’ils soient morts plus tôt! Si Koulagou pouvait ajourner  sa propre mort au coût de la vie des autres, il aura détruit tous les habitants de la terre sans hésitation. 
Et soudain, une voix insinuante douce romput  le silence : 
- Est-ce que l’ilkhan dit jamais deux fois? 
C’était le vizir El-Eltebir qui laissa tomber ces mots. Et il devint évident que le sort des kipchaks fut résolu. 
Mais Koulagou demanda tout à coup: 
- Qui est cette fille qui était avec vous? 
Kolomon s'avança, et dans les mains des gardes des lames flashèrent immédiatement. Le romey se retira involontairement. 
- Elle est de la famille de kiptchaks. Ma femme. 
- Bien. – l’ilkhan réfléchissait intensément sur quelque chose. 
La jeune fille restera dans le quartier. Tu ne la verras qu’après avoir terminé de construire l’église. 
- Mais pourquoi, grand Khan? 
- Tu as réussi à fuir de Berké. Qu'est-ce qui peut t’empêcher de fuir de moi, si elle est près de toi? 
Kolomon baissa la tête. Les khans de disaient pas deux fois ... 
*** 
Dans la tente de Togouze-khatoune, les esclaves et servantes entourèrent Koundouze. La khancha ordonna de lui apporter la nourriture, mais la jeune fille ne toucha rien.  
Togouze-khatoune l’examinait très attentivement. 
- Tu as quitté tes steppes indigènes et as fui à l'étranger avec le maître romey ... Pourquoi? – demanda-t-elle. 
Koundouze leva les yeux. Ses yeux étaient en larmes – comme si des glaçons claires fondaient. 
- Il m'aime! Et je l'aime! 
Togouze-khatoune sourit sciemment: 
- Comment peut-il ne pas aimer ... La jeune fille qui a tels cheveux sera aimée par tout homme. Tous sont sensibles à quelque chose extraordinaire ... je le sais ... 
Soudain la khancha tendit la main et l’esclave, ayant deviné son désir, mit un couteau dans la paume de Togouze-Khatoune. 
Une lame large flasha deux fois, etles tresses lourdes et noires tombèrent au sol, couvert d’un tapis aux couleurs éclatantes comme une prairie au printemps. 
Koundouze, les esclaves, les serviteuses choquées gardaient le silence. 
Marchant doucement, la vieille esclave s’approcha et souleva les tresses et les porta hors de la tente. Ses mains ridées caressaient les cheveux de soie, comme s'ils étaient vivants. 
- Pourquoi? – s’étouffant des larmes, demanda doucement Koundouze. - Pourquoi l’avez-vous fait? 
Sur les lèvres de Togouze-khatoune un sourire méchant se figea. 
*** 
Quand Gengis Khan avait été vivant,  toute son armée avait été divisée en deux ailes, droite et gauche. Les guerriers habitants les terres de l'Ouest se trouvaient dans l’aile droite, la gauche aile composait des soldats des aïmaks de l’Est. 
L'armée de la Horde d'Or fut organisée selon cette règle. Les Genghisids avec leurs soldats sur la rive droite de l’Itil étaient dans l'aile droite, et toute la terre gauche et les terres jusqu'à Maverannahr étaient l’aile gauche. La tête de la première aile avait été Nogaï, le frère cadet de Berké – Berkenjar et le fils de Touki iné friendlish deuxième tête frère cadet Berke - Berkenzhar et fils Tuki - Mengou-Temir commandaient la deuxième aile. 
Dans la conquête de nouveaux territoires seulement l’aile à laquelle ils étaient plus proches participait en général, et seulement dans de très grandes campagnes les deux ailes se battaient ensemble. Après la mort de Batu Khan la Horde ne se décida jamais à une grande campagne à l'ouest, et donc quand il on décida de faire revenir le Caucase, l'aile droite sous le commandement de Nogaï, alla contre Koulagou. 
Il n’y avait pas à cette époque dans la Horde d'Or de noyon plus intelligent que Nogaï. Selon les lois établies par Gengis Khan, il n'avait pas le droit d'hériter de la puissance de l'Khan, mais son influence parmi les Genghisides était grande. 
Après la mort des fils de Batu, lorsqu'on décidait qui devait désormais devenir maître de la Horde d'Or, Nogaï prit le côté de Berké, et cela détermina l'issue du litige. 
Le noyon savait que Berké n'avait pas beaucoup des qualités qui étaient nécessaires au Khan, mais d'autres prétendants avaient encore moins de mérite. Et cela détermina son choix. 
Immédiatement, dès que, contre la volonté de Karakorum, Berké devint Khan, la conversation eut lieu que ni Nogaï, ni le nouveau khan ne pouvait pas oublier.  
Les deux pensaient à l'avenir de la Horde d'Or, mais leurs pensées étaient différentes.
Ils s’étaient assis seuls dans la tente, prenant du lait de jument et parlaient. 
- Que penses-tu faire avec des oroussoutes ? - demanda Nogaï. – Est-ce que nous allons toujours monter leur princes l’un contre l’autre et prendre aux des peaux de renard et de lapin? Ou as-tu d'autres pensées? 
Berké se tut, admirant la façon dont des grains de poussière d'or jouaient dans les rayons du soleil tombant dans le trou du toit de la yourte. 
- Regarde, - dit le noyon avec une menace perceptible à peine dans sa voix, - les oroussoutes ne sont pas les peuples nomades comme les kipchaks. Et les coutumes, et la façon de leur vie – tout diffère. Les oroussoutes sont populeux, ils sont habitués à habiter dans la  même place, et ils sera difficile de les retenir longtemps en obéissance. S’ils ont une personne   qui puisse unir les principautés, leur première proie sera la Horde d'Or. 
- As-tu quelque chose à dire? 
- Tu es Khan, et je voudrais entendre ta parole ... 
- Je n’y ai pas pensé. Dis premier ... 
- Bien. – Nogaï cligna les yeux, en réfléchissant. - Comme Koubylay, qui est entré en Chine, tu dois entrer dans les terres des oroussoutes et les gouverner. 
- Veux-tu que j'aille vers eux et que je perde la Horde d'Or? - demanda Berké soupçonneusement. – Veux-tu qu’il m’arrive la même chose qui s’est passé avec Koubylay ? Aujourd’hui il possède la Chine, mais il n’a plus le Grand Khanat Mongol ... Et d'ailleurs, ayant appris nos intentions, les oroussoutes ne le voudront pas. 
- La Horde n'a jamais eu peur d'envoyer leurs guerriers au combat ... - dit Nogaï vivement. – On peut agir en effet autrement. Il est nécessaire de diviser les terres des oroussoutes en aïmags, et les noyons mongols vont les gouverner. Que nos guerriers et leurs familles errent avec des oroussoutes sur leurs terres. 
- Il est difficile de le faire ... Il est facile à détruire de petits détachements... 
- Oui, il y aura du sang. Mais les mongols savent conquérir et dominer. Tu vas envoyer de nouveaux guerriers. Le drapeau blanc à neuf queues de notre grand ancêtre Gengis Khan a apporté aux mongols la gloire et le bonheur, - dit Nogaï durement. - Et c’était pouquoi chacun d’eux va se trouver heureux s’il mou meurt sous ce drapeau. 
Berké contenait à peine sa rage : 
- C’est tu penses ainsi ! Mais tu as oublié ce que à son temps Argousoune-khouourtchi n’a pas eu peur de dire crûment à Gengis Khan. 
Qui parmi les descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers ne savait pas à propos de ce cas? Nogaï le savait aussi. 
Pendant une des campagnes à l’Est Gengis Khan ayant conquis les terres coréennes et ayant pris pour ses plaisirs la fille du gouverneur conquis, la jeune fille de la beauté étonnante, il avais oublié du tout les campements mongols. Et alors le chanteur Argousun arriva chez lui au galop des steppes natales. 
- Est-ce que tout est bien avec mes femmes, mes fils, et tout mon peuple? - demanda Gengis Khan au messager. 
Et Argousun-khouourtchi lui chanta la réponse : - Tes femmes et tes fils sont en bonne santé! Mais tu ne sais pas comment tout ton peuple vit ! Tes femmes et tes fils sont en bonne santé ! Mais tu ne sais pas à quoi ton peuple pense ! Il mange de la peau et de l'écorce par sa bouche affamée ! Mais tu ne sais pas si ton peuple est vivant ! Il buvait de l'eau et de la neige, comme il arrive, par sa bouche ayant soif ! Tu ne connais pas les coutumes et la vie de tes mongols ! 
Berké comprit selon les yeux de Nogaï que le dernier se souvint des mots d’Argousun et il dit avec un plaisir particulier et avec méchanceté : 
- Ce que le grand ancêtre nous a donné, à ses descendants, - il n’a pas donné à tous les mongols. Tu ne connais pas du tout la vie, et tu ne peux pas savoir si les mongols voudraient mourir à nouveau. 
Les paroles du Khan furent une grande offense, et le visage de Nogaï devint blanc. 
- Regarde, Khan! - sans se retenir, dit noyon avec colère. - Si tu ne le fais pas, demain il peut être trop tard. Ils arriveront ici pour nous gouverner. 
Berké croyait et ne croyait pas à Nogaï. Et à cause de cela l'irritation s’accumulait contre lui et il pensait que Nogaï le disait que parce que tous les mongols rêvaient de batailles. 
- Il est impossible de faire ce que tu proposes. 
- Et, à ton avis, que faut-il faire? 
- Je ne suis pas plus intelligent que Batu, - dit Berké évasivement, - je vais suivre le chemin qu'il a ouvert. Si j’allais même aux terres des oroussoutes, cela aurait à peine renforcé la Horde ... 
Nogaï regarda le khan avec méfiance. Il n'était pas habitué à voir Berké déprimé ou indécis. 
- Je ne te comprends pas, khan ... 
Dans les yeux de Berké des feux méchants s’allumèrent et ses pupilles devinrent élargies et sombres: 
- Regarde autour de toi ! Tu ne vois pas que le sabre mongol ne brille plus si éblouissantement que c'était à l’époque de Batu! Beaucoup de choses ont changé dès le moment, où il est sorti de la vie. Les peuples asservis ont encore peur de notre armée forte, mais ils n’ont pas déja peur de nous, de mongols. A l’époque de Gengis Khan et de Batu, le mongol avait été terrifiant et incompréhensible, mais maintenant les oroussoutes, et d'autres peuples nous connaissent en tout : comment nous vivons et comment nous savons se battre. Et quand l'ennemi est clair, il ne peut pas déjà effrayer et supprimer la volonté. On a peur jusqu’à ce qu’il est plus fort. C’est pourquoi les villes des oroussoutes : Rostov, Souzdal, Tver, Yaroslavl et Ustiug se sont révoltées ? Depuis quand Ouguédeï et Djagataï ont-ils effacés Boukhara, mais la populace d’ici n’a pas eu peur de relever la tête récemment. Si tu le voyais si proche que je l'ai vu ... La nuit ... Des visages sévères, des yeux indociles et la lumière sanglante des flambeaux... - Berké  s'arrêta, comme s’il revivait ce qu’il racontait. – Et la révolte des géorgiens contre Koulagou sous la direction des princes David le Grand et celui le Petit à Tbkhis? .. Et les événements récents dans notre quartier ? J'ordonne d’égorger des infidèles sans pitié comme des moutons ! .. 
- Tu as fait correctement, -  dit Nogaï. - Le meilleur ennemi est l'ennemi mort. 
- C’est aussi mon avis. Mais alors, pourquoi une agitation suivait après l’autre?  Pourquoi sont-elles de plus en plus nombreuses? Est-ce que tu as entendu parler de mon ancien sotnik Salimguirey... Il semblerait que l'horreur doit le dominer, parce qu'il a vu de ses propres yeux, comme j’ai ordonné de détruire dix mille esclaves rebelles. Cependant, les gens fidèles me disent que Salimguirey rassemble autour de lui les ennemis de la Horde ... 
- Ordonne de le capturer ! .. Et que tous voient sa tête  rouler sous les pieds de ton cheval! Seulement la peur peut tenir les gens en obéissance. 
- Je vais le faire ... –dit Berké pensivement. – Mais comment puis-je arrêter le temps par peur ? 
Nogaï voulait comprendre ce que le Khan disait. Il regarda son visage, mais le visage de Berké était impénétrable. 
- Est-ce que tu ne penses pas trop, au lieu de t'occuper de la majesté de la Horde d'Or? – dit-il avec impatience. 
Berké  secoua la tête: 
- Toutes nos pensées sont du Dieu ... Le temps ... Il me semble parfois comme la mer en courroux infinie. Mais la mer peut briser la roche la plus forte et faire baisser le bord le plus haut... Je ne peux pas comprendre beaucoup de choses... et je peux expliquer encore moins ... Les tumens ntrépides de Genghis Khan avaient conquis d'innombrables peuples par leur sabre courbe mongol, par leur flèche aiguë, par leur soïl lourd et par leur fouet piquant. Nous prenons des vaincus tout ce que nous avons besoin, et nous le gouvernons sans descendre de la selle ... Mais au lieu de s'affaiblir et mourir, ils travaillent encore et construire ce que nous détruisons, ils font paître du bétail et labourent la terre, ils extraient de fer et forgent des épées. Dis-moi, mon noyon vaillant, les peuples conquis ne sont pas devenus plus faibles qu'ils avaient été à l'époque de notre jeunesse avec toi lorsque nous les avaient piétinés sous le commandement de  Batu par sabots de nos chevaux? N’est-ce pas? De plus en plus, la populace révolte et si la rébellion n’est pas une démonstration de force? Parfois, je pense que le temps viendra où oroussoutes, et bulgares, et habitants de Maverannakhr refuseront de nous donner ce que nous nous sommes habitués à prendre. Est-ce que la Horde d'Or pourra les briser alors, est-ce qu’elle aura toujours une telle force qu’elle a aujourd'hui ? 
- Tu as été levé sur le tapis blanc pour que tu prennes soin de la puissance de la Horde, - dit Nogaï avec irritation. Il trouvait les arguments du Khan saumâtres. – L’injustice et la violence vivent toujours à côté de l’homme. Elles sont éternelles. Sois sage, sois rusé, et elles ne laisseront pas tomber à la tente de la Horde d'Or. 
- Même l’épée de damas s'émousse si on bat constamment la pierre avec elle... 
Nogaï contenait à peine sa fureur. Il se permit déjà trop en conversation avec le khan. Un autre aurait payé la tête de l'audace, mais permettait toujours à Nogaï plus qu’à d'autres, et leur conversation eut lieu en privé.  Nogaï avait des raisons pour son rage. Pour la première fois il vit soudain que dans le Khan comme si deux personnes complètement différentes se trouvaient. L’un gouvernait par la Horde comme les mongols s’étaient habitués à gouverner: il était impitoyable, sanguinaire, personne n'osait compter sur sa miséricorde; l’autre, tout à coup ouvert à Nogaï, était indécis, effrayé et il disait les paroles indignes à un Chingizid. 
- Est-il possible de gouverner  la Grande Horde, ne croyant pas en son pouvoir ! - cria Nogaï en colère. – Si j’était khan .. Je montrerais au monde entier dont quoi la Horde d'Or a besoin pour qu’elle existe toujours! 
Berké rit doucement. Ses yeux redevinrent attentifs et froids, et son visage se durcit. Non, pas en vain, il n'avait pas confiance ces derniers temps à Nogaï. « Si j'étais khan ... » C’était trop pour les rêves d’un noyon ? Malgré qu’il le dit dans la chaleur de la dispute, mais pourtant ... Il savait que non seulement ce noyon pensait ainsi. Tous les Chingizids rêvaient d’avoir du pouvoir ... 
Berké soupçonnait Nogaï des complots secrets, mais ni lui ni noyon ne savaient pas encore à ce temps-là, ne pouvaient même pas imaginer que des années se seront passés et la lutte entre les descendants de l’homme qui avait fait trembler tout l'univers pour le droit de devenir khan aura arraché  nombreuses vies, aura inondé de sang les steppes de Dechte-i-Kiptchak et elle aura été l'une des nombreuses raisons pour lesquelles la tente de la Horde d'Or sera tombée pour toujours, enterrant sous ses décombres tous ce qui avaient cru en sa fermeté et son éternité.  
- Tu as dit, Nogaï, que si tu étais Khan  ... - prononça Berké lentement et fermement. - Et à mon époque elle existera. Il n'ya pas d’une telle force qui ferait me détourner de la voie de mon grand-père Gengis Khan. Je vais verser tant de sang qu'il faut pour que le nom du mongol jète encore la terreur aux peuples asservis. 
Ce jour-là Berké et Nogaï se séparèrent mécontents l’un de l'autre. 
Le khan garda rancune au noyon et Nogaï comprit que Berké était l’un des khans, qui se contentaient de ce qu’ils n’auraient  jamais osé  un acte audacieux. Selon l’avis du noyon, il fallait chercher parmi Genghisides l’homme  qui aura été digne d'être khan de la Horde d'Or. 
Nogaï rencontra avec joie sa nomination de chef des troupes contre Koulagou. Il était temps de montrer aux voisins que la Horde d'Or était toujours forte et capable de défendre les terres  qui lui appartenaient. En outre, une idée mûrissait implicitement de rassembler autour de lui les Genghisides sur lesquels il aurait pu s'appuyer, s’il avait du venir à bout de Berké. Nogaï lui-même ne pouvait pas prétendre au khanat. Mais pourquoi n’était-il pas possible de faire khan celui qui t’aura obéi en tout et qui aura demandé toujours tes conseils? Il plaçait ses espérances surtout en Toudaï-Mengou et Touli Bouka, petit-fils et arrière petit-fils de Batu Khan. Chaud, parfois négligent, Toudaï-Mengou adorait Nogaï et c’était pourquoi il se laissa si facilement influencer par lui. Touli Bouka, plus réservé et plus intelligent, obéissait aussi au noyon en tout... 
*** 
Le jour où le destin des fugitifs fut décidé, l’ilkhan Koulagou tomba malade. Comme d'habitude, lorsque il succombait à la crise, l'esprit fut troublé, et il se trouvait dans sa tente. Sauf les guérisseurs et noukers, gardant la vie de l’ilkhan, personne n'osait entrer ou même s’approcher de lui. 
Toute la vie dans la Horde pour la période jusqu'au moment où les forces revenaient à Koulagou, fut subordonné à El-Eltebir. Exécutant l’ordre de l’ilkhan, il ordonna immédiatement d’envoyer Kolomon avec ses camarades accompagnés par la garde à Gyandj. Les kiptchaks, qui avaient été condamnés à mort, avaient été liés pieds et mains et jetés dans la yourte noire. Ils devaient attendre la guérison de l’ilkhan. En les condamnant à mort, il ne dit pas comment ils devaient être tués. Les mongols accordaient de la grande importance à la façon dont les gens devaient être exécutés, et c’était l’ilkhan qui pouvait le dire.  
Salimguirey éveilla l'intérêt du vizir. El-Eltebir sentit qu’il n’était pas un simple homme – il y avait quelque chose en lui, qui alarmait et en même temps attirait, donc, pensant comment agir avec lui, il ordonna à Salimguirey de rester dans la Horde. 
Salimguirey savait que Koundouze se trouvait dans l’aoul de la khancha, et il savait qu'il n’aura pas pu y pénétrer. L’aoul de quelques dizaines de yourtes étaient à côté du siège sur la rive d'un petit lac bleu, et selon l'ordre existant, il était gardé soigneusement par les noukers personnels de l’ilkhan. Toute personne qui avait tenté de s'approcher de lui, attendant une mort certaine. Et dans l’aoul des eunuques méchants aux visages ridés  couraient par-ci, par-là.  
Mais Salimguirey n'avait pas besoin de la femme de l’Ilkhan mais seulement d’une simple esclave des kiptchaks, Koundouze. Il décida donc de tenter sa chance – il s’approcha du lac et se cacha dans les roseaux dans l'espoir pour la bonne chance. Il vit que les esclaves allaient ici assez souvent pour prendre de l'eau. 
Le temps traînait péniblement. Le soleil roula déjà sur la seconde moitié du ciel, et cessa d'être chaud, et personne n’allait au lac. 
Ayant perdu tout espoir, Salimguirey décida de sortir de sa cachette et de revenir à la Horde. Il aurait été possible qu’on le cherchait et sa longue absence pouvait éveiller des soupçons. 
A ce moment-là, il vit  une vieille femme avec un pichet dévaler le sentier. Tâchant de ne pas effrayer, Salimguirey l’appela doucement : 
- Apa ... Mère ... N’aie pas peur de moi ... Écoute quelques mots ... 
L’esclave s’arrêta de surprise. Son visage était effrayé et confus. 
- Mère, aide-moi à voir ma petite soeur, pour lui dire adieu! Aujourd'hui Togouze-Khatoune prit une nouvelle esclave. Tu l'as vue ! La jeune fille de kiptchak aux longues tresses !.. – dit Salimguirey avec émotion et d'une manière incohérente. 
Les lèvres de la femme tressaillirent : 
- Je le sais, mais je ne sais pas comment je peux t’aider ... 
- Amène-la ici .. Je vais lui dire seulement quelques mots..! 
L’esclave secoua la tête: 
- Est-ce que tu ne sais pas ce qui m’attend si je le fais ? 
- Je sais, mère ... Mais je t’en prie! As-tu jamais eu des frères et soeurs? Est-ce que tu n’as pas connu  beaucoup de chagrin, pour ne pas comprendre la douleur de l'autre? Il peut arriver que je ne la verrai jamais ... 
La femme était silencieux pendant longtemps, son visage était triste. Mais tout de même, la peur, l’habitude d’être soumise l'empêchaient d'être résolue. 
Enfin, elle dit en hésitant: 
- Je vais essayer ... Tout est dans les mains d'Allah ... 
Ayant pris de l’eau, la femme marcha lentement vers l’aoul. 
La vieille esclave surmonta sa peur et amena Koundouze. 
La jeune fille courut vers les roseaux où Salimguirey se cacha, mais il l'arrêta avec une voix autoritaire: 
- Va vers l'eau. Fais semblant de rincer sa cruche, et ne regardes pas dans ma direction ... 
Koundouze obéit.
- Maintenant, écoute. L’ilkhan a fait une condition de ne pas te rendre à Kolomon avant qu’il ne finisse pas la construction de l’église à Ganja. Kolomon a promis de tout faire vite. Je vais essayer de libérer les kiptchaks qui ont été condamnés à mort, et nous allons à la montagne. Apparemment qu’il est prédestiné ainsi par le sort qu’il n’y a pas de place pour nous sur la terre pour la vie humaine. Il est mal partout - et dans la Horde d'Or, et dans l’ilkhanat de Koulagou... - dit Salimguirey amèrement. – Il est la même chose que de battre l’hibou avec la pierre que de battre la pierre avec l’hibou. L’hibou va mourir. Donc, nous ne pourrons pas sauver nos vies si nous nous soumettons. Comme Tarabi ou Bochman, je vais rassembler les gens libres autour de moi, et je vais venger les khans. 
- Et moi? - demanda Koundouze avec douleur. - Pourquoi tu me restes ici seule ? 
- Jusqu’à ce que Kolomon ne se libère pas, tu dois rester dans la Horde. Peut-être l’ilkhan va tenir sa parole, et vous pourrez vivre comme les gens ... Mon chemin est inconnu et plein de dangers. Qui sait ce qui pourrait arriver? Reste ici. Nous n’allons pas te quitter. Si tout se passe comme je le pense, nous n'irons pas loin. J’ai ici quelque chose à faire ... 
En effet, Salimguirey avait ici une affaire. Dans la tente du Khan quand Koulagou les interrogeait, il vit un homme. Cet homme sembla à Salimguirey très familier. Quelque chose de reculé mais non oublié revint à l’esprit comme si un éclair de chaleur de la foudre lointaine éclaira un morceau de sa vie. 
Alors, Salimguirey eut treize ans ... Une des troupes de Gengis Khan chassa sa famille. Se sauvant des mongols, sa famille s’en alla dans les montagnes du Turkestan oriental, mais et là il n'y avait pas de salut des nuages noirs. Des mongols enlevèrent des bovins, yourtes, et égorgèrent beaucoup d’hommes. Le triste sort attendait aussi Salimguirey, mais il réussit à s'échapper. 
Il se souvint comment court d'haleine il courait vers la forêt salutaire sur la pente de la montagne, entendant derrière lui un bruit de cheval lourd. Horrifié, Salimguirey regarda et vit un grand cavalier noir avec un cimeterre soulevé au-dessus de la tête. C’était le chef du détachement mongol Taïbouly qui le poursuivait. 
Seulement la forêt dense le protégea de la mort certaine ... Mais même le temps et les tâches lourdes qui incombèrent à Salimguirey, ne purent pas effacer le visage du mongol.
Dans la tente de Koulagou il reconnut Taïbouly, et la voix du sang exigea la vengeance. 
Partout où Salimguirey avait été, dans tous les combats, où il avait participé, ses yeux avaient toujours cherché l'ennemi. Et maintenant, il semblait que le but était proche. 
Ayant chassé les souvenirs envahis mal à propos, Salimguirey venait de remarquer que Koundouze n’eut plus de ses belles tresses. 
- Pourquoi as-tu coupé tes cheveux? 
- Ce n'est pas moi ... C’est elle ... - de grosses larmes coulaient des yeux de la jeune fille. 
- Qui? 
- Togouze-khatoune ... Elle a dit que les filles avec de cheveux longs plaisent  aux hommes ... 
Salimguirey maudit. 
- Le temps viendra, et je vais jeter cette traînée en travers de la selle! – dit-il avec colère. - Ne t’inquiètes pas. La tête est intacte, et les cheveux vont encore pousser. 
Essuyant les larmes sur le visage, Koundouze essaya de sourire: 
- Vraiment? 
- Bien sûr. A votre toï avec Kolomon tu aura de nouveau de beaux cheveux. 
- Quand sera ce toï ? 
- Il sera. Et les cheveux pousseront vite et Kolomon va bientôt finir l’église... 
- Que le Dieu entende vos mots ... 
- Adieu, Koundouze ... 
*** 
Dans le sud, le jour mourait vite. Le soleil toucha à peine le bord de la terre, l'obscurité tomba sur le monde et les étoiles grandes comme des pommes scintillèrent dans la profondeur insondable du ciel. 
Salimguirey fut couché depuis longtemps dans les buissons de tchiy, écoutant la vie se calmer dans la Horde. Près des yourtes les feux s'éteignaient l'un après l’autre, sur lesquels on préparait le dîner, les aboiements des chiens s’entendaient, et de temps en temps des cris gutturaux des soldats qui gardaient les bancs de chevaux venaient des steppes. Le vent chaud soufflait en rafales. Les sommets de tchiy chuchotaient sèchement et mystérieusement.
Salimguirey était patient. La yourte noire, où les kiptchaks prisonniers se trouvaient, était au bord de la Horde, et même dans l'obscurité, éclairée par la lumière liquide des étoiles, il pourrait voir son dôme. La terre torturée par les sabots des chevaux pendant la journée, s’endormait. Quand il devint très calme, Salimguirey commença à ramper d'un buisson à l’autre. Collant l’oreille à la terre, il entendait le guerrier gardant les prisonniers faire le tour de la yourte. 
« Qui est cet homme? - pensa Salimguirey ? - Peut-être, c’est le fils unique de sa mère ? Mais c'est la loi de la guerre. Si je ne le tue pas, cinq mes amis mourront. Ce soldat, obéissant à l’ordre de son ilkhan, prend tous les étrangers pour ennemis. Mais pour moi, il est ennemi, et c'est parce qu'il ne s’est pas habitué à penser mais à obéir ».
Le chemin à l’ilkhanat de Koulagou était long. Salimguirey eut temps de penser à propos de beaucoup de choses se chaufant aux feux cachés faits quelque part au fond d'un ravin profond. Est-ce qu’il a fait bien ayant soulevé des esclaves à Saraï-Berké ? Est-ce que la mort de dix mille esclaves n’est pas un prix trop grand pour salut de Kolomon ? 
Salimguirey comprit soudain que cela ne concernait pas du tout Kolomon. Le cas avec le romey fut justement un prétexte. Quand Makhmoud Tarabi appela les gens à Boukhara avec lui, c’était la foi en ce que les gens brisés par les conquérants étrangers devaient se rappeler qu’ils n’étaient pas esclaves, qu’il y avait sur la terre une telle chose que la liberté. Un homme qui l’oublia devenait esclave, un homme, qui s’en souvenait, restait un homme même dans l'esclavage. 
Devant les yeux de Salimguirey soudain cette nuit terrible à Saraï-Berke se leva. Il vit un vieux esclave, dont on venait de faire tomber les fers. Il était sur la crête d'une clôture d'argile – d’un douval, levant haut les mains, et son visage ridé, éclairée par la lumière vacillante des torches, était beau. L'homme cria : 
- Gens! Voyez-vous, que je suis libre ! Il est mieux d’être homme pendant une nuit, que de vivre dans les chaînes cent ans ! 
Salimguirey voyait souvent en rêve cette nuit. Il voyait les rues jonchées des corps des morts, il entendait des cris de l'agonie et le tintement des sabres. 
Et alors il vit le visage heureux de l'esclave inconnu ... 
Le bruit lointain de cheval agita Salimguirey. La yourte noire était déjà tout près, et il se serra contre la terre, ayant peur de bouger. 
Le cavalier arrivé appela la sentinelle: 
- Hé, tu ne t’es pas endormi ici? 
- Non. 
- Regarde. Ne t’avises pas de t'endormir. Si quelque chose arrive aux prisonniers, ta tête roulera sur la terre... 
- Je le sais ... – le guerrier poussa un soupir dur. - Qu'est-ce qui se passera avec eux ? Leurs pieds et poings liés ... 
- La nuit est sombre... - dit le cavalier. - Dès que la lune se lève, je vais t’envoyer un remplaçant. 
- Qui sont ces gens? - demanda le guerrier. 
- Ils sont kiptchaks. Ils ont trahi leur khan, et notre ilkhan est du même sang avec lui ... Les descendants du grand Gengis Khan ne pardonnent pas la trahison, même quand ils se détestent l’un l’autre. 
- Oui, leur tort est terrible. Ils n’ont pas de pardon... 
- Sois sur tes gardes. Dans la Horde il y a beaucoup de kiptchaks, et qui sait s'il y en a parmi eux des proches des prisonniers. Tout peut arriver. 
Le cavalier tourna son cheval et partit lentement. Le bruit de sabots se calma bientôt. 
Salimguirey tira lentement son couteau et déchirant en silence son corps de la terre, se précipita vers la yourte. 
Quelques minutes plus tard, six personnes comme des ombres dans la lumière des étoiles, fondirent dans l'obscurité. Le vent soufflait toujours en rafales, et les tiges minces de tchiy se caressaient l’un l’autre, leur bruissement couvrait les pas prudentes des fugitifs. 
*** 
Quelques jours passèrent, et parmi les peuples habitant l’ilkhanat de Koulagou le bruit courut que dans les montagnes des gens libres apparurent qui attaquaient des troupes mongoles. Ils ne touchaient pas et n’offensaient pas les gens simples, mais ils ne faisaient pas de grâce aux collecteurs d'impôts de khan. 
Quand les nouvelles atteignirent les oreilles de Koundouze, la joie de la jeune fille ne connaissait pas de limites. Alors, Salimguirey était vivant et réussit à faire ce qu’il conçut, et cela promettait  une délivrance prompte du sort de l’esclave. 
Seulement ilkhan Koulagou ne fut pas touché par le message concernant les gens libres. Comment lui, grand et puissant, pouvait-il avoir peur d’une bande errante ? Il ordonna tout simplement à son vizir d’envoyer un détachement pour capturer les rebelles et tout de suite il l’oublia. 
La Horde vivait par sa vie habituelle. Une personne inconsciente aurait semblé que de nombreuses yourtes dispersées dans la steppe, avaient été installées n'importe comment et n’importe où. Mais celui qui suivait les ordres du grand Gengis Khan, savait que lorsque la Horde changeait lieu, quittant le morceau de la steppe piétiné en poussière noire, elle mettait sa nouvelle ville de feutre dans un ordre spécifique. 
Des chaîne de lourds chariots à deux roues craquaient, des caravanes infinies de chameaux criards et méchants allaient avec fardeaux encombrants. Entre les bosses tendues et élastiques des femmes et des enfants furent assis. 
Après un peu de temps, et ce mouvement apparemment aléatoire et de l'agitation se transformaient soudainement en première ligne de yourtes. Elles étaient blanches et les plus grandes, destinées à l’ilkhan : yourte-palais, yourte pour accueil des ambassadeurs, yourtes où les vizirs habitaient dans la journée. Derrière la ligne de khan il y avait la ligne où les vizirs habitaient, puis il y avait la ligne pour les femmes du khan. Plus loin les habitation de noukers, noyons, guerriers se trouvaient. La Horde construisait sa ville en dix lignes. 
Et si le Khan était chrétien, on trouvait un lieu  pour la yourte-église et pour les yourtes, où les prêtres habitaient. Si le seigneur de la Horde professait islam, les yourtes-mosquées étaient érigées ... 
Koulagou dérogea à une règle de steppe - il sépara ses femmes de la Horde et leur permit d’installer leur propre aoul séparé. 
Il fut ainsi cette année-là. Les femmes de l’ilkhan choisirent un endroit près du principal quartier dans la partie large du vallon verdoyant, près du lac. 
La plus grande et la plus belle yourte était la yourte de la femme en chef Togouze-khatoune. Elle était comme une montagne blanche, et un ornement merveilleux de velours rouge la décorait. A un jet de pierre d’elle la yourte de la seconde épouse décorée d’ornament de velours bleu se trouvait, encore plus loin il y avait la yourte de la troisième épouse en ornements verts  ... 
Contrairement aux aouls de kiptchaks où les yourtes étaient placées où les propriétaires voulaient, les mongols les installaient en ligne de l'ouest à l'est. 
Dans l’aoul des femmes on ne rencontrait pas souvent un homme. Seulement de temps en temps un eunuque parcourait d’une yourte à l’autre, en donnant des ordres à voix de fausset à une des esclaves. Même le soir quand l’ilkhan y arrivait accompagné de sa garde, tout dans l’aoul était en plien ordre. Tandis que Koulagou s’adonnait aux plaisirs avec l'une des épouses, les noukers étaient supervisés par les eunuques, et ils n’avaient pas le droit de quitter d’une semelle la place qui était réservée pour eux. Seulement un fou aurait osé pénétrer dans l’aoul de femmes. 
Rien ne troublait sa paix dans ces jours-là. Comme toujours avant le coucher du soleil, soulevant un nuage de poussière d'or des rayons du soir, un grand troupeau de chevaux courait vers le lac pour boire de l'eau. Dans le silence du soir on pouvait entendre les animaux boire de l’eau goulûment en reniflant, un étalon hennir furieusement en mettant de l’ordre dans le troupeau. 
Koundouze écoutait ces sons avec émotions, et la nostalgie de Kolomon, de la liberté qu’elle avait subitement perdu serrait le cœur. L’automne approchait. Et bien qu’il ait été grand temps pour la fraîcheur, mais les journées furent toujours chaudes, et le vent soufflant de la steppe apportait de la chaleur et des odeurs d'herbes non foulées. 
Koundouze se sentait mal. Emaciée, calme,  indifférente à tout ce qui se passait autour, elle gardait le lit dans la yourte pour les esclaves. La somnolence visqueuse obscurcissait son esprit. Si elle avait connu ce qui se passait à ce moment-là dans la yourte de Togouze-khatune, elle aurait trouvé la force de se lever et de voler là comme un oiseau. 
A ce moment-là Togouze-khatune était assise, entourée par d'autres femmes de l’ilkhan. L’eau noire de la terre brûlait vivement dans les flambeaux, et l’eunuque enflé de gras aux yeux mi-clos et se balançant par son corps, racontait d'une voix mince l’ancienne légende « Sal-Sal »: 
- Et puis un monstre à éléphant arriva, 
Et ses pieds traînaient sur la terre... 
Soudain la porte s'ouvrit doucement, et les guerriers avec des épées tirées firent irruption dans la yourte. 
Quelqu’une des femmes cria faiblement. 
- Tais-toi! Que chacun reste en place - ordonna impérieusement le guerrier à moustache noire. 
Togouze-khatoune tomba sur le tapis face contre terre, serrant un oreiller de satin contre la poitrine. Le guerrier s'avança vers elle. 
- Où est la fille de kiptchak, que tu as coupé les tresses? 
La khancha soit par crainte soit par entêtement se tut. 
- Je te demande pour la dernière fois! 
Une flèche siffla finement derrière le mur de feutre de la yourte, l’ayant éventré elle tomba aux pieds du guerrier. Des cris, des sonneries de sabres furent entendus dans la rue. 
Il se pencha et tira fortement Togouze-khatoune par la main: 
- Lève-toi. Tu vas avec nous. 
La khancha se tenait devant lui, pâle, à moitié habillée. 
- Habille-toi! – cria le guerrier, écoutant avec impatience les sons extérieurs. 
Togouze-khatoune rit soudain. Elle comprit que la garde trouva les étrangers et elle aura été bientôt mise en liberté. 
- Et j’ai pensé que vous avez dit de me mettre à nu... 
- Le temps viendra, et peut-être tu vas entendre ces mots. Maintenant, allont ... – Le guerrier la saisit brusquement par l'épaoule et mit à la gorge la lame de couteau. Eh, donc! 
Togouze-khatoune se rendit compte que le désespoir pouvait pousser le guerrier à tout, et l'aide était encore loin. 
- Je vais te donner la fille de kiptchak, - dit-elle d'une voix rauque, en regardant la lame tranchante. 
- Trop tard. Tu vas avec nous ... 
Togouze-khatoune se soumit soudainement. Son désir de survivre à tout prix la posséda. 
Deux guerriers prirent les bras de la khancha et la traînèrent vers la porte. 
L’homme à moustache noire se tourna vers les autres femmes : 
- Votre tour viendra la prochaine fois ... Nous nous en allons maintenant, mais si quelqu'une d'entre vous crie, elle ne verra jamais le soleil! 
Poussant des cris perçants, l’eunuque se roula dans la peur par terre comme un morceau de pâte. 
Les guerriers disparurent. Le bruit fort de sabots s'évanouit dans la steppe, et seuls des cris gutturaux et des sonneries de fer venaient par écho de l'obscurité de la nuit quand le poursuivant et le poursuivi s’attaquèrent dans un court combat. 
Les guerrier de Salimguirey s’en allaient dans les montagnes, dans les gorges sombres, où ils auraient pu échapper à ses poursuivants. Il firent une affaire audacieuse sans précédent. 
Salimguirey médita beaucoup comment aider Koundouze. La décision vint soudainement. 
Les chevaux de Khan, qui furent chassés habituellement au lac pour boire de l'eau, dans la journée pâturaient  dans les contreforts, et les guerriers de Salimguirey, ayant saisi le bon moment, lièrent des bergers, mirent leur vêtements, ils eux-mêmes chassèrent les chevaux à l’ abreuvoir de soir. 
Lorsque les animaux étanchèrent leur soif, il ne fut pas difficile de les envoyer pas par le chemin habituel, mais de les tourner à l’aoul d’épouses du khan. La garde allarmée se précipita à la rencontre pour que dans l’obscurité arrivée le troupeau semi-sauvage n’ait pas piétiné les yourtes et leurs habitants. Et Salimguirey saisit cette occasion. 
Le salut de Koundouze échoua. Ses soldats furent découverts, et ils durent quitter rapidement. Voilà donc, ne voyant pas d'autre issue, Salimguirey décida de prendre en otage l’épouse favorie de l’ilkhan Togouze-khatoune. 
Cela ne se passa jamais dans la Horde. Le détachement qui galopa dans l’aoul de femme ne pouvait rien faire. La nuit cacha les guerriers audacieux de Salimguirey, et le vent prit la poussière soulevée par les sabots de leurs chevaux. Le khan furieux ordonnait de couper les têtes coupables et innocents. 
Une semaine plus tard, un guerrier mongol blessé arriva en galop dans la Horde. Les gardes l’amenèrent immédiatement à Koulagou. Se traînant aux pieds de l’ilkhan, mendiant de lui laisser la vie, le guerrier dit que dans les montagnes une bande avait attaqué son détachement. Ils lui avaient seulement accordé grâce,  ayant ordonné de dire à l’ilkhan qu'ils auront rendre Togouze-khatoune en échange de la jeune fille de kiptchak appelée Koundouze. 
La colère étouffait Koulagou, mais il n'y avait pas d'autre choix. Il s’humilia. Togouze-khatoune lui manquait beaucoup, et l’ilkhan ne pouvait pas se permettre aux peuples soumises de parler de son impuissance et de sa faiblesse. Le temps sera venu, et il allait sévèrement punir ceux qui avaient osé humilier sa dignité. Maintenant, il devait consentir à la demande des bandits. 
Par ordre de l’ilkhan quatre noukers apportèrent Koundouze sur le lieu désigné. 
*** 
Avant de libérer Togouze-khatoune Salimguirey dit: 
- Tu es libre, car tu n’as pas des torts envers nous, mais dis à l’ilkhan que le temps viendra où il devra répondre. Le sang versé peut être racheté seulement par le sang ... 
La khancha se tenait devant lui, belle, un peu ronde. Le sourire toucha ses lèvres pulpeuses rouges. 
- Je vais le dire à l’ilkhan ... Mais est-ce que tu ne me lâches pas trop tôt ? 
Salimguirey se détourna avec mépris. 
- Tu as hâte en vain. Tes guerriers peuvent s’offenser. Ils vont s'ennuyer ... 
Salimguirey regarda les soldats debout autour lui. L'un d'eux rougit soudain, baissa les yeux, l'autre poussa sa moustache noire et montra ses grand dents dans un sourire. 
- Va-t’en! 
- Eh bien ... Ta volonté ... Voici tu es ilkhan ... 
Togouze-khatoune s’approcha du cheval et s’envola dans la selle facilement, presque sans toucher l'étrier. 
Les chevaux de deux femmes se réunirent sur le sentier, et se regardèrent dans les yeux l’une de l'autre. Togouze-khatoune le fit audacieusement et gaiement, Koundouze  eut l’air fatigué et triste. 
Salimguirey prit lui-même les rênes du cheval de Koundouze  et l’aida de descendre de la selle. 
La jeune fille enfouit son visage dans sa poitrine, et ses épaoules tremblèrent. 
- Ne pleure pas, - dit le guerrier doucement. – Il ne faut pas pleurer. Ça va... Nous allons bientôt dans les steppes de Kiptchak. 
Koundouze s’écarta de Salimguirey et regarda ses yeux dans la peur et l'espoir: 
- Et comment Kolomon? 
- Ne pleure pas, jeune fille ... - répéta Salimguirey. - Tout sera bien... 
*** 
Comment Koundouze  pouvait-elle savoir ce que Salimguirey savait. L’amour et l’affaire auxquelles l’homme se donne entièrement, l'aident à trouver des ailes. Et ces ailes servent sûrement à l'homme malgré des malheurs qui auront pu lui arriver.  
De longues années d'esclavage ne brisèrent pas Kolomon. Auparavant son affaire l’aidait à vivre, mais maintenant, quand l'amour arriva, le monde était plein de couleurs étonnantes, et il lui semblait que le temps était infini, qu’il pouvait tout recommencer. 
Les mots de Koulagou concernant Koundouze flanquèrent comme un couteau sur le coeur chaud vivant: « Tu ne la verras qu’après que tu as terminé de construire l’église." 
Qu’est-ce que l'esclave d'hier aurait pu faire, si l’ilkhan le voulut ? La désobéissance signifiait la mort. Mais maintenant Kolomon avait l’amour et il valait la peine de vivre pour elle.  Il eut à travailler, croire et attendre. 
Et n’importe de quoi Kolomon fut occupé, n’importe quelle affaire  il faisait dès le moment où les noukers de khan l’avaient apporté à Gyandj, Koundouze se tenait devant ses yeux instamment. Il vit son visage dans les dernières brouillards de la nuit, glissant des gorges de la montagne, elle lui venait dans les rêves. 
Le romey travaillait avec abnégation, tout instant perdu en vain, lui semblait une éternité. Seulement l’achèvement rapide aurait pu approcher de lui la rencontre la plus chère. 
Le coeur sensible mettait Kolomon en garde: « Ne crois pas à l’ilkhan »,  - mais l’espoir vacillait par une étincelle faible, par le fil conducteur. 
Il aimait construire des églises. Contrairement à la mosquée musulmane, où il était autorisé de décorer les murs seulement par ornement, dans l'église il était autorisé de faire beaucoup. 
Kolomon aimait toujours dessiner des visages humains. Même les visages des saints, nés de son pinceau, rappelaient parfois étonnamment les gens réels, qu’il avait rencontrés une fois sur la route de la vie et il les avait gardés dans sa mémoire. 
Et de nouveau, comme à Saraï-Berké, l’idée de dessiner Koundouze saisit Kolomon. Le romey n'était pas fou mais il ne put pas s'acquitter de la tentation qui s’empara de lui tout à coup. 
Il savait qu'il aura commis un sacrilège, s'il plaçait sous les voûtes de l’église chrétienne, une jeune fille musulmane. La peine aura été féroce. L’ilkhan sera venu obligatoirement pour voir l'église, et il se souvenait sans faute Koundouze, et alors ... 
Kolomon commença déjà à faire l’autel. Il écrivait des saints rapidement et habituellement, et le seul endroit où la Mère de Dieu devait être représenté, fut encore vide. 
L’esprit avertissait le romey lui représentant des images de la terrible punition, mais sa main, serrant le pinceau, tendait vers le mur préparé, obéissant seulement au cœur. 
Chaque jour approchait le temps de la fin des travaux et l'heure où il devait prendre sa décision finale. Et une fois son cœur étouffa l'esprit. Le pinceau toucha le mur empâté ...
L’ilkhan lui-même arriva à la consécration de l'église. Il fut sombre et distrait - sa maladie se faisait sentir plus en plus, et Koulagou comprenait que la fin approchait. Ayant examiné rapidement ce que le romey avait fait, il ordonn a de le récompencer d’une poignée de pièces d'or. 
Déjà assis à cheval, se préparant à toucher la bride, tout à coup, comme s'il se souvint de quelque chose, il se tourna vers Kolomon : 
- Veux-tu me demander quelque choce, romey ? Je m’en souviens et je tiendrai ma parole ... – Koulagou eut un sourire forcé. - Ta femme est sain et sauf, mais tu ne peux pas toujours la voir. Bientôt mes tumens vaillants vont entrer dans la Mecque. Après que tu construis dans ce nid de l’Islam une église chrétienne, rien ne t’empêchera plus d'être uni avec ta bien-aimée. 
L’ilkhan se retourna et lança son cheval. Kolomon se précipita de lui avec cris, mais les noukers accompagnant Koulagou, jetèrent le romey dans la poussière de la route. 
La foi par laquelle tout ce temps Kolomon avait vécu s’effondra, et le désespoir la remplaça. Il n’eut pas de désir de vivre. Ce que l’ilkhan dit, ne laissait aucun espoir. Et seulement les amis avec lesquels il s’était échappé de la Horde d'Or, ne lui permirent pas de mourir dans ces jours-là. 
Kolomon ne savait pas que faire, comment agir. 
Mais moins d'une semaine après le départ de Koulagou les tumens rapides de Nogaï, comme un ouragan, portèrent un coup aux murs de Gyandj, et les ayant écrasés, ils firent irruption dans la ville. La bataille fut sanglante, mais courte. Les citoyens se battaient désespérément, mais il y avait beaucoup d'ennemis. Le torrent de cavaliers en vêtements couverts de poussière grise de steppe se versait dans les rues de la ville, tuant, pillant, violant. 
Kolomon avec des esclaves et citoyens trouvèrent refuge dans l’église qu’il venait de finir. 
Momifié, aux yeux profondément enfoncés, le romey combattit farouchement. Le désespoir guidait ses actions. Décochant une flèche suivante aux ennemis qui entourèrent l'église, Kolomon ne pensait pas qu’il défendait la demeure du dieu qu’il adorait toute sa vie. Maintenant le romey défendait lui-même et Koundouze, qui, comme dans les jours de bonheur qui était tombé en partage, était avec lui. Fidèlement, purement et clairement, elle le regardait de l'autel. 
La flèche avec le plumage noir entra dans la poitrine de Kolomon. Il ne sentait aucune douleur, seulement la voûte grondante du temple tournoyait soudainement au-dessus de lui, et étant couché sur les tuiles de pierre du plancher, il vit les yeux sévères du Dieu, les anges légers aux ailes blanches s'élancèrent comme des hirondelles effarées sous le dôme bleu. 
Soudain, Koundouze se sépara de la paroi, et s’approcha de Kolomon, s'agenouilla et ferma ses yeux avec ses paumes. 
Et des béliers mongols frappaient rythmiquement  et grondantement contre la porte ferrée de l'église. Des chevaux hennissaient aiguëment et terriblement... 
Berkenjar qui arriva avec une armée de cinquante de la Horde d'Or à aider Kaïdou, tomba gravement malade. 
Les lois de Gengis Khan prévoyaient le pareil. Afin de ne pas perdre un temps précieux, les représentants des tumens s’étant réunis, devaient se confier à la volonté du destin et tirer au sort. Celui qui était le plus heureux, sera devenu lachkarkachi de l’armée entière. 
Mais cette fois-là, ils se passèrent sans tirer au sort. Mengou-Témir, errant dans la basse Seykhoune, ayant entendu parler de la maladie de Berkenjar, arriva avec le détachement de mille cavaliers à la disposition de l’armée et prit les troupes des mains du frère malade du Khan de la Horde d'Or. 
La bataille eut lieu près de la ville de Sairam, et Barak, écrasé par les forces conjointes de Mengou-Temir et Kaïdou, s'enfuit en profondeur dans la Transoxiane. 
Mais les gagnants ne le poursuivirent pas. Ayant atteint Otrar, ils s’arrêtèrent et décidèrent de laisser leur armée se reposer. 
S’étant installé Khodjente, Barak se mit à recueillir frénétiquement une nouvelle armée. Il avait besoin des armes, mais il n’en avait pas du tout. Et alors, sur les conseils du clergé musulman, ayant menacé des massacres, Barak exigea des artisans de Boukhara et Samarkand, de faire pour tout dont il avait besoin. 
Fatigués d’exactions et de pillage, sans voir d'autre issue, les artisans consentirent. 
Des forges se mirent à travailler dans les rues et dans les cours. Jour et nuit, ils ne cessaient pas de travailler,  les marteaux sonnaient sur des enclumes, le fer rouge sifflait, soulevant des nuages de vapeur sur les pots avec de l'eau, se transformant en acier. 
Et de nouveau, comme les années précédentes, soudainement le nom de Tamdam apparut sur les lèvres des citoyens. Il devint agité à Boukhara et Samarkand. Le murmure était parfois plus terrible qu’un cri. 
*** 
Kaïdou, arrêtant ses tumens près d’Otrar, gagnait obstinément du temps, il ne se hâtait pas d’entrer dans les terres de Maverannakhr. Les noyons le pressaient, en disant que à ce moment-là quand Barak avait perdu son armée, c’était une occasion de venir au bout de lui. 
Kaïdou resta silencieux. Lorsque Mengou-Temir se mit à lui répéter la même chose, il dit: 
- C’est le maître de la Horde d'Or Berké Khan va dire ce que nous devons faire plus loin. 
Kaïdou comme si devina les pensées de Berké. Lui, il voulait annexer le Maverannakh, mais il en avait peur. 
Jusqu'à présent, les guerres qu'il avait menées, aucun Chingizid ne pouvait pas condamner. Berké exécutait la volonté de l’homme qui avait fait trembler tout l’univers  - il regagnait les terres qui appartenait à l’ulus de Djoutchi selon son testament. S’il prenait le Maverannakhr, cela aura signifié qu’il mit la main sur l’ulus de Djagataï. Cela menaçait au Khan de nombreux maux. 
Le Caucase du Nord, Chirvan, les terres jusqu'à Otrar furent retournés par lui et appartenaient de nouveau à la Horde d'Or. 
Berké comprenait qu'il n’aurait jamais fait ce que Batu khan avait réussi à faire. Mais il fut difficile de garder la puissance de la Horde d'Or. Et il réussit à le faire. De nouveau, les terres appartenantes à la Horde, devinrent immenses, et le coeur du khan avait raison de battre avec joie. 
Il fut calme même dans les villes des oroussoutes. Ils ne pouvaient pas encore se remettre de la violence mongole. Eh bien, si les oroussoutes osaient encore lever la tête, les chevaux dans la Horde étaient toujours rapides, et ses guerriers n’oublièrent pas de savoir bien manier du sabre et de l'arc tendu. 
Le khan aimait le silence, mais quelque part au fond de son âme une angoisse permanente inexpliquée vivait. Il était tourmenté par l’acte mystère de Batu Khan. Il cherchait sans trouver  de réponse pourquoi ce guerrier sage et expérimenté ne s’était décidé pas de rester toujours dans les terres de Kharmankibe. Là il y avait des herbes hautes et de l'eau propre, et tout aurait été assez pour les chevaux mongols et les guerriers courageux. Mais Batu Khan n’avait pas coincé dans ces terres son drapeau blanc à  neuf queues de Chigiz Khan, mais il s’est retourné dans les steppes de Kiptchak. Pourquoi? 
Les tumens mongols avaient vaincu, et il n'y avait aucune force capable à cette époque-là de s'opposer à eux. Et si Batu avait eu peur pour l'avenir de la Horde, s'il avait vu quelque chose que personne n’avait pu voir ? 
Quand Berké y pensait, il se sentait mal à l'aise. Il voyait un mystère incendiaire dans l'acte de Batu Khan. 
Nogaï disait que nous aurons du entrer dans les terres des oroussoutes pour les faire les nôtres, et transformer les oroussoutes en mongols. Il était facile de le dire. Mais est-ce que Nogaï était plus intelligent que Batu ? Non. Berké était sûr qu'il était plus intelligent que Nogaï seulement parce qu'il suivait en tout le chemin déterminé par Batu Khan, et il ne changea jamais la direction. 
Batu avait enseigné à régner sur les oroussoutes de l'extérieur, et à régner impitoyablement. Il devait agir ainsi.  
Les fidèles arrivant à la Horde avec des caravanes de marchands, disaient que les chevaliers allemands se mirent de nouveau en campagne contre Novgorod et Pskov pour maîtriser les terres des oroussoutes de l'Ouest et du Nord. Etait-il possible que les princes n’en connaissaient rien ? Et s’ils le connaissaient pourquoi ils gardaient le silence? Etaient-ils si sûrs d’eux et si n'avaient-ils pas peur de leurs anciens ennemis? 
Ce silence semblait au khan suspecte. Eh bien, si les oroussoutes demandaient de l’aide, alors ce qu’il aurait dû faire dans ce cas? 
Voici Berké ne douta de rien. Il aurait dû aider aux princes parce que aucun chasseur ne donnait à l’autre un renard rouge, qui aura renoncé volontairement à son affluent? ..
Nogaï regarda l’espion en dessous d'un air sombre. Vêtu en lambeaux d’un derviche, au visage barbouillé de cendre, mince et noir, il se tenait en face de lui, salua respectueusement et dit: 
- Les fugitifs se cachent dans les montagnes. Chacun d'eux est bon tireur, et tous sont courageux comme les onces. Ils ne touchent pas les pauvres et ils ne traquent que les collecteurs d'impôts ... je connais pas leur nombre, mais en jugeant par les traces laissées par les sabots des chevaux, il y a beaucoup de fugitifs. 
- Va. Je vais ordonner de te récompenser, - dit Nogaï. 
Lorsque l’espion s’en alla, il resta assis seul pendant longtemps en pensant comment agir.  
Nogaï qui avait vaincu Koulagou rusé et audacieux, n’avait pas peur des bandits. Pourtant, il était nécessaire de prendre des mesures. Ce n’était pas pour la première fois dans sa longue vie du guerrier, qu’il rencontra le pareil. Rien ne pouvait ébranler l'ordre établi par les mongols sur les terres conquises, mais quand des infidèles apparaissaient, ils ressemblaient à une écharde dans la main qui tenait le sabre. Il était nécessaire de se débarrasser d’eux pour ne pas se sentir irritation et démangeaison constantes. 
Des campagnes précédentes Nogaï savait que la punition pour telles personnes devait être terrible pour installer la terreur dans les âmes de ceux qui l’auront vue. Donc, il décida d'envoyer cinq guerriers à la capture des infidèles. 
Nogaï ne savait pas que Salimguirey s’arrêta pour peu de temps dans les terres conquises. Les fugitifs se dirigèrent vers les steppes de Kiptchak. 
Le brave guerrier réalisa son projet. L'homme qu’il avait vu dans la tente de Koulagou, avait vraiment été Taybouly. Ce fut lui, qui avait égorgé la famille de Salimguirey. Le dernier cherchait cette rencontre avec le noyon odieux et enfin il le rattrapa sur la rive de la rivière, où le noyon installait ses yourtes, avec l'intention de s’amuser à chasser.  
Ayant pris avec lui seulement quarante soldats les plus courageux et dévoués, pendant la nuit Salimguirey attaqua le camp de Taybouly. 
La bataille était courte. Les guerriers du noyon qui n’attendaient pas des attaques militaires sautaient à demi vêtus des yourtes, et là des sabres et flèches les rencontraient. 
Salimguirey vit ce qui il avait cherché. Taybouly, baigné dans la pénombre de la lune, se tenait près de sa yourte, et criait quelque chose, en agitant son sabre. 
Salimguirey s’en prit au noyon au galop et frappa à tour de bras la tête avec le chokpar – un bâton court avec un épaississement au bout. 
Il n’entendit pas le bruit du coup, mais s’étant retourné et il vit le grand corps de Taybouly abaisser doucement sur la terre. 
La vengeance s’accomplit, et Salimguirey cria à ses guerriers de se retirer. Il n'y avait rien à faire. 
Avant que les soldats du noyon avaient trouvé et sellé leurs chevaux, les cavaliers de Salimguirey furent déjà loin. 
Quelques jours plus tard le détachement franchit les crêtes de montagne et entra dans les possessions de la Horde d'Or, où il y avait les tumens de Nogaï. 
Ainsi que la rivière recueillait les ruisseaux, le détachement de Salimguirey devenait de chaque jour de plus en plus nombreux se compétant des ossètes et des circassiens des montagnes. 
Les guerriers qui avaient perdu leur patrie, les gens à qui la mort ou l'esclavage attendaient partout, lors de la rencontre avec les troupes mongoles combattaient désespérément. Les fugitifs se transformèrent en une force féroce, et là où ils apparaissaient, les habitants locaux partageaient avec eux du pain et de la viande, leur montrant les sentiers cachés. 
Koundouze, ayant appris de la mort de Kolomon resta dans le détachement. Il était difficile de trouver en elle l’ancienne jeune fille douce et tremblante. Habillée de vêtements d’homme, elle savait rester en selle pas pire qu’un guerrier, elle savait tirer à l'arc et participait à toutes les batailles contre les mongols. 
Koundouze  n'avait plus l'homme qu'elle aimait, et c’était pourquoi sa maison paternelle devint pour elle le détachement de Salimguirey. 
De chaque jour, son cœur se pétrifiait, et elle respirait la vengeance. Dans tous les malheurs qui tombèrent pour sa part, et qui prirent son bien-aimé, Koundouze accusait Berké Khan. 
Elle était franche seulement avec Salimguirey, seulement celui qui avait vu son bonheur court, pouvait comprendre Koundouze. Et Salimgirey la consolait autant qu'il pouvait. 
Il ne savait pas que le maleur était déjà sur leur piste. Les guerriers envoyés par Nogaï cherchaient obstinément les fugitifs et il était impossible d’éviter la rencontre avec eux. Selon le courage et la compétence les adversaires furent égals, mais les poursuivants furent en nombre et la force brisait la force. 
Plusieurs fois le détachement réussit à sortir de l'anneau. Mais à chaque fois de moins en moins de soldats restaient à Salimguirey. Personne d'entre eux n’espérait pour la miséricorde, et donc ils préférèrent mourir plutôt que se donner dans les mains des poursuivants. 
Une fois, quand il semblait que tout était finalement derrière, le détachement fut pris dans une embuscade. Salimguirey et Koundouze se défendaient coude à coude des ennemis pressants, mais tout à coup le cheval de la jeune fille se cabra. La dernière chose que Salimguirey put voir fut une flèche qui sortait de la gorge du cheval et des serpents noirs d’arcanes de crin, qui entrapèrent Koundouze. Il ne put pas se frayer à l’aide. 
Les mongols furent très étonnés, quand il s’avéra que le guerrier qu’ils avaient pris était une femme. 
Touday-Mengou, chef du détachement, en regardant le visage de Koundouze, frappé par sa beauté, et fit claquer sa langue et répéta : 
- Et une telle belle pourrait mourir! Pai-Pai! La jeune fille est batir! Je vais la prendre pour ma cinquième épouse. Qu’elle donne naissance à mes fils, aux guerriers intrépides ... 
Mais ayant appris de la prisonnière étonnante Nogaï la prit de Touday-Mengou. 
- Je vais l’envoyer à Berké Khan, - dit-il. - Tout ce qui a un prix appartient à notre maître. Une telle beauté coûte mille pièces d'or. 
- Donne-moi la jeune fille, - pria Touday-Mengou, - je vais moi-même payer à quelqu'un cette mille! 
Mais Nogaï fut catégorique. 
Berké reconnut Koundouze. Et de nouveau, comme quand il l’avait vue pour la première fois à l'aube, à un beau amblier le désir s’éveilla dans son âme. 
En regardant la jeune fille aux yeux cochon, le Khan dit: 
- Allah est grand! Où que tu sois, où que tu tentes de te cacher, il me t’a rendue. Ainsi, il sera pour toujours et à jamais ... 
Koundouze était silencieuse. Si Berké savait combien de haine s’accumula dans l’âme de la jeune fille, il aurait ordonné tout de suite de l’exécuter. 
Le khan envoya d’appeler sa jeune femme Akjamal, fille du bay de la famille d’arguyn, et lui ordonna: 
- Prends la prisonnière chez toi, et qu’elle soit la sœur pour toi. Au cours de ses pérégrinations elle est devenue rude. Enseigne-lui ce qu’une femme doit savoir ... 
« Le temps viendra, - Berke pensa, - et je vais la faire ma femme. C’est importe qu’elle ne le voudra pas ! Genghis Khan le Grand a enseigné : «  Si ton ennemi a perdu ses forces, ne le tue pas, mais il est mieux de le déshonorer ». Toute femme se soumettra à celui à qui la Horde d'Or obéissait. Qu’elle jette sa gourme, s'habitue à l'idée qu'elle n'a pas d'autre issue. Pourtant la même chose a été avec Akjamal. Et maintenant, elle est obéissante... » En pensent sur Akjamal une douce langueur saisit le cœur du khan. 
La jeune femme était bonne. Son visage était rose et son corps était blanc et souple, comme un roseau. Elle ne voulait pas non plus devenir sa femme. 
Elle était la plus cadette dans la famille du bay d’arguyn, du propriétaire  d'innombrables troupeaux de chevaux. Akjamal avait été gaie et gâtée ... Mais le temps était venu ... 
Le sort de la jeune fille ressemblait à celui du poulain. Quand le poulain devenait strigunok, on lui mettait un licou. Quand la petite fille grandissait en âge, elle devait mettre un kimechek, une coiffe blanche. Et depuis ce temps comme si le vent emportait toutes les fredaines, toute la légèreté. 
A seize ans, Akjamal en fut réduite à mettre son kimechek et à devenir la femme de Berké Khan. 
A quoi cela servait-il qu’elle avait résisté et avait pleuré. Son père, craignant la colère de Berké, avait lié sa fille avec un lasso et avait envoyé Akjamal à celui qui l’avait souhaitée.  
Berké se souvenait bien comment il avait vu Akjamal pour la première fois. Il avait alors rendu visite à son frère Ordou, le maître de la Horde bleue. En revenant de la chasse, ils s’étaient arrêtés dans un aoul riche des arguyns pour étancher leur soif – pour prendre du koumyss. Là, la jeune fille était tombée sous ses yeux.  
- Donne-moi cette fille, - demanda Berké au frère. 
Ordou dit au bay: 
- As-tu entendu la demande du khan de la Horde d'Or? Fais ce qu'il veut. Et si tu ne donnes pas ta fille ... 
Il pouvait sans dire le dernier. Qui aurait osé contredire la volonté et le désir de deux Khans? 
Donc Akjamal était devenue la quatrième épouse de Berké. 
Le temps passait, et elle ne pouvait pas tomber en amour avec le Khan. Son corps lui appartenait, mais l'âme restait indocile et libre. 
Berké le sentait, et parfois l’irritation le saisissait, mais il ne pouvait pas ne pas admirer la beauté triste d’Akjamal. 
Confiant Koundouze à sa jeune femme, Berké ne comptait que Akjamal sera devenue plus gaie.Le khan conçut une autre chose. 
Il se souvenait comment une fois, quand il l’avait apportée les autres femmes, qui avaient vécu avant en amitié et en paix, avaient soudainement commencé à se quereller entre elles et étaient devenues jalouses de lui envers Akjamal. Maintenant Berké voulait que la jalousie ait enflammé dans Akjamal envers sa rivale. Car Akjamal était une femme et son cœur ne pouvait pas rester indifférent et calme, si une autre femme prenait sa place. Et si elle devenait jalouse – elle n’aura pas compris qu’elle aura cherché à l’amour et à la disposition du Khan. 
Les jours passèrent, mais les espoirs de Berké ne se réalisèrent pas. Le jeune vizir, chaque matin rapportant au Khan ce qui se passait dans ses yourtes de femme, lui racontait que Akjamal et Koundouze ne se querellaient pas du tout, mais, au contraire, elles devinrent amies. 
Le khan savait que son vizir ne trichait pas, et en même temps il ne voulait pas y croire. Il était impossible qu’une belle femme n’était pas jalouse de l’autre. Probablement, Akjamal faisait semblante d’être indifférente concernant le fait si Koundouze serait une fois devenue femme du Khan ou non. 
Un jour, comme d'habitude, le khan accompagné par ses noukers, arriva vers le lac de roseaux. L'été cette année-là fut pluvieux, mais l'automne calme et chaleureux vint, tout en robes colorées. Les forêts lointaines brillaient d’or et de pourpre, et même la steppe ne semblait plus si sèche et brune, et elle ressemblait à un tapis coloré doux. Des fils d'araignée minces d'argent brillaient doucement dans la lumière dorée du matin. 
Sur la surface du lac il y avait le cygne solitaire. Parfois, il tendait son beau cou mince au ciel sans fond fané pendant l'été et son cri chagrin volait sur l'eau, sur les roseaux bruissant mystérieusement. 
Les oiseaux s’envolèrent aux pays chauds qui apparissaient en été sur le lac à côté du cygne solitaire. Ils étaient sauvages et libres et ils avaient des ailes fortes. 
Berké n’avait plus peur de la solitude de son oiseau sacré. Les affaires dans la Horde étaient en ordre, et ce qu’il avait en tête se passa. Tous les Chingizids qui le regardaient avidement et envieusement comprirent que la Horde d'Or était toujours forte et était capable dee de punir toute personne qui osait lever son épée. 
Il était étrange, mais le cri  triste du cygne réveillait dans l’âme de Berké pas une tristesse mais un sentiment calme de satisfaction et de joie. 
Le khan prêta l’oreille. Quelque part derrière les roseaux, des voix basse lui vinrent. 
Berké se leva sur ses étriers, en essayant de voir qui était derrière le mur des roseaux minces. C’étaient Akjamal et Koundouze. 
Les femmes allaient directement vers lui, et à distance, derrière elle, à une distance respectueuse ses servantes allaient. Les noukers de la garde des femmes de khan fermaient la marche. 
Akjamal baissa la tête mais le khan voyait bien le visage de Koundouze. La rougeur facile couvrait ses joues, elle parlait avec animation de quelque chose à sa compagne. Il admirait involontairement la stature svelte de la jeune femme. 
« Pourquoi est-elle heureuse ? » - pensa Berké soudain avec irritation. - Je lui dirai qu'il est temps de devenir ma femme, et je verrai sa réaction sur son visage." 
Le khan toucha à peine la bride de son cheval et bloqua le chemin aux femmes. Elles tressaillirent de surprise et s’arrêtèrent. 
Berké se mit à rire légèrement et avec méchanceté. Sans détacher les yeux tenaces et froids du visage de Koundouze, il  dit: 
- Je veux que demain tu deviennes ma femme. 
Dans les yeux grands et beaux de Koundouze des feux flashèrent ni de la joie, ni de l'orgueil. Elle baissa la tête. 
- J'obéis ta volonté, oh, Grand Khan ... 
Berké enveloppa d’un regard encore une fois sa stature mince et svelte. Koundouze était désirée par lui.  
- Revenez aux yourtes,  dit Khan d'un air important. - Et que ceux qui en sont chargés, fassent toutes les préparations ... 
Le coeur de Berké tremblait de joie et de fierté. La fille de Kiptchak insoumise lui appartenait, corps et âme. 
*** 
Le petit mufti sec Charafoutdin, à un énorme turban blanc, fut assis dans la place d'honneur aux pieds de Berké. 
- Il est temps de demander le consentement de la jeune mariée, – dit-il obséquieusement. 
Deux guerriers de Kiptchak se courbèrent bas et coururent à Koundouze . 
Elle fut assise dans la moitié droite de la yourte, entourée des jeunes femmes, et un mouchoir blanc de soie brodée de perles fut jeté sur sa tête. 
Les guerriers prononcèrent de voix chantante les mots déterminés par la cérémonie : Nous témoignons, nous témoignons. Nous le valons. A l'aube de l'avenir le khan attend le désiré... 
Un des soldats tint à Koundouze une coupe d’argent, et quand elle la prit, les soldats demandèrent de nouveau à l'unisson: 
- Koundouze à visage de lune, es-tu d’accord de devenir épouse du maître de la Horde d'Or Berké Khan? 
Koundouze toucha à lèvres la coupe et fit un signe de tête affirmatif. 
Berké sans détacher son regard brûlant, mordant, suivait la femme. Il aimait de plus en plus son obéissance. 
Les guerriers reculèrent et prirent la place où ils devaient se trouver. 
Le mufti Charafoutdin bruissa lentement les pages du Coran; ayant trouvé le dix-septième soura approprié à cet événement, il le lit lentement, avec hurlements. Puis il ferma le Coran, regarda tout le monde et les mains jointes, il passa sur son visage ridé jaune. 
Et tous ceux qui prirent part à l'événement solennel, répétèrent le geste du mufti. 
L’heure vint d’avoir le toy de fête. Tard dans la nuit, les feux brûlaient, on cuisait des tas de moutons odorant dans les chaudières et le koumys blanc, d’odeur des herbes d’automne, moussaient dans les coupes. 
Seulement Akjamal fut absente au toy. Et Berké, examinant les invités, pensa avec plaisir vindicatif qu'il avait eu raison quand il avait décidé que son cœur allait souffrir et se déchirer de la jalousie envers sa rivale. 
Après minuit, les femmes et les noukers accompagnèrent le Khan vers la yourte, qui dès ce moment-là fut installée pour Koundouze dans la même ligne avec les autres yourtes des épouses de Berké. La yourte blanche comme la neige fut décorée avec de soies chinoises colorées et lumineuses comme une prairie au printemps, et avec des tapis iraniens. 
Le khan entra dans la maison de sa nouvelle épouse. Koundouze  se leva pour rencontrer Berké et le salua s'inclinant bas. 
On entendait comment derrière la porte de la yourte deux noukers prirent le poste avec des épées tirées, pour jusqu'à l'aube défendre la vie du Grand Khan de la Horde d'Or et de sa nouvelle épouse, la belle de Kiptchak. 
Koundouze  enleva respectueusement des épaoules de Berké son tchapan de brocart, son borik, bordé de fourrure de zibeline noire, et les accrocha à l'entrée. Silencieusement, sans un mot, exprimant son obéissance par toute sa manière, elle retira les bottes du khan de ses pieds.
Le dernier observait la femme étant heureux et en même temps avec méfiance. 
Marchant doucement, Koundouze fit le lit de duvet blanc comme la neige sur la place d’honneur, prit la ceinture des mains de Berké, et éteignit le feu dans le lampions . 
- J'ai tout fait, oh, grand khan. Couchez-vous. 
La voix de Koundouze  tremblait et se brisait. 
L'anxiété inexpliquée, la peur saisirent tout à coup le Khan. Il entendit les battants de la porte s'ouvrir, il voulait crier pour appeler la garde, mais les mains de quelqu'un l'attrapèrent par derrière et la main lourde rugueuse le bâillonna. 
Dans la pénombre venant à travers le trou dans le dôme de la yourte, il vit la lueur d’un poignard mis à sa gorge. Eperdu de peur, Berké tira fortement, mais il fit le tomber sur le tapis. 
La lutte était dans le silence. On pouvait entendre seulement les gens respirer avec effort. Et bientôt, Berké ne pouvait pas bouger sous le poids des corps entassés sur lui. On lui poussa un bâillon dans la bouche et on le lia fermement avec un mouchoir. 
- Commencez, - dit tranquillement une voix féminine.- L’aube va bientôt ... 
Berké reconnut avec horreur la voix d’Akjamal. 
Le khan sentit les mains de quelqu'un habilement délier les cordons de son pantalon, et la voix moqueuse murmura: 
- Dans ce cas il ne faut pas se presser. Mais si je coupe soudain trop... 
Berké se sentit la douleur terrible. Il tira de toutes ses forces, mais les gens invisibles dans l'obscurité le tenaient fortement. Les yeux fous du khan ne voyaient que le visage pâle du clair de lune de l'homme qui se pencha sur lui. 
Enfin l’homme demanda d’un murmure rauque: 
- Donnez le feutrage brûlé. Il faut le saupoudrer pour arrêter le saignement. 
Il se leva. 
- C’est tout. J'ai la main légère. Il va rapidement guérir. Sur la place d’honneur on peut s'asseoir et avec un ... Et lancez le deuxième aux chiens. 
- Eh bien, si les chiens veulent le manger... - quelqu'un rit, invisible dans l'obscurité, tendant à l’homme un morceau de tissu blanc. 
- Maintenant liez-le, - ordonna Akjamal. 
Berké vit soudainement le visage féminin penché sur lui, et il reconnut à peine Koundouze . 
- Maintenant on va sortir le bâillon de ta bouche. Mais si tu oses crier, nous te tuerons. Le juste châtiment s’est accompli. N'as-tu pas dit à ton temps de castrer un jeune homme qui aimait Akjamal, n’as-tu pas voulu faire la même chose avec le romey Kolomon ? Nous ne t’avons pas tué, pour que tu puisses mieux comprendre ce qui est la douleur. Écoute-moi attentivement... Nous ne dirons à personne ce que nous t’avions fait, une moquerie s’entendit dans la voix de Koundouze.  - Quand les gens apprennent que sur le trône de la Horde d'Or pas un étalon mais un hongre est assis, ils peuvent se détourner de toi ... 
Quelqu'un dénoua le mouchoir et tira le bâillon de la bouche du Khan. Le poil doux du tapis étouffait les pas, et Berké, dont le corps se tordait de douleur, ne réalisa pas tout de suite qu'il était seul dans la tente. 
Quand il le comprit finalement, il s'écria d'une voix aiguë et effrayante. 
Sa réponse fut le silence. 
*** 
Les guerriers de Salimguirey, ayant accompli leur terrible vengeance, fouettant vivement leurs chevaux, s'en allèrent plus loin du quartier. Koundouze  et Akjamal étaient avec eux. Koundouze aurait pu sortir de la Horde plus tôt, mais le cœur chaud demandait la vengeance, et elle avait surmonté son désir d'aller immédiatement au détachement de Salimguirey qui se cachait dans les forêts, sur les rives de l'Itil. 
Pour la plupart des guerriers de la Horde Berké était gouverneur qui avait pris le pouvoir du Dieu, et on considérait l’atteinte à sa vie comme un crime terrible. Mais il était possible de le venger. 
Koundouze  et Akjamal firent rapidement des amies et elle apprit des servantes esclaves de son chagrin. Et un jour, quand elle avait raconté de la façon dont Berké avait agi avec le jeune homme qui était venu après elle à la Horde, un plan de vengeance naquit. 
Il n’y avait pas une telle personne dans le monde qui ne devienne pas aveugle de l'éclat de l'or. On disait que le saint pouvait se détourner de son juste chemin, s’il le voyait. 
Akjamal réussit à soudoyer les soldats qui étaient chargé de défendre la yourte de Koundouze  pendant leur nuit de noces. Le reste fut une question des gens de Salimguirey. 
Et maintenant, ils revenaient dans le détachement. Les guerriers qui détournèrent le visage de Berké Khan, allèrent avec eux. Il y avait ceux qui ayant caché l'or qu’ils avaient reçu de  Akjamal, ayant sellé les chevaux préparés par avance, ce soir-là ils s’en allaient de plus en plus loin du quartier de la Horde d'Or dans la direction du Khorassan, Kharmankibe, Irbit, dans l'espoir de trouver leur liberté et la vie paisible. 
La vie des guerriers mongols dans les ulus était lourde, et pouvait-être à cause de cela aux terres conquises par Gengis Khan, il y avait toujours beaucoup de changements, de troubles et de trahisons. Des khans, noyons et seigneurs étaient avares de bonnes affaires. 
Dans les campagnes et raids incessants la mort guettait instamment des soldats. Devant des flèches et des lances d’ennemies les attendaient, derrière si les guerriers se retiraient, la punition des mains des gardes du corps personnels du noyon. Toute la proie qu’ils prenaient dans les campagnes, tôt ou tard était passée dans leurs mains. Même si tu montras  le courage et l'intrépidité dans la bataille, pas toujours l'arme et le cheval de l'ennemi tué par toi t’auront appartenus. Seulement le khan ou le noyon pouvaient le résoudre. 
Le sort des familles des guerriers qui restaient dans leurs ulus paternels était aussi lourde. Le bétail et la richesse étaient dans les mains des forts. Comment un chameau, une jument et une douzaine de moutons pourraient-ils nourrir la famille, éreintée par les exactions en faveur du Khan? 
Combien de fois était-il arrivé quand, de retour de la campagne, le guerrier mongol ne trouvait pas sa famille. Pour non-paiement de taxes les gens du khan les avaient vendus en esclavage ou avaient pris leurs enfants. Le guerrier mongol portait l'esclavage à d'autres peuples mais il était lui-même un esclave. 
Par conséquent, parfois incapables de supporter les difficultés de la vie, beaucoup de guerriers trompaient leurs khans, les trahissaient pour de l'or ou s'évadaient juste, puis ils se rassemblaient en bandes et pillaient tous, innocents et coupables. 
Contrairement à ces gangs itinérants, ce furent les vengeurs qui entraient dans le détachement de Salimguirey, ceux qui comprenaient très bien d’où leurs problèmes venaient. Il y avait là des gens qui haïssaient les khans et rêvaient d'une vie libre. 
Presque une mille de guerrier il y avait dans le détachement, mais qu’est-ce qu’il aurait pu faire avec la Horde d'Or - un petit nuage sur le grand firmament? Le temps où les nuages auraient couvert le ciel et les flèches enflammées de la foudre se seront enfoncées dans la terre  était loin d'être un moment où les nuages fermé le ciel et la terre, trempée dans du sang et des larmes, était encore loin. Mais Salimguirey continuait à se battre ...



LE CINQUIEME CHAPITRE

V

C'était déjà l'usage depuis lors quand les gens des steppes commencèrent à se rappeler: toutes les querelles et les dissensions entre des clans et des tribus se passèrent à cause des pâturages. Là, où les troupeaux se sentirent libres, le patron nomade se sentit heureux.
Et Genghis Khan, ayant avancé ses tumens des steppes de Mongolie, rêvait de transformer le monde entier en un immense pâturage.  Pour ça il détruisait des villes et exterminait des peuples qui savaient comment labourer la terre, la décorer des jardins et cultiver le pain.
Ayant conquis de nouveaux espaces, il les divisait en aïmags et ulus et les distribuait à ses enfants, petits-enfants et aux noyons dévoués.
De ce fait des querelles et des disputes surgirent chaque fois.  Cependant devant Gengis Khan personne n’osa exprimer son mécontentement ou élever la voix.  Tout est changé depuis le souverain redoutable quitta la vie.  Selon ses préceptes distribuer les uluses et les aïmags ne put que Khan et dorénavant ce qui quelqu'un obtiendra de genghisides dépendait de celui qui sera sur le trône de la Mongolie.  Voilà pourquoi la lutte entre les nombreux groupes des genghisides pour "leur khan" est devenu féroce et brutale.
Chacun obtint une grande autorité avec un aimag et un ulus.  Tous les êtres vivants ont été obligés de lui, et les villes et villages obéir à rendre hommage.Tout ce qui était vivant fut obligé à lui obéir et des villes et des villages à payer le tribut.
Obtenir un aimag au contrôle put n’importe quel noyon qui montra du courage pendant les batailles et qui fut remarqué par le khan. Mais l’ulus ne put appartenir qu’à une personne de la famille de Gengis Khan et pas d'importance à quelle branche de la famille il appartint. 
On commenca à faire la même chose à Karakorum après la mort de Gengis Khan quand il fut nécessaire de choisir un nouveau khan. Comme les enfants du défunt, chacun de sa famille eut le même droit au trône.  Mais le plus fort gagna, celui qui eut plus de partisans parmi les émirs et noyons, qui eut plus de soldats.
La concurrence constante empêcha une branche de genghisides de devenir plus fort et, en même temps, fit le nouveau khan écouter les opinions de son entourage, le fit dépendant des émirs et des noyons, de ceux qui dirigeaient les ulus. Il paraissait que dans l'état qui fut créé par le Сonquérant de l'univers, tous les chingizids eurent les mêmes droits et se soucient ensemble de son bien-être.  Mais il seulement seulement comme ça. 
La même chose commenca à se produire et dans les ulus. D'année en année ils sentirent de moins en moins leur dépendance de Karakoram et firent plus rarement un retour sur le grand khan mongol, résolvant leurs propres affaires.  La Horde d'Or ne fit pas l’exception.
Et si l'un des fils de khan mort était sur le point d'obtenir le trône, ses frères et même les enfants de frères entrèrent en lutte.
Après la mort de Batu Khan et de ses fils Sartak et Ulakshi, la mère de dernier, Barakchi-khatoune décida de faire le khan son petit-fils Tuda Mangu, né du fils de Batu-Toucan.
Mais les noyons – les propriétaires des aimaks appartenant à la Horde d'Or, et les marchands musulmans qui à cette époque eurent une grande influence dans l'état, pensèrent autrement.  Ils soutinrent son frère Batu Khan-Berke.
La lutte fut courte mais féroce.  Barakchi-khatoune s’adressa à Koulagou, mais il était loin, et même le mot du grand khan mongol Mangu ne fut pas entendu parler dans la Horde d'Or par ceux qui ne voulurent pas en entendre parler. 
La progéniture de Djoutchi, réunie au kurultay, éleva sur un tapis blanc Berke.
Le nouveau khan agit comme tous les chingizids. Les têtes des adversaires récents roulèrent, y compris Barakchi-khatoune et beaucoup de ceux qui l'avaient aidé.
Berke se rappela bien ces jours.  Il alla à son but depuis longtemps - patient et méchant comme un loup de steppe, caché en attendant la proie convoitée.
Et il eut beau à envier son frère mais agit en même façon que Batu à l'époque. Comme un vrai nomade, il ne voulut faire son quartier aucune des villes anciennes situées sur les terres de la Horde d'Or, parce qu'il y avait une forte influence des émirs et des dargushis supportant les traditions non-musulmanes. Il ne voulut pas vivre même dans Saray-Batu où tout rappellait le frère chanceux.Berke Khan déplaça le principal quartier dans aimag qu'il possèdait, sur l'Itil inférieure.
Ici, au carrefour des routes caravanières conduisant aux terres d'orusuts, au Caucase et en Iran, en Europe occidentale et au Karakorum, il décida de construire sa propre ville - Saraï-Berke.
Les terres fertiles se trouvaient autour. Les hautes herbes s'élevèrent ici chaque printemps et les lacs clairs en colliers de roseau reflétèrent le ciel bleu. Les gens et les troupeaux de bestiaux de khan innombrables se sentirent au large ici.
Le gouvernement de Berke Khan s'arrangea avec succès. Sartak Ulakshi moururent de la mort rapide lui ayant cédé le pas. Combien de terres rendit à la Horde d'Or ayant consolidé sa force et sa puissance. Des ateliers karhans fut construis dans les nouvelles et les vieilles villes où les artisans apprêtèrent de beaux tissus, des tapis chers, de la poterie et forgèrent des armes. Toujours plus de marchands vinrent dans la Horde d'Or. Et maintenant ce qui s'est passé...
A l'idée de cette terrible nuit-là le khan grinça des dents de rage.
Berke aimait les rives de l'Itil puissante. Même à l'époque où son aimag se trouva encore dans les steppes du Caucase du Nord il y migra pour l'été. Et maintenant voilà Berke attendit à peine le printemps.
Une inquiétude étrange s'installa au fond de l'âme de khan. Il ne put pas rester longtemps dans un même endroit et la steppe éclatante lui sembla terne et gris, comme si des nuages bas étaient constamment suspendue au-dessus d'elle et des pluies masquant l'horizon étaient sans fin.
Sa caravane, composée de deux cents chameaux-nars turkmène et de nombreux chariots grinçants lourds, erra sans but dans le désert en changeant constamment la place.
Les nouvelles alarmantes parvinrent des terres d'orusuts - une atmosphère agitée fut à Novgorod et à Pskov. L'Ordre de Livonie se remua de nouveau en se préparant à l'invasion aux tributaires de la Horde d'Or.
Berke comprit l'importance de ce qui se passait mais l'indifférence qui régnait sur lui l'empêchait d'agir.
Une seule fois la lumière de la vie éclata dans ses yeux sombres quand il apprit d'une personne fiable l'existence du détachement de Salimgirey.
Un espion - un couman âgé avec un visage grêlé par les marques de la variole, essayant de ne pas regarder dans les yeux de khan, parla doucement:
- Il y a un mille soldats dans un détachement. Le chef d'entre eux, oh grand khan, est votre centurion ancien Salimgirey. Je l'ai reconnu. Tes femmes Akzhamal et Koundouz, oh grand khan, sont parmi les fuyards...
- Vas... - ordonna Berke. Son cœur battait rageusement dans sa poitrine et il ne réussit pas à le calmer.
Maintenant khan sut qui le força et c'était déjà la moitié de l'ouvrage. Que le détachement d'un millier de guerriers signifia-t-il pour la Horde? Rien qu'à vouloir et le vent disperserait la poussière des récalcitrants à travers la steppe.
Berke était prêt à donner l'ordre pour le tumen de partir à la recherche du détachement, mais la peur que les fuyards avant de mourir révéleraient au peuple ce que personne ne sut encore le retint.
Et Akzhamal et Koundouz, et tous qui furent impliqué dans les événements de cette nuit-là tinrent fermement leur parole et jusqu'à présent personne ne sut que le khan était châtré. Si ce n'avait pas été comme ça, les bruits auraient tout de même atteint les oreilles de Berke et les rumeurs publiques auraient répandu cette nouvelle comme le vent dans tous les ulus appartenant aux genghisides.
С'est donc qu'il ne fallait pas se hâter. Tous qui savent de l'émasculation doivent mourir rapidement sans avoir le tempts à ouvrir la bouche. Un vrai Mongol sait être patient et attendre son heure.
La proximité du détachement de Salimgirey pourrait causer du remuement parmi les esclaves, et donc la première chose que le khan ordonna de faire était de renforcer leur garde.
Il y avait beaucoup de gens dépendants dans la Horde d'Or. Les Mongols, saisissant de nouvelles terres, non seulement vendirent les prisonniers à l'étranger, mais gardèrent plusieurs à l'intérieur de la Horde. Les esclaves étaient nécessaires pour construire, faire paître le bétail et effectuer les diverses tâches ménagères.
En temps de Batu Khan et dans les premières années du gouvernement de Berke les esclaves fut généralement tenu ensemble dans les forteresses pisées spéciales - hizars.La garde spéciale les mena aux travail le matin et à la nuit tombée les enferma dans leurs demeures.
Mais après la rébellion quand, afin d'établir le calme ancien dans la Horde, on dut tuer dix mille esclaves, Berke changea l'ordre existant.
Le khan commença à craindre des esclaves mis ensemble. C'est pourquoi il ordonna de diviser tous ceux qui survécurent les troubles entre les noyons et ses gens proches et les hizars détruire. Maintenant les esclaves vécurent chez leur possesseur. Ils y dormaient, apprêtaient les peaux, foulaient les chaussures, roulaient les feutres pour les yourtes.
La nouvelle de l'apparition du détachement de Salimgirey près du quartier de la Horde parvint même aux esclaves. Beaucoup se souvinrent de la dernière rébellion et furent prêts à se joindre au détachement, essayer de se tirer en liberté.
Berke sut tout cela de ses gens. L'instinct lui disait que tôt ou tard Salimgirey essayerait de libérer les esclaves pour compléter son détachement de nouveaux gens. Il restait à savoir comment il allait le faire.Les esclaves étaient un bon appât. Et si tout se passait comme le khan avait conçu, on pourrait faire disparaître les récalcitrants d'un seul coup. Ce mystère effrayant pour Berke serait pour toujours emporté avec eux dans la tombe. Personne du détachement ne doit survivre. Personne...
Les réflexions de son opprobre survécu ne laissa le khan ni jour ni nuit. Il se réveilla souvent avant l'aube de son cri, tout en sueur gluante, et puis ne pouvait pas longtemps s'endormir, en regardant attentivement dans l'obscurité avec les yeux fixes et fous.
Cette nuit-là, quand les guerriers de Salimgirey, l'ayant déshonoré, disparurent de la yourte, personne n'entendit ses cris, ne vint à son rescousse. Seulement au petit matin Berke réussit à se débarrasser des lassos de crin avec lesquels ses mains et ses pieds étaient liés.
Quand les gens de Berke vinrent, il ordonna sans rien expliquer d'aller chercher le soigneur. Personne de ses familiers n'osa demander le khan où Koundouze, Akzhamal et les guerriers gardant la yourte disparurent.
Le soigneur arabe, ayant examiné Berke et essayant de ne pas rencontrer du regard le khan, dit:
- Ce qui est fait, est fait par un homme habile... Seulement le soigneur ou le mollah sont à la portée de le faire... J'ai peur même de penser...
Berke fit signe d'approcher au soigneur, et quand celui s'approcha du khan, il sauta à son gorge et dit d'un murmure méchant et sifflant :
Ne pense pas! Essaie de ne pas penser! Pas une âme vivante ne doit pas savoir ce qui s'est passé. Si ta langue te trahit, je trouvera pour toi telle mort que même le ciel frémira! M'as-tu compris?
Les lèvres blanchies du soigneur murmurèrent quelque chose.
- Si tu m'aides à devenir de nouveau en bonne santé, alors ma générosité ne connaîtra de limites... - ajouta d'un air insinuant Berke.
Le soigneur ne laissa pas le khan pendant quelques jours, le fit boire ses tisanes des plantes médicinales et des racines, changea des bandages.
Un jour quand Berke alla mieux et il put être assis, le khan convoqua l'arabe chez lui.
- N'as-tu dit à personne de mon malheur? - demanda-t-il.
- Non, le grand khan. Je peux juré sur le Coran...
- Faut pas... - dit Berke. - Je te crois... Et que l'on y dit? - le khan fit un signe de tête vers la porte.
- Personne ne soupçonne même. On croit que vous avez une maladie ordinaire...
- C'est bon, - laissa échapper pensivement Berke. - Eh bien, je t'ai promis de récompenser généreusement... Je tiendrai ma parole...
Le khan avança le bras vers le sac de tapis brodé des dessins vifs et en tira une poignée de pièces d'or.
- Tiens...La main de khan est généreuse...
Berke répandit les pièces à ses pieds.
Les yeux du soigneur s'élargirent et il se pencha rapidement sur l'or plaçant son dos maigre courbé devant le khan.
Un couteau brilla dans la main de Berke, et sa pointe pénétra facilement dans le dos d'Arabe non protégé, sous l'omoplate saillie ressemblant un aile fracturée...
***
Quelques jours plus tard Berke Khan dirigea de nouveau des affaires de la Horde. Tout semblait rester le même et personne ne remarqua aucun changement en lui.
Berke lui-même savait que tout avait complètement changé dans son âme.Il comprit soudain - les plaisirs terrestres n'étaient plus disponibles pour lui. Le cœur ne s'émouvrait plus à la vue d'une belle femme et le sang refroidi ne coulerait plus dans les veines. Le dernier espoir que quelque de ses femmes lui accoucherait tout de même un héritier était mort pour toujours. Le sens de la vie consistait maintenant en une seule chose - rester le khan le plus long possible, régner sur les gens et se délecter du pouvoir. Cette idée fortifia l'âme de Berke Khan et l'aida à rester en apparence le même.
Seulement parfois, contre son gré, la vie ancienne vive envahit le monde inventé à son propos par lui-même, la quiétude laissa le khan et son âme commença à se démener et lui brûler.
Comme auparavant pour que personne ne soupçonne qu'il était un eunuque, Berke fit parfois des visites à ses femmes.
Une fois il passa la nuit chez l'une d'elles. La femme était encore jeune avec le corps fort, autrefois ses caresses plaisaient le khan et éveillèrent en lui le désir.
Mais maintenant même le souvenir de cela provoqua l'irritation et le dégoût.
- Je suis fatigué, - dit Berke. - C'est puorquoi je ne te veux pas.
La femme ne dit rien. La parole du maître était la loi. Elle pensa juste qu'il le lui avait déjà dit et que la prochaine fois, peut-être, lui répéterait la même chose.
Le khan se réveilla avant l'aube. Le lit à côté de lui était vide et sa main à la place d'une ventre tiède toucha le tissu refroidi.
Il se leva sans bruit et, en marchant tranquillement, sortit de la yourte. La pleine lune inondait la steppe de la lumière scintillante magique et on pouvait voir loin tout autour. Les coups de vent doux et chaud volaient de l'Itil.
Soudain Berke entendit un murmure vague pressé et ensuite des gémissements faibles étouffés. Il se jeta précipitamment et sans bruit derrière la yourte et s'arrêta étonné.
Sa femme était couchée entre deux chameaux, à même le terrain. Le khan ne voyait pas le visage de la femme, seulement les hanches blanches baignée de la lumière lunaire qui bougeaient et se balançaient devant ses yeux. S'étant perché comme un jeune chameau, le nouker qui devait protéger la paix du khan, se pencha au-dessus d'elle.
Berke regardait aux yeux fous écarquillés ce qui se passait, puis son regard s'arrêta sur la lance du guerrier appuyée contre la yourte. Il la prit lentement, ayant soulevée haut au-dessus de sa tête, et la lança avec force exactement où il voulait.
C'était impossible de cacher de la vie. Elle se rappela au khan chaque jour et alors il commença à faire les affaires de la Horde avec zèle particulier.
Burke était assis sur le trône à l'extérieur calme mais à l'intérieur la rage se déchaînait, tout près de la folie, et le khan prenait les décisions rapides et sévères. Ces jours-là il y avaient beaucoup de voués à la mort.
Le pouvoir... La renommée... Ils aidaient Berke à se raccrocher à la vie, mais la nuit affreuse se dressa à plusieurs reprises dans la mémoire et le cœur épuisé était avide de la vengeance. Il n'y avait encore dans un monde sublunaire aucun genghiside qui ne penserait pas à la vengeance à son ennemi jusqu'à l'heure de sa mort. Et le khan se mit à rêver de vengeance chaque nuit...
Les Mongols apportèrent les grands changements en Coumanie en démolissant et détruisant le mode de vie habituel mis en place depuis des siècles. Avant leur arrivée ni chemins nomades, ni pâturages d'été, ni lieus d'hivernage ne pouvaient appartenir à la même famille ou l'aoul. Chaque clan errait où il voulait. Personne n'osait barrer le chemin à une caravane. La steppe était grande et infinie. Lors d'apparition des Mongols la steppe devint tout à coup étroite. Les conquérants la divisa en aïmags. Désormais, les clans autrefois libérés devaient obéir à leurs nouveaux souverains comme ils leur appartenaient maintenant corps et âme avec toute la famille et le bétail. Le régent d'aimag établissait les chemins nomades, désignait les districts d'hivernage et de pâturage d'été.Selon son ordre chaque clan était obligé de détacher un certain nombre de guerriers à l'armée du khan.
Les régents se prirent les meilleures terres et les partagèrent entre leurs familiers. Les confins des ulus, d'après les loi mongoles, étaient strictement respectés et si un clan quelconque essaya de maintenir tout comme auparavant, montra la désobéissance, un châtiment sévère l'attendait.
Les années passaient mais au lieu de silence et d'obéissance qui, d'après les souverains mongols, avaient dû se former en Coumanie, la steppe continuait à s'agiter comme alors quand le sabot du cheval mongol posa seulement le pied à terre.
Les gens réduits par les exactions à la pauvreté fuirent de leurs régents dans l'espoir de trouver telle terre où le bancal et le nœud de lasso de crin ne les auraient pas atteint. Mais les Mongols étaient partout et alors les fuyards se mirent à se rassembler dans des détachements comme celui de Salimgirey. Au moins ensemble on pouvait protéger sa vie. La haine contre ceux qui pillaient, violaient, tuaient unissait les gens.
***
Ayant décidé de massacrer le détachement de Salimgirey, Berke revint plus tôt que d'habitude du pâturage d'été dans son quartier principal - Saray.
La nouvelle qui le réjouit et attristé en même temps l'y trouva.
L'ilkhan Koulagou mourut. La Horde d'Or eut un ennemi de moins. C'était un ennemi intelligent et toujours dangereux. On pourrait penser qu'il fallait se réjouir mais l'angoisse sourde et serrant saisit soudainement Berke. Il comprit que tôt ou tard tout tirait à sa fin. Et un moment, quand sa mort réjouirait quelqu'un, viendrait. Mais ils avaient beaucoup en commun avec Koulagou. Chacun d'eux, en passant sur les corps et le sang, ne vivait que pour faire leurs ulus puissants et pour conquérir le plus de peuples possible. La fin fut triste ainsi que celle de tous les êtres vivants sur la terre. La couronne de tout fut la parcelle de steppe, où tes corps et cerveau se transformeraient en poussière et les pensées ambitieux partiraient pour toujours avec toi.
Koulagou laissa au moins sa progéniture sur terre. Et à qui Berke céderait-il son trône? Qui viendrait après lui et dans quelle direction tournerait-il le cheval puissant de la Horde d'Or?
Maintenant la force invincible attirait plus souvent le khan au bord du lac de roseau.
L'été passa déjà dans la seconde moitié et l'herbe trop mûre s'inclina au vent de steppe libre. Et lui, tiède et enivrant, chassait les vagues vertes vers le bout du monde estompé de lilas.
Berke voulut vivre comme jamais auparavant. D'habitude il n'y pensa pas. Il vivait juste et était sûr que les années, lui attribuées par le sort, s'interrompraient pas de si tôt.
Cette année les jeunes cygnes n'arrivèrent pas au vieux oiseau solitaire. Le khan sentit tout à coup que, en fait, lui ausssi était seul sur cette terre. Les autres furent nés pour perpétuer leur espèce et il se fait que lui fut né pour rester quelque temps sur le trône de la Horde et partir dans le néant sans même laisser de trace.
Posséder le trône était le bonheur, alors pourquoi l'âme s'agitait en languissant de ce qui est disponible pour le guerrier le plus habituel, du fils à qui, en partant, on pourrait laisser son parole et ses espoirs?
Berke regardait le lac sans détacher les yeux. Les flots tranquilles déferlaient sur le bord, remuaient les roseaux, faisaient balancer leurs tiges longues et flexibles.
Une oiseau solitaire, en fendant les crêtes des vagues par sa poitrine bombée, nageait directement au khan.
Autant que Berke se rappela, les cygnes ne s'approchèrent jamais de lui. Il attendit avec intérêt ce qui se passerait ensuite.
L'oiseau ne pensa même pas à le crainde. Elle nagea vers le bord et, ayant allongé le cou blanc comme neige, posa sa tête sur le sable mouillé.
Le khan fit un pas vers l'oiseau, tendit la main et s'arrêta surpris. Les yeux du cygne étaient comme chez un être humain et Berke y vit la tristesse et la douleur.
L'oiseau frappa soudain ses ailes sur l'eau et le cri strident enroué s'échappa de son gorge d'argent.
Le khan recula. Le corps immobile du cygne était couchée à ses pieds.
Il cacha son visage dans ses paumes et commença à dire précipitamment une prière, en s'embrouillant et confondant les mots...
Ce jour-là, Berke resta sur le lac plus longtemps que d'habitude. La mort du dernier des oiseaux sacrés, lui offert par Gengis Khan, le bouleversa.
"Est-ce la fin? - pensait-it au désespoir. - Est-ce un signe du Ciel, un avertissement que le fil de la vie se rompra bientôt?"
Puis le désespoir était soudain remplacé par la colère. Le khan ne voulait pas se soumettre au sort. Les jours purent être comptés, mais il reste le khan de la Horde d'Or et s'il n'existait pas une autre joie pour lui, qu'elle serait la plus grande jusqu'à la fin.
Il y eut encore le pouvoir et le droit de diriger des dizaines de milliers de gens, les ennemis non-vengés errèrent toujours quelque part en se réjouissant du soleil et du ciel bleu.
Tout fut dans les mains d'Allah, mais jusqu'à ce qu'il soit vivant, la Horde vivrait de sa parole et s'accomplirait ce que le khan souhaiterait.
La méchanceté et la peur, qui comme un ver piquaient Berke du dedans, desséchaient son corps. La peau jaune se tendit encore plus sur les pommettes pointues et un éclat fiévreux papillotant apparut dans les yeux du khan.
Lorsque son âme aura quitté le corps, personne pourrait ne se souvenir de lui, mais maintenant il eut à régler son compte à Salimgirey, Akzhamal et Koundouze. Il les mettrait à mort épouvantable, ayant ordonné les écorcher vivant.
Une fois Berke ordonna d'appeler sa tente Toudaï-Mengou.
Le noyon de taille moyenne, à large poitrine se tenait respectueusement debout devant le khan. En le regardant, Berke pensa tout à coup qu'il ne ressamblait ni à son grand-père Batu ni à son père Toucan. Le guerrier brave, Toudaï-Mengou pouvait en même temps ne pas savoir conduire sa langue, être irascible et parfois vraiment bavard.
Après les salutations d'usage le khan dit:
- Trop d'esclaves évadés se sont réunis dans les forêts de d'Itil plus haut. Notre centurion ancien Salimgirey est à leur tête. La jeune fille Koundouze que tu as capturé dans les montagnes du Caucase est avec eux...
Toudaï-Mengou eut le sourire aux lèvres:
- Je les connais bien tous les deux. Mais qui peut jurer que Koundouze est une fille...
Berke se renfrogna d'un air mécontent:
- Je ne veux pas t'en parler...
Le noyon, sans remarquer l'irritation du khan, se mit à rire ayant cligné les yeux.
- Bien sûr, elle n'est pas une fille mais elle est de toute façon une vraie péri... Le plaisir pour les yeux... Hélas, pourquoi est-ce que j'ai obéi au noyon Nogaï?...
- Ecoute-moi... - interrompit sévèrement Berke. - Les esclaves deviennent trop dangereux pour la Horde d'Or. Tu prendras une armée et leur tiendras tête. Les espions te montreront la voie dans leur tanière. Tu fairas de telle façon que'aucun des esclaves ne fuira vivant...
- Et quoi faire aveс Koundouze?
- Tue, - dit cruellement le khan. - Ma jeune femme Akzhamal est aussi parmi les récalcitrants. Tue-la aussi.
Toudaï-Mengou fit claquer sa langue affligé:
- Pourquoi tuer deux beautés? Si tu n'as pas besoin d'elles, oh grand khan, donne-les-moi...
- Tue, - répéta Berke. - Si tu as besoin des femmes, tu peux prendre toutes mes femmes...
Toudaï-Mengou secoua la tête.
- Pourquoi est-ce que j'ai besoin des vieilles femmes? Est-ce que je n'ai pas assez de mamies?
Berke ne permettrait à personne d'autre de tenir telles conversations en sa présence. Mais il savait bien le noyon et savait que tous ces paroles étaient creuses. Personne n'exécuterait mieux que Toudaï-Mengou ce que le khan voulait. Venir à bout des esclaves ne serait pas facile. Ils surent ce qui leur arriverait si quelqu'un d'eux tomberait vivant aux mains du noyon.
- Ne se laisse pas entraîner par les beautés, - répéta Berke.
Toudaï-Mengou devint soudainement sérieux:
- Je ne suis pas fou de perdre la tête à cause d'une femme. J'attacherai chacun d'elles à la queue d'un cheval....
Pas fou... Parmi les genghisides on considérait Toudaï-Mengou précisément de cette nature. Personne ne savait faire justice des vaincus si cruellement et avec tant de raffinement que lui, personne ne faisait couler tant de sang que cet homme.
L'armée de Toudaï-Mengou dut s'opposer au détachement de Salimgirey au coucher du soleil le lendemain, mais vers сe soir les gens fidèles avertirent déjà les esclaves de l'attaque imminente.
Salimgirey décida de ne pas éviter la rencontre avec le noyon. Il savait bien comment les Mongols se comportaient depuis le grand Genghis Khan. Si on même essayait d'échapper, de se cacher, Toudaï-Mengou ne rebrousserait pas chemin et suivrait même les traces jusqu'au bout du monde.
La nuit venue renversa tous ce que Berke avait conçu. L'ambassade de Novgorod encadrée par le boyard Danil arriva contre toute attente. Les ambassadeurs vinrent à une affaire urgente et c'est pourquoi le khan les accueillit immédiatement.
Les nuages se réunirent de nouveau au-dessus de Novgorod et de Pskov, les chevaliers allemands se préparaient de nouveau tenter leur chance.
"Si la Horde d'Or se souvient de ses promesses faites par le khan Sartak, - dit Danil, - qu'elle nous aide d'une armée."
Berke était prêt à l'arrivée des Orusuts. Depuis longtemps il pensa beaucoup de ce qu'il entreprendrait si les Allemands avançaient vers Novgorod et Pskov. Leur céder signifiait perdre des terres d'Orusuts payant un tribut abondant. La Horde n'était pas si faible de laisser quelqu'un la déposséder d'une grande morceau de terre.
Le khan convoqua Toudaï-Mengou.
- J'ai changé d'avis, - dit-il. - Une autre personne fera justice des esclaves. Ton chemin va vers les terres d'Orusuts...
Le noyon se réjouit:
- Ordonne, oh grand khan. Que'une autre personne s'occupe des esclaves. Car les beauté fermeraient mes yeux par le brouillard et mon coeur deviendra doux...
Berke continua sans écouter le bavardage de Toudaï-Mengou:
- Tu iras aux terres de Novgorod et de Pskov et aideras les Orusuts à écraser la cavalerie de fer des Allemands...
En voyant que le khan n'était pas disposé aux plaisanterie, le noyon demanda:
- Quand ordonnes-tu de partir?
- À l'aube.
- J'entends et j'obéis.
***
L'étoile du matin Sholpan n'eut pas encore le temps de s'éteindre dans le ciel gris, et l'armée alarmée de Toudaï-Mengou partait déjà vers les terres d'Orusuts.
Salimgirey était perplexe avec le comportement du noyon. Il attendait une attaque et s'apprêtait à la bataille, mais les Mongols s'éloignaient plus loin des bord d'Itil.
En craignant un piège, il envoya un petit détachement encadré par Koundouze après Toudaï-Mengou. Il fallut apprendre les projets du noyon.
A midi, un guerrier arriva au galop dans le camp de Salimgirey. Koundouze communiqua que l'armée de Toudaï-Mengou s'arrêta pour se reposer au bord du lac entouré de la forêt de pins. Les chevaux des ennemis fut abreuvés et menés au pâturage au bord opposé. Cela signifiait que le noyon avait décidé de rester sur le lac jusqu'au lendemain matin.
Salimgirey lui-même ne cherchait pas d'une bataille - les forces étaient trop inégales, mais une idée séduisante d'attaquer l'ennemi la nuit, quand l'armée se reposerait, le tenait en souci. Il ordonna à son détachement de passer par petits groupes dans la forêt, plus près du camp des Mongols.
Les guerriers s'abritèrent dans la forêt épaisse pour que les patrouilles exposées par le noyon ne puissent pas deviner leur présence proche. Les gens examinèrent pour la dernière fois avant la bataille ses armes, sanglèrent leurs chevaux.
Salimgirey s'approcha de la lisière de la forêt pour reconnaître des approches au camp des Mongols.
Le centurion ancien, il comprit immédiatement que la bataille ne serait pas facile - il y avait pas moins de dix mille guerriers sous les ordres de Toudaï-Mengou. Tout un tumen des cavaliers aguerris, expérimentés s'opposeait à son mille qui se composait des esclaves d'hier, ne tenant dernièrement pas de sabre dans leur main.
Mais qu'est-ce que cela fait que l'on peut attaquer brusquement le camp du noyon? La rage et la haine des gens mal armés ne purent pas quand même vaincre telle force. On ne battrait pas les Mongols pendant qu'ils étaient ensemble.
Mais qu'est-ce qui Toudaï-Mengou conçut tout de même? Pourquoi se conduisait-il si étrangement et, au lieu de chercher le détachement, se préparait-il au certain passage lointain vers les terres d'Orusuts?
Cette pensée tenait Salimgirey en souci. Il vit que le tumen partit sans chariots habituels pour la campagne, sans caravane chargée des yourtes démontables et chaque guerrier avait deux chevaux de rechange. Cela se passait dans une armée mongole seulement quand il était nécessaire d'avancer rapidement et... loin.
Salimgirey entendit soudainement au dos un bruissement doux et frissonna et, ayant tressailli, se retourna. Koundouze, s'étant courbée bas, se cachant dans un buisson épais, s'acheminait vers lui.
- Qu'est-ce qui s'est passé? - demanda-il avec inquiétude.
- Notre homme arriva au galop de Saray-Berke. Il dit que le khan a changé son projet. À la demande des Orusuts Toudaï-Mengou va à Novgorod pour les aider à vaincre l'ennemi qui va attaquer leurs terres.
Salimgirey soupira avec soulagement.
- Regarde, - dit-il en montrant le camp mongol. - Nous ne viendrons à leur bout même si nous les attaquons brusquement. Il y a trop d'eux...
Koundouze, ayant cligné les yeux, regardait le bord bas sableux du lac où des centaines des feux fumaient et des gens allaient et venaient.
- C'est dommage, - dit-elle -. S'ils se divisaient au moins en deux camps. J'attacherait Toudaï-Mengou à la queue de son cheval... - Les yeux de Koundouze brillèrent vindicativement. - Combien de chagrin il a porté aux gens... Maintenant, je serai obligée d'attendre une autre occasion...
Ils gardèrent longtemps le silence. Le soleil se couchait derrière les remparts de la forêt et de longues ombres tombèrent des pins de bronze à la terre. La forêt devint calme et sombre. La fumée bleue se levait des feux des Mongols et le vent la chassait au-dessus du lac par les mèches gris vers les principautés des Orusuts.
- Je sais ce qu'il faut faire, - dit soudain Koundouze. - Nous avons pu ne pas avoir de la chance ici, mais nous sommes en vivants et il faut agir. - Elle posa sa main sur l'épaoule de Salimgirey. - Partons d'ici et je te dirai ce que j'ai inventé...
***
A l'aube l'armée de Toudaï-Mengou, n'étant dérangé par personne, partit en campagne. Son mouvement était impétueux comme le vol d'une flèche tiré d'un arc bien tendu. En changeant de chevaux, ne s'arrêtant que pour un court sommeil et pour que les animaux puissent se nourrir, les Mongols allaient le jour et la nuit vers les terres d'Orusuts du nord.
Salimgirey s'occupait de toute autre chose. Cette même nuit, son détachement revint à son ancien station et Koundouze parla de ce qu'elle avait conçu. Le dessein était simple et sûr et Salimgirey, l'ayant approuvé, commença à l'exercer.
Quelques jours plus tard il envoya son guerrier à Berke, ayant ordonné de dire au khan: "Nous avons une grande armée. Si tu ne libères pas tous les esclaves, nous t'attaquerons et détruirons ta ville."
Le moment pour ces réclamations audacieuses fut bien choisi.
Au moment où Nogaï était capitaine de la Horde d'Or l'armée de trente mille soldats était toujours près du quartier. Et Berke, sachant le tempérament perfide et résolu du noyon, craignait constamment qu'un jour il ne concevrait pas de le déposséder son trône. C'est pourquoi après le retour de Nogaï de la campagne sur Koulagou il le débarrassa de sa fonction de capitaine, lui donna un nouveau grand ulus dans les terres d'Ouest de la Horde et l'y envoya.
En disant que le temps de paix vint, Berke ne nomma pas un nouveau chef et ordonna de ne pas tenir une armée permanente près du quartier. Dorénavant la ville était protégée par l'armée composée de guerriers, envoyés tour à tour seulement pour trois mois par des ulus. Elle ne dépassait pas un tumen.
Maintenant, quand les Orusuts eurent besoin d'aide, Toudaï-Mengou conduisit ce tumen-là.
Berke envoya déjà son messager au noyon Tok Bugi avec un ordre de ramener d'urgence une nouvelle armée pour la protection du quartier, mais elle n'y était pas encore et il ne restait pas de guerriers à Saraï Berke sauf noukers personnels. Salimgirey décida d'en profiter par l'avis de Koundouze.
Ayant appris l'exigence de Salimgirey, les esclaves s'agitèrent. Et le khan Berke, se souvenant de leur rébellion précédente, écumant de rage, était obligé à accepter et libérer les esclaves.
Le détachement se compléta de nouveaux guerriers. Salimgirey mena ses hommes en remontant l'Itil et bientôt son trace perdit dans les vastes steppes de Coumanie.
Et puis l'automne gris froid avec des vents perçants piquants. Une fois la neige tomba et ne fondit plus. Le détachement de Salimgirey rencontra un autre même détachement encadré par le preux libre Jagan. On décida de passer l'hiver dans le cours moyen de l'Itil où il y avait de bons pâturages pour les chevaux et on pourrait attendre le printemps en se nourrissant de la chasse.
Au début de l'hiver Salimgirey et Akzhamal devinrent mari et femme...
***
La Coumanie était dans une grande somnolence, couvert d'un linceul blanc et souffé à travers par les vents.
Dans l'entre-temps Barack-Khan reprenait ses forces à Movaraunahr chaud, ne connaissant pas de long hiver.
Les artisans de Khodjent, Boukhara, Samarcande préparaient les armes pour ses troupes. Les gens, effrayés par le renforcement de la Horde d'Or, craignant de nouvelles incursions des nomades barbares, fasaient tout pour que Barack puisse équiper les nouveaux tumens. Leur régent semblait plus miséricordieux que celui étranger.
Barack, en essayant la robustesse d'une armée, envoyait ses troupes vers Otrar mais il n'osait pas d'entrer en grande bataille avec les tumens de Kaïdou.
Il avait tout lieu de le faire. La cavalerie de la Horde d'Or, contenant cinquante mille guerriers, sous le commandement de Mengou Témir se trouvait, s'étant caché comme un grand dragon, au cours moyen de la Seyhun.
Barack cragnait cette armée plus que Kaïdou parce qu'il ne savait pas ce que l'on conçut dans la Horde d'Or.
Tout était variable sous la lune et la prudence ne dérangea encore personne.
Les ambassadeurs vinrent soudain de la part de Kaïdou encadré par le noyon Kiptchak, né de Koudan, le fils d'Ouguédey. Ils dirent:
- Nous sommes tous les descendants de Gengis Khan et il nous est indigne de nous chamailler. Les steppes de Comanie et étendues de Movaraunahr sont suffisants pour tout le monde. Ne déchirons pas ces terres en morceaux.
Barack accepta, en cachant la joie le saisi. Il était décidé de ne pas s'attaquer et pour l'année prochaine rassembler le qurultay de tous les descendants de Gengis Khan et trancher les débats paisiblement.
Berke apprit cette conjuration dans au milieu de l'hiver. L'alliance des descendants de Djaghataï et Ouguédey ne promit rien de bon à la Horde d'Or.
Ayant réuni les noyons dans le palais, le khan disait en colère:
- Que fais Mengou Témir? A quoi bon est-ce que je lui ai donné cinq tumens? Il a dû s'acharner les louveteau Ouguédey et Djaghataï et, les ayant affaibli, vaincre d'un seul coup Movaraunahr. Mais lui, un lâche méprisable, sommeille comme un chat au chaud!
Berke décida d'envoyer d'urgence au quartier de Mengou Témir un détachement qui rappellerait au noyon pourquoi il avait été envoyé aux bords de la Seyhun, et lui transmit les mots courroucés du khan de la Horde d'Or.
L'hiver cette année-là était inhabituel. Les tempêtes de neige violentes, quand la terre fusionnait avec le ciel et les chevaux mongols coutumiers ne pouvaient même pas aller face au vent et tombaient sous sa poussée sur les genoux, ne cessaient presque pas.
Et le printemps arriva, précoce, amical. Le soleil fondit en quelques jours les montagnes de neige, amoncelées en Comanie par les vents du monde entier. La terre, inondé par les eaux printanières, se transforma dans une mer. Les rivières de steppe Iaïk, Irguiz, Turgay débordèrent, sortirent de leurs lits.
Lorsque donc les eaux descendirent des côtés abrupts de la terre et les rivières revinrent presque à leurs lits, de fortes pluies se mirent tout à coup à tomber et tout autour se transforma dans un marécage sans fin dans lequel les chevaux se noyaient.
Les messagers de Berke eurent de la peine à parvenir le quartier de Mengou Témir. Leur déception était grande quand ils apprirent que l'alliance entre les descendants de Djaghataï et Ouguédey devint plus fort et bientôt on ne pourrait pas la rompre. Ils ne savaient pas que tout ce temps Mengou Témir ne restait pas tranquillement dans son quartier par maladresse et n'entreprit aucunes actions. Le noyon en avait ses raisons et il choisit les objectifs lointains.
***
Le khan Berke éprouva de l'inquiétude tout l'hiver, irrité par l'inaction de Mengou Témir.
Il eut de la peine à attendre le moment où la terre sècha un peu et les bords d'Itil devinrent vert tilleul des premiers brins d'herbe soyeux. Jour après jour la steppe, embaumé de l'eau vivant de printemps, s'épanouissait toujours plus. Le ciel au-dessus d'elle était grande et sans fond. Il fit sombre des volées d'oiseaux innombrable sur les lacs et les canaux fluviales et dans les maquis de saoule sur les bords de l'Itil les rossignols, ayant perdu l'esprit de l'amour, chantaient passionnément dans un feuillage frais.
Un de ces jours Berke ordonna de convoquer dans sa tente Toudaï-Mengou, revenu des terres d'Orusuts, et le fils de Mengou Témir - Toktaï. Quand les noyons furent venus, le khan fut involontairement saisi d'admiration devant eux. Tous les deux étaient jeunes, sveltes, rapides dans leurs mouvements. Et ils étaient habillés simplement comme était l'usage chez des guerriers mongols depuis Gengis Khan. Chacun d'eux portait un habit simple serré par une ceinture à laquelle un sabre était suspendu, sur les pieds ils portaient les bottes mongoles doux, sur la tête un borik bordé de fourrure de renard jaune.
Berke savait que ces deux noyon aimait le plus au monde les armes et les chevaux. Leurs fourreaux et poignées des sabres et des poignards décorés de l'or et de l'argent scintillaient des pierres précieuses. Quant aux chevaux, noirs et chauds, ils étaient décorés des selles, brides, étriers et sangles bordés d'argent pur blanc.
Les jeunes noyons aimaient faire du bruit, discuter et parmi genghiside ils étaient considérés comme taquins.
Après les salutations mutuelles le khan proposa à Toudaï-Mengou et Toktaï de s'asseoir.
Les noyons s'installèrent sur le tapis duveteux persan, étendu au pied du trône, ayant ramené les jambes sous soi comme à l'orient et se préparèrent à écouter.
- Combien de guerriers avez-vous maintenant?
- Selon l'ordre, chacun de nous a amené cinq mille, - répondit Toktaï en regardant avec méfiance le visage du khan.
- Bien. Qu'ils soient prêts à partir en campagne à n'importe quel jour et heure. Je les menerai moi-même...
Toudaï-Mengou se pencha en avant de tout son corps:
- Si notre chemin sera-t-il loin?
Berke fronça les sourcils. Il n'aimait pas être interrompu.
- Non. Nous n'aurons besoin que de deux jours pour voir la face de l'ennemi. On communique que le détachement des esclaves évadés se trouve maintenant sur le bord droit de l'Itil, dans la Forêt Noire. Nous l'entourerons et mettrons le feu à la forêt...
Toudaï-Mengou rit joyeusement:
- Donc, nous avons à rôtir vivant et deux beautés!..
Toktaï ne répondit aucunement aux paroles du noyon. Son visage était sérieux:
- A quoi bon brûler la forêt? Les esclaves ne sont plus de deux mille et nos braves guerriers viendront facilement à leur bout.
Berke secoua la tête:
- Nos guerriers sont habitués à combattre à cheval, la forêt n'est pas un endroit où ils pourront montrer leur hardiesse. Parmi les esclaves il y a pourtant beaucoup d'Orusuts, Proto-Bulgares. Ils sont habitués à la forêt, ils savent se battre à pied et au besoin se glisseront devant n'importe quelle barrière. Nous ferons comme j'ai dit. Le feu nous aidera à faire ce que les guerriers ne pourront pas.
- Soit, - acceptèrent les noyons.
- Allez vous préparer à la campagne. Et que les arbas avec trente zahatos, chargées d'un mélange combustible chinois, se rendent aujourd'hui-même vers la Forêt Noire. 
Toudaï-Mengou et Toktaï saluèrent le khan.
***
La Forêt Noire s'étendait comme un large ruban sur le bord haut de l'Itil. Les chênes vigoureux,les beaux pins élancés, les bouleaux blancs y entrelacèrent leurs branches, ayant formé un fourré impénétrable.
Le détachement de Salimgirey, ayant caché dans les profondeurs sombres de la forêt, faisait  des incursions d'ici sur les détachements mongols et les caravanes passant devant et transportant le tribut, levé des terres d'Orusuts et Proto-Bulgares.
Les guerriers percèrent dans le fourré un sentier étroit sur lequel seulement deux cavaliers pouvaient passer et ils arrivaient aux vastes steppes et revenaient dans le camp par le même sentier.
Salimgirey n'irait pas y s'attarder longtemps. Bien que la place soit commode mais facilement vulnérable parce qu'une bande de bois était étroite. Il n'attendait que le moment où la steppe sécherait complètement et les rivières entreraient dans leurs rives.
Un jeune preux, le chef du détachement de Coumans libres Jagan avec qui ils devinrent amis en hiver, appela Salimgirey dans le profondeur de la steppe, sur les bords de Iaïk, plus loin du quartier du Khan. Les familles coumanes, lui proches du sang, y erraient et on pouvait compter qu'ils ne livreraient pas les fuyards.
Salimgirey sut que dorénavant ni lui ni ses hommes n'apprendraient jamais de vie tranquille. Tôt ou tard on rapporterait au khan où ils se cachaient, et le long bras impitoyable de la Horde se tendrait de nouveau vers eux.
Mais toutefois les gens, fatigués des échauffourées constantes et des persécutions, avaient besoin au moins d'un repos court. Il y avait encore une pensée secrète: peut-être on réussirait à compléter le détachement de nouveaux guerriers et le faire une force encore plus redoutable.
Les noyons de Berke savaient prendre bien leur temps.
Menés par des espions, dix mille guerriers mongols arrivèrent près de la Forêt Noire après minuit. Le cercle autour des fuyards se ferma.
Les chinois, savant se servir d'un mélange combustible et prenant leur service chez Berke Khan, déterminèrent la direction du vent et firent rapidement leur œuvre, ayant versé le contenu des zahatos aux bons endroits.
Des milliers de serpents de feu se mirent soudainement à glisser à travers la forêt, éclairèrent le fourré. Les trombes rouges montèrent jusqu'aux cimes des pins frisés.
Les arbres, embaumés des jus de printemps vives, ne voulurent pas mourir mais le feu était plus fort. Le vent tordit, hurla et les flocons de cendres montèrent dans de ciel, comme les corneilles noires effarouchées.Les branches enflammées volaient comme des torches, jetées par la main forte.
Les guerriers patrouillants virent les premiers les reflets de la flamme. Ils se précipitèrent vers le camp. Un vague de feu les suivait, des oiseaux, perdu leurs nids, volaient avec un cri anxieux au-dessus des cimes des arbres.
Un fer à cheval de feu s'approchait du camp. Seulement là, où l'Itil invisible dans l'obscurité s'approchait tout contre, tout était silencieux. La partie des guerriers à l'ordre de Salimgirey, ayant réuni des femmes et des enfants, partit vers la rivière. Pendant que les guerriers restés trouvèrent dans les clairières de forêts des chevaux entravés et les sellèrent, une fumée âcre recouvert déjà le camp. Une seule voie était libre - à l'Itil. La silence de cette côté inquiétait et effrayait mais il n'y avait pas de choix et Salimgirey ordonna de se retirer vers la rivière.Le vent brûlant sechait les visages, la fumée piquait les yeux et les longues flammes léchaient le ciel noir. Les étoiles s'éteignirent.
- Dans l'eau! - Salimgirey criait. - Tous dans l'eau! Ceux qui survivront - rencontrerons sur l'autre bord!
Le bord était abrupt et les chevaux, avec des yeux ardents de reflets de la flamme, avec un hennissement fort tombaient dans l'eau. Les gens les suivaient, en sautant dans l'eau, ayant jeté leurs armes et enlevant leurs vêtements. Seulement Salimgirey et trente guerriers restèrent sur le bord, en couvrant le recul du détachement.
Les gens, s'étant accrochés les uns aux crinières, les autres aux queues des chevaux, combattirent contre le courant. Les ressacs blancs mousseux bouillaient autour des têtes de chevaux surélevé haut, allongé vers le bord opposé. Il faisait clair au-dessus de l'Itil comme en plein jour et seulement le bord loin salutaire était enténébré.
Berke sut venger. Pendant qu'il faisait encore jour à son ordre de un mille de guerriers sous le commandement de Toudaï-Mengou traversèrent l'Itil et se cachèrent en face de la Forêt Noire dans les broussailles hautes de saoule.
"Aucun esclave ne doit s'en aller dans la steppe," - le khan dit brièvement au noyon. Il était sûr que Toudaï-Mengou ferait tout pour que ça y soit.
A peine les pieds des fuyards touchèrent-ils le fond et, ne croyant toujours pas en leur salut, commencèrent-ils à toucher terre que les coups des massues-chokpars lourdes tombèrent sur leurs têtes. En pierçant les corps tombés par des lances, les guerriers mongols faisaient tomber les morts dans l'eau.
***
Berke se tenait sur le bord haut de l'Itil entouré des noukers. Et quand la forêt eut flambé, incendié par ses guerriers, un spectacle saisissant ouvrit aux yeux du khan.
Il vit les gens affolés se démener, les chevaux tomber avec un hennissement strident du escarpement et les eaux d'Itil devenir rouge de sang et de reflets de la flamme.
Le visage du khan était impassible et rose du feu proche. Son âme jubilait.Enfin ce qu'il rêva si longtemps et douloureusement pendant les nuits sans sommeil s'accomplit.
Ses ennemis furent vaincus. Et quelle joie put être davantage que celle quand celui que tu voulais te venger fut écrasé?
Des témoins et des coupables de son infamie mouraient aux yeux de Berke.
S’étant attaché fortement aux cornes de saïga tors, suspendues à la ceinture, le khan regardait l'incendie sans détacher les yeux, en essayant de ne rien manquer et de retenir ce moment pour toujours.
Il se rappela soudain les choses de longue date, oubliées. Berke était alors un peu plus de vingt ans et il était juste debout sur le bord de la grande rivière et regardait les gens se démener dans la fumée et le feu. Alors la forêt ne brûlait pas mais une belle ville d'Orusuts Kharmankibe .
Depuis lors le reflet de la flamme se levait toujours devant les yeux de Berke et réveillait dans son âme un sensation de joie et de grandeur.
Le khan pensa soudainement que peut-être c'était le dernier incendie dans sa vie et le cœur ne cesserait jamais plus de battre de bonheur de la victoire proche.
Son visage impassible frémit. Une boucle d'oreille en or avec un diamant octaédrique chancela dans son oreille gauche en éparpillant des étincelles piquantes, la bouche édentée crispa comme souriant et les épaoules tombantes se courbèrent sous un surtout de brocart - la mort se tenait déjà au dos de Berke. Mais le khan ne se vit pas de loin et ne le sut pas.
Berke ne quitta le haut bord jusqu'à l'aube, jusqu'au moment où des langues de feu cessèrent de danser au-dessus du lieu où la Forêt Noire se trouvait jusqu'à récemment. 
La grande Itil emporta le sang des sables du rivage, les corps des perdus et Berke eut le cœur gros, comme si écrasépar l'aube grise. Si on pouvait arranger de sorte que le feu flambe toujours, le monde entier brûle et les gens crient! Mais ce n'est même pas donné au grand khan - le seigneur de la Horde d'Or.
Les guerriers restés avec Salimgirey pour ne pas être asphyxié par la fumée âcre bandèrent le visage avec des mouchoirs humides et, en conduisant les chevaux par la bride, se mirent à se faufiler le long du bord étroit de la rive, en aspirant à sortir de la forêt dans la steppe. Une ombre noire d'escarpement et des nuages de fumée épaisse cachaient sûrement les fuyards. Et quand ils décidèrent finalement que le danger était passé et grimpèrent l'escarpement sur l'éboulement pierreux Salimgirey tressaillit de surprise - tout droit devant soi il vit à une distance de vol d'une flèche au bord de la forêt une petit détachement de cavaliers. Aux dernières ombres de la nuit Salimgirey reconnut facilement parmi eux Berke Khan. Il n'y avait plus plus d'une douzaine de noukers du garde du corps avec lui.
La décision vint tout d'un coup. Le destin lui-même le réunit au khan sanglant et laisser échapper telle proie était impossible. Salimgirey sut: les noukers gardant le khan étaient des guerriers habiles, mais la prépondérance de gens était à son côté.
- A cheval! - cria-t-il. - Vengeons la mort de nos camarades!
La terre trembla du bruit des sabots et les cris enroués des assaillants se mêlèrent en un seul hurlement furieux.
Salimgirey attendait la résistance mais Berke Khan, ayant crié quelque chose à ses gardes, fouetta son cheval et, s'étant serré contre la crinière, galopa dans la steppe. Comment les persécuteurs pouvaient savoir que le khan décida de ne pas risquer et les attirer là où le regroupement de l'armée mongole après la bataille dans la Forêt Noire était fixé.
Les chevaux des guerriers de Salimgirey n'étaient pas si fatigué comme les chevaux de ceux de la Horde d'Or, ayant parcouru à la veille une longue étape de nuit, et c'est pourquoi ils attrapaient facilement les noukers du khan et les mettaient hors de la selle par des coups des gourdins lourds. Seulement le cheval de Berke Aktanguer célèbre dans toute la steppe coumane emportait rapidement son maître du danger. Salimgirey et le preux bachkir Galimzian poursuivaient obstinément le khan. Le preux eut un cheval merveilleux - on les appelle dans les milieux populaires ushkur. En course courte il pourrait même attraper un oiseau mais un long chemin était au-dessus de ses forces. Par conséquent, ayant forcé son cheval à faire tout dont il était capable, Galimzian presque réussit à rattraper Berke. Ayant lâché la bride, il tira un arc du carquois.
- Ne tire pas! - Salimgirey cria. - Il faut essayer de le prendre vivant.
Le bachkir s'attarda et le temps fut manqué, et son cheval courait de plus en plus lentement. Salimgirey dépassa bientôt le preux. Maintenant lui seul continuait la poursuite. Le désir de prendre à tout prix le khan vif donnait du ressort, et il semblait que le cheval, un beau argamak turkmène, sentait l'impatience et l'entrain du maître. Il volait à travers la steppe presque sans toucher le sol. 
La distance entre le fuyard et le poursuivant raccourcissait lentement mais sûrement. Le vent de la poursuite fit tomber les larmes des yeux. Salimgirey pesa sur les étriers pour jeter un nœud de lasso de crin au cou du khan, mais pendant ce temps-là Berke se retourna et, s'étant replié en selle comme un jeune guerrier, tira de l'arc. La flèche rougie au feu, perçant même la cotte de mailles, pénétra profondement dans la poitrine de Salimgirey et jeta son corps en arrière. Il renversa la tête en arrière, en attrapant le vent froid par sa bouche contractée de douleur, et la dernière chose que ses yeux grands ouverts virent était une raie vermeille de l'aurore, ayant tracé le ciel là d'où le soleil devait se lever.
***
Et assis au grand festin organisé à l'occasion de la victoire, Berke continuait à réfléchir sur le néant de la vie.
Il avait tout: la gloire, l'or, le pouvoir sur les gens, mais ce matin le khan sentit bien vivement que tout cela était trompeur et passager. De ce qu'il fut fier, dans ce qu'il vit la raison d'être sur la terre s'en allaient, s'obscurcissaient et l'âme, fatiguée des années passées à travers, devenait sourd aux joies et chagrins du monde. Il ne restait qu'à vivre par habitude, agir par habitude et faire les choses habituelles.
Est-il possible que ce qui lui s'était passé soit absurde et le monde soit vide et impitoyable?
Le désarroi intérieur, l'ayant saisi la nuit du massacre sur les esclaves rebelles, ne quittait plus Berke. C'était l'année du lapin (1255)...
Les messagers d'Iran apportèrent des nouvelles alarmantes. Koulagou morut mais ses successeurs ne voulait pas accepter leurs pertes dans le Caucase. Alors Berke, ayant convoqué Nogaï chez lui, lui ordonna encore de partir avec les tumens dans la steppe du Mughan pour rappeler l'ennemi à la puissance et la grandeur de la Horde d'Or. Cependant l'ilkhan Abak n'eut pas peur et envoya à la rencontre une grande armée.
La bataille eut lieu sur lу bord de la Koura et cette fois-ci le Ciel n'était pas bienveillant à Nogaï. Il essuya une défaite écrasante, fut blessé à la tête et devint aveugle d'un œil.
Le reste des troupes de la Horde se retira à la hâte dans Chirvan.
La nouvelle de la mort des tumens de Nogaï bouleversa Berke. A la tête de l'armée de trois cent mille guerriers il partit en aide à son noyon. Mais cela non plus ne fit pas l'ilkhan Abak penser à la réconciliation . Comme si la providence le guidait. La bataille n'eut pas lieu pour cette fois. Le grand khan de la Horde d'Or mourut de la cardioclasie en route.
Les guerriers amenèrent le corps de Berke au quartier. Pour la première fois le khan mongol fut enterré autrement que c'était habituel à sa patrie éloignée dans les steppes de Kerulen et d'Onon. Berke, le patron des musulmans qui adopta lui-même la religion du prophète Mohammed, fut enterré à l'ouest de la ville de Saray, en plaine campagne. Les troupeaux innombrables de chevaux ne furent pas poussés sur sa tombe. Selon la loi musulmane on érigea le tombeau de pierre noire et sur la même dalle noire on frappa d'or son nom et le chapitre du Coran déterminé à l'enterrement.
Le régent temporaire de la Horde d'Or devint le jeune frère malade et infirme de Berke -Berkenzhar.
Le grand deuil fut déclaré sur toutes les terres dépendant de la Horde.
Au printemps prochain les descendants de Djoutchi se réunirent au qurultay à Saraï-Berke. Après les longs débats le nouveau khan de la Horde d'Or fut levé sur le feutre blanc Mengou Témir.
Et cette fois-ci la chance passa le noyon Nogaï. Les petits-enfants et les arrière-petit-enfants du grand Gengis Khan, ayant pris puer de sa énergie, son caractère impérieux et rigide, préférèrent pour leur tranquillité Mengou Témir plus doux et accommodant.
Les nouveaux temps s'approchèrent de la Horde d'Or et l'obscurité couvrait son avenir.
Berke Khan ne répéta pas les actes de Batu - il ne soumit pas de nouvelles terres pour la Horde, mais pendant toutes les années de son règne il gardait habilement ce qu'il avait hérité.
Un vrai mongol, il suivait en tout la Grande Yasse de Gengis Khan, et aucun des descendants de Djoutchi n'osa de son du son vivant attenter à son trône d'or.
Comme son grand-père, Berke décida lui-même tous les litiges survenant entre des noyons et des émirs. Personne n'osa le circonvenir et atteindre leurs buts par les gens proches du khan. La mort attendaient ceux qui cherchaient les détours. .
Genghis Khan légua: "Seulement ceux qui se soumettent en tout au khan peuvent être les chefs des tumens, des milliers et des centaines. Au début et à la fin de l'année chacun d'eux est obligé de rapporter toutes leurs actions. Ceux qui oseront agir sans autorisation ou s'abandonner au repos, ou commenceront à dissimuler leurs actions ayant caché comme une pierre dans l'eau ou une flèche tiré dans les roseaux épais, doivent disparaître. Tels chefs ne peuvent pas être à la tête d'une armée".
Berke Khan ne s'écarta pas et de celui de ses préceptes. Et tous lui obéissaient et c'est pour cela que l'armée de la Horde d'Or, ainsi qu'au temps de Batu, se distinguait par une discipline de fer. Même Nogaï, capricieux et fougueux, ne reconnaissant l'autorité de personne, n'osait pas contredire Berke.
Berke parvint sans se distinguer par la vertu militaire à multiplier non seulement la puissance de la Horde d'Or mais aussi ses richesses. Il protégea le commerce, le métier et fit en sorte que personne, vivant sur les terres lui soumises, ne put éviter ou cacher des tributs.
Berke insidieuse, rusé et prévoyant quitta la vie. Et il n'y avait pas tel devin qui oserait prédire l'avenir de la Horde d'Or et l'avenir de son nouveau khan...
***
Le qurultay où Kaïdou et Barack tombèrent d'accord eut lieu en l'an du cochon (1269).
Pour prendre part à cet événement solennel, non seulement les descendants de Djaghataï et Ouguédey, mais le fils de Djoutchi - Berkenzhar qui devait rapporter aux genghisides réunis les paroles du khan de la Horde d'Or Mengou Témir, arrivèrent sur le bord de Talas.
Le festin de fête dura sept jours. Le huitième jour les descendants de Gengis Khan, ayant réuni dans la yourte de Kaïdou, commencèrent à parler à propos de quoi ils s'étaient rassemblés ici.
Et cette fois-ci, comme les années précédentes, lorsque la paix entre eux se fut établi pour quelque temps, les genghiside parlèrent de ce qu'il était temps d'oublier les querelles et régner ensemble sur les terres conquises, en aimant et s'aidant en tout.
«Quand six personnes sont en brouille, chacun d'eux perdra ce qu'il a. Quand ils sont unis - il n'y pas de force capable de les casser", - dit Kaïdou.
Toutes les personnes réunies furent d'accord avec lui.
On ne leva pas le khan sur le feutre blanc à ce qurultay, mais ses décisions ne devinrent pas moins important de ce fait. Personne ne s'opposa à ce que désormais Kaïdou gouvernerait toute l'Asie centrale. Les deux tiers de Movaraunahr furent donnés au souverain du khanat de Djaghataï. Mengou Témir et Kaïdou devaient, d'un commun accord, gouverner ensemble son tiers.
La Horde d'Or recouvra les ville lui appartenant autrefois: Almalyk, Tokmak, Merki, Koulan, Akyrtobe, Taraz, Saoudаkent, Koumkent, Сholak, Kourgan.
Ainsi les terres partagées jadis par Gengis Khan entre ses fils aînés revinrent en possession de leurs descendants.
On décida aussi au qurultay de diviser de nouveau les esclaves-artisans, vivant à Boukhara et Samarcande, et chacun devait poser sur eux ses gens pour percevoir le tribut.
Le qurultay finit inhabituellement paisiblement. Tous les gens y venant se juraient fidélité et décidèrent de devenir anda - frère par mélangeant leur sang. Les descendants de Gengis Khan buvaient du vin de la même coupe et mangeaient de la viande du même plat.
Seulement maintenant beaucoup comprirent la sagesse de Mengou Témir quand il ya deux ans, ayant sous ses ordres la cavalerie coumane de cinq mille hommes, il ne la fit pas avancer à Movaraunahr. Aujourd'hui il acquit tout ce qu'il voulait sans faire couler le sang et sans risquer de perdre au gré du hasard la bienveillance du ciel.
Le khan de la Horde d'Or, n'ayant pas beaucoup de confiance en Kaïdou et Barack, ordonna pour protéger à tout hasard ses intérêts en Boukhara et Samarcande à un de ses tumens de s'installer plus près de ces villes, près de la frontière du khanat de Djaghataï.
Au même qurultay Barack parla prudemment de ce qu'il voudrais joindre à son ulus les terre de Khorassan et Afghanistan; cette demande ne souleva d'objections à la plupart des genghisides - les nouvelles batailles devait commencer loin de leurs biens et c'est donc qu'il n'y avait pas de raisons de l'agitation.
Kaïdou soutint chaleureusement Barack. Il espérait que celui affaiblirait son armée en lutte contre les héritiers de Koulagou qui possédaient ces terres. Un voisin puissant, même s'il fut un frère de sang, fut toujours dangereux.
L'année suivante Barack, encouragé par le soutien, fit marcher ses tumens à Khorassan. Mais les guerriers comans envoyés à son aide par Kaïdou quittèrent son camp à la veille de la bataille.
L'ilhan Abak infligea une défaite à Barack, et celui réussit à peine à s'échapper avec cinq mille guerriers sous la protection des murs de Boukhara.
La retraite de Barack fut tellement désordonnée et hâtive que, en échappant de la poursuite, il tomba de cheval, endommagea sa colonne vertébrale, et ses jambes furent paralysées.
Les descendants de Djaghataï gardant le silence jusqu'à un certain temps, ayant senté que les affaires de Barack allaient mal et qu'il n'eut pas le temps de former une nouvelle armée, se remuèrent. La position de Barack était difficile. En désespoir il s'adressa de nouveau à son frère de sang Kaïdou.
Celui-là exprima la volonté d'aider et lança l'armée de vingt mille guerriers au cours moyen de la Seyhun. Mais son mouvement était peu pressé comme si ses guerriers ne sellèrent pas les chevaux mais les bœufs lents. Kaïdou guettait. Qui vaincrait lui était égal. Une armée fraîche, habitué aux batailles fut sous son commandement.
Une chose incroyable se passa. Barack, incapable de marcher, remporta une victoire avec une armée fraîchement recrutée inexercée.
Maintenant il n'eut pas besoin de Kaïdou, et il lui demanda de retourner ses tumens.
Cependant Kaïdou n'alla pas pour ça et ces pensées n'étaient pas sur le retour. Le temps d'agir vint. Le gain fut proche et quel genghiside le refuserait même si il serait nécessaire perdre une personne proche de sang.
Le prétexte à la colère était facile à trouver.
Kaïdou accusa Barack de ce qu'il empêchait ses gens de percevoir un impôt des artisans de Boukhara lui appartenant selon la décision du qurultay.
Les tumens de Kaïdou entourèrent la même nuit l'armée de Barack fatiguée après la bataille. N'ayant pas passer la nuit, Barack mourut.
Les gens disaient des choses différentes. Les uns - que le cœur de l'émir se déchira n'ayant pas soutenu la trahison, les autres - qu'un homme envoyé par Kaïdou l'empoisonna.
Qui put appeler la vraie raison? Les gens surent une seule chose - les genghiside mouraient toujours rapidement et brusquement. Tous s'habituèrent depuis longtemps à cela...
***
Quoi que les gens disent mais Kaïdou ordonna d'enterrer somptueusement Barack, comme chacun appartenant à la famille du grand Gengis Khan méritait. Puis Kaïdou, après avoir fait ce qui était d'usage des coutumes mongoles, agit à sa manière.
Tous les descendants de Djaghataï qui s'étaient avoués coupables et s'étaient présentés avec les plaintes des oppressions du côté du défunt reçurent une part de ses biens. L'épouse de Mubarak Shah arracha aux yeux de Kaïdou les boucles d'oreille en or des oreilles de femme de Barack mais il ne voulut pas couper court aux insultes à la femme qui partagea récemment un lit avec son frère de sang. Une année seulement passa quand la poitrine de Kaïdou toucha la poitrine de Barack et leur sang se mêla en signe de l'éternité dans une coupe d'or...
Ayant joint l'armée de Baraсk à ses tumens, Kaïdou acquit une grande puissance. N'étant pas encore élu le khan, il devint puissant et terrible. Désormais les terres qu'il possédait s'étendaient du khanat de Chine Kubilai à l'est jusqu'aux frontières avec la Horde d'Or au nord et à l'ouest et jusqu'à l'ilkhanat de Koulagou au sud.
Kaïdou regardait maintenant avec mépris indifférent envers la Horde d'Or qui l'avait aidé plusieurs fois dans les moments difficiles.
Après le repas funèbre de Berke quand le khan Mengou Témir montra sa justice, sa position parmi le soutien principal - Coumans - renforça. Bien que le khan sache que c'était bon marché. Les Comans furent la force principale mais il ne fallut pas oublier que c'était quand même le peuple conquis par les Mongols et il fallait être toujours prêt à tous inattendus. Mengou Témir rappelait bien le conseil de Nogaï qui donnait à l'époque au khan Berke: entrer dans les terres d'Orusuts et transformer les Orusuts en Mongols. Fut-il possible que intelligent Nogaï ne comprît pas que les peuples conquis furent un lac immense et les Mongols - la poignée de sel?Il n'y eut qu'à desserrer le poing - et le sel disparaîtrait sans laisser de trace.
Le khan pensa malicieusement que s'il avait suivi les conseils de Nogaï et s'était établi avec son armée dans les terres d'Orusuts, qui savait s'il ne serait pas un an plus tard baptisé et ne serait pas obligé avec ses guerriers de porter des vêtements d'Orusuts?
Les affaires se passant dans les terres situées à l'ouest de la Horde d'Or inquiétèrent Mengou Témir plus que le renforcement de Kaïdou.  Si là, dans la steppe, les Comans commencèrent à lever la tête et de se rendre compte qu'ils étaient un seul peuple, alors qu'est-ce qui devait se passer dans les terres d'Orusuts où on connaissait et savait plus que faire paître le bétail?
Près de quarante ans passèrent après que la cavalerie mongole passa en coup de vent à travers les terres d'Orusuts, en foulant les champs et livrant aux flammes les villes. Comme par le passé les principautés d'Orusuts ne purent pas s'unir, comme auparavant les princes se querellèrent et le bonheur des Mongols consistèrent en cela. Ces derniers jours on parla de principautés de Tver et de Moscou. Mais ici même on ne chercha pas de réunion et continua à mener les vieux litiges et débats.
A Moscou le fils du prince Alexandre Nevski - Daniel se trouva.  Qui sut ce qu'il projetait? Est-ce que Daniel ne se mettraiet pas de par de son père à réunir autour de lui les Orusuts? D'autres principautés comme cachèrent Moscou, le couvrirent par leurs terres de la Horde d'Or, et Moscou devint de plus en plus fort chaque année; son trésor augmenta parce que beaucoup de voies commerciales passèrent à travers cette ville.
Si Moscou s'unissait avec la principauté de Tver, si les autres ne se serreraient pas, si alors la Horde d'Or ne devrait pas oublier Kaïdou et diriger de nouveau leurs tumens aux Orusuts? Tout cela inquiétait Mengou Témir. Les temps changèrent et la lutte contre eux cette fois-ci put être plus grave que sous Batu Khan .
Mais les gens avide de richesse et de gloire ne étaient pas seulement parmi les genghisides. Les princes orusuts ne se réconciliaient pas comme auparavant, et le feu d'avidité et d'envie s'allumèrent souvent à leurs yeux. Jusqu'à ce que cela ne disparaisse pas dans les terres d'Orusuts, rien ne menaçait la Horde d'Or. Il fallut simplement y avoir ses yeux et ses oreilles et ne manquer pas le moment quand le temps d'intervenir viendrait.
Djoutchi, Batu, Berke... Chaque khan se considérait comme plus intelligent et plus clairvoyant que son prédécesseur. Chacun fut à la recherche de son chemin mais ne put pas se rabattre de l'ornière profonde frayée par la horde de Gengis Khan. Mengou Témir comprit très vite que cette route était juste et pour lui. Régner sur les peuples conquis et leur tenir la bride haute on put seulement de telle façon que le grand ancêtre enseigna. Cela exigea une armée forte et l'or.
Ayant l'intention de conquérir la moitié du monde, Gengis Khan prenait des peuples conquis tout ce qui était nécessaire pour ses tumens. Il prit le fer des Tangoutes du royaume des Xia occidentaux et ordonna d'en faire des sabres pour ses guerriers, il s'appropria la poudre, des béliers et des armes de jet des Chinois. Ainsi son armée devint la plus forte.
La Horde d'Or eut aussi les forces considérable. Mais pour que l'armée obéisse au khan, il dut être riche, généreux et faire des cadeaux à tous ceux qui fit preuve de courage dans la bataille ou en fut digne pour le service fidèle.
Genghis Khan prit tout pendant les batailles, en pillant les villes florissantes, ne savant pas depuis longtemps des incursions ruineuses. Mais même le sage conseiller du khan Ouguédey - Yelü Chucai dit: "Il est impossible de gouverner la terre qu'on a conquis à cheval en restant en selle." Il fut impossible de piller infiniment les gens plusiers fois pillés sans préjudice à la Horde d'Or lui-même.
Mengou Témir estima que le temps de s'occuper des affaires intérieures de la Horde vint.
Il augmenta les impôts perçus des peuples conquis, des artisans et marchands. Désormais chacun paya sa vie, paya au cheptel de bétail et au champ ensemencé, paya un gibier tué et le poisson pêché, un arbre abattu et un fer à cheval forgé.
Mais c'était trop incommode de recevoir les impôts en nature. On eut besoin d'argent. L'argent de tous les pays et terres où le sabot de cheval mongol marcha, circula à la Horde d'Or, mais son prix était différent et les gens le prit parce qu'il fut faire d'or et d'argent.
Mengou Témir sut que seulement cet état-là qui eut sa propre monnaie fut un état. Et donc il décida de poursuivre l'affaire commencée encore par le khan Berke.
Les premières pièces d'or de la Horde furent frappées à Bolghar. Berke professa l'islam et donc ordonna de dépeindre le profil du calife An Nasiritdine Allah, décédé trente-cinq années avant son gouvernement et réussi à l'époque à restaurer la grandeur du califat de Bagdad. En payant des marchands argent à l'effigie de An Nasiritdine, Berke pensait que par cela même il exaltait la foi musulmane.
Tout changea quand en l'an du cheval (1258) Koulagou à la tête de ses tumens s'approcha des murs de Bagdad.
Les machines de siège chinois fit leur œuvre. Les guerriers de Koulagou se dispersèrent comme des fourmis par les rues de la ville à travers les brèches dans le mur. Le massacre et le pillage commencèrent.
Les habitants de Bagdad n'eurent pas l'intention de se rendre. Et puis le calife Musta’sim, hier refusa d'ouvrir les portes de la ville devant les Mongols, demanda le premier la grâce.
- Je te ménagerai si tu parviens à convaincre les habitants de cesser la résistance, - dit l'ilkhan.
Musta’sim obéit. Il s'adressa aux musulmans croyants avec les paroles suivantes:
- Tel est la volonté d'Allah. Cessez la résistance et les Mongols ne vous toucheront pas...
Les habitants de Bagdad crut leur calife. Quand ils eurent été désarmés, les Mongols agirent envers eux comme ils s'habituèrent à agir envers les peuples conquis. A la campagne, dans la steppe ouverte, massacre eut lieu auquel personne ne sut aucune grâce.
La terre n'eut pas encore assez de temps pour absorber le sang des tués, et Koulagou dit à Musta’sim:
- Nous sommes les hôtes de ta famille. Montre donc en quoi tu es riche.
Le calife, tremblant de peur, amena les Mongols à la porte ferrée avec le fer noir. Les guerriers de Koulagou l'enforcèrent et sortirent des dépenses un grand nombre des vêtements brodés d'or, des coffres remplis de dinars, de perles et de pierres précieuses.
Tous le butin les guerriers entassèrent aux pieds de l'ilkhan mais il ne jeta même pas de coup d'œil. Les sourcils de Koulagou furent froncés sévèrement. Il dit à Musta’sim:
- Maintenant montre-nous l'or du califat.
- Je jure...
- Ne jure pas! - cria avec colère Koulagou. - Je demande où se trouve l'or que les califes de Bagdad accumulaient pendant des siècles?
Un des noyons mit une lame du sabre sous la gorge à Musta’sim.
- Eh bien!.. Parle! Sinon mes guerriers le trouveront eux-mêmes. Ils ont le nez tourné à l'or. S'ils le font sans toi, alors tu n'auras rien à payer ta vie.
Le visage du calife était plus blanche que son turban.
- Là-bas... - dit-il, en désignant du doigt tremblant un petit étang bleuissant aux murs du palais.
Les guerriers mongols, ayant pris les zahatos en cuir, entourèrent le howz et se mirent à puiser l'eau. Lorsque le fond couvert de sable blanc se découvrit, les plus impatients se mirent à creuser. Et bientôt aux pieds de Koulagou un mont des lingots d'or surgit, et les guerriers tiraient d'autres du fond de l'étang.
Le visage de l'ilkhan était figé calme, et seulement dans ses yeux bridés étroits le reflet chaud rougeâtre de l'or scintillait.
Après avoir appris la chute du califat de Bagdad, le grand khan mongol Mengou ordonna à Berke de fondre les pièces restées à l'effigie d'An Nasiritdine. Dorénavant la Horde d'Or ne put frapper leur propre monnaie qu'avec son autorisation.
Ayant exprimé en apparence la soumission, Berke ordonna aux musulmans lui fidèles de continuer à battre frapper les monnaie avec le profil du calife An Nasiritdine. Cela fut fait dans un profond secret à Almalyk, Khodjent et Otrar. Mais maintenant ils furent fait de l'argent et du cuivre.
La Horde d'Or se sépara depuis longtemps de Karakorum, et, ayant décidé de commencer à frapper leur propre monnaie, Mengou Témir voulut souligner de nouveau qu'il gouvernait un état indépendant.
Il n'avait plus du Grand Khanat mongol. Son dernier souverain Ariq Boqa mourut. En l'an de mouton (1271) Kubilai se proclama empereur de la Chine, déplaça la capitale à Cambaluc et nomma un nouvel état Yuan.
Koulagou créa son ilkhanat. Kaïdou gouvernait l'Asie centrale. La Horde d'Or appartenait à Mengou Témir.
Le khan de la Horde d'Or décidait longtemps quel devait être son argent, le visage de qui imprimer sur les nouveaux dinars. Peut être de Batu Khan - le créateur de la Horde - ou Berke qui renforça sa puissance?
Non. L'or de la Horde dut consacrer le nom de son régent et c'est porquoi chacun voyait sur les dinars le visage du grand khan Mengou Témir.
***
L'humeur de Mengou Témir était morne. Le premier vizir Kataï sortit de frais de sa yourte, et les paroles qu'il avait dit troublèrent la source claire de la bonhomie du khan.
Le vizir apporta une nouvelles désagréable. Mengou Témir entendit auparavant des rumeurs mais il ne voulait pas y croire. Kataï dit que la jeune femme du khan Ouljataï  le trompait avec Abache - un de ses fils né d'une autre femme - Kubun-khatun.
Pour les khans mongols ce ne fut jamais contre nature si le fils épousait une des anciennes épouses de son père. Il arrivait au père de prendre en mariage après la mort de son fils la belle-fille, mais l'adultère éveilla toujours la désapprobation.
Mengou Témir n'était pas jeune, et quand même ce que le vizir lui avait dit provoqua sa colère.
S'étant habitué à se contrôler, le khan resta en apparence calme, mais ses sourcils furent froncés à la racine du nez et un éclat méchant apparut dans ses yeux.
Il s'imagina à un instant Ouljataï  et son fils Abache. La haine noire éclipsa son esprit. Non, il ne put pas le permettre!
Mengou Témir essaya de chasser la vision, mais elle était devant les yeux: le corps blanc de la belle femme étendu sur le sol, et Abache aux bras courts et à la poitrine large...
Le khan frappa dans ses mains. Un nouker apparut à la baie.
- Que muzalim vienne chez moi.
Le nouker disparut, et tout de suite à sa place le guerrier au teint basané apparut, qui exécutait au quartier les devoirs du muzalim - un homme pour les commissions spéciales du khan.
Les mains de Mengou Témir tremblaient.
- Viens plus près, - dit-il au guerrier.
Celui, en marchant sans bruit sur le tapis moelleux, s'approcha du khan et se pencha au salut, en attendant un ordre.
- Abache-oglan ne doit pas voir l'aube de demain, - dit Mengou Témir doucement mais impérieusement sans détacher son regard du visage de muzalim. - M'as-tu compris?
- J'entends et j'obéis, oh grand khan...
Le visage de guerrier était impassible.
- Va.
Celui recula de Mengou Témir.
Aucun des khans n'expliqua jamais à l'exécuteur de sa volonté les raisons l'incitées à donner tel ou tel ordre. Personne ne dut savoir les pensées secrètes du souverain. Le secret du khan - fut une épée tirée suspendue sur la tête de muzalim. Il n'y a qu'à laisser échapper la parole et cette épée l'atteindrait même s'il essayait de s'abriter aux confins de la terre.
Mengou Témir ne s'intéressa pas comment son ordre serait exécuté. Le muzalim déciderait et ferait tout comme trouverait nécessaire. Mais il accomplirait la volonté du khan quoi qu'il arrive.
La main agile du nouker rejeta le tapis fermant l'entrée et Ouljataï  entra dans la yourte. Mengou Témir tressaillit. Comme si sa jeune femme surprit ses paroles, comme si elle devina ce qui venait de s'y passer. Il était clair dans la yourte de la lumière tombant par l'ouverture supérieure et le khan voyait bien la femme.
Svelte, aux traits fins, avec de hauts seins, elle se tenait devant Mengou Témir et souriait.
La fille de l'emir d'Oïrats Buka Témir né la fille cadette de Gengis Khan - Tchitchigan, elle conduisit toujours comme elle voulait, et se permit beaucoup de ce que les autres femmes du khan n'osèrent pas se passer.
Elle donna à Mengou Témir deux fils et deux filles et le khan aimait bien Ouljataï .
Et même maintenant, en la regardant, Mengou Témir senta son cœur battre fortement. Une pensée méchante traversa son esprit: «Que Abache meure. A part lui il y eut encore neuf fils et il y aurait toujours à qui laisser le trône.
Le visage d'Ouljataï  devint soudainement fâché et capricieux:
- Oh grand khan, est-ce que tu penses que tu est devenu vieux et je peux changer l'or au cuivre?
- De quoi parles-tu? - demanda Mengou Témir d'une voix enrouée.
- Je parle de ton vizir Kataï. Cet homme ne marche pas comme tous les gens depuis longtemps, et rampe en se tortillant comme un ver...
- Qu'est-ce qu'il t'a fait?
- Il veut semer l'hostilité entre nous... Son âme est pleine des desseins noirs...
Le khan sourit avec méfiance. Comment put-il savoir ce que Ouljataï  savait?
Le vizir, en gardant l'amour-propre du khan, dit seulement que la femme le trompa, mais il ne dit pas qu'à l'aube de ce jour-là il surpeit Ouljataï  et Abache quand ils faisaient l'amour.
Mengou Témir ne sut pas que toute la journée sa femme passa dans l'anxiété. Elle espèra qu'Abache parviendrait à éliminer le vizir avant qu'il rapporte au khan, mais quand elle vit que Kataï sortit de la yourte de Mengou Témir et après lui un guerrier muzalim y entra, l'espoir en issue heureuse ne resta plus.Il fallut agir. C'est pourquoi elle vint au khan.
Les yeux d'Ouljataï  devinrent autoritaires et exigeants.
- Je n'ai voulu te dire rien pour ne pas troubler la source de notre joie... Dis-moi, est-ce que je te trompait jamais sur quelque chose?
Mengou Témir garda le silence en expectant.
Ouljataï  sourit soudain tristement:
- Probablement les Coumans disent juste qu'il n'y a pas d'homme qui ne regarderait pas lascivement une belle femme et ne boirait pas le koumys...
Khan se mit sur ses gardes. Fut-il possible que Kataï appartenait à ceux qui ne pouvaient pas passer devant une belle femme? Il était déjà vieux. En pensa-t-il? Et s'il persuada par haine Ouljataï  et Abachу?
- Depuis que je suis devenue ta femme, je n'osait même pas songer à jeter de l'odieux sur ton nom... Je veux demander une fois de plus, oh grand khan, si je t'ai jamais menti?
Mengou Témir pensa que la femme avait raison. Il ne put lui reprocher rien. Et quand même il ne répondit pas de nouveau à la question d'Ouljataï  et continua à examiner son visage aux yeux étrécis.
- Alors sache. Hier ton vizir, ce ver, m'a dit que de le réchauffer et partager un lit avec lui. Et si je refuse ou te dis de son brigue, alors ... - Ouljataï  sourit soudainement, les lèvres écarlates grosses s'entrouvrirent, les dents de perles blanches brillèrent avec de de l'humidité. - Je n'ai pas craint. Je savais que rien ne pouvait troubler ta confiance en moi. Et je n'ai pas cru les menaces du vizir. Personne n'ose dire du mal de la femme du khan, même si elle est coupable de quelque chose. Le secret du khan et le secret de la khanoum sont sacrés. Ceux qui jettent de l'odieux sur la Horde d'Or, ne sont-ils pas dignes de pitié et d'indulgence?
Ouljataï  se tut pour un instant, puis soudain leva la tête et un jeune sourire heureux éclaira son visage.
- Je t'ai parlé de cela, oh grand khan, pour que tu te convainques encore une fois que je ne te cache rien. Oublions cette conversation... - Elle s'approcha de Mengou Témir et il sentit  le souffle chaud sur son visage et entendit un murmure: - Tu m'as manqué!.. Tu n'es pas venu depuis si longtemps!.. Ne m'oublie pas, mon seigneur!..
Sans attendre une réponse, Ouljataï  se précipita vers la sortie et disparut aussi vite qu'elle avait apparu dans la yourte.
La nuit venue, Mengou Témir alla dans la yourte de la jeune femme.
Elle était chaude, ses mains étaient tendres et le corps semblait flexible et soyeux comme une vague d'Itil.
Le khan pensa qu'il avait langui après sa jeune femme bien-aimée.
Le secret de la khanoum fut le secret du khan. Et le secret du khan fut le secret de la Horde d'Or...
A l'aube, quand Mengou Témir fatigué de l'amour et des caresses s'endormit, le vizir Kataï fut étranglé dans sa yourte au lieu d'Abache.
Depuis ce jour personne des familiers n'eut de mauvaises pensées d'Ouljataï  et les yeux de personne ne virent et les oreilles n'entendirent rien qui serait nécessaire de faire savoir au khan. La paix et l'ordre anciens s'établirent dans le quartier de la Horde d'Or.
Maintenant Ouljataï  ne manqua pas d'occasion de voir une fois de plus Mengou Témir, et le khan, en la suivant furtivement des yeux, son cœur cessant de battre, pensa chaque fois qu'elle était belle, et le désir de la posséder, de sentir son corps s'éveilla en lui, obscurcit sa tête.
Kataï dut ignorer que le charme féminin fut plus fort que toute la sagesse du monde.
Une fois Ouljataï  vint chez le khan quand il était seul. C'était rare, et Mengou Témir comprit que sa jeune femme voulait lui dire quelque chose.
Les mains blanches fines d'Ouljataï  tendirent une tasse de koumys au khan.
- Veux-tu me dire quelque chose? - demanda Mengou Témir. 
- Oui, - la femme sourit. - Les marieurs de l'aoul de père sont arrivés. Ils demandent que notre fille Kourt-Fuji deviendra le plus jeune femme de mon frère Taoutaï.
Mengou Témir cligna les yeux. Taoutaï, le plus aîné parmi des frères d'Ouljataï , devint après la mort de son père Buka Témir l'émir de la famille d'Oïrats.
En caressant la barbe déjà grisonnante, le khan dit:
- C'est bien quand les marieurs viennent. Si la brebis est sans bélier, la vache sans taureau, la jument sans étalon et la chamelle sans chameau, d'où viendrons l'agneau et le veau, le poulain et le chamelon? Si une fille mongole ne se marie pas, d'où viendront de nouveaux guerriers? Les bonnes pensées errent dans la tête de l'émir Taoutaï. Mais seulement il ne deviendra ni bélier, ni taureau, ni étalon, ni chameau. Il est trop vieux pour que le Mongol puisse être né de lui. Et c'est pourquoi je ne lui donnerai pas Kourt-Fuji pour épouse. Elle deviendra l'épouse du sultan Corman Soyurgotmyсhe.
- On dit que le sultan est malade, - répliqua prudemment Ouljataï .
- Qu'il en soit ainsi. Je trouverai un autre mari pour Kourt-Fuji. - Mengou Témir se mit soudain à rire. - Et que penses-tu si je le donne à un prince d'Orusuts quelconque, tandis que je prendrai d'Orusuts des épouses pour mes fils?
Ouljataï  regardait avec surprise Mengou Témir. Il était difficile de comprendre si le khan plaisanta ou exprima par hasard une de ses pensées secrètes.
Mengou Témir ne sut alors pas que le destin disposerait à sa guise de la vie de sa fille. Elle ne deviendrait pas l'épouse du prince d'Orusuts, mais serait donné au sultan Corman Soyurgotmyсhe. Un an plus tard le sultan mourrait et Kourt-Fuji serait mariée Sabylmyсhe, le fils de l'un des frères d'Ouljataï . Trois ans plus tard la mort le rattrapa aussi. Et puis ce qui fut prescrit par le Ciel accomplirait - la fille du khan de la Horde d'Or deviendrait la femme de Taoutaï de soixante ans, aux marieurs de qui Mengou Témir refusa à l'époque.
Kourt-Fuji accoucha des trois garçons au vieillard, les trois Mongols. La rumeur publique se mettrait pour de bon à affirmer que des jeunes guerriers de son aoul aida Taoutaï à devenir père.

CHAPITRE SIX
VI

Le temps et la mort n'épargnèrent pas les soldats ordinaires, mais les descendants de grande Gengis Khan furent aussi dépendant de la fuite du temps, et la mort les prit aussi bien qu'une fois avait pris le Сonquérant de l’univers. L'arbre de la famille de Gengis Khan était puissant et branchu - des centaines de ses descendants gouvernèrent les terres et les peuples conquis.
Dès la grande campagne en l'an de la souris (1240) à l'Europe occidentale, sous le commandement de Batu, Nogaï participa à toutes les guerres, et ses tumens ne surent jamais de défaite.
Il suivait toujours en tout les préceptes de Gengis Khan, et cela l'aidait à tenir comme son grand-père en respect une armée plurilingue et la transformer en une force invincible.
Nogaï garda tout comme il était sous le Сonquérant de l’univers. Le chef d'équipe se soumettait au chef de la sotnia, le centurion - au chef du millier qui, à son tour, au chef du tumen. Les trois noyons furent sur le tumen et le capitaine, le chef principal de l'aile, fut sur eux.
Genghis Khan enseigna: «Si au cours de la bataille au moins un d'une dizaine de guerriers fuit du champ de bataille, tous ceux qui appartiennent à cette dizaine doivent être exécutés les premiers. Si toute la centaine fait preuve de courage et la dizaine lui soumise est convaincre de la lâcheté, il il faut exécuter toute la centaine.
Si un entre dix est entouré d'ennemis, et les autres neuf n'essayeront pas de lui donner la main et ne viendront pas à son aide, ils méritent tous la mort. Si la chose pareille se passe avec la dizaine et les autres quatre-vingt dix guerriers ne feront pas tout pour sauver de mal la dizaine, ils doivent tous être mis à mort".
Ainsi Gengis Khan légua dans son Yasse.
Encore plus grave étaient ses lois à l'égard de ceux à qui il donna des guerriers sous leurs ordres. Si un simple guerrier répondit sur sa tête de sa lâcheté ou de ne pas venir à l'aide de son camarade, ceux qui étaient à la tête des dizaines, des centaines, des milliers durent être exécutés avec leurs familles pour incapacité de donner l'ordre et montrer un exemple.
La mort fut la seule punition où qu'on aille. Les guerriers de Gengis Khan furent nés pour tuer les autres. S'ils ne le firent pas ou firent mal, ils mouraient eux-même.
Après avoir terminé la campagne dans les terres d'Orusuts et en Europe occidentale, de nombreux Mongols s'installèrent dans les basses du Caucase septentrional, de l'Itil et du Tan.
Le chef de l'ulus recruta toujours son armée parmi ceux qui vivaient sur les terres lui soumis. Nogaï eut de la chance - il y eut beaucoup de Mongols dans son ulus. Ils se rappelaient les temps de Gengis Khan et a enseignaient à ses enfants et petits-enfants ce qu'ils s'étaient habitués, que leur semblait naturel et nécessaire.
Au cours de la campagne sur la Crimée le frère germain de l'une des épouses de Nogaï - le fils de l'emir de la famille de Khadarkin Makur Kourana - périt. Nogaï ajouta son armée à la sienne. Les Khadarkins furent les vrais Mongols, se distinguaient par la bravoure et l'habileté d'obéir.
Ayant une armée forte, Nogaï se sentit indépendant et sut le faire savoir aux autres genghisides. Ses trois fils dirigèrent les tumens unis d'une discipline de fer et furent prêts à exécuter n'importe quel ordre de leur père.
Nogaï ne s'intitula jamais le khan, mais toutes les questions concernant la gestion de l'ulus lui appartenant, il décida lui-même, sans demander ni conseils ni assistance dans la Horde d'Or.
Il se conduisit particulièrement indépendant sous Mengou Témir. Le nouveau khan ne montra pas son mécontentement, mais plutôt au contraire, fit mine que rien ne se passait car l'ulus de Nogaï fut encore considéré comme la partie de la Horde d'Or.
Dans l'entre-temps Mengou Témir fut occupé d'une autre chose. A son ordre un nouveau ville Saraïtchik fut construit à une marche d'un jour de l'embouchure de l'Iaïk en amont. Ici, juste au cœur de la Horde, loin des frontières où les guerres civiles éclatèrent constamment, le khan décida de mettre en route le frappage de son argent.
Il y eut encore une raison pourquoi Mengou Témir ne voulut pas se quereller avec Nogaï. Kaïdou prit des forces à Movaraunahr et Khorassan et se permit déjà de prendre la partie d'argent afférent à la Horde d'Or, reçu des artisans lui appartenu - des esclaves.
Si cela arrivait sous Batu ou même Berke Khan, la Horde d'Or, n'ayant pas dévoré telle offense, lancerait ses tumens contre celui qui avait osé agir comme ça. Mais Mengou Témir craignait Kaïdou. La peur d'être défait et de perdre même ce que la Horde eut arrêtait le khan.
Ayant traîtreusement tué Barack, Kaïdou resserra une alliance avec son ennemi ancien - l'ilkhan de l'Iran Abak et créa un nouveau khanat fort sur les terres lui soumises. En désirant de se protéger davantage contre les surprises du sud, il promit de donner pour épouse sa fille célèbre de Koutloun-Chagua au petit-fils d'Abak Ghazan.
Mengou Témir comprenait que s'il lançait ses tumens contre Kaïdou, Abak ne resterait pas à l'écart. L'ilhan en profiterait certainement et frapperait la Horde d'Or dans le dos à travers l'Azerbaïdjan et le Caucase.
Néanmoins, en craignant Kaïdou, Mengou Témir suivit attentivement et avec anxiété Nogaï.
Aucun hiver ne passa pour que Nogaï n'arrange les grandes battues auxquelles toute son armée prit part. Ils durèrent trois ou quatre mois et couvrirent une vaste étendue.
Depuis Gengis Khan telles chasses signifièrent la préparation à la campagne, aux batailles prochaines. Pendant les chasses l'endurance des guerriers fut contrôlé, leur capacité à supporter patiemment des privations: dormir sur le sol pendant la pluie et la neige, se passer longtemps de la nourriture, être vigilant et attentif, obéir en tout à leurs chefs.
Parfois il sembla soudain à Mengou Témir que Nogaï se proposa de se séparer de la Horde d'Or et de se déclarer le khan autonome. Mais Nogaï fut toujours partisan sévère et successif des préceptes de Gengis Khan, et il attenterait à peine à l'unité.
S'il en était ainsi, alors qu'est-ce qui Nogaï voulut? Se traça-t-il un objectif ci-dessus que voulut devenir lui-même khan de la Horde d'Or?
De ces pensées Mengou Témir s'assombrissait et ne savait pas où se mettre longtemps.
Oui, aucun des genghisides ne fuit pas encore du titre de khan et ne renonça pas au trône, s'il apparaissait au moins une possibilité peu considérable. Mais Mengou Témir se trompa en pensant que Nogaï poursuivait le même but.
Nogaï n'était pas seulement un chef de l'armée sage et chanceux, il sut encore regarder loin en avant. Nogaï comprit bien que supprimer Mengou Témir du trône ne serait pas facile. Trop de gens se tenaient à son dos et, sans doute, lui accorderaient leur soutien. Lever la main sur le khan élu par le qurultay signifiait violer le saint des saints de la Yasse de Gengis Khan. Non seulement les ennemis, mais aussi les amis s'insurgeraient contre celui qui oserait concevoir une chose pareille.
Non, ce n'était le titre de khan qui séduisait Nogaï. Il voulut toujours rester fort pour que non seulement l'aile droite l'écoute la parole qu'il avait dit, mais la Horde d'Or aussi. Et qui que soit sur le trône, en prenant une décision, il dut le rappeler et lui demander le premier un conseil ou consentement. Comme croyait Nogaï, il avait droit absolu à cela. Qui plus que lui fit pour l'exaltation de la Horde d'Or, pour l'augmentation de ses richesses? En outre, il fut le plus aîné de la descendance de Djoutchi, et donc chaque son mot est le mot d'or.
Est-ce que quelqu'un des descendants de Gengis Khan put occuper le trône de la Horde sans son consentement et sa bénédiction? D'après Nogaï, une chose pareille ne dut pas se passer.
Mais Nogaï sut que les désirs seuls furent trop peu pour diriger les khans. Seulement une armée forte et le soutien de la plupart des descendants de Djoutchi lui donneraient la possibilité, sans être khan, gouverner la Horde d'Or.
A cet effet il se souciait constamment de l'armée et mettait ceux qui pourraient lui être utiles dans ses intérêts. Nogaï ne fut pas arrêté par le choix des moyens. Les uns il trompa, les secondes flatta, aux troisième fit peur, les quatrième soudoya par sa générosité.
Les descendants de Djoutchi furent souvent les hôtes de son ulus.
En l'an de la vache (1277) Nogaï invita chez lui Toudaï-Mengou avec qui il était allé à la campagne contre l'ilkhan Koulagou aux terres d'Azerbaïdjan.
La voie à son ulus n'était pas proche. Il fallut traverser les grands fleuves Tan et Ouzi avant d'arriver à la vallée fertile de la rivière Kekhreb qui chassait ses eaux à travers les terres des Moldaves, où se trouvait le quartier de Nogaï. Mais fut-il important si la voie était courte ou longue pour le guerrier mongol né en selle?
Cette année-là l'été se présenta brûlant, les pluies presque ne tombèrent pas et c'est pourquoi l'herbe sur les terres à travers lesquels la caravane de Toudaï-Mengou passa, jaunit prématurément.
La vallée du Kekhreb accueillit les visiteurs par la fraîcheur et les prairies vertes. Les basses montagnes, couvertes de forêts, se trouvaient tout autour et les eaux printanières eurent assez de temps pendant le débordement de la Ouzi pour si donner à boire qu'elle n'avait pas peur même du soleil le plus chaud.
Les terres fertiles appartinrent à Nogaï, les terres ne savants pas d'hiver. Seulement en décembre la neige y tomba pour quelque temps et fondit tout d'un coup du souffle des vents chauds. Les gens et le bétail s'y sentirent bien et libre.
Nogaï, ayant reçu l'ulus au gouvernement, ne commença pas à construire des villes comme un vrai nomade. En hiver et en été les Mongols vécurent dans les yourtes, placées dans un ordre strict qui fut déterminé par la coutume de leurs ancêtres.
Deux jours avant que Toudaï-Mengou doive arriver au quartier, Nogaï envoya à la rencontre de cher hôte, le petit-fils de grand Batu Khan, le détachement encadré par sa jeune femme Coumane Guibadat-beguime. Le détachement fut composé des filles et des garçons sur les coursiers aux pieds légers décorés richement.
Toudaï-Mengou frappa Nogaï. Il s'habitua à voir autrement ce guerrier chaud, toujours de bonne humeur, rapide à un bon mot et prêt à soutenir toute plaisanterie.
Maintenant une personne complètement différente fut en face de lui. Peut-être il ne se distinguait pas en apparence de celui comme Nogaï le savait, mais au yeux changeant inquiet de Toudaï-Mengou une lumière maladive terne apparut, ses joues se creusèrent et les mains se remuèrent constamment, comme s'ils cherchait quelque chose.
Nogaï devina - quelque chose se passa avec Toudaï-Mengou, mais il ne demanda pas et ordanna d'accompagner les hôtes aux yourtes posées pour leur repos.
Toudaï-Mengou fit image d'une personne perdue l'esprit. Seulement Kebek-taïchy qui l'accompagnait ouvrit le secret terrible à Nogaï.
La femme moyenne de Toudaï-Mengou était la fille de l'émir Alchyn-Tatar Toure Kutluk, une parente de la femme supérieure de Batu Khan, célèbre Barakсhi-khatun.
Barakсhi-khatun, intelligente et rusée, pour consolider davantage la parenté avec les descendants de Gengis Khan la maria à l'époque avec Toudaï-Mengou de quinze ans.
Pendant de nombreuses années la fille de Toure Kutluk accoucha des enfants morts. Toudaï-Mengou, emporté, fougueux dans ses actions, menaça de l'envoyer à ses parents, et quand il presque décida à accomplir sa menace, elle lui mit au monde un fils qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.
En désirant que le bonheur ne passerait pas son héritier, Toudaï-Mengou nomma le fils au nom de son grand-père - Batu.
Le garçon agrandissait heureux et en bonne santé. Le ciel le doua du courage et de la résolution. Il vainquit facilement les enfants de son âge au tir à l'arc et aux jeux avec des sabres et il était toujours et partout le premier.
La joie de Toudaï-Mengou fut sans bornes. En rêvant que son fils répéterait un jour ses exploits et les actions de son grand-père, il commença à prendre Batu en toutes les campagnes où qu'il doive se rendre dès l'âge de sept ans. Et cette fois-ci, en allant à l'ulus de Nogaï, il prit son fils avec lui.
Le malheur arriva sitôt après que la caravane Toudaï-Mengou traversa sur les radeaux l'Uzi riche en eau et organisa une journée de repos.
- Père, - dit Batu, - on dit qu'il y a beaucoup de sangliers ici. Je ne les ai jamais vu et je voudrais voir.
- Faut-il le faire à mon fils? - répliqua Toudaï-Mengou. - Tu es trop jeune pour participer à la chasse à cette bête, et le rencontrer sans plus sur le sentier est dangereux. Le sanglier est fort et entre facilement en colère.
- Je veux, je ne crains rien... - dit obstinément Batu en se renfrognant d'un air fâché.
Son atabeg - le précepteur d'Aydju, le grand guerrier bronzé - le fils de l'émir tangoute Lou Chidurgou - intercéda pour le garçon:
- Laisse-lui regarder. Nous serons à côté de lui. Le futur guerrier ne doit pas connaître la peur.
Toudaï-Mengou hésita longtemps. Le pressentiment du malheur le retenait. Il se blâma déjà qu'il avait dit à son fils du danger de la rencontre avec le sanglier. Il fallut inventer une autre raison pour le refus. Maintenant le garçon, habitué à l'idée que les Mongols ne devaient avoir aucune crainte, ne sortirait quand même pas de là.
- Bien, - dit Toudaï-Mengou d'un air mécontent. - Va.- Et en s'adressant à Aydju ajouta: - Veillez sur Batu. Prenez garde que les bêtes que vous chasserez passeront de côté.
L'atabeg se pencha au salut.
Jeune Batu et les guerriers l'accompagnants partirent vers la rivière, où un mur sombre de roseaux épais se leva.
Un peu de temps passa et tout à coup une peur sauvage inexplicable saisit Toudaï-Mengou. Il monta à cheval et le fit galoper dans la direction où son fils était parti.
Le silence surprenant était au-dessus des broussailles de roseau infinies. Les libellules vertes élancé planèrent au-dessus de ses panicules duveteux, et un oiseau chanta doucement . Ni Batu, ni voix des guerriers partis avec lui ne furent entendus.
Toudaï-Mengou se souleva sur les étriers en tentant de deviner par le mouvement de roseaux où furent les gens partis, mais tout à coup un cri strident et désespéré, frappa ses oreilles. Il fouetta de toutes ses forces un cheval...
Ce que Toudaï-Mengou vit, quand le cheval en écartant par le poitrail les roseaux puissants le porta à une petite clairière, glaça le sang.  Batu fut couché éventré sur la terre piétinée, tourmentée par les sabots de sanglier et un énorme sanglier dans une pose menaçante avec la soie cabrée sur la nuque et avec les défenses jaunes pointées sur le garçon se tint debout au-dessus de lui.
Ayant entendu le craquement des roseaux cassants, le sanglier tourna brusquement sur place et, ayant incliné la tête lourde, se jeta sur le cavalier.
Toudaï-Mengou fut plus leste. S'étant penché sur la selle, il ayant péniblement poussé un gémissement, frappa le sanglier du sabre. La tête de la bête roula de côté et la carcasse puissante, en trottinant par les jambes courtes, fit encore quelques pas et tomba lourdement en broussailles.
Etant affolé de rage et de douleur, en se mordant en sang les lèvres, Toudaï-Mengou continua à déchiqueter avec le sabre le géant battu.
Il n'entendit pas les guerriers accourir qui durent protéger Batu, n'entendit pas leurs justifications confuses que le garçon s'enfuit d'eux pour vérifier sa bravoure.
Quand le cœur ne soutint pas et Toudaï-Mengou commença à étouffer, il tourna son visage blanc, contracté de douleur et de désespoir vers les guerriers.
L'atabeg Aydju ayant vu les yeux de son souverain, jeta de côté son sabre et cacha son visage dans ses mains.
Toudaï-Mengou ne questionna sur rien les guerriers. Il les sabra ici même, sur le corps de son fils, et aucun d'eux ne pensa même à se défendre, aucun ne cria et ne demanda grâce.
Et personne de la caravane de Toudaï-Mengou ne considéra leur mort injuste. Mais qu'est-ce que cela fait que le garçon s'infuit d'eux après avoir commencé le jeu, et ils allèrent le chercher de l'autre côté?
Un hasard put être coupable de la mort de Batu - s'il ne s'était pas heurtré contre le sanglier sommeillant, s'il ne l'avait effrayé et la bête n'aurait jamais attaqué le premier. Mais qu'est-ce que cela fait que celui qui devait se noyer courait lui-même vers l'eau? Le guerrier qui gardait le descendant du grand Gengis Khan dut, si nécessaire, lever son sabre même contre le Ciel tout-puissant.
Dès ce jour-là comme si l'esprit de Toudaï-Mengou fut plongé dans un puits profond et sombre. Il ne parla à personne, fut assis seule dans la yourte et ses yeux tantôt furent couvri du voile trouble somnolent, tantôt ils devinrent tout à coup clair et froid.
Le troisième jour jeune Batu fut enterré sur un haut bord de la rivière et la caravane se mit de nouveau en route à l'ulus de Nogaï.
Dans la matinée, le lendemain d'arrivée de Toudaï-Mengou, Nogaï, appris tout sur le malheur lui arrivé, partagea sa douleur, dit des paroles consolantes.
Le noyon fit un signe de tête en réponse mais son âme resta muet et ne se réchauffa pas de ce qu'il entendit. Seulement une semaine plus tard il reprit ses esprits. Mais c'était déjà une autre personne. Toudaï-Mengou précédent - gai et joyeux - mourut et le nouveau - maussade et indifférent au monde et à ses plaisirs - naquit.
Il écouta Nogaï plus que parla, fut d'accord avec bientôt se mit à faire ses préparatifs pour le retour.
Ayant généreusement distribué des cadeaux à Toudaï-Mengou, Nogaï, pour le consoler d'une manière ou d'une autre, proposa: «Prends n'importe quelle fille qui te plaira dans mon ulus ».
Mais Toudaï-Mengou secoua la tête: «Je le ferai la prochaine fois».
Nogaï s'attrista. Les affaires de Toudaï-Mengou allèrent mal. En refusant il agit comme aucun Mongol n'agirait.
***
Peu après du départ de Toudaï-Mengou chez Nogaï le fils du khan - Toktaï arriva au galop de la Horde d'Or avec un ordre.
Le grand khan voulait que Nogaï fût prêt à entrer en campagne à Kaïdou.
Nogaï rencontra honorablement Toktaï, et fit des cadeaux généreux au peuple arrivé avec lui.
Ayant écouté respectueusement le messager, il dit:
- Dis au grand khan que je suis toujours prêt à obéir à sa parole. Mais depuis les temps de Batou le droit d'aller aux campagnes au Khorassan et à la Movaraunahr était laissé aux émirs et noyons d'ulus qui se trouvent les plus proches de ces terres. J'ai les autres projets. Si le grand khan Mengou Témir décidera de partir en campagne avec ses tumens contre Kaïdou, l'ilkhan Abak ne manquera pas d'y intervenir. En effet Kaïdou a promis de marier sa fille Koutloun-Chagua au petit-fils de celui - Gazan. C'est quand la Horde d'Or aura besoin de moi. Dès que l'hiver sera arrivé et rivières auront gelé, mes tumens et moi, par ma route habituelle par Derbent et Chirvan, partirons contre Abak et frappera dans son dos. Si le ciel m'aide et mes guerriers gagnent, ne refroidira-t-il pas la tête chaude de Kaïdou et ne le forcera pas à rechercher la paix avec la Horde?
Les mots du noyon convainquirent Toktaï et il consentit avec sage Nogaï. Le deuxième jour Toktaï alla à la Coumanie pour rapporter tout ce qu'il avait entendu à son père.
- Je ne serai pas la femme de Gazan - dit Koutloun-Chagua. Le sourire toucha ses lèvres et ses yeux regarda son père intrépidement et gaiement.
- Pourquoi as-tu décidé ainsi, mon Anghiar? - demanda distraitement Kaïdou. Il appellait rarement sa fille par le nom qui lui était donné à la naissance, parce qu'il pensait que un autre nom lui convenait plus: Anghiar - un Cadeau du Ciel.
- Gazan est plus jeune que moi. Et je ne veux pas vivre dans un pays étranger. Tu sais que je m'habitue à être libre...
Kaïdou secoua la tête avec la désapprobation.
- Pourquoi dois-je aller à l'Iran, si tu, étant devenu souverain, m'a offri un merveilleux ulus? La rivière Tchu arrose ses terres. Voici le bétail se sent libre, et les Coumans, dépendants de moi, cultivent les jardins et sement le pain.
- J'ai offri un riche ulus... - consentit Kaïdou. - Mais il faut penser à demain. Ton frère Ourous, le tumen de qui se trouve au pied des montagnes de Tarbagataï, au bord du Zaïssan, nous dit que de plus en plus les soldats de Kubilai viennent de la Chine pour prendre le bétail des clans dépendants de nous. Cela est fait non sans raison. Kubilai se prépare à la guerre, et il ne sera pas facile de tenir tête à lui. Je ne viens pas chex toi pour te visiter, mais pour prendre une part des troupes de ton ulus et la donner à Ourous...
- Pourquoi as-tu peur, mon père? - les yeux de Koutloun-Chagua brillèrent. - Si nous avons vaincu peu d'ennemis? Et si quelqu'un ose attaquer ta territoire, nous gagnerons de nouveau!
Qaidou ne répondit rien à sa fille, gardait le silence longtemps, puis il dit:
- L'Iran ne se trouve pas si loin ... Tu sais que la terre où je suis né, se trouve plus loin. Même un faucon rapide aura besoin de beaucoup de jours pour atteindre les rives de bleue Kerulen... Mais je n'ai pas eu de peur d'aller aux pays étrangers et les faire mes propres. En dehors du tout, Gazan est le petit-fils d'ilkhan Abak, et quand celui mourira, le père de Gazan - Arghoun occupera sa place. Quand cela passera - dépende du cas...
- Et qui est mon père? - rit d'un air de défi Koutloun-Chagua. - Ne régit-il toute la Movaraunahr, les terres du Jetyssou, le Khorassan et le Turkestan oriental?
Kaïdou répéta obstinément:
- C'est pourquoi tu dois devenir l'épouse de Gazan.
- C'est pourquoi je ne la deviendrai pas, - objecta Koutloun-Chagua. - Et j'ai voulu te dire...
Kaïdou leva sa tête et regarda fixement sa fille. Elle ne baissa pas ses yeux.
- Je suis enceinte...
Cette nouvelle était un coup pour Kaïdou. La colère s'empara de lui:
- Qui est le père?
- L'émir Abdekoul...
Le khan serra ses dents. Abdekoul - un Ouïghour, arrivé récemment de la Chine du Nord. Il était le fils d'idikout des Ouïghoures, savait lire et écrire, parler avec les étrangers, et c'est pourquoi Kaïdou l'approcha de lui.
C'est comment cet homme rendit au khan! Il y a six mois quand Kaïdou lui-même l'envoya chez Koutloun-Chagua pour recenser la population dans son ulus et régler la perception des tributs.
Kaïdou ne savait pas comment le voyage de ce beau Ouïghour bien fait se tournerait pour lui.
- Les années passent, le père ... - dit tristement Koutloun-Chagua. - Jusqu'à quand je me coucherai dans le lit et ne saurai pas du bonheur de la maternité? Il a passé ainsi... On dit que Gazan a pris la foi musulmane, et selon ses lois j'ai commis un péché: n'ayant pas devenu une femme, j'ai conçu un enfant...
Kaïdou baissa sa tête et après une longue méditation dit:
- Penses-tu que ton acte ornera ma Horde?
- Donne-moi à Abdekoul - dit fermement Koutloun-Chagua. - Et puis personne n'osera dénigrer.
Qaidou savait que s'il même consentait sur ce que sa fille demandait, les potins et la médisance ne pourraient pas être évités. Chacun s'étonnera que fort et puissant Kaïdou maria sa fille unique au fils d'un idikout obscur. Non. Seulement Gazan pouvait être un mari digne pour Koutloun-Chagua. Le clan, duquel il descend, reigne maintenant l'Iran, l'Azerbaïdjan, l'Irak et le Roum. Et peut-être, très bientôt Gazan lui-même deviendra ilkhan.
Koutloun-Chagua nomma Abdekoul l'émir. Qaïdaou peut seulement lever le doigt et il ne resteront pas même des cendres après lui.
Les pensées sombres capturèrent Kaïdou. Il devait répondre à Abak. Comment il peut dire que sa fille a un enfant d'un étranger de la Chine? Dans tels cas les descendants du Genghis Khan ne se tourmentaient pas généralement au sujet des solutions. Koutloun-Chagua devrait mourir. Et on ne marie pas les femmes mortes et il ne faut rien expliquer à Abak. Le nom du khan, son clan ne connaîtra pas de l'honte. La mort aidait toujours les genghisides à résoudre les affaires les plus difficiles. Et maintenant il y avait une issue.
La pensée de la mort possible de sa fille fit Kaïdou à frémir.
Non! Cela ne doit pas se passer. Non sans raison qu'il est considéré comme le plus intelligent et rusé parmi tous les descendants du Djaghataï et Ouguédey. Le temps l'aidera, dictera quoi faire et maintenant...
- Eh bien, - dit Kaïdou. - Je ferai ce que tu veux...
Koutloun-Chagua embrassa son père:
- J'ai su que tu me dirais ces mots.
- Comment pourrais-je faire autrement, mon Anghiar, mon Cadeau du Ciel? - répondit il avec un soupir.
- Ne sois pas triste, mon père - le visage de Koutloun-Chagua brillait de bonheur. - Je t'ai préparé un cadeau merveilleux.
Kaïdou regarda sa fille dans l'expectative.
- Te souviens-tu comme Berke Khan ordonna à tuer dix mille esclaves quand ils avaient exprimé l'insoumission?
- Oui.
- Et sais-tu que le maître-constructeur du Roum était la cause de troubles?
Kaïdou hocha la tête.
- A l'époque la fille de la Coumanie nommée Koundouze s'échappa avec un Romey du Saray Berke.
Kaïdou rida son front.
- Je l'ai entendu aussi. On dit qu'elle était belle?
- Oui. Elle a un beau visage et un beau corps. Mais le plus beau en elle - c'est ses cheveux. Je n'ai jamais vu tels ... Maintenant tu verras toi-même.
Koutloun-Chagua frappa dans ses mains. Une servante entra dans la yourte.
- Amene une femme aux cheveux longs et son fils.
Celle salua et sortit à reculons.
Koutloun-Chagua se tourna vers son père:
- Le temps prend la beauté des femmes et des fleurs. La jeunesse de Koundouze est passé, mais les cheveux restent tels comme jadis. Probablement les hommes l'aimaient toujours grâce à eux. En étant jalouse la Coumane à Kulag, Togouze-khatoune a coupé ses tresses, mais elles ont poussé de nouveau. Probablement la même chose s'est passée avec Berke Khan quand elle est tombée sous ses yeux. Mais il ne pouvait pas jouir de ses charmes. Dans la première nuit les esclaves fugitifs ont volé la Coumane. Te rappeles-tu comme Berke a ordonné de brûler la Forêt Noire au bord d'Itil où le détachement des fugitifs se cachait? Koundouze était là, mais elle a réussi à s'échapper avec son fils.
- Mais comment elle s'est trouvée chez toi?
- Mes guerriers l'ont trouvée dans la caravane qui venait de la Horde d'Or au Almalyk. Demande-lui le reste toi-même. Je le gardait pour toi...
Koutloun-Chagua disait tout bien, mais elle ne savait pas que Akberguen, qui avait sept ans, n'était pas le fils de Koundouze. Le garçon était né par Akzhamal et Salimgirey, mais dans cette terrible nuit de l'incendie au bord d'Itil ils acceptèrent la mort des guerriers de Toudaï-Mengou.
Et Koundouze ne s'acheminait vers Almalyk, mais vers Boukhara. Après la mort de Kolomon le monde semblait de perdre toutes les couleurs. Les femmes qui réussirent à s'échapper avec elle, se dispersèrent bientôt par la grande Coumanie pour chercher leur destin. Koundouze resta vivre dans un petit aoul pauvre au bord du Iaïk. Elle appellait Akberguen son fils, portait les vêtements déchirés, aidait les gens à prendre soin du bétail, trayait des juments. On la considérait folle, ne la chaissaient pas, lui donnaient de la nourriture.
Mais on ne pouvait continuer ainsi longtemps. Celui qui a appris la liberté ne l'échangerait jamais à une telle vie. Dans les longues nuits d'hiver, en se couchant dans la yourte pauvre, son abri, Koundouze se rappelait la vie passée, pensait à l'avenir. Il était nécessaire que Akberguen grandît, devînt plus fort, apprît à se mettre en selle. Et elle ne pouvait aller nulle part dans ce moment.
Il était calme dans la steppe. Seulement parfois les rumeurs arrivaient que quelque part il y avait un détachement de bandits-Barymtatchi. Ils pillèraient tous, volaient le bétail et aux riches et aux pauvres. Koundouze méprisait tels gens.
Elle écoutait avidement les nouvelles qui étaient parfois apportées les derviches qui descendaient dans l'aoul au repos.
Les caravanes passaient des terres lointaines, mais il était calme partout. Seulement les khans se battaient, partageaient, enlevaient des terres l'un à l'autre. Akberguen grandit et aidai Koundouze - il paissait les agneaux au printemps.
Mais une fois elle entendit ce qu'elle avait attendu si longtemps. En murmurant, en craignant des dénonciations, les caravaniers racontèrent qu'il était de nouveau agité à la Boukhara. L'alem Tamdam apparut et appelle les gens à bannir les Mongols.
Koundouze connaissait bien ce nom. Elle se souvenait comme dans les nuits, ayant jeté des brindilles dans le feu, Salimgirey avait parlé d'intrépide Mahmoud Tarabi, son camarade Tamdam qui avait soulèvé les artisans de la Boukhara contre les souverains mongols et les baskaks. Et elle savait comment Salimgirey avait sauvé Tamdam.
Il n'y avait plus de force à rester dans l'aoul. Et Koundouze obtenut d'un karavanbashi, allant à la Boukhara, la promesse de prendre elle avec lui.
Le chemin n'était pas proche. Il commencait à la Coumanie, marchait à travers les montagnes de Mongolie, contournait la mer d'Aral, et conduisait puis à la Boukhara. La caravane ne pouvait pas passer la vallée Tchu.
Plus récemment, ces terres avait appartenues à la Horde d'Or, mais aujourd'hui, Kaïdou les réglait. Il savait que Mengou Témir ne se soumettrait à la perte, et tôt ou tard viendrait ici avec une armée. En craignant des espions, Kaïdou ordonna de vérifier toutes les caravanes de passage.
Le karavanbashi savaient qu'il était agité dans la Boukhara, et il décida de biaiser et dit qu'il allait à Almalyk.
Koutloun-Chagua n'avait jamais vu Koundouze et pourtant elle devint facilement qui elle était. De nouveau, les tresses étaient coupables. Koundouze les coupait constamment, mais les cheveux poussaient rapidement et étaient, comme avant, beaux et touffus. Pour que les cheveux ne la gênassent pas pendant le voyage, elle les enroula autour de sa taille.
Koutloun-Chagua n'était pas seulement un guerrier, mais une femme, et c'est pourquoi ses yeux s'arrêtèrent immédiatement sur Koundouze.
Si une personne a quelque chose de spécial - la vaillance ou la fortune, l'esprit ou les cheveux de la beauté extraordinaire - la rumeur divergeait rapidement à travers les steppes parmi les nomades.
Assise sur son cheval ambleur noir, en examinant ceux qui se pressaient en foule devant elle en attendant la décision de leur sort, Koutloun-Chagua examinait attentivement Koundouze. Le visage de la femme gardait les signes de l'ancienne beauté, mais le plus important - les tresses... C'étaient elles qui suggérèrent à la souveraine d'ulus qui cette femme était...
- Délie les tresses... - dit elle impérieusement.
Koundouze gardait le silence.
Puis Koutloun-Chagua ordonna à un de noukers:
- Fais-le.
Le nouker bas bancal descendit de la selle et courut vers la femme.
Dès qu'il eut avancé ses bras à elle, comme Akberguen, qui était à côté de lui, se précipita vers le Mongol. Celui le rejeta crânement. Le garçon tomba, mais sauta immédiatement à ses pieds. Le nouker lui donna quelques coups du fouet sur la tête et le visage. Le sang submergea les yeux d'Akberguen.
Koundouze se jeta à lui, s'agenouilla, ferma par son corps. Et puis, en regardant des cheveux aux chaussures Koutloun-Chagua, cria:
- Arrête ton chien! Je vais faire ce que tu veux moi-même!
Koundouze délia par saccade les tortillons serrés de ses tresses, et elles, comme deux serpents noirs, tombèrent sur le sol poussiéreux.
- Alors, c'est toi, celle connue Koundouze?
- Oui. Mais duquel sont coupables mon fils et moi? Pourquoi ordonnes-tu de me traiter comme une esclave? C'est parce que j'ai des longues tresses?
Koutloun-Chagua sourit malicieusement. Elle savait tout ce que la rumeur de steppe disait.
- Si tu n'aurait été coupable que de cela... - et s'adressant aux noukers, ordonna: - Prennez la femme avec l'enfant dans la Horde et confiez aux gens fiables...Koutloun-Chagua regarda méchamment les karavanbashis. - Qui es-tu et où va-tu?
- Je suis marchand, - dit celui d'un air patelin. - J'ai la permission de faire le commerce. Votre père Kaïdou le sait...
- Comment peux-tu confirmer tes paroles?
Le karavanbashi se glissa en toute hate dans son sein et en tira un châle de soie. Ses mains tremblaient d'agitation, et il délia à peine un nœud serré, tira une plaque d'argent - païza.
- Le grand khan Ouguédey m'a donné cette païza à l'époque... - en regardant dans les yeux de Koutloun-Chagua, dit il.
Les païzas apparurent sous Genghis Khan. Elles étaient en or, en argent, en cuivre, en fonte, en bois. Et il y avait les images différents sur elles: la tête d'un tigre avec le rictus, un tigre tranquillement assis, un faucon volant... Chaque païza donnait certains privilèges à son propriétaire: ou le libre passage à travers toutes les terres appartenantes aux Mongols, ou le droit de ne pas payer la tribut sur les marchandises vendues, ou le droit de recevoir le premier les chevaux de relais sur des trous par lesquels les messagers accouraient...
Les païzas avaient les significations différentes et chaque Mongol devait les savoir.
- Je sais - dit encore une fois le karavanbashi - ma païza n'est pas en or, mais seulement en argent, et je suis prêt à payer pour les marchandises que je transporte par votre ulus.
L'expression sur le visage de Koutloun-Chagua s'adoucit.
- Eh bien, - ditelle. - Mes noukers inspecteront tes marchandises et prendront ce qu'il fallait prendre... Et puis tu pourras poursuivre ton chemin.
Koutloun-Chagua tourna brusquement son cheval ambleur et se mit en galope au quartier. En soulevant un nuage de poussière, ses noukers la suivaient.
Après un certain temps deux guerriers conduisaient Koundouze et Akberguen par la steppe. Le soleil se couchait sur le bord de la terre, mais ils ne se pressaient pas - le quartier de souveraine de l'ulus était de près, derrière kourganes bas proches.
Koundouze savait les coutumes et les lois de la steppe, et c'est pourquoi il était facile pour elle de prédire son destin. La nouvelle journée et une rencontre avec Koutloun-Chagua ne prédisaient rien de bon. On pouvait espérer en miracle, mais Koundouze ne croyait pas aux miracles depuis longtemps. Il y avait trop de larmes de douleur dans sa vie, et la joie était trop courte: Koutloun-Chagua savait beaucoup de choses et elle ne réussirait pas à la tromper.
Koundouze sentit soudainement qu'elle était fatigué de vivre. Elle était indifférente comment la fille de Kaïdou disposerait de sa vie. Et seulement le fait que Akberguen était à côté de lui, le garçon, qu'elle avait accepté par son coeur et considerait son fils, la forçait à chercher frénétiquement une solution.
C'était inutile de s'humilier, demander grâce. Koundouze savait: le cœur des descendants de Genghis Khan se pétrifiait à la vue de l'humiliation, les yeux avaient soif de voir plus. Et elle décida que s'il n'y avait aucun espoir à aider Akberguen et soi, au moins elle devait mourir avec dignité.
Au matin les noukers sombres silencieux conduisaient Koundouze et Akberguen vers la tente blanche aux douze ailes. Le cœur de Koundouze battait si fort que sa vue se troubla et quand elle était poussée dans l'ombre fraîche de la tente, elle ne pouvait rien voir longtemps.
Enfin, ses yeux commencèrent à voir de nouveau.
Koutloun-Chagua était à moitié couchée sur une place d'honneur - le tor, couvert par le feutre blanc, en s'appuyant sur un grand oreiller de duvet.
- Assieds-toi.
Quelqu'un par derrière tira Koundouze par la main, et elle descendit sur le tapis tressé de canne, étendu à l'entrée.
Le regard indifférent glissa sur la riche décoration de la tente, sur les coffres énormes, peints d'une façon pittoresque aux ornements, qui se trouvaient contre le mur avec des piles de coussins multicolores sur eux. Dans la tente il y avait beaucoup de femmes et de jeunes filles.
Sans détacher ses yeux du visage de Koundouze, Koutloun-Chagua commanda:
- Donnez-leur du koumys. Peut-être après le kouyrdak gras d'hier ils souffrent de la soif, - la raillerie était entendue à la voix de la fille de Kaïdou.
Agée, une femme avec un visage fatigué, ayant secoué le koumys dans une sabe, versa du puisoir en bois deux grand coupes - les tostagans et leur tendit à Koundouze et Akberguen.
- Merçi, apa - dit Koundouze doucement. Elle but une gorgée de la tasse et la mit en face de lui.
- Je vois que tu n'es pas tourmentée par la soif, - se leva brusquement Koutloun-Chagua et s'assit comme un homme, en repliant les jambes sous soi. - Maintenant dis-moi pourquoi t'es-enfuie de Berke Khan et n'as pas voulu devenir son épouse? N'est-ce pas un grand honneur pour n'importe quelle fille?
Koundouze leva sa tête:
- Mon cœur aimait un autre homme. Berke Khan m'a séparé de lui. Est-ce que je pourrais être sa femme après ça?
- Mais il est khan de la Horde d'Or.
- L'amour ne se commande pas, - dit Koundouze obstinément.
- Tel cœur doit être arraché et jeté.
Koundouze sourit. Il faudrait garder le silence, mais la colère bouillonnait dans l'âme, et elle ne pouvait pas la retenir:
- Oui, je n'aimait pas le khan. Mais il y a des femmes qui l'aimaient. Même les chiens ne mangeraient pas leurs cœurs.
Le beau visage de Koutloun-Chagua pâlit, elle dilata ses narines d'une manière rapace.
- Peut-être me diras-tu qui sont ces femmes?
- La fille du grand Kaïdou doit le savoir mieux que moi ...
- Pour ces mots on devrait crever tes yeux!
Koundouze rit doucement:
- Il est mieux d'ordonner de couper mes tresses, comme l'a fait Togouze-khatoune...
Les yeux de Koutloun-Chagua se rétrécirent, et une lumière vengeresse brilla dans eux.
- Non.Je ne vais pas gâcher ta belle chevelure. Demain mon père viendra, et je vais lui offrir. Si je coupe tes tresses...
- Il me prendrait quand même - interromput Koundouze. - Il n'y pas tel Mongol qui refuserait même de la vieille...
- Mords-toi la langue! - cria soudainement Koutloun-Chagua. - Sinon j'ordonnerai à verser ton sang! Si je te rencontre dans le désert!..
- Je suis prête - dit hardiment Koundouze. - Que l'on me donne un cheval et une arme.
Les noukers, les femmes, les jeunes filles - tous ceux qui étaient dans la tente, retinrent leur souffle. Cette femme de la Coumanie se permit une insolence inouïe - elle appela la fille du khan au duel. Quelle réponse donnera la fille courageuse de Kaïdou - elle-même un guerrier qui ne connaît pas de peur?
 
Koutloun-Chagua ferma les yeux, et tout à coup demanda doucement:
- C'est votre enfant?
Le cœur de Koundouze se serra d'un mauvais pressentiment, d'une catastrophe proche.
- Oui.
- Mais tu n'as pas de mari? De qui lui avez-vous accouché?
- J'ai déjà dit ... J'avais la personne que j'aimais ...
Tout à coup Koutloun-Chagua ouvrit rapidement ses yeux, ses joues étaient couvertes de taches rouges, visibles même à travers son hâle bronzé.
- Donc, tu gardes ton fils comme la prunelle de tes yeux... Ou tu tombes maintenant à mes pieds et t'excuseras pour ton insolence, ou je ordonnerai à mes noukers de l'égorger devant tes yeux!
Quelqu'un poussa des oh doucement, et le silence sonnant remplit la tente. Koutloun-Chagua attendait une réponse.
Avec une clarté frappante Koundouze comprit soudain que la fille de Kaïdou réaliserait sa menace. Elle n'avait pas peur de la mort, mais Akberguen devait vivre. Le sort dur lui revint dès le premier jour de la naissance, mais Koundouze avait le cœur d'une femme, et elle voulait et croyait qu'un jour le bonheur viendrait au garçon.
- Tu penses trop longtemps! - chuchota Koutloun-Chagua. Elle avança comme un serpent prêt à une attaque.
Koundouze commença à pleurer doucement, à voix basse. Elle serra le corps de l'enfant contre le sien, et tout à coups elle comprit qu'elle ne pourrait aucunement le protéger, mais par une humiliation.
- Qu'un jour Dieu te fasse pleurer comme je pleure ... - en sanglottant dit Koundouze.
Koutloun-Chagua sauta du tore.
- A mes pieds! A mes pieds! - étouffant de colère, s'écria elle, accourue à Koundouze.
- Embrasse les bottes de grande Koutloun-Chagua ... - murmurait une femme âgée qui les verserait du koumys. - Baise!... Et elle te pardonnera, ton fils survivra! ..
- Non, maman, ne le fais pas! - cria soudainement Akberguen. - C'est mieux que je meure!...
Le murmure, comme un coup de vent, passa parmi ceux qui étaient dans la tente.
Koutloun-Chagua comme reprit connaissance, ses yeux se dessillent de la rage, et elle regarda le garçon avec l'intérêt et étonnement:
- Alors comme tu es ... le louveteau!
***
Kaïdou et Koutloun-Chagua attendirent les noukers amener Koundouze et Akberguen.
- Je te la donne, mon père, - dit Koutloun-Chagua. - Mais je laisserai le gamin pour moi ...
- Tu es sage, ma fille - sourit Kaïdou. - Un bon soldat peut devenir de tel louveteau si on l'habituera à prendre la viande des mains ...
Le rideau, couvrant l'entrée dans la tente, s'écarta et le nouker, couru dans lui, tomba à genoux, rampa jusqu'à la place d'honneur, où le père et la fille s'assirent.
- Malheur!.. Les prisonniers ont disparu! Le nouker qui les gardait, est dans la yourte avec son gorge coupé!
Les yeux de Koutloun-Chagua s'élargirent.
- A la poursuite! Rattrapez les fugitifs! Vivants ou morts, ils doivent être à mes pieds.
Deux jours plus tard, les troupes, envoyées dans la steppe, aux quatre coins du monde, revinrent avec rien.
Koundouze et Akberguen disparurent comme des petites pierres jetées dans un puits noir profond.
***
Dans une année du Mouton (1271), quand Baraсk mourut, les villes de Movaraunahr connaissaient une période difficile. Ravagés par les guerres infinies entre les khans, exténués par les exactions et la peur constante d'être tués, de perdre leurs familles, leurs maisons, les habitants des villes et des villages se plaindre de leur sort.
Quand les artisans de Boukhara et Samarcande reçurent la nouvelle que Barack était mort et maintenant tout son pays avaient passé dans la possession de Kaïdou, en attendant un nouveau massacre, ils commencèrent à fortifier leurs villes et se préparer à résister.
Mais Kaïdou montra une grande pitié. Il ne versa pas le sang de leurs nouveaux sujets, et cela donna l'espoir aux gens. La lueur éclatée de désespoir qui pourrait enflammer la rage humaine, s'éteignit soudain. L'espoir, malgré qu'elle était petite et timide, remplaça la désolation.
C'est à ce point à Boukhara où Tamdam réapparut. Ses disciples et lui, ils disaient aux gens que leurs espoirs étaient vains, qu'il n'y avait pas de bons seigneurs, que tout resterait le même: et les pillages, et les exactions, et le sang.
Le temps passait, et tout était exactement comme l'alem Tamdy avait prévu. De plus en plus de ses partisans apparaissaient à Boukhara, Samarсande, Khodjent et autres villes. Movaraunahr fermentait à nouveau, les rumeurs se répandaient dans les place de marché poussiéreux, en inquiétant les gens.
Koundouze et Akberguen parvinrent avec peine à Boukhara. Longue, remplie de dangers était cette route. Et seulement ici, entre les amis de Tamdam, Koundouze se sentit enfin heureuse.
***
Ayant capturé la vallée de la rivière Tchu, appartenante à la Horde d'Or, Kaïdou attendait commen Mengou-Témir réponderait . Mais le khan gardait le silence et ne faisait pas aucunes tentatives de regagner les terrains perdus.
Encouragé par cela, l'ilkhan Abak fit une tentative pour atteindre le Caucase du Nord et l'enlever à la Horde d'Or. Il y avait quelques petites batailles qui n'apportèrent pas de succès à aucune partie.
Mengou Témir était calme juste à l'extérieur. Nogaï devint encore plus fort durant cette période, et cela inquietait le khan de la Horde d'Or. Sans demander la permission à personne, Nogaï conduisit de plus en plus souvent des entretiens indépendant avec ses États et peuples frontaliers.
Plus que de Kaïdou et d'Abak, Mengou Témir avait peur de l'accroissement de l'influence de Nogaï sur les autres ulus.
Il était aussi agité sur les terres d'orusuts. Il était souvent à y envoyer des troupes pour réprimer les insoumis dans un territoire ou dans un autre.
Les princes continuaient à se quereller et, en voulant humilier l'un l'autre, demandaient de l'aide à la Horde d'Or, des troupes pour régler leur comptes pour les anciennes et les nouvelles offences.
Mengou Témir ne refusait pas à ceux qui demandaient. Et quand le prince de Novgorod Vassili Iaroslavitch se proposa de se rendre en Lituanie, il lui donna deux tumens troupes conduites par les noyons Touraïtemir et Altan.
La situation était difficile non seulement en Lituanie, mais aussi dans les terres d'orusuts que les Mongols traversaient. Les nuages noirs de fumée s'élevèrent de nouveau au-dessus des villes, les cris et les pleurs se faisaient entendre dans les champs foulés.
Dans une année du Serpent (1281) la gorge de Mengou Témir enfla. D'abord, il n'y accorda pas d'importance. Mais bientôt il devint clair que la mort vint pour prendre le khan de la Horde d'Or. Et il se passa ce qui devait se passer. En automne quand le ciel lourd, rassemblant au feutre gri, tomba sur la Coumanie et les pluies fortes interminables commencèrent, il ne fut plus.
Grâce aux efforts de Nogaï on déclara Toudaï-Mengou le nouvel khan de la Horde d'Or. Personne n'osa contredire le vieux Noyon, le seul survivant des petit-fils de Djoutchi, derrière qui une armée forte se trouvait.
A partir de Batu Khan et jusqu'à la mort de Mengou Témir, la Horde d'Or restait inébranlable près de quarante ans, et elle ne frémit jamais des luttes intestines, personne ne voulait ouvertement lever la main contre le khan ou exprimer sa rébellion.
En commandant de lever Mengou Témir sur le feutre blanc, sage Nogaï ne savait que désormais un autre sort fut prédéterminée pour la Horde d'Or. Jusqu'à son dernier jour, jusqu'au quel elle demeurait, le combat entre les descendants du grand Genghis Khan pour son trône d'or ne cesserait pas. Et leur arme principale serait le massacre impitoyable, les meurtres secrets et le poison ...
***
Toudaï-Mengou s'assit sur le trône de la Horde d'Or dans une année du Cheval (1282). La fête de Toï dura sept jours. Le koumys coulait comme une rivière, et tous ceux qui ont participé au Toï, mangait de la viande autant qu'il pouvait manger.
Comme les oiseaux les cris tribaux de Mongols et de Kiptchaks flottaient au-dessus de la steppe, les sabots des chevaux, participants à la baïga, battaient le roulement enragé...
Le huitième jour genghisides, émirs et noyons se rassemblèrent dans la tente pour entendre le premier mot de nouveau khan.
Il était court et inarticulé, et tout le monde peut l'interpréter comme on le voulait.
Fronçant les sourcils, regardant de travers la foule, Toudaï-Mengou dit:
- Vous avez bien fait de me lever sur le feutre blanc. Il y a trop de sangliers, mais maintenant ils ne seront pas épargnés.
Le grand khan n'ouvrit rien d'autre à la réunion, et tous partirent à leur ulus et aïmags, ayant décidé que par le mot "sangliers" Toudaï-Mengou sous-entendit les ennemis de la Horde d'Or, et que son gouvernement serait solide, et celui qui empiéterait sur ses intérêts serait foulé aux pieds.
Six mois plus tard, khan adopta l'Islam et envoya des messagers à tous les coins de la Horde avec l'ordre que les émirs, noyons et les descendants de la Genghis Khan devaient se rassembler dans son quartier.
Seulement Nogaï ne vint pas.
- Si nous allons l'attendre? - demanda quelqu'un parmi les noyons.
Toudaï-Mengou était morne, son visage maigrit, ses yeux étaient fiévreux.
- Est-il encore vivant? - les lèvres de khan étirèrent dans la ressemblance d'un sourire, en découvrant les grandes dents jaunes.
A peine le vieux Nogaï lui aurait pardonné tels mots s'il était arrivé à l'appel de Toudaï-Mengou.
- Écoutez-moi, - ordonna-t-il. - Je vous ai rassemblé pour dire que le temps tant attendu approche. Le printemps suivant, vers le moment où les porcs, vivants dans les roseaux, apporteront la progéniture, chacun de vous devra venir à mon quartier avec cinq millième armée.
- Dis, le grand khan que tu projettes de faire? Contre qui nous aurons à mettre nos épées aux claires?
Toudaï-Mengou regarda le questionneur d'un œil soupçonneux.
- Personne ne le sait que moi, - son visage devint pétrifié, et personne n'osa répéter la question.
On pensait, discutait entre eux ceux qui au printemps auront à exécuter l'ordre de khan. Qu'est ce que Toudaï-Mengou projetta-t-il? Peut-être une campagne aux terres d'orusuts?
N'importe qui pouvait le suposer parce que qch étonnant avait lieu dans les terres d'orusuts.
A la veille de la mort de Mengou Témir, ayant obtenu l'armée de la Horde d'Or, le prince de Pereïaslav Dimitri Alexandrovitch avec sa drougine ruina le prince de Gorodets Andreï Alexandrovitch.
Le prince André, venu chez le nouveau khan, se plaignit à Toudaï-Mengou de son offenseur et, ayant reçu de lui quelques milliers soldats mongols, à son tour brûla les villes et cimetières de prince Dimitri.
La nouvelle, que le khan l'avait insulté, atteignit rapidement Nogaï. Le vieux genghiside ne pouvait pas pardonner telle chose, donc il se rendit immédiatement au quartier de la Horde d'Or.
Nogaï était rusé et ne voulait personne voir que la rage bouillonnait dans son âme. C'est pourquoi, en gardant un air impassible, il demanda Toudaï-Mengou:
- Pourquoi as-tu fixé dans la réunion de troupes au printemps?
- Je vais tuer des sangliers, - étirant son visage dans un sourire et en regardant sans but devant lui, dit le khan. - Ils sont les créatures impures. Le prophète Mohammed a interdit de manger leur viande. Pour les tuer, je suis devenu un musulman ...
Frappé par ce qu'il avait écouté, Nogaï gardait le silence, et Toudaï-Mengou poursuivait en expliquant:
- Je parle des sales créatures qui vivent dans les roseaux d'Itil, de Tan et d'Ouza ... - Il approcha son visage au visage de Nogaï et demanda à l 'air du conspirateur: - Comment penses-tu, si la Horde d'Or aura assez de troupes pour tuer chacun d'eux?
Intrépide Nogaï, qui avait regardé la mort en face plusieurs fois, lentement reculait hors de la tente de Toudaï-Mengou.
- Batu-u-u! Batu-u-u! - gémissa soudainement le khan et son visage se décomposa dans la douleur. - Sacrés sangliers..! Ils ont tué mon fils!.. Oh Batu!..
***
Le grand Khan de la Horde d'Or Toudaï-Mengou perdit sa raison. Cela devint clair pour tous. Et aussitôt la paix entre les descendants du grand Genghis Khan finit.
Nogaï voulut faire le second fils de Mengou Témir - Toktaï devenir le khan, mais les autres genghisides opposèrent au désir du noyon et prit le côté du fils de Toudaï-Mengou - Talabuga.
Sachant que dans la bataille ouverte il serait difficile d'arriver à ses fins, Nogaï prit l'air qu'il s'était soumis à la volonté de la majorité. Il ne se souciait pas qui deviendra khan, mais le nouveau khan devait toujours se rappeler à qui il était obligé de son ascension, et être obéissant. C'est comment Nogaï vit Toktaï.
Non, Nogaï ne se résigna à la défaite. Il juste décida d'attendre une bonne occasion, et les moyens, par lesquels il arriverait à ses fins, n'avaient pas d'importance. S'il avait besoin de sang - elle renverserait.
Devenu khan, Talabuga n'oublia pas que Nogaï était son ennemi. La lutte silencieuse, invisible aux autres commença entre eux. On avait seulement besoin d'une occasion pour que le secret devint évident. Et on la trouva.
A l'époque où il Toudaï-Mengou était sain d'esprit, à la demande de Nogaï il nomma le mongole Ahmet à la poste de baskak de la ville d'orusuts Koursk.
Cet homme était plus épouvantable que le loup. Son cœur ne savaient ni pitié ni compassion. Il rassembla autour de lui des Tats évadés de différentes principautés, des barymtatchi-coumans évadés de la Horde d'Or. Il leur confia de collecter les tributs et taxes. Et ils servirent fidèlement à Ahmed. Ce détachement n'avait pas aucune pitié envers un smerd ordinaire ou un boyard, ou un droujinnik de prince.
Le prince de Koursk Oleg et celui de Lipetsk Sviatoslav s'inclinaient profondément au khan de la Horde d'Or Talabuga et demandaient de les protéger de la violence d'Ahmed.
Dans un autre moment, le khan n'aurait pas écouté les princes et aurait ordonné de les chasser, mais le baskak était un homme de Nogaï, et une occasion apparut de montrer au petit-fils de Djoutchi qui était le véritable maître de la Horde.
Talabuga donna une armée aux princes et les permit de tuer les voleurs réunis autour d'Ahmed.
Les princes pillèrent le baskak deux fois, et le dernier fut forcé de fuir à l'ulus de Nogaï.
Une occasion pour l'hostilité ouverte fut donnée. Nogaï envoya cinq mille soldats sous la direction de ses fils Kete et Jokte sur les princes insoumis.
Ne pas ayant rejoint la bataille, Oleg échappa à la Horde chez Talabuga, et Sviatoslav se réfuga dans les forêts de Voronej.
Les troupes de Nogaï pillèrent la terre de Koursk pendant vingt jours, ils tuèrent beaucoup de gens, et firent prisonnier plusieurs. La lutte pas pour la vie, mais pour la mort commença. Le ciel était favorable à Nogaï. Pendant deux ans, il détruisit tous ses adversaires. Les frères de Toktaï: Alghu, Moulakaï, Togarcha, Kadan, Kudykan expirèrent. Seulement Alghu et le khan Talabuga trouvèrent la mort dans la bataille. Les autres moururent de diverses manières: l'un tomba accidentellement de son cheval pendant la chasse, l'autre, ayant bu du koumys, partit dans un autre monde de la douleur dans l'estomac, qn fut poignardé dans son lit.
Aux acclamations on leva Toktaï comme le khan de la Horde d'Or sur un tapis blanc.
***
Kaïdou voyait que les villes de Movaraunahr, riches et florissantes à l'époque, tombaient en ruines. Les ateliers devenaient vides, les artisans partaient pour parcourir le monde à la recherche d'un endroit où on pouvait se nourrir, les champs couvraient des mauvaises herbes, les aryks tarissaient. La terre devenait déserte.
Kaïdou n'était pas ému par les vies humaines et les destins, mais que moins de rapports rentraient dans son trésor. Les temps de Genghis Khan passèrent et on devait gérer les peuples conquis d'une autre manière. Un pauvre état - un pauvre khan. Qui aurait peur de lui, qui obéirait à sa parole?
Pour améliorer la situation en quelque sorte, après beaucoup d'hésitation et de doute, Kaïdou nomma le fils de Barack, qu'il avait tué, - Tuba à la poste d'émir de Movaraunahr.
Le khan ne se trompa pas. Tubu se trouva un chef d'armée réussi. Et un régent sage. Il renvoya de leur postes les concussionnaires, régla les taxes, encouragea les artisans et les commerçants, interdit de piller les dekhkans.
Moins de dix ans passèrent comme les affaires à Movaraunahr s'arrangèrent, les rapports du khan augmentèrent.
Tubu non seulement engageait des réformes, mais aussi faisait constamment les guerres avec la Chine et la Horde Bleue.
La Horde Bleue passerait pour un état indépendant, mais en fait dépendait de la Horde d'Or. Bayan, dont le père était Tokaï Témir - le second fils de Djoutchi, la gouvernait. Son règne avait été calme jusqu'à ce que le cousin au troisième degré Kouïrtchuk désira devenir khan. A l'aide de Kaïdou et Tubu il battit l'armée de Bayan et le fit de courir aux steppes de de la Coumanie.
Le khan renversé demanda de l'aide à la Horde d'Or. Toktaï était occupé de ses propres affaires, mais quand même lui donna une armée.
Maintenant c'était le tour de Kouïrtchuk de fuir. Il se réfugia dans la Horde de Kaïdou. A la demande de Toktaï de livrer l'imposteur, le khan Kaïdou répondit avec un refus.
Bayan Khan commença à chercher un allié fiable. Dans une année du Cheval, après la mort de Kubilai, il envoya des ambassadeurs chez le nouvel empereur de Chine Témir avec une offe d'amitié. Mais seulement six ans plus tard Témir put lui envoyer une grande armée. Dans une année de la Vache (1301) il y eut une grande bataille dans laquelle Kaïdou fut tué, et Tubu fut gravement blessé.
Les grands changements passèrent dans l'ilkhanat de Kulag. Abak mourut et son petit-fils Ghazan monta sur le trône.
Le quatorzième siècle commencait pour l'empire de Genghis Khan avec inquiétude. Les plus vaillants de ses descendants: Batu, Mengou, Kubilai, Koulagou, Ordu, Kaïdou quittèrent de la vie. L'état, créé par le Conquérant de l'univers, se cassa en quatre énormes mottes: la Horde d'Or, l'empire сhinois, l'ilkhanat de Koulagou et l'Asie centrale. Nogaï, qui avait soixante-huit ans, restait le dernier de ses descendants vivants qui se souvint du grand Genghis Khan.
Toktaï trahit Nogaï. Ayant consolidé dans la Horde d'Or, il refusa d'obéir au genghiside supérieur qui l'avait élevé au trône.
Et alors, pour la première fois dans sa longue vie, Nogaï désira devenir khan. Maintenant qu'il était le seul des descendants directs de Genghis Khan, Nogaï avait ce droit.
Le vieux Chingizid se pressait. Il avait trop peu de temps pour agir comme il avait l'habitude d'agir, - de temporiser et de peu à peu supprimer les ennemis.
Comme si elle la rage, qui s'était accumulé dans lui pendant les décennies, éclata. Nogaï commença à préparer leurs tumens à la guerre déclarée. La première chose qu'il fit - il pilla la Crimée gouvernée à l'époque par le frère de Toktaï - Tok Bugi.
Mais Toktaï aussi comprenait que la bataille serait décisive et le vaincu ne pourrait pas compter sur la grâce.
La première bataille eut lieu dans une année de la Souris (1300) au bord de Tan. Nogaï battit son ennemi, et cela donna des ailes à lui. Il savait - ce n'était pas la victoire définitive, mais le premier pas vers le trône de la Horde d'Or fut fait.
Seulement un an plus tard, à la fin de l'été, quand l'herbe se fana dans les steppes et les oiseaux se prépareraient à s'envoler aux terres où règnait l'été perpétuel, ils se rencontrèrent au bord de Tan.
À l'heure où dans le côté de la terre de leurs ancêtres le soleil rouge sang se leva, les tumens de Nogaï et Toktaï se rencontrèrent dans la bataille décisive. Même le grand Genghis Khan n'avait pas vu tel combat, tant de soldats. Du bord à bord la steppe était couverte de cavaliers. Les chevaux affolés hennissaient, les sabres sonnaient, taillant des étincelles, et les corbeaux, les précurseurs du malheur, aveuglés par la poussière qui montait vers le ciel, tombaeint sur le sol dans les mare de sang. On n'entendait pas de gémissements et de cris de blessés. La bataille dura sept jours .
Selon les chroniques musulmanes, six mille soldats participèrent du côté de Toktaï dans cette bataille. Il y eut trois cent cinquante mille partisans de Nogaï.
Toktaï, retourné à la Horde, comme s'il essayait d'oublier les peintures sanglants de la dernière bataille, fit un grand Toï.
Et tout se passa comme il devait se passer: le cheval le plus rapide vint le premier, le lutteur le plus fort battit tous ses adversaires, et le meilleur tireur coupa par la pointe de flèche le fil à qui la plaque de l'argent était attachée.
Quand il semblait que toutes les compétitions furent terminées, le temps vint pour la plus importante, pour laquel des milliers de personnes avec des yeux ardents de l'excitation rassemblèrent sur les collines environnantes.
Depuis des temps immémoriaux, depuis les temps où les coumans n'avaient pas savé de l'existence des Mongols et n'avaient pas prié Allah, tournant leurs visages vers la pierre sacrée de Kaaba, et chaque clan avait eu ses dieux et ne s'étaient prosterné que devant eux, il y eut la coutume d'organiser des concours entre les plus belles filles de la Coumanie.
Pas chaque beauté pouvait y prendre part. Le conseil des plus vieux de chaque clan choisissait les plus habiles et les plus courageuses. Le jour pour le quel la fête de Toï fut fixé,  des coins les plus reculés de toute la steppe les gens arrivèrent pour voir le spectacle.
Les filles nues entraient l'une après l'autre dans un grand cercle formé par les assemblés. Elles devaient accomplir trois tâches, et pour cela, ils obtenaient le droit de demander l'accomplissement de ses trois souhaits aux gens et au khan. Sur les coutumes de la steppe, malgré la difficulté de ces désirs, le régent était obligé de les réaliser.
Quand tous les préparatifs furent terminés et les gens, rassemblés de toute Coumanie, se pâmaient sur les collines en attendant le spectacle, le khan Toktaï sortit de sa tente et s'assit majestueusement sur le trône de campagne, décoré de l'ivoire, de l'or et d'autres pierres précieuses. Au pied du trône, sur l'estrade, les trois juges principaux s'assirent: le toubè-bey à l'âge de quatrevingt dix ans - le juge principal, le soubè-bey à l'âge de soixante dix ans - le second juge, et le bala-bey à l'âge de quarante ans - le juge subalterne.
Le khan agita sa main, permettant de commencer la competition.
Les filles nues entraient l'une après l'autre dans un grand cercle de la yourte mise spécialement. A longues jambes minces, à peau blanc, à tresses noires lourdes les filles étaient l'une plus belle que une autre. Les réunis, frappés par leur beauté, comme perdirent le don de la parole. Il devint si calme que l'on pouvait entendre une alouette chanter dans le haut ciel.
Toutes les filles étaient vraiment belles, mais parmi les roses il y a toujours celle qu'elle n'a pas ses égals. C'est ce qui se passa ici. Les yeux de gens s'arrêtèrent involontairement à l'une des beautés. Et sans ces longues tresses noires, tombantes presque jusqu'au sol, on pourrait confondre la fille avec une mouette blanche. Elle marchait dans un cercle, et son corps nu semblait irradier la lumière surnaturelle, appelait au plaisir. Et seulement dans les grands yeux sans fond de la fille la tristesse vacillait par lumière silencieuse, et pour la cacher, elle omettait souvent ses longs cils noirs.
Cette fois les juges inventèrent des tâches difficiles. Les filles devaient détacher par les dents le coursier attaché à la pieu, enfoncée dans le sol avec un lasso pilaire mince, toucher à l'arc à la calotte lancée, avec une pierre mise dans elle, en le ciel, et ensuite, autant que possible, ne tenant par la main, se retenir sur le dos du cheval sans une selle qui était trotté à un long lasso dans un cercle par un djiguite.
La fille, qui remplirait toutes les tâches, deviendrait vainqueuse.
Dès le premier instant la jeune fille ressemblante à une mouette gaigna la sympathie de tous les rassemblés. La steppe mugissait de mille voix, ravie de tous ses succès. Le khan lui-même Toktaï ne pouvait pas détacher son regard de la beauté. S'avançant de tout son corps, il la regardait aux yeux brûlants.
Dans ce moment personne ne savait et ne pensait pas qui elle était - cette fille, et comment elle s'appelait. La beauté du corps nu abusa l'esprit des gens. Le gémissemen remplissait la steppe.
La jeune fille ressemblante à une mouette s'appelait Inkar-Aïym, et elle était la fille cadette de Nogaï. Après la victoire de Toktaï elle était faite prisonnier dans la captivité à l'un de clans de coumans et y avait vécu comme une esclave.
Inkar-Aïym était la seule qui avait rempli toutes les trois tâches, et quand l'ordonnateur en chef de la fête l'amena vers le khan, celui demanda avec impatience:
- Dis-moi, la beauté, quels sont tes trois désir que je dois satisfaire?
La jeune fille leva sa tête et regarda Toktaï sans peur. Les gens, qui s'amassèrent autour, se figèrent, attendant ce qu'elle dirait.
- Mon premier désir ... - le sourire narquois toucha les lèvres d'Inkar-Aïym - que le khan Toktaï me prenne pour femme.
Le soupir de surprise passa au-dessus de la steppe.
Le khan se lécha les lèvres desséchées de l'excitation et, en cachant la jubilation qui le saisit, dit;
- Qu'il en soit ainsi. Je ne peux pas contrevenir la tradition sacre des ancêtres. Quel sera ton second souhait?
- Dis-moi, son Altesse khan, si une personne peut se mettre au lit de sa femme si ses mains étaient trempées dans le sang de son père?
- Non, - dit fermement le khan.
- Alors, que le khan - le triomphateur, mon mari - m'offre la vie de mon père ... De Nogaï si, bien sûr, il n'était pas encore atteint par une flèche ennemie.
Les gens gardait le silence, en attendant que le khan dirait. Toktaï jeta un regard circulaire aux rassemblés.
- Qu'il en soit ainsi,- dit-il à haute voix. - Maintenant dis-moi ton troisième souhait.
- Je n'ai plus d'envies! - dit Inkar-Aïym.
Le même jour le khan réalisa le premier désir de la beauté - elle devint sa femme. La deuxième envie d' Inkar-Aïym n'était pas destinée à se réaliser. Le destin de Nogaï prennait son chemin.
Dans quelques années plus tard, après la mort de Toktaï, Inkar-Aïym, selon les coutumes de la steppe, devint la femme de son frère cadet Togyrylchi. Elle accoucha de lui, nourrit au sein le célèbre khan de la Horde d'Or - Ouzbek.
***
La première fois dans sa longue vie le ciel se détourna de Nogaï, et le dieu de la guerre Suldè ne voulut pas l'aider. Il fuit avec dix-sept soldats aux terres des Bachkirs.
Si le bonheur se détourne, il se détourne un grand nombre de fois de suite. Le deuxième jour, quand le détachement de Nogaï traversa Itil, la drougine d'Orusuts, qui avait participé à la bataille du côté de la Horde d'Or et maintenant retournait dans leurs terres, tomba par hasard sur lui .
La bataille était courte. La tête grise de vaillant Nogaï - le dernier Mongol vrai qui était venu dans ces terres à l'ordre de Genghis Khan - roula sous les sabots de chevaux.
Maintenant rien n'empêchait Toktaï de gouverner la Horde d'Or. Et, comme le khan sage et puissant devait faire, il divisa les terres à son gré en ulus et les distribua parmi ceux qui l'avaient aidé à gagner.
Onze ans plus tard, quand dans une année du Cochon (1312) le khan Toktaï quitta la vie, le soleil d'or était au-dessus de la Horde d'Or, lui promettant une longue puissance et gloire. Mais de l'autre côté de l'horizon les nuages noirs se rassemblaient et les flèches inaudibles d'éclairs les percaient, promettant la tempête et l'orage.
 
Ilyas YESSENBERLIN
LES SIX TETES D'AYDAKHAR 

La Horde d’Or
LE DEUXIEME LIVRE 
 
 
 
 
 
LE PREMIER CHAPITRE
 
 
La nuage énorme, comme un dragon noir aux ailes déployées dans la moitié du ciel, levait rapidement au-dessus de l'horizon. Le soleil s'arrêta, terrifié, les oiseaux se turent, les fleurs et les herbes se fanèrent, et le coup de vent fort roula avec le bruissement sinistre à travers la steppe de bord à bord.
Le lac, qui s'était fait paraître à une barre d'argent terne, se fut couvert de petites rides. La nuage-dragon frappa sa poitrine contre le disque d'or du soleil et se retourna, tourbillonna en brouillard bleuâtre enfumé. Dans les ravins profonds de la steppe, en traînant leurs voix, les loups hurlaient avec des sanglots.
De la surface du lac, en bourdonnant, en se balançant, la tornade augmenta vers le ciel, l'eau sombre s'écarta, et Ouzbek Khan vit lui-même et entendit sa voix tout à coup.
En tenant les paumes ouvertes devant le visage, il lisait à voix basse une prière. A côté de lui, à main droite, le nouveau khan de la Horde d'Or, le fils de Toktaï récemment décédé - Ielbasmych s'asseyait sur la place d'honneur - le tore, puis - emir Koutlouk Témir, et un peu au-dessous - le vizir en chef du khan - Kadak.
Le grand malheur conduit Ouzbek et son parent Koutlouk Témir à la Horde du lointain Ourguentch. Dans une année du Cochon (1311) le khan Toktaï, et, selon l'ancienne coutume, ils devaient arriver même à la fin de la terre pour dire un mot de réconfort aux proches du défunt.
Et quand Ouzbek dit le dernier mot de la prière et tout le monde devait dire "Amen", Koutlouk Témir fit soudainement un mouvement brusque. Il y avait un sifflement court aigu, comme si un martinet rapide traversa la demi-obscurité fraîche de la yourte, et la tête du vizir Kadak tomba sur un tapis persan rouge.
Ouzbek la vit très près - les yeux dilatés larmoyants du vizir et les lèvres remuantes séniles, comme s'il essayait de dire quelque chose. La main d'Ouzbek se jeta à la hanche gauche, au bancal de Coumans. Ielbasmych recula de lui, mais il était trop tard. Une lame d'acier mince brilla, et la tête du khan roula sur le tapis.
Ouzbek sauta sur ses pieds et, n'étant pas le maitre de ses nerfs, porta plusieurs coups au corps courbatu sans tête d'Ielbasmych. Il jeta un regard fou circulaire à la yourte. Le blanc feutre de ses murs était taché du sang. Ouzbek regarda Koutlouk Témir. Emir essuya très calmement son sabre avec un bleu mouchoir de soie et le mit dans la gaine.
Il sembla à Ouzbek: les fortes paumes collantes de qn saisirent soudain sa gorge, et il s'élança, en essayant de se débarrasser d'eux. Sa bouche s'ouvrit dans un cri, mais rien s'échappa de sa gorge que l'un râle terrible étranglé.
Le khan se réveilla à cause de ce râle. Ses yeux furetaient partout frénétiquement, en essayant de voir l'ennemi. Son corps tremblait, et sa main cherchait le poignard caché sous le tapis au chevet. Mais il n'y avait personne dans la yourte. Dans les rayons de soleil minces comme des flèches tombants à travers le trou dans le toit de la yourte, les grains dorés de poussière tourbillonneraient, et on pouvait entendre les toulenguites, gardants la paix du grand khan de la Horde d'Or, bouger derrière les murs minces.
Ouzbek essuya la sueur sur son front, lut une prière en murmurant et passes les paumes croisées sur le visage.
Le sommeil maudit. Plus de dix ans se sont écoulés depuis ce jour terrible. Combien de temps fallait-il pour oublier ces anciens événements? Les tempêtes de neige couvraient la Coumanie, le soleil violent y brûlait l'herbe à blanc estoc, et la mémoire conservait tout clairement comme auparavant, comme si le temps n'avait pas de prise sur elle.
Pourquoi alors il déchiqueta du sabre le corps sans tête? Pourtant Ielbasmych était mort. Et ils n'avaient jamais été ennemis. Si ce n'aurait pas été le trône du khan! Si! ..Que pouvaient diviser les cousins qui connaissaient et aimaient l'un l'autre depuis l'enfance? Mais le moment vint et le trône de la Horde d'Or se dressa entre eux. Et ils étaient tous deux les genghisides et ils étaient destinés à passer leur vie dans des guerres et des querelles, la suspicion et l'hostilité.
Pas une seule fois dans tout le temps qui passa depuis qu'il avait perfidement tué Ielbasmych, Ouzbek ne regretta pas de ce qui s'était passé. Il le voulait, et il savait ce qu'il faisait. Il est dérangé par une autre chose. Il ne pouvait pas expliquer pourquoi il avait peur et pourquoi il avait levé la main au mort khan.
Ouzbek voulait bannir les souvenirs, mais excitée par la récente rêve son cerveau n'obéissait à sa volonté. Comme les vague du stipa dans le vent, le temps coula en arrière, et les choses anciennes se gravées pour toujours dans la mémoire se dressèrent devant ses yeux. C'est dans son enfance quand le ciel, la terre et les gens semblaient grands ...
Un jour au début du printemps les aouls du second fils de Mengou Témir - Toktaï et du fils cadet - Togyrylchi, en choisissant un endroit pour le pâturage d'été, rencontrèrent au bord du majestueux Itil. A l'époque Toktaï n'était pas khan, et personne ne savait qui était destiné pour lui, et c'est pourquoi la paix régnait entre les frères et leurs aouls, et le soleil brillait pour eux de la même manière doucement. Ouzbek et Ielbasmych avaient le même âge - ils avaient tourné six ans. Ils passaient les journées entières ensemble: ils organisaient des courses aux petits étalons, capturaient des oiseaux par les lacs. Ils rêvaient d'être les guerriers, tels hardis et impitoyables comme leur grand ancêtre Genghis Khan avait été, c'est pourquoi ils tuaient tout qui tombait dans leurs lacs. Et chacun tâchait de montrer son intrépidité à un autre. Une fois un moineau commun devint leur proie. Ouzbek courut le premier vers lui et, émettant un cri triomphant, arracha la tête de l'oiseau, puis jeta une petite boule ensanglantée de plumes en haut.
Un miracle se produit - le moineau sans tête agita soudain ses ailes très vite et survola la steppe. Surpris, ils le suivaient du regard jusqu'à ce que le moineau disparut dans les broussailles de tchiï. Ouzbek et Ielbasmych cherchaient longtemps l'oiseau, mais ne ils ne la jamais trouvèrent.
Ce qu'ils virent les choqua. Il y avait quelque chose de mystérieux dans l'incident. Où vint l'oiseau? Pourquoi, s'il devait mourir, il continua à vivre, même quand il était privé de la tête?
A cause de la peur, Ouzbek eut soudainement une idée inexplicable que l'on devait achever l'ennemi et ne pas croire à sa mort aussi longtemps que son corps ne serait pas sabré en morceaux. Probablement, ce souvenir loin et presque oublié, assis quelque part au fond dans le cerveau fit Ouzbek continuer à sabrer Ielbasmych inanimé.
Ouzbek Khan croit au destin et c'est pourquoi il n'était pas tourmenté par le doute. Si le Ciel l'avait dit, le sabre serait tombé de sa main quand il le leva à son cousin, et Ielbasmych aurait continué à gouverner la Horde. Tout est dans les mains d'Allah. C'est il qui définirait les chemins du chacun des vivants sur la terre. Pourquoi troubler sa conscience et chercher des excuses, si tout avait été pré-destiné?
La quiétude vint sur Ouzbek Khan. Le sort! Qui ose lui résister? N'avait pas elle destiné à Quarabaï ce qui lui arriva?
Il y a longtemps que cela passa. Ouzbek devint adolescent, et, comme genghiside devait faire, il participa aux campagnes et batailles. Les tumens intrépides de Nogaï assiégèrent une des forteresses du Caucase. Elle était défendue par les guerriers d'ilkhan Ghazan. La forteresse se trouvait sur une colline escarpée, et les troupes de la Horde d'Or avaient des difficultés. De derrière des hautes murailles les énormes pierres, jetés par les défenseurs avec l'aide de catapultes chinoises, volaient aux attaquants, 
Les guerriers trouvèrent une grotte sur un flanc de la colline, et Ouzbek avec ses toulenguites s'y réfugièrent pour se reposer un peu. La grotte était grande, haute, et un trou dans le toit la faisait ressembler à une yourte. Les toulenguites allumèrent un feu pour faire cuire la viande, Ouzbek s'allongea sur le feutre étalé contre le mur. Ici, sous le sol, les bruits de la bataille vinrent mal. On ne pouvait entendre que la rumer unie des voix de milliers de soldats qui donnaient d'assaut de la forteresse, et parfois la terre frémit quand un gros rocher tomba près de la grotte.
Soudain, quelque chose de rond et noir vola dans le trou dans le toit de la grotte, et se heurta contre le sol et roula à l'extérieur. Ouzbek se leva et vit que cela était une tête humaine. Un des toulenguites sortit de la grotte pour la regarder plus près. Il revint bientôt.
- C'est la tête de Quarabaï à la borbe noire - dit toulenguite. - Probablement, la pierre jetée par la voiture chinoise, cassa son cou, et la tête tomba à nous à travers le trou...
- Je connais Quarabaï - dit Ouzbek -. C'était un guerrier audacieux.Paix à son âme.
Les toulenguites acquiescèrent. Beaucoup d'eux connaissaient le soldat décédé.
La voûte de la caverne tremblait, des cailloux tombèrent sur les assis. Ouzbek se leva pour sortir de la grotte et apprendre ce qui se passait contre les murs de la forteresse. Il ne devait faire qu'un pas quand une grosse pierre tomba à l'entrée de la grotte juste à l'endroit où la tête de Quarabaï malheureux était.
La surprise, la peur se reflétèrent sur les visages des toulenguites. Ils n'avaient jamais vu les choses pareilles. La mort trouva une même personne deux fois. "Seulement le sort pourrait disposer de telle manière"   - avec la peur superstitieuse pensa Ouzbek.N'était-il pas un instrument du destin quand il projeta de tuer Ielbasmych? Et si cela arriva comme il l'avait voulu, peut-être le ciel même le patronnait? Oui, seulement le sort choisit qui doit sièger sur le trône de la Horde d'Or. Tout, tout est prédéterminé!
Les pensées d'Ouzbek Khan retournèrent à l'époque où il avait décidé de tuer son cousin.
Le vizir Kadak fit Ielbasmych devenir khan. Il restait organiser le repas funèbre en mémoire de Toktaï, et on pouvait réunir le qurultay qui confirmerait que tout était fait selon l'Yasse du grand Genghis Khan. Et que signifie le qurultay pour la personne qui est déjà assise sur un trône d'or? Qui osera objecter? Et les amis, et les ennemis jeteront ensemble des boriks dans le ciel et crieront la gloire au nouveau khan, car cnacun qui osera agirautrement, ne survivra pas même jusqu'à la naissance d'un nouveau mois. Les mains du khan sont longues, et il trouvera toujours ceux qui voudront exécuter sa volonté. On étranglera un récalcitrant ou tout simplement un mécontent, ou il tombera de son cheval pendant la chasse, et on le trouvera dans la steppe avec la colonne vertébrale brisée. Les genghisides décident leurs disputes de telle manière.
Et dans ce moment Ouzbek ne montra aucun mécontentement. En cachant profondement son envie envers son cousin, il arrivera avec son fidèle Koutlouk Témir et avec un grand détachement de soldats à la Horde pour exprimer leurs condoléances au nouveau khan. C'était admis dans la steppe, et Ouzbek fit une seule chose d'une autre manière - il ne conduit le détachement à la Horde, mais lui ordonna de se cacher dans les ravins près du quartier. Et quand il passa ceux pour que Ouzbek et Koutlouk Témir étaien venus, quand les têtes d'Ielbasmych et Kadak tombèrent à leurs pieds, c'est quand les soldats fidèles encerclèrent la Horde. Dans trois semaines, tous les émirs, beys et noyons exprimèrent la soumission au nouveau khan, et le montèrent sur le feutre blanc comme la coutume l'ordonnerait .
Et le temps passait comme les eaux du grand Itil, tantôt impétueusement et rapidement, tantôt majestueusement et calme.
Sept ans plus tard, après que Ouzbek s'était assis sur le trône de la Horde d'Or dans une année du Cheval (1318), il fit son premier voyage à l'Iran. Lentement,soigneusement le khan se préparait à lui. Et c'est parce que le mouvement de ses tumens était comme un torrent déchaîné, rapide, rasant tout pendant sa marche. Chaque cavalier avait deux chevaux sur lui. Les soldats, aguerris par des longues chasses et battues ne savaient pas de fatigue. Ils changeraient du cheval, couvraient les grandes distances par jour. Beaucoup d'eux portaient des cottes de mailles et casques de fer, et les chevaux de beys, émirs et noyons étaient décorés avec de l'argent.
 
Et devant сes troupes, sous le drapeau blanc de la Horde d'Or, Ouzbek Khan allait. Il se sentait bien et joyeusement, assis sur un cheval ambleur bai à la crinière fournie. Le sang bouillait dans le jeune corps svelte, et le visage sec au nez busqué était beau et régulier.
Le mouvement des tumens d'Ouzbek était impétueux. Bientôt les étendues jaunes de la Coumanie restaient loin derrière, et, après avoir passé calme et large Tan, ils vinrent à Derbent.
La Porte de Fer s'ouvrirent hospitalièrement devant le khan. La noblesse musulmane locale n'opposait pas aucune résistance au coreligionnaire. On attendait Ouzbek Khan, et c'est parce que l'apparence de l'armée de la Horde d'Or était une surprise totale pour l'émir Taramtaz, nommé par l'ilkhan pour protéger les frontières de l'état.
Les tumens d'Ouzbek se précipitèrent comme un flux fou dans par la Porte de Fer sur la plaine de Chirvan, détruisant les détachements peu nombreux de l'ennemi. Le ciel patronnait au khan dans la première campagne, et la chance ne le laissait pas. Quelques jours plus tard, le drapeau blanc de la Horde était déjà suspendu au bord de Koura, et les guerriers contents du butin riche, mirent leurs tentes de campagne dans la vallée verte et fraîche.
Comme Berké, Ouzbek Khan était un musulman fervent. Ayant apprené qu'il y avait une khanqah - la demeure des derviches de la puissante ordre musulman des soufistes - pas loin de ses tumens, le khan y envoya les gens proches dirigés par le frère de Koutlouk Témir - Saray Koutlouk. Les derviches rencontrèrent les envoyés du khan avec grand honneur. Le cheikh de la khanqah dit une prière à Allah pour la longue vie du soutien de l'Islam au grand Ouzbek Khan et des victoires sur les infidèles à ses troupes vaillantes.
Et c'est seulement après un festin copieux quand les invités prirent la route du retour, comme par hasard, le sheikh se plaignit à Saray Koutlouk sur les offenses faites par les guerriers de la Horde à l'ordre. Ses paroles étaient bienséantes, le visage rayonnait de bonté, mais dans les yeux, cachés profondément sous des sourcils buissonneux, les feus rigides méchants. A voix basse, se penchant au demi-salut, le cheikh dit:
- Les guerriers vaillants du grand Ouzbek Khan ont capturé beaucoup de nos gens, volé trente mille moutons. Il y avait ceux qui, oubliant les commandements du prophète Mohammed, étaient séduits par les biens appartenants à la mosquée et serviteurs d'Allah. Que le grand khan manifeste de la justice et nous aide à récupérer ce que ses guerriers nous ont enlevé . Allah le récompensera et prolongera les jours heureux de son règne .
- Je vais passer vos mots à mon seigneur, oh sage cheikh ... - dit Saray Koutlouk.
Et il les passera à Ouzbek Khan. Le Khan de la Horde d'Or se mit en colère. Il, sachant bien combien de guerres la Horde avait dû mener pour les terres d'Azerbaïdjan, avait besoin d'un soutien fiable ici, et qui le pourrait être, si pas la secte des derviches qui avait tressé les villes et les villages de cette région par sa toile d'araignée? La communauté devint vraiment puissante. Et un Dekhkan ordinaire, et un marchand noble écoutaient les paroles douces insinuantes passantes de la khanqah avec le respect et la peur.
Ouzbek Khan ordonna de rendre le bétail à la communauté et envoya au cheikh le lingot d'argent de la grandeur de la tête d'un cheval comme un signe de reconnaissance et d'expiation de la faute. On trouva les guerriers qui avaient osé entrer dans la mosquée et les maisons des serviteurs d'Allah avec des pensées intéressées. On décapita l'un d'eux et, en passant un lasso de crin à travers des oreilles de le suspendit au cou de l'autre. Les toulenguites de la garde du corps du khan le conduisirent entre les tentes, et chacun de plusieurs milliers de soldats pouvait voir ce qui se passerait à chacun d'eux, s'il ferait la même chose que ces deux avaient fait.
Non content de cela, Ouzbek Khan envoya des messagers avec l'ordre aux chefs du flanc gauche et droit de l'armée. L'ordre déclara: «Celui qui volera ou prendra de force le bétail et les choses appartenantes à la communauté musulmane de derviches sera pincé et remis à la punition aux murides du cheikh. Personne n'osera faire violence aux habitants de la khanqah ou à ceux qui y ont trouvé un refuge. Si celui qui est au courant de l'infraction, commise par l'un des soldats, ne le dénoncerà, mais recela le coupable, il sera également mis à mort comme un complice dans le crime".
L'année du Cheval se trouva dur pour Iran. Les tempêtes terribles se déchaînaient sur lui, les cours d'eau rapide se précipitaient du ciel, et les rivières débordaient, emportant et détruisant des maisons. Les croisés se mirent en campagne. L'emir Chopanbek du clan de souloudzou, en subissant de lourdes pertes des hommes, pouvait à peine contenir leur armée. Il devint agité et sur les autres frontières.
L'ambiance était favorable pour Ouzbek Khan. Mais, inspiré par le succès initial, il perdit la prudence, oublia qu'il avait un ennemi fort et expérimenté devant lui, capable même dans les moments difficiles de rassembler la force et opposer la résistance. Le khan ne réfléchit pas pourquoi courageux Nogaï devait retourner plusieurs fois dans ces terres pour les garder, pour les réserver sur la Horde d'Or.
Négligemment dans le plaisir et les divertissements l'armée du khan passait son temps au bord de Koura, jusqu'à ce qu'elle apprit que le petit-fils de Gazan - Abouseit avec dix tumens se dirigaient vers lui. On était même plus alarmé du message que des troupes ennemies fortes étaient apparues dans l'arrière d'Ouzbek Khan, sur les terres traversées et conquises. En craignant l'encerclement, le khan, sans même essayer de rassembler leurs forces dans un poing, ordonna se retirer.
En lançant le butin, laissant les troupeaux de bestiaux capturés, les tumens d'Ouzbek Khan se hâtaient de se reculer vers Derbent. Et ce départ ressemblait plus à une fuite panique, et n'importe qui avec courage et détermination battait le fugitif.
Ouzbek Khan supportait durement sa défaite inattendue. Noir de colère et de poussière de la steppe, en retournant dans leurs steppes natales de la Coumanie, il murmura: «Mon temps viendra! Je vengerai l'opprobre! Mon heure viendra!"
 
 
***
 
"Le trouble dort; qu'Allah maudisse celui qui le réveillera"- dit dans une des traditions du prophète Mohammed. Le trouble dormait dans la Horde d'Or dans les dernières années du gouvernement de Toktaï Khan, et Ouzbek Khan, qui le remplaça, jusqu'à ses derniers jours ne lui permettait pas de se réveiller. Il surveillait de l'œil de faucon les nombreux genghisides, enleva avec les racines tous les germes d'indocilité au main impitoyable. Ni avant Ouzbek Khan, ni après lui la Horde d'Or ne connaissait telle prospérité et puissance, telle unité. Ses terres étaint immenses. L'Europe du Sud-Est du Dniepr à l'est avec la Crimée et Bolghar, la région moyenne et basse de la Volga, les Monts Oural du Sud, le Caucase du Nord à Derbent, le Khwarezm du Nord, les terres en courant bas de Seyhun et les steppes situées au nord d'elle, et la Mer d'Aral jusqu'aux rivières Ichim et Saryssou, tout cela appartenait à la Horde .
Comme auparavant, depuis la création de la Horde d'Or, les guerres pour les confins, les pâturages et abreuvoirs ne cessaient pas, mais dans la Horde même il était toujours calme et paisible. Les marchands passants par les territoires d'Ouzbek Khan, déclarèrent: "Dans ces terres il est si silencieux que les alouettes font leurs nids sur les dos des moutons".
La Horde d'Or avait une armée forte, et c'est pourquoi ses peuples n'osaient même de résister mentalement à n'importe quel ordre du khan, ils payaient les tributs régulièrement. Sur les chemins sans fin de la Horde il était silencieux - les gangs de Barymtatchi disparurent qui plus récemment avaient pillé des caravanes de marchands et des voyageurs occasionnels. Dans les temps d'Ouzbek Khan le caravane, parti d'Ourguentch, pouvait atteindre la Crimée dans trois mois. Les marchands osaient aller au long voyage sans un garde, et partout, s'ils payèrent un tribut dans le trésor de la Horde, on les donnèrent une couchée et de la nourriture dans les yams.
Mais non seulement la puissance militaire assurait la tranquillité dans la Horde. Dans les villes les métier se développaient, les dekhkans sortaient dans leurs champs sans crainte, et dans ces années personne ne ruinait leurs aryks sur lesquelles l'eau vivifiante coulait. Et ce n'est pas parce que dans les temps d'Ouzbek Khan les tributs d'artisans et de dekhkans baissèrent. Ils étaient encore élevés, encore la plupart de gagné dans les ateliers ou cultivé dans les champs venait au trésor du khan, mais la vie devint complètement différente où les gens ne se sentaient pas qu'un guerrier cupide et impitoyable suspendit son épée au-dessus de leurs têtes. La crainte pour la vie partit, et les gens se sentaient heureux, se satisfaisant de peu.
Mais le commerce donnait la richesse principale à la Horde. La paix vint sur la terre, et les marchands affluèrent aux villes de l'est et l'ouest. La Grande Route de la soie traversa la vaste Coumanie. Elle attirait les marchands de tous les côtés du monde.
Encore dans les temps du khan Toktaï qui avait donné la Crimée sous la direction de son parent émir Ianja, les villes de Soudak et Kafa devinrent grands centres commerciaux. Les marchands génois habiles savaient vivre en paix avec les régents de la Horde d'Or. Les caravanes avec de soies de la Chine venaient à Kafa et Soudak, avec des pierres précieuses, de perle et de corail de l'Inde les marchands d'Orusuts y amenaient des peaux de zibeline, castor, martre et petit-gris, de miel et de cire, les nomades apportaient des peaux et de laine aux quais maritimes de la mer Noire. Tout cela avait de la demande dans les pays méditerranéens. En réponse, ils envoyaient des tissus, de porcelaine, des cuirs traités, de verrerie, des bijoux coûteux en or et en argent.
Il est difficile de surestimer l'importance de la Route de la soie pour la Horde d'Or, et pour les pays qu'il reliait. Pas seulement les biens, pour lesquels les gens avaient payé des espèces sonnantes, y allaient, l'algèbre arabe et les écrits d'Abdimansura al-Farabi - un grand savant qui avait vécu au IX-ième siècle à Otrar et avait écrit "Les commentaires sur la logique d'Aristote", les canons médicals d'Ibn Sīnā de Boukhara, les connaissances acquises par les grands savants et penseurs de l'Orient - Al Biruni, Ar Razi, Ali ibn Abbas, vinrent par elle à l'Ouest. L'Orient apprit les traités philosophiques et scientifiques de Démocrite, Platon, Aristote, Ptolémée, Euclide et Archimède.
Non seulement les marchands allaient par la Grande Route de la soie. Les gens, qui voulaient voir la grandeur et l'immensité du monde avec leurs propres yeux, allaient au long voyage dangereux avec eux. Ils répandaient l'informations véridique des autres pays et peuples, réunissaient les grains de connaissance dispersés dans le monde.
Le Vénitien Marco Polo servit dix-sept ans au khan Kubilai, et grâce à lui la Géorgie, la Chine, Derbent apparurent sur la carte dessinée par M.Sanudo dans une année de Brebis (1247). Selon son information, dans une année de Panthère (1254) l'île Sumatra et Bengale furent déposés sur la carte composée par P. Médicis. Le livre du grand Vénitien, écrit par lui sur son voyage le long de la Route de la soie, dans deux cents ans avait aidé Christophe Colomb dans son voyage qui conduit à la découverte de l'Amérique.
La Grande Route de la soie commença à partir des plaines fertiles de la Chine. Une de ses branches allait le long du bord de la mer de Chine méridionale à Quanzhou, puis par la mer à Saba. De là par la mer d'Andaman et le golfe du Bengale à Malaymur et Quilon, puis la mer d'Arabie à la ville iranienne Hormuz.
Une autre branche, à partir de Cambaluc, à travers les montagnes et les déserts de l'ulus du grand khan mongol et la Coumanie cmenait aux villes côtières de l'Iran. Comme un grand fleuve, qui sortie dans les plaines immenses, divisa en canaux, cette route avait un commencement - la ville Cambaluc et quatre branches. La première conduit d'ulus du grand khan mongol à travers Kaсhgar et Kerman à Hormuz, la deuxième allait à Kaboul, Sultaniya, Tabriz. Mais les deux dernières routes caravanières étaient les plus importantes pour la Horde d'Or. Commençant, comme toutes les autres, de Cambaluc, l'une d'eux, en passant les ville Almalyk, Ourguentch, Saray Berke, termina à Azak Than, une autre par le Khwarezm et le plateau aride d'Oust-Ourt menait aux villes iraniennes se trouvantes au bord de la mer de Khazar.
Avant Ouzbek Khan peu de marchands osèrent se servir de ces sentiers. L'aridité, l'absence de paix dans les terres que l'on devait passer, força les karavanbashis à choisir des autres routes.
Mais plus calme il devint dans la Horde d'Or, plus vifs ces chemins de la Route de la soie devinrent. Il semblait que cette prospérité ne finirait jamais, et les files interminables de chameaux iraient toujours de leur démarche cadencée lente à travers les vastes étendues de l'Asie, et les cris gutturaux des conducteurs, en mélangeant avec la poussière fine de la steppe, deviendraient sourds dans le brouillard branlante ardente.
Mais tout a une fin. Dans une année du Cheval (1354) Turquie ottomane envahit le détroit des Dardanelles et ainsi ferma la seule porte menante à la Méditerranée.
Encore quelques décennies passèrent, et Topal Teymur, ayant écrasé les tumens du khan de la Horde d'Or Tokhtamych coupa la seconde branche de la Route de la soie. Le grand arbre se dessécha. Plus récemment, des caravanes étaits allés et des voix humaines avaient retentit ici, et maintenant il y avait des champs abandonnés, des villages détruits . Le capitale riche et puissant de la Horde d'Or - la ville de Saray Berke mourait dans la cendre. Topal Teymur ne l'épargna pas. 
Les puissance navales de l'époque - l'Espagne et le Portugal - commencèrent à chercher des autres routes à la richesse de l'Inde et de la Chine. Ils les trouvèren, et la gloire ancienne de la Route de la soie fut graduellement oubliée. Seuls les chroniques et les légendes nous apportèrent les histoires de cette époque - surprenantes et contradictoires, pleines de la vérité profonde et la fiction colorée.
Mais avant la mort de la Route de la soie Ouzbek Khan avait deux cents années, et aucun prophète ne pourrait pas prévoir son sort triste. Et tandis que les caravanes interminables allaient sur lui, et les marchands fabuleusement riches enterraient leurs trésors aux ses bords pour cacher leurs revenus véritables des percepteurs de la Horde d'Or.
Les marchands devenaient riches et la Horde s'enrichissait. Les marchands musulmans jouissaient des bonnes faveurs d'Ouzbek Khan. Et il ne s'agitait pas de l'or qui arrivait d'eux au trésor. Une autre chose le faisait encourager les marchands et approcher les plus notables de lui. Ils devinrent les yeux et les oreilles du khan. Qui, sinon les pèlerins éternels, étaient mieux que d'autres au courant de ce qui se passait dans un état, un ulus, une ville particulière? Et les marchands ne ménagaient pas de l'argent et des cadeaux quand il fallait délier la langue de quelqu'un, parce qu'ils savaient: Ouzbek Khan payait généreusement pour toutes les nouvelles importantes.
Dans temps de paix, les marchands musulmans étaient des espions du khan; et quand il avait besoin, ils munissaient leur armée des armes et des chevaux. Ils possédaient le droit de livrer des pierres ouvrables à la construction de palais et de mosquées, de la nourriture et des vêtements pour les esclaves, à leur aide on se procurait des tapis les plus coûteux, des bijoux en or et en argent provenants de différentes parties du monde, du thé indien et de la soie chinoise.
...Ayant jeté le poignard de côté Ouzbek Khan se leva du lit et, en allant tranquillement sur le tapis, se promenait autour de la yourte.
Le sommeil ne s'oubliait pas. Il n'effrayait plus, mais le khan n'était pas dans son assiette. Est-il possible que le monde est vraiment injuste que il n'est pas donné à l'homme de se sentir entièrement heureux?
Le khan réalisa soudainement que ce n'était pas un hasard qu'il s'était souvenu du passé. Tous les douze ans il pensait comme ses tumens galoperaient à nouveau dans les vastes étendues de Chirvan, comme les ennemis fuiraient dans le désarroi et la peur devant la cavalerie de la Coumanie.
Il était le genghiside, et ils ne pardonnaient pas de l'opprobre. Qui pourrait oublier l'humiliation, comme les tumens de Tchopanbek se précipitèrent après son armée reculante dans les terres du Caucase du Nord qui appartenaient à la Horde. L'émir pillait des villages, tuait des gens, volait du bétail, et Ouzbek Khan n'opposant pas aucune résistance,sans un combat fuit profondément dans les steppes de la Coumanie.
Il y avait que la Horde d'Or acquit des forces capables de se venger des offences passées, mais quelque chose empêchait Ouzbek Khan de réaliser son plan de vengeance. Tout d'abord, le trouble apparut au Movaraunahr sous la direction du Couman Akberen et le khan, en sentant qu'elle pourrait se propager à ses terres, ajourna sa campagne. Puis il devint agité dans les principautés d'Orusuts. Et une année après une année passaient comme ça.
Grand Genghis Khan enseignait à ne pas pardonner les offences. Le temps vint de réfléchir sur la façon de réaliser son précepte. Ouzbek Khan était sage. Le temps lui apprit ce que l'on ne pouvait pas se proposer d'avoir le succès, n'ayant rien qu'une armée forte. Il fallait se préparr biern à la campagne, apprendre tout sur l'ennemi et, après avoir attendu une bonne occasion, porter un coup fort et cruel.
Khan jeta un surtout chaud sur les épaoules et se dirigea lentement de la yourte. Le matin commençait. Le soleil se levai sur la chaîne basse de montagnes aux pics blancs. Les ombres profondes tombaient dans leurs rides, et c'est pourquoi les sommets et les crêts de rochers illuminés semblaient plus blancs.
Un petit coup de vent souffla, et les narines du khan palpitèrent, ayant saisi l'odeur des algues humides et du sel - très proche, derrière les collines basses, la mer Noire se trouvait.Une vague du frisson frileux courut par le corps d'Ouzbek Khan et il ferma son surtout sur la poitrine nue.
Il y eut sept jours dès qu'il était arrivé à la Crimée pour regarder la construction de son nouveau palais et la mosquée. Le khan était satisfait de l'endroit choisi, et de la façon de la gestion du travail de deux frères Saouyt et Daouyt - les marchands musulmans à qu'il avait confié cette affaire importante. On choisit un bon endroit. Ouzbeks l'aima. La mer était près - il fallait juste fermer les yeux et prêter l'oreille, et on pouvait entendre son souffle puissant et le clapotis des vagues roulantes sur le galet froufroutant littoral. Dans le sud, la montagne de Karadag s'éleva à la forme d'un bloc bleu foncé, et si l'on regardait vers l'est, on pouvait voir une grande ville commerciale Kafa.
C'était le temps pour le khan de revenir à Saray Berke, mais il tardait à quitter. D'un jour à l'autre la caravane de marchands, transportant de la soie de Cambaluc pour les frères, dut arriver. Ensemble avec les marchandises, déguisé en marchand, son homme de confiance dut aller par delà de la mer. Il dut se rendre à l'Egypte et négocier avec les Mamelouks au nom du khan.
Ouzbek Khan placa ses grandes espérances en son ambassade secrète. L'homme de confiance ne dut pas discuter beaucoup les questions commerciales, mais l'unité des musulmans d'Egypte et de la Horde d'Or. Comme Berke, Ouzbek rêvait de devenir bannière de l'islam dans la Coumanie et les terres dépendantes de lui. Sans le soutien d'un état musulman puissant, qui l'Egypte était à l'époque, il ne serait pas facile de le faire .
L'alliance avec les Mamelouks donnait au khan de l'assurance que si l'Iran oserait avancer ses tumens contre la Horde d'Or, il obtiendrait un coup dans le dos. La Horde d'Or dépendante de lui, unifiée par la religion serait encore plus forte.
Peut-être de tous les khans, qui avaient été avant lui, seulement Ouzbek comprit que la collecte des tributs des marchands, menants leurs caravanes à travers ses terres - n'était pas une affaire entièrement fiable.A tout moment, l'Iran pourrait couper, fermer l'une des branches de la Grande Route de la soie et de priver le trésor de la Horde de la plupart d'or, obtenu par lui. Pour l'éviter, le khan voulut prendre possession des terres et les villes iraniennes côtières. Ensuite, rien ne menacerait le bien-être de la Horde d'Or, et le trône du khan ne chancelerait jamais. Et c'est pourquoi on avait besoin d'une guerre victorieuse avec l'Iran, et qui, mais les Mamelouks, farouchement hostiles aux descendants d'ilkhan Kulag, pourraient devenir des alliés fidèles?
Pour le khan-nomade la rêve de s'emparer toutes les routes maritimes était audacieuse. Mais Ouzbek croyait en la réussite. S'il réussissait à conclure une alliance avec les Mamelouks d'Egypte, il n'y aurait pas de la force capable de s'opposer à cette union. La Horde d'Or et l'Egypte feraient frémir les peuples et les états du monde sublunaire. Ouzbek se rendit compte que les temps, quand tout avait pu être résolu seulement par l'armée et la cruauté, étaient passés. Dans l'Islam, qui se répandait dans ses biens, le khan vit la force énorme capable d'unir et faire les peuples obéir. Et c'est pourquoi il ne suivait pas l'exemple du grand Genghis Khan qui avait traité également toutes les religions. Dans sa jeunesse, après courtes hésitations, il avait accepté l'Islam, et quand ses fils Tanybeg et Djanibek étaient nés, ordonna d'exécuter la cérémonie de la circoncision sur eux. Ouzbek mit ses fils dans une madrasa, où les alem aux barbes grises leur enseignaient la langue arabe et les forçaient de lire le Coran.
Ayant choisi le chemin, Ouzbek Khan força les émirs, les noyons, les beys et même les noukers de suivre son exemple. Celui, qui viola les lois établies par le prophète Mohammed, fut considéré comme perfide et dut mourir. Seulement celui, qui faisait le namaz cinq fois par jour et observait le jeûne, pouvait compter sur la grâce du khan.
Les imams, les muftis, les qaris, les murides, les marchands, en voyant un musulman pieux en Ouzbek Khan, commencèrent à glorifier partout ses actions, l'appeler un successeur digne du prophète Mohammed.
La propagation de l'Islam dans la steppe rapprocha plus les Mongols et les Coumans. Les coutumes et les lois établies, qui la noblesse mongole avait suivi pendant les siècles, s'effondraient. Et parfois, pour garder sa tête sous le khan-musulman, on dut renoncer à des préceptes laissés par le grand Genghis Khan.
Ensemble avec l'Islam une nouvelle culture vint à la Coumanie, une forte influence des Arabes et des Persans commença à se faire sentir.
Dans les vastes steppes, où les Coumans ne connaissait que ce qui restait de leur ancêtres - les Sakas, les Sarmates, où sur les kourganes des idoles de pierre - les obatas montaient la garde, et les gens décoraient leurs vêtements des dessins ressemblants aux frisettes de cornes de moutons de montagne - les argalis, avec le Coran, le chapelet et le turban, les tapis arabes et iraniens multicolores pittoresques, des armes coûteuses apparurent. Avec l'écriture arabe les livres, les légendes et les histoires - "Les Mille et Une Nuits», «Quatre Derviches", "Zarkum", "Sal-sal" entrèrent dans la Coumanie .
Lentement mais sûrement et les rites musulmans, liés au mariage et aux funérailles, au jeûne et à la circoncision des garçons, entrèrent dans la vie de Coumans. Dans les villes de la Horde d'Or on bâtissaient des mosquées avec des coupoles bleues étonnantes et des hauts minarets aux murs ornés d'écriture arabe pittoresque. On ouvrait des madrasas pour les enfants des habitants de la steppe et de la noblesse mongole.
Dans "L'éclaircissement du Coran", écrit par le disciple du prophète Mohammed - le calife Othman, on dit: "N'importe quelle force le régent du peuple ait, mais s'il exécute mal les commandements du Coran, il ne pourra pas forcer son peuple à suivre la voie du prophète Mohammed."
Ouzbek Khan devint le musulman le plus zélé dans la Horde d'Or. Il faisait tout selon les recommandations du prophète. Le khan construit un harem où il y eut quatre ses épouses et les nombreux amanat-koums - les concubines. Cinq fois par jour, selon le commandement de Mohammed, il fit le namaz, et s'il était le temps pour la prière, le khan ordonna même à ses soldats d'arrêter la bataille.
Tout le mois de mars, quand fête de Norouz vint, Ouzbek, comme de juste à un vrai musulman, observait le jeûné. Après avoir mangé à l'aube, il ne prit même une graine de pavot dans la bouche jusqu'à l'heure quand le soleil partit par delà de la terre et la première étoile timide éclata dans le ciel, et un muezzin du haut minaret cria trois fois à la voix traînante et triste: "Allahu Akbar" - "Allah est grand!".
Comment le peuple pourrait ne pas obéir au khan? La parole de qui, si n'est pas la sienne, était la plus juste et la plus précieuse? ..
L'uïe sensible d'Ouzbek Khan attrapa le claquement loin des sabots. Quelqu'un allait le long de la route pierreuse menante à son quartier. Le khan cligna ses yeux bridés et attendit. Bientôt un cavalier vêtu en blanc et avec un turban blanc sur la tête apparaîtra de derrière le tournant. Et tout d'un coup deux grands toulenguites sortirent de l'abri et barrèrent la route.
Ouzbek Khan n'entendit ce qu'il le cavalier disait, mais les toulenguites s'écartèrent pour le laisser passer.
Le khan scruta du regard. Maintenant, il le reconnut. L'imam du quartier du sultan défunt s'approchait de la yourte.
Avant d'atteindre Ouzbek à portée de la lance jetée l'imam mit pied à terre et, en pliant son large dos dans un salut, commenca à s'approcher du khan.
- Je te salue, oh le grand son Altesse khan! - - l'imam mit sa main sur sa poitrine.Ses yeux spirituels regardaient Ouzbek des cheveux aux chaussures, essayant de deviner son humeur.
- Sois un hôte, - en souriant avec réserve, dit le khan. - Il faut croire qu'une affaire importante t'a amené à moi si tu es venu ici à peine le soleil a commencé son voyage à travers le ciel.
- Tu es clairvoyant, oh le grand khan ...
- C'est le temps de faire le premier namaz. Faisons ce que le prophète Mohammed nous enseigne, et après je vais t'écouter.
Les serviteurs apportèrent un tapis de soie au khan, l'imam tira le sien de la sacoche...
 
 
***
 
Ils s'assayaient à deux dans la yourte. Les serviteurs avaient déjà fait le lit, et l'imam lentement, en égrenant le chapelet, racontait au khan le but avec lequel il était venu à lui, le soutien de l'Islam. L'affaire était vraiment importante, parce qu'elle concernaite les genghisides.
Quand le second fils de Tok Bugi - le sultan Jadiguer prit pour jeune femme Ajar, elle avait quinze ans. La femme ne s'éveilla pas encore dans la fille pure et douce. Elle regarda le monde simplement et avec confiance. Mais les sultans prennent les filles pour femmes pas pour admirer leur beauté.
Сorpulent Jadiguer à la large poitrine la jeta sur le tapis dans la première nuit, et écrasait, et cassait son corps fragile jusqu'à l'aube, se livrant à l'amour. La peur sauvage s'établit dans l'âme de la fille après cette nuit. Pendant un mois, elle était couchée avec de la fièvre, elle maigrit, et ses proches se préparaient déjà à sa mort. Mais la jeunesse l'aida à survivre.
Ajar n'eut plus une occasion d'apprendre son mari. Une froide journée d'automne, en chassant le loup, Jadiguer tomba du cheval et se cassa la colonne vertébrale. Résignée, Azhar ne savait pas quoi faire - être heureuse ou être triste.
L'année funébre passa, l'hiver passa, le temps où la terre commençait à donner des jus vivifiants à boire aux herbes de la steppe, et Ajar s'épanouit comme une fleur, qui releva la tête au-dessus des herbes fânées de l'année dernière. Il n'avait pas de la même soumission dans ses yeux, un scintillement doux y apparut, comme la lune y avait regardé. Tout récemment, mince comme un roseau, Ajar prit de l'embonpoint, et il devint clair qu'elle était une femme.
Le frère aîné du défunt Jadiguer - Adilkereï fut le premier qui remarqua sa beauté mature. Il avait environ soixante ans, et il semblait que les sentiments du vieux guerrier se couvrirent des cendres du temps, et son âme s'assimila au feu mourant, mais il se passa ce qui se passa quand un vieil homme oublia des années qui s'étaient écoulés irrévocablement. Comme une douce brise de printemps toucha ses joues creuses et le front aux plusieurs rides. Adilkereï voulut devenir jeune de nouveau.
Et puis il alla à l'imam et exprima son désir d'avoir la femme du frère cadet. Les lois de la charia était sur son côté. Selon le règlement du lévirat le musulman avait le droit de prendre pour femme la veuve de son frère décédé.
Adilkereï était généreux. Avant de commencer une conversation avec l'imam, il lui offrit un manteau de zibeline et une poignée de pièces d'or. L'imam reçut l'offrande avec dignité, mais il parcourut les pages du Coran d'une manière grave.
- Oui, - dit-il enfin . - Selon la charia, tu as le droit d'épouser la bru.Je suis prêt à vous lier ... Mais son accord est nécessaire aussi ... Dans "L'éclaircissement du Coran" par Othman il est dit que la veuve décide elle-même qui à choisir de la famille de son mari... Et si Ajar vous ne désirera aucun des autres frères de son mari, elle sera votre.
- Elle ne doit pas désirer un autre, - dit d'un ton sévère Adilkereï. - Je suis le cadet dans le clan, et c'est pourquoi je décide.
- Les mots justes - consentit l'imam. - Mais le sultan Jadiguer a cinq autres frères ... Ils sont cadets ... Je ne pense pas qu'ils se placeront dans le chemin de votre désir.
Un sourire méchant toucha les lèvres d'Adilkereï:
- Qu'ils osent! ..
- Tout est comme ça ... - remarqua vaguement l'imam. - Ta puissance est connue, ta main est forte ... Et quand même, pour ne pas violer les commandements du prophète, pour faire tout selon ses lois, il est nécessaire de demander à la veuve ...
- Et si elle n'est pas d'accord? - demanda obstinément Adilkereï.
- Et pourquoi elle devra ne pas être d'accord? - répondit l'imam d'une autre question.
Adilkereï pensa, et, en secouant la tête, accepta à contrecœur;
- Que l'on l'appelle...
L'homme, envoyé par l'imam, ne put pas trouver Ajar. Frustré, Adilkereï retourna chez lui. Son cœur saisi par le feu du désir battait fortement et ne voulait accepter aucun délai. Comment il pouvait savoir quels ennuis il avait attiré à sa tête grise, ayant décidé d'avoir Ajar.
Pendant ce temps une jeune femme s'asseyait loin du palais, dans un jardin fleurissant, et le fils cadet de Jadiguer - Erke Koulan était à côté de lui . Le djiguite était beau et bien bâti, et ses yeux brillaient de la lumière heureuse de l'amour et de la jeunesse.
Beaucoup de jours passèrent depuis quand les lèvres d'Ajar et d'Erke Koulan s'étaient rencontrées et l'intimité les avait uni. La nuit sans la lune cacha les amants, et le vent balançait les couronnes des arbres pour que même les oiseaux n'entendraient pas leur murmurer chaleureux et la respiration entrecoupée.
Dans la passion les amants oublièrent tout. Elle - qu'elle embrassait le fils de l'homme qui avait été son mari, il - qu'il caressait la femme de son père. L'amour est tout-puissante, mais elle ne peut pas garder ses secrets, et c'est sa faiblesse et son impuissance.
Ce jour-là quand Adilkereï revint de l'imam, il apprit le mystère d'Ajar et d'Erke Koulan. En tressaillant de la colère, il ordonna à ses noukers de trouver les amoureux. Les noukers savaient exécuter les ordres de leur maître. Bientôt Aоar et Erke Koulan, liées des lassos de crin, furent jetés aux pieds du sultan.
Adilkereï envoya chercher l'imam. Et quand il vint, il dit:
- Ces personnes sont accusées d'adultère!Ils sont pris en flagrant délit! Je veux leur mort parce qu'ils ont violé les lois de la charia! Laisse les exécuter, parce qu'ils ne sont pas dignes de vivre! Je vais ordonner lier les apostats à la queue du cheval! ..
L'imam ferma ses yeux, en cachant la peur et le désarroi. Les perles du chapelet ruisselaient lentement entre ses doigts secs.
Il se pencha au sultan.
- Erke Koulan est genghiside, - dit-il doucement -. Si ma parole sera juste ... et si Ouzbek Khan l'approuvera - l'espoir et le soutien de l'Islam?Le grand khan de la Horde d'Or sera bientôt en Crimée... Je sais que votre cœur est plein de colère, mais si nous l'attendrons? Il faut que le sort du genghiside est décidé par les genghisides...
Adilkereï regarda fixement l'imam. Les deux du dernier étaient impassibles, et n'importe quel forte la soif de vengeance était, le sultan pensa que, peut-être, on devait prêter l'oreille à son avis. Les pensées du khan étaient toujours sombres et obscures pour les autres. N'est-il pas mieux d'attendre jusqu'à ce qu'il les exprimera à haute voix...
En contenant à peine la colère, le sultan ordonna entre les dents serrées:
- Jetez les criminels en zindan, et nous allons décider quoi faire avec eux.
Les noukers silencieux aux traits figés des coups de gaines firent Ajar et Erke Koulan se lever et les traînèrent du palais.
L'imam sage qui avait vu beaucoup dans sa vie, savait que on doit être prudent avec les genghisides. Le sang du païen cruel et perfide Genghis Khan coulait dans leurs veines. Qu'est-ce que le faisait que l'Islam les avait lié sur leurs mains et pieds au lasso solide maintenant? Ajar et Erke Koulan commirent un crime. Selon les lois musulmanes les relations entre un fils et sa belle-mère étaient considérées comme un péché impardonnable et devaient être punies de mort, mais depuis quand cela était devenu commun pour la noblesse mongole? C'est pourquoi il était important de savoir ce qu'il Ouzbek Khan lui-même pensait de l'incident.
L'imam était vieux. Toute sa vie il suivait pieusement les préceptes du prophète Mohammed et ne faisait pas grâce aux renégats. Mais maintenant un certain pressentiment secret le força à être prudent. L'arrivée du puissant Ouzbek Khan en Crimée ne pouvait pas être accidentelle. Le khan parcourut un long chemin non seulement pour voir comment la construction de son nouveau palais marchait. S'il serait opportun d'exécuter le genghiside sous ses yeux? Si l'on essayerait d'éteindre le feu avant qu'il ne puisse roussir les ailes de quelqu'un?
Tourmenté par le doute, l'imam envoya son homme chez Ajar. Il ordonna à dire à la jeune femme, bien sûr, ainsi que les oreilles des autres n'entendraient pas: «Si tu veux survivre, tu dois consentir à se marier à Adilkereï. Je trouvera une façon de couvrir votre péché avec Erke Koulan et saurai convaincre le sultan de passer l'éponge».
Le messager de l'imam apporta une réponse décevante. Ajar dit: «Forte mon amour à Koulan Erke est, et je ne peux pas le quitter, même pour la vie. Nous avons pris le fardeau de malheur sur nos épaoules, et que le destin prescrit pour nous s'accomplisse".
C'est pourquoi l'imam alla au khan quelques jours après l'arrivée de celui en Crimée. C'est pourquoi il était maintenant assis devant Ouzbek Khan.
Après avoir fini son histoire, l'imam regarda le khan. Le visage du dernier était sombre et n'augurait pas de bon. Le vieil homme pensa qu'il avait fait justement, n'ayant pas osé rendre une sentence aux amoureux lui-même. Les khans étaient comme des aigles. Ils voyaient ce qu'il était caché pour les autres au delà du bord de la terre, et c'est pourquoi leur décision était toujours sage.
Ouzbek Khan se leva du tapis et se mit à arpenter la tente. Puis il s'arrêta devant l'imam qui hâta de se pencher devant le khan.
- Tu peux aller, l'imam le plus digne.Tu as fait justement que tu es venu chez nous. Nous vous envoyerons un homme qui dira notre décision et indiquera comment il faudra agir envers les apostats.
Le vieil homme se retira de la tente.
Ouzbek Khan regarda longtemps un point, mais il ne pensait pas de l'histoire de l'Imam. Les pensées du khan étaient loin. Il pourrait immédiatement donner un conseil à l'Imam, mais il le reporta. Bien sûr, et Ajar et Erke Koulan étaient dignes de mort. Il importait peu si le garçon était genghiside. Il, Ozbek Khan, le soutien de l'Islam dans la Horde d'Or, ne devrait pas se montrer indulgent envers personne. Si son fils violerait les commandements du prophète, il l'aurait fait comme les lois de l'Islam exigeaient. Demain Ouzbek donnerait sa décision à l'imam, mais maintenant on laissa les gens attendre sa parole en tremblant. Plus l'attente durerait, plus importants les mots du khan sembleraient aux gens.
Ouzbek frappa dans ses mains. Un toulenguite glissa silencieusement dans la tente et s'arrêta en attendant un ordre.
- Qu'est-ce qui est entendu parler de la route?Est la caravane loin?
- Le messager n'est pas venu, mon seigneur ...
Le khan agita sa main et le toulenguite disparut. Ouzbek se ceignit d'une ceinture avec un sabre et un poignard accolés et sortit de la tente.
Le soleil était haut. La mer invisible d'ici grondait derrière les collines péniblement et sévèrement.
Ouzbek Khan attendait quand ses yeux s'habitueraient à la lumière aveuglante après la pénombre de la tente, et se dirigea lentement vers la mer. À peine il monta une éminence quand il la vit très proche - énorme, sans rives, en écaille d’argent étincelante. La mer roulait les vagues bleues-vertes sur la côte sablonneuse.
Le khan aspira profondement du vent fraîche un peu salé et s'assit sur un bloc gris de calcaire. En clignant les yeux, Ouzbek discerna loin des points blancs - c'étaient les mouettes qui volaient au-dessus de la mer, en s'envolant dans le ciel bleu, puis en tombant à l'eau étincelante dans les étincelles de la lumière. Ouzbek Khan regardait leur vol, et ses pensées retournèrent à dont il avait pensé à l'aube, s'étant réveillé d'un mauvais rêve.
La Horde d'Or. Pour elle - toutes les actions, toutes les affaires, toutes les pensées. Il semblait il n'y avait rien de s'inquiéter de: il, Ouzbek Khan, réalisa ce qu'il n'y avait pas d'état plus fort et plus puissant. Personne n'oserait mettre sabre au clair contre la Horde, en craignant sa terrible colère. Elle serait indestructible éternellement.
Ouzbek Khan sourit tristement. Il n'y avait rien d'éternel sur la terre - il le savait bien. Même le soleil d'or s'élèva à un certain moment et, après avoir passé le chemin du créateur, s'éteignit au-delà du bord de la terre, enfin ayant fini flamber de la lumière rouge sinistre. Et il n'y avait pas du pouvoir qui fit l'astre arrêter briller au zénith au moins pour un moment. La même chose se passa avec les états. Ouzbek Khan se rappela le roi perse Darius, Iskander aux Deux Cornes, son ancêtre Genghis Khan. Ils étaient de grands généraux qui créèrent les grands états. Mais le temps arriva, et ayant atteint son apogée de la gloire, ayant brillé comme une étoile éclatante, l'état de chacun d'eux roula en bas rapidement, se défit en petits éclats, ayant enseveli l'ancienne gloire sous le poids des luttes intestines. Le temps viendrait, et ce sort arriverait à la Horde d'Or.
Ouzbek Khan savait que tout serait ainsi, c'est pourquoi il avait peur de l'avenir. C'est un péché de se plaindre du très Haut, mais il a établi la trop courte vie pour l'homme. Il semblait que c'était hier quand le khan leva son épée contre Ielbasmych et monta sur le trône de la Horde d'Or, mais le but principal était encore loin, comme au premier jour, quand il eut été nommé à la poste du khan. Son état était fort, les soldats fidèles gardaient les frontières, mais il n'y avait pas de satisfaction, parce que le but principal n'avait pas été réalisé. Et même Ouzbek Khan ne pouvait pas dire avec certitude quand il se realiserait.
En se décidant à tuer son cousin, Ouzbek rêvait, quand il deviendrait khan, d'élargir les frontières de la Horde d'Or des steppes de la Coumanie à Bagdad et Сham, de rattacher les villes riches de Movaraunahr . Et la seule chose qu'il eut réussi à faire c'était ne pas laisser unir aux ennemis de la Horde. En Asie Centrale il y avait la dizaine de régents, et elle n'avait pas de la force qu'elle avait représentée sous Kaïdou. En Movaraunahr le khan Kebek était assis, au Khorezm - Koutlouk Témir, Khorasan était gouverné par les descendants de Djaghataï. Et l'Afghanistan, et le Caucase, et l'Iran, l'Irak et la Syrie vivaient leur vie - presque ne se soumettant pas à ceux à qu'ils doivaient se soumettre.
Les yeux d'Ouzbek Khan devinrent clairs et froids. Sans détacher les yeux, il regardait la mer déchaînée. Il pensait que la vie rappelait la mer. Et il y avait beaucoup de mystérieux et incompréhensible, et la vie de chaque personne était comme une vague qui visait la terre où la fin l'attendait. A la place d'une vague une autre vint. Et il serait ainsi à l'infini.
 
 
***
 
La place en face de la nouvelle mosquée était vaste, mais elle ne contenait pas tous les personnes qui désiraient. Les gens étaient serrés, respiraient au cous l'un à l'autre, regardaient à tous les yeux une estrade de bois avec deux cordes de courroie de la potence. Le bourreau à la moustache pendante, aux yeux ternes et au gros visage arpentait lentement l'estrade, touchait les courroies à la forte main chevelue, testait leur résistance .
Le bourreau attendait, le public attendait. Un bourdonnement calme restait au-dessus de la place. Les gens essayaient de parler à mi-voix, mais il y en avait tant beaucoup qu'il semblait les rafales de vent passaients au-dessus de leurs têtes.
Le grand événement avait lieu en Crimée. L'arrêt était prononcé à la plus jeune épouse du feu sultan Jadiguer - Ajar et son fils cadet Erke Koulan. Ces deux osèrent violer les lois de la charia, dépasser les commandements laissés par le prophète Mohammed pour les musulmans pour la vie juste . Tout le monde savait que la mort était destinée aux coupablespour ce péché grave, mais le grand khan de la Horde d'Or Ouzbek dirait le dernier mot. N'était-ce pas un événement pour les musulmans pieux? N'était-ce pas une fête pour les âmes, désireux de la justice?
Contre l'estrade, où la peine devait être exécutée, un autre était construit. Le trône de campagne sur laquelle Ouzbek Khan était assis était y établi, ses conseillers et les guerriers nobles à droit, à gauche, dirigé par l'imam de la Crimée - le clergé musulman: les ichans, les mollahs, les murides.
Les toulenguites conduisirent Ajar et Erke Koulan et les jetèrent à genoux devant l'estrade où le khan s'asseyait. Les mains des jeunes gens étaient tortueuses par les lassos de crins derrière leurs dos.
Ouzbek Khan regardait leurs visages avec la curiosité avide. Et Ajar, et Erke Koulan savaient leur sort, mais étrangement: il ne voyait pas de la peur dans leurs yeux. Même à cette heure avant la mort leurs visages étaient beaux, et ils étaient calmes. Quelle force les soutenait, qui leur permettait de rester fiers à la veille de la mort? Est l'amour vraiment tout-puissante?
De loin la voix douce de l'Imam vint:
- Tout est prêt, le khan vénéré...
En continuant penser au sien, Ouzbek hocha distraitement la tête. Il se rappela soudain les lignes lues dans un vieux livre arabe: «La joie vécue par un homme le rajeunit, et les souffrances moralesvieillissent et réduisent la vie."Il semblait, que la vieillesse ne devrait jamais venir à lui, Ouzbek, parce que de sa jeunesse il ne connaissait que la joie et la satisfaction de tous leurs désirs. Il avait les plus belles jeunes filles et femmes, faisait justice facilement de ceux qu'il haïssait, aimait la chasse avec un faucon sur les renards, fier et heureux, plusieurs fois allait à cheval devant ses tumens vaillants. Dont a besoin un homme pour le bonheur complet, la jeunesse éternelle? Ouzbek avait vingt ans quand il s'assit sur le trône de la Horde d'Or ... Pourquoi vint la vieillesse, et elle vint, si les pensées de la signification de la vie prennait quelqu’un.
Ouzbek Khan sentit soudainement que son âme vieillit, pas le corps. Peut-être les joies, qu'il connut, n'étaient pas réelles? Qu'est-ce qui alors est réelle et vrai, si ce n'est pas la gloire, l'estime, le trône d'or, la possession des femmes, le pouvoir?
Encore une fois loin la voix de l'Imam vint au khan:
- J'ai dit tout ... Ajar Erke Koulan ont commis un crime terrible, et selon les lois établies par le prophète Mohammed, ils seront exécutés.Comme Erke Koulan est genghiside, son sang ne doit pas couler, c'est pourquoi il et Ajar seront pendus. Cet arrêt prononcé selon tous les lois de la religion musulmane, nous vous demandons d'approuver, le takhsir khan vénéré ...
Encore au pouvoir de ses pensées, Ouzbek Khan regarda l'Imam. Les yeux du dernier brillaient fortement, regardaient avec expectation le khan.
"L'arrêt est juste - pensa Ouzbek. - La loi ne doit avoir aucune indulgence envers personne, alors seulement le peuple sera uni, et l'islam - éternel".
Ouzbek leva la main pour dire un mot attendu avec impatience par toute la place, mais à ce moment la voix féroce et rauque du sultan Adilkereï retentit:
- Je ne suis pas d'accord avec l'arrêt ... Ajar est chienne... Mais le droit du lévirat est sur mon côté.Mon frère a payé la rançon pour lui... Laisse pendre Erke Koulan qui a abattu la femme de la voie de la justice, et la femme de son frère, selon la charia, doit appartenir à moi ...
Ouzbek Khan sourit et regarda attentivement Adilkereï.
"La vie est étrange - pensa le khan -. L'homme exige la mort du fils de son frère germain juste pour obtenir son épouse.Qui gère plus le sultan maintenant - la concupiscence ou le désir de vengeance? Peut-être, la laissant vivre, le sultan a prévu torturer et humilier la femme jusqu'à la fin de sa vie? Il arrive de telles choses."
Ouzbek regarda encore une fois Ajar et Erke Koulan. Après avoir entendu l'arrêt, ils restaient calmes. Le khan était curieux comment la jeune femme serait disposée envers que s'il annulait l'exécution et lui offrait la vie, mais à elle seule, sans Erke Koulan.
- As-tu entendu, la femme, que le frère de ton mari a dit? Si tu acceptes de devenir l'épouse du sultan Adilkereï,  seulement Erke Koulan mourra...
La femme secoua la tête:
- Qu'importe que nous n'avons pas été rejoint le mollah?Nous sommes devenus mari et femme depuis longtemps. J'ai juré de ne jamais laisser Erke Koulan.   - le visage d'Ajar frémit.Elle ferma ses yeux. - Nous avons une demande, le grand khan ... Si nous n'étions pas destinés à vivre ensemble sur la terre, après que le verdict sera exécuté, que nous soyons enterrés dans la même tombe...
Un bourdonnement doux passa sur la place. Personne n'attendait telle réponse, telle demande.
- Je suis contre.. - râla Adilkereï encore une fois. - Je dois posséder cette femme!Si elle n'est pas d'accord de bon gré, je l'apprivoiserai par la force comme je le fais avec les juments non dressées!
Quelque chose fit Ouzbek Khan continuer le jeu organisé par lui-même, et il dit:
- Et quoi faire avec le fils de ton frère?Peut-être, on doit aussi lui donner la vie?
- Non! - s'écria le sultan, et le sang sombre afflua à son visage . - Il a violé les lois de la charia.Il doit mourir. Et il doit prendre la mort de mes mains, parce qu'il m'a déshonoré, piétiné l'honneur de son père dans la boue! ..
Ouzbek Khan voulut demander Adilkereï encore une fois s'il serait capable de tuer le fils de son frère de ses mains, mais soudain un terrible souvenir se plaça devant ses yeux, et les mots, prêts à échapper, restèrent en travers de la gorge. Le khan comprit que le sultan ferait dont il parlait. Après tout, il, lui-même put se tuer Ielbasmych - son cousin.
En essayant de cacher sa confusion le khan tourna sa tête à l'Imam, et celui comprit que Ouzbek attendait une réponse.
- La demande du sultan Adilkereï correspond aux lois de la charia...
Les gens sur la place gardaient le silence, en retenant leur souffle. On attendait ce que le khan enfin déciderait.
Ouzbek ferma ses yeux et se répétait mentalement: «Je dois être ferme! Etre ferme jusqu'à la fin!" Mais enfin telle mort conforme aussi aux exigences de la charia, et il ne violera pas les fondements de l'islam, en invoquant la demande du sultan. Les gens doivent voir que la main du Khan est lourde et il ne montre aucune pitié aux apostats de la foi, mais les gens ont plus besoin de voir la sagesse de leur maître. Il n'est pas important comment le délinquant mourira. Mais les années passeront, et la sagesse d'Ouzbek Khan se glorifiera dans les légendes et les contes.
La solution vint de soi-même:
- L'arrêt de la Haute Cour doit être effectué ... C'est tellement ... Mais il est nécessaire de prendre en compte la demande du sultan Adilkereï .- Ouzbek Khan se tut.Son visage était calme et majestueux.   - Que Erke Koulan prenne la mort de ses mains.Trois fois le coupable galopera à cheval devant le sultan, et trois fois celui a le droit de tirer une flèche à lui. Si la flèche d'Adilkereï frappera Erke Koulan, puis, par la loi du lévirat il prendra Ajar. Et la femme n'aura pas à manquer à son jure: ayant vu la mort de son aimé, elle comprendra que c'est la volonté d'Allah. Si les flèches du sultan ne nuiront pas Erke Koulan, alors ... - Ouzbek se tut pour un instant, et les gens dans le silence complet entendirent comment la mer était en furie derrière les collines.
Et tout à coup quelqu'un ne put s'empêcher de crier:
- Qu'est-ce qui se passera dans ce cas?
Le peuple se mit à chahuter, les voix commencèrent à disputer:
- Il ne lui est pas destiné à rester vivant!
- Adilkereï est tireur d'élite.A cent pas il touche dans l'œil du saïga courant!
- Sa première flèche perça le cœur d'Erke Koulan!
Et encore une voix couvra les autres:
- Alors quoi attend Erke Koulan dans ce cas, le grand khan?
La foule se tut et comme avança, s'approcha de l'estrade du khan.
- Alors? - Ouzbek pria de répéter .- Tout est dans les mains d'Allah.S'il veut que les pécheurs restent vivants, personne n'osera nuire celui ce qui Allah protège. Puis Erke Koulan et Ajar deviendront mari et femme.
Une exclamation de surprise passa au-dessus de la place:
- Oh le sage khan!..
- Oh le juste khan!
- Qu'Allah prolonge tes années ..!
Ouzbek se tourna vers Adilkereï:
- Es-tu d'accord, le sultan?
Le visage de celui devint pâle, les pommettes avancèrent et devinrent pointues.
- Oui, ta décision, le khan, est juste et agréable à Allah ...
- Veux-tu, Erke Koulan, dire quelque chose?
Erke Koulan, regarda dans les yeux de l'aimée, puis se tourna son visage vers l'Ouzbek:
- J'ai une demande, oh grand khan!Laisse Ajar être debout dans ma route. En confiant ma vie dans les mains d'Allah, je veux la voir en face de moi.
- Soit comme tu veux... - consentit le khan avec bienveillance.
Sans attendre un ordre, le public bpugea à côté, vidèrent une partie de place. Un des jeunes soldats conduit avec hâte son cheval vers Erke Koulan.
- Prends-le, - dit le djiguite .- Peut-être il te portera de la chance.Mon cheval est rapide comme un oiseau, et qui sait, peut-être il dépassera ton destin. Si tu as la chance - tu pourras considérer ce cheval comme le tien...
Deux toulenguites conduisirent Ajar à la fin de la place, ils laissèrent les mains libres à Erke Koulan. Un des gardes du corps du sultan donna un arc bient tiré mongol à Adilkereï.
Ouzbek Khan leva la main:
- Je n'ai pas tout dit. Le coupable galopera avant le tireur à une distance de cent pas.
Le visage d'Adilkereï se tordit.
- Je vais tuer le chiot même s'il galope à une distance deux fois plus ...
- Commencez ... - dit le khan.
Monté facilement sur un coursier blanc offri, Erke Koulan allait lentement de la place et les gens le regardaient sans rien dire.
S'étant éloigné à une distance considérable, Erke Koulan arrêta le cheval et attendait le signal. L'ordonnateur jeta finalement son borik.
Après un moment, Erke Koulan frappa le cheval aux talons, et celui se détacha rapidement. Le cheval était merveilleux. Il était comme un faucon blanc qui allait au-dessus de la terre à toute vitesse comme une foudre.
En clignant les yeux bridés, en fronçant les sourcils vers la racine du nez, Adilkereï attendait. Et quand le cavalier s'approcha de l'endroit où le sultan était, en sifflant subtilement, une flèche à la pointe octogonale de fer se détacha de la corde.
Un soupir comme un coup de vague à côte, passa au-dessus de la place:
- Il a atteint!
Mais le cavalier continua à galoper et les gens virent alors que la flèche dissocia le pommeau, et le djiguite était sain et sauf.
S'étant approché de son aimée, Erke Koulan se pencha et embrassa Ajar.
Il n'y avait plus de silence sur la place. Les spectateurs tempêtaient. Les cris excités des discussions se répandraient vers le ciel, et les oiseaux volaient en peur autour de la place.
Et encore une fois l'ordonnateur jeta son borik, et à nouveau le cheval rapide s'emporta Erke Koulan à la rencontre de son destin.
La deuxième flèche poussa un cri perçant, et les éclats de bois blancs du troussequin cassé se répandraient dans toutes les directions.
Les gens criaient, n'écoutant pas l'un l'autre. Quelqu'un y voyait la main de la Providence, un autre affirmait qu' Adilkereï le faisait exprès, pour montrer qu'il était tireur d'élite, et Erke Kulan n'évitera pas la troisième flèche.
Le sultan ne disait rien. Son visage pâlit méchamment et couvrit de grosses gouttes de sueur. Pour le troisième coup il choisit une flèche avec plumes de pigeon et, en fronçant les sourcils, attendait.
Le spectacle captura Ouzbek Khan. S'étant attaché aux appuis-coudes du trône aux doigts blanchis, il s'avança de tout son corps, en attendant un dénouement sanglant. Le bruit fou des sabots du cheval tomba sur la place, et à ce moment, un cri désespéré, plein de douleur et de chagrin insupportablefrappa les oreilles du peuple. Personne n'entendit la flèche tirée par la main tressaillie du sultan voler. Le cri comme réveilla les gens, et les larmes de compassion vinrent dans beaucoup d'yeux.
Et soudain, il y eut le silence. Les gens ne croyaient leurs yeux - le cavalier disparut, la jeune femme avec les mains liées disparut aussi. Le cheval blanc courait dans la steppe comme un oiseau blanc. Ayant lancé Ajar à travers de sa selle, Erke Koulan galoperait loin du quartier du khan. Et bientôt la brume ardente frémissante cacha les fugitifs.
Pale, en ne regardant personne, Ouzbek Khan se leva de son trône et, ayant passé les mains sur son visage, dit doucement:
- Allah Akbar!Allah est grand!
- Le cheval!J'ai besoin du cheval plus vite! A la poursuite des fugitifs!- criai avec rage Adilkereï.
- Arrête, le sultan! - ordonna impérieusement Ouzbek .- Est-ce que tu, un fou, discuteras avec la volonté d'Allah?Ceux à qui il est favorable, j'offre la vie...
La place hurlait de plaisir. La nuée de poussière s'éleva dans le ciel du piétinement et des cris, et le ciel devint terne.
Ouzbek Khan ordonna de disperser les gens, et il partit dans sa tente.
A l'aube, le lendemain, la caravane, attendue avec impatience par le khan, arriva dans son quartier.
 
 
***
 
Khwarezm occupait une place importante dans la vie de la Horde d'Or. Particulièrement forte son influence était pendant le règne d'Ouzbek Khan. Comme la terre desséchée par le soleil, la Horde absorbait, s'appropriait le meilleur que ses peuples conquis avaient. Les nouvelles coutumes, inhabitueles pour leurs traditions, entraient chaque année dans les coutumes anciennes de la steppe. Les palais décorés fabuleusement, les mosquées aux dômes bleus s'ouvraient au regard étonné du nomade dans les villes.
Les marchands et artisans de différents états allaient à la Horde, mais, peut-être elle était plus associé à la Crimée et le Khwarezm. En Crimée, les cultures de Roum et de l'Irak, de l'Egypte et du Cham se mélangeaient. Khwarezm fondut les cultures de la Chine et de l'Inde, de l'Iran et de la Movaraunahr comme dans un creuset. D'ailleurs, il était plus proche de la Horde, et donc la communication des nomades avec Khorezm devint plus fréquente et plus étroite.
Cependant, les maîtres, amenés de Roum, Caucase, Egypte et Russie construaient Saray Batou et Saray Berke, mais les Khwarezmians d'Ourguentch guidaient la construction.
Devenu khan Ouzbek fit Saray Berke sa capitale, ayant le nommé Saray ad Djadid (Nouvel Saray). En pastichant les prédécesseurs et en voulant glorifier son nom même plus, Ouzbek Khan ordonna de construire un nouveau palais, les mosquées et les madrasas. Il voulait que sa capitale rappelait Ourguentch. On apportait des peintures et des carreaux inégalés de la beauté pour la garniture des bâtiments de Médine et Khwarezm.
Les rabats, les caravansérails, les khanqahs pour les maîtres et les marchands venants apparurent à Saray Berke. Les archands menaient leurs affaires commerciales, les artisans pouvaient faire ce que chacun d'eux savait et dont il était capable. Et les propres produits, pas les importés, dominaient sur les bazars de la Horde. En tenant compte de goûts des nomades, les artisans manufacturaient pour eux la poterie, les bijoux d'or et d'argent, les miroirs d'étain et les cruches de cuivre.
Mais Ouzbek Khan réunissait dans la Horde non seulement les artisans et les marchands. Les gens instruits de Khwarezm et ceux qui avaient les connaissances et savaient gouverner un état y vinrent aussi. Ouzbek Khan les croyait et les nommait les régents des villes de la Horde d'Or. Ainsi, la ville Azak Thana [1] était régie par l'émir Mohammad Al-Khwarezmi, originaire d'Ourguentch. Les beys, les émirs et les noyons de la Horde d'Or devinrent  les invités fréquents à la madrasa et aux khanqahs chez les musulmans croyants, les ioriginaires de Khwarezm. Dans les conversations avec les gens instruits ils ont apprirent beaucoup de choses qui les étonnaient et faisaient voir le monde différemment. Souvent Ouzbek Khan lui-même était un invité chez les Khwarezmians. Il aimait particulièrement frequenter le cheikh instruit Nomodan.
Le gouverneur général d'Ouzbek Khan à Ourguentch l'émir Koutlouk Témir joua un rôle important en rapprochement de la Horde d'Or et Khwarezm. Résolu et courageux, il non seulement aida Ouzbek à devenir khan à l'époque, mais quand la chamaillerie des autres descendants de Genghis Khan pour le trône commença, il était sévit sans aucune pitié contre douze émirs et les sultans. Koutlouk Témir réchauffait constamment les sentiments religieux d"Ouzbek et en étant illettré lui-même, entretenait jalousement que les livres écrits par les hommes instruits d'Ourguentch ou importés de l'étranger était envoyés dans le quartier du khan. L'émir envoyait tout le meilleur à la Horde d'Or. Ouzbek Khan, méfiant envers les autres, aimait Koutlouk Témir sincèrement et toujours était heureux de le voir.
L'année dernière, l'émir tomba malade et ne pouvait pas, comme d'habitude, aller à la Horde. En plus, Ouzbek entendit des rumeurs qu'il était agité dans les terres de Koutlouk Témir. Le khan n'attacha pas de l'importance aux rumeurs, comme il connaissait l'émir bien et était sûr que si quelque chose arrivait, Koutlouk Témir trouverait un moyen de traiter les récalcitrants et établir la paix et l'ordre dans les terres du Khwarezm. Et quand même l'anxiété inexpliquée ne laissait pas Ouzbek. Le khan n'aimait pas les lettres. Et le karavanbashis, qui devait venir aujourd'hui, était un de ceux auquel Ouzbek faisait confiance . Sa parole avait le prix égal de l'or.
Il y avait une autre raison qui faisait le khan attendre la caravane. Il la cachait profondément dans le cœur, mais contre son gré, la pensée revint à l'esprit, puis il était de mauvaise humeur, l'irritation venait. Il arriva peu de temps après il était devenu khan. Ouzbek partit dans Khwarezm pour quelque temps. Et un jour, au retour de la chasse sur les rives de Jihoun, il arrêta pour la nuit dans l'aoul du clan tama.
Le khan était jeune, ardent et ne voulait pas retenir ses désirs. Dans la nuit, il pénétra dans la yourte de la fille d'aqsaqal de l'aoul, et, en surmontant sa résistance, s'empara de la jeune fille. Le jeune khan restait satisfait de la nuit et, en partant à l'aube, promit d'envoyer des marieurs bientôt et faire la fille sa jeune femme.
Le temps était agité. Le khan n'était pas encore fermement assis sur le trône, et la Horde d'Or tremblait des intrigues et des escarmouches entre les genghisides. Il était à réfléchir plus sur la préservation de la tête et du trône que sur les plaisirs de l'amour. Dans les campagnes et batailles Ouzbek oublia sa promesse.
Seulement elle n'oublia pas. Bientôt il apprit qu'elle était enceinte. Patiemment, en craignant de déranger le khan, elle attendait des marieurs, en croyant qu'il enverrait ses gens pour elle.
Mais comme le temps passait, tout l'aoul apprit que la jeune fille est enceinte. La colère de ses parents ne connaissait pas de bornes - l'infamie était grande. En fureur son père était prêt à tuer sa fille, mais alors, quand la colère s'apaisa, il ordonna d'envoyer sa fille dans l'aoul de sa mère.
La date d'échéance passa, et un garçon naquit. Son corps était fort et sa voix était haute et exigeante. Ayant appris que c'était un enfant du khan, les parents n'osaient pas le tuer. Ils mirent une yourte séparée pour la jeune femme et allumèrent un foyer séparé. La femme était très belle, et malgré le fait qu'elle mit au monde le bébé sans un mari, beaucoup d'autres hommes voulaient l'épouser, mais elle ne voulait voir personne près de lui.
Ouzbek apprit tout cela dans trois ans. Le regret de sa promesse non tenue remua son cœur. Mais le puissant khan ne pouvait pas épouser une femme qui avait un bébé sans mari. Et quoi que Ouzbek savait qui était le père de cet enfant? On ne pouvait pas expliquer le passé aux gens. Le nom du khan devait toujours être pur et les sujets avaient à le prononcer avec un frémissement secret, mais pas avec un sourire malicieux.
Ouzbek raconta tout à Koutlouk Témir et lui ordonna de prendre soin de la femme et de l'enfant. L'émir avait fait que le khan put voir son fils. Le garçon rappelait extrêmement Ouzbek, et celui, attendri, ordonna d'informer sa mère dès que l'enfant grandirait, il serait pris au palais et élevé comme un homme noble et un guerrier brave.
Avec un sourire ironique la femme réagit aux paroles du khan, mais les gens disent que la promesse est la moitié de l'affaire. Il ne restait que espérer et attendre ce que, peut-être, cette fois le khan tiendrait sa parole.
Grâce aux soins de Koutlouk Témir la mère et le fils n'avaient besoin de rien. Le garçon grandissait sain et fort, et le temps vint où les gens commencèrent à appeler l'adolescent le djiguite.
Cet automne, Ouzbek avait l'intention de le prendre dans la Horde, mais une nouvelle triste vint du Khwarezm que le garçon était subitement mort. Koutlouk Témir dit qu'une maladie était coupable de son passage. Et pour la première fois le khan ne crut pas en la véracité des paroles de son émir. Il ne pouvait pas expliquer d'où vint le doute. Il lui semblait qu'un mystère s'était passé.
Ouzbek ne prit jamais le garçon dans ses bras - le fils était trop loin de lui, mais la voix du sang exigea impérieusement d'apprendre la vérité. En effet depuis l'époque où le khan vit que le garçon lui ressemblait, il rêvait que son fils serait comme son père et au reste au fil du temps.
L'obscurité ne le laissait en paix, et Ouzbek envoya secrètement un homme fidèle au marchand Jacup à Khwarezm. Voici était une autre raison qui faisait le khan attendre l'arrivée de la caravane.
 
 
***
 
Passé Kafa, une caravane de trois cents chameaux chargés de la soie chinoise, thé indien, prune séchée de Khorezm et raisins ambrés, se rendit vers Sudak, où les navires marchands, prêts à hisser les voiles et prendre la mer avec les produits importés, l'attendaient.
Ayant ordonné à la caravane de comme prendre la route habituelle, Jacup, accompagné par quatre guerriers, tourna son cheval vers la Vieille Crimée, vers le quartier d'Ouzbek Khan.
Là, on l'attendait et lui réserva un accueil bienveillant.
Ayant fait tout ce qui était nécessaire selon les coutumes de la steppe, ayant goûté de la régalade du khan, Jacup lui même commença à parler de ce qui intéressait Ouzbek.
Non en vain le khan lui faisait confiance. Les yeux perçants intelligents du marchand virent beaucoup de ce qui avait été caché des yeux de ceux qui avaint dû voir, et des oreilles entendirent non seulement ce qui était dit à haute voix.
Il raconta l entement et soigneusement à Ouzbek qu'il était agité au Khwarezm. Dans les bazars les artisans, les dekhkans et les commerçants parlaient plus souvent de Koutlouk Témir sans respect approprié. Et les esclaves, amenés par les gens de l'émir au désespoir, se révoltèrent récemment. Une vraie bataille se passa en Ourguentch, et Koutlouk Témir vint à bout des insurgés avec beaucoup de difficulté . L'alem Akberen dirigeait les esclaves.
Le khan interrompit Jacup avec impatience:
- A-t-il été pris?
- Non.Telles personnes sont insaisissables. Les esclaves l'ont aidé à s'échapper.
Ouzbek fronça les sourcils de dépit.
- Koutlouk Témir est malade... - dit le marchand prudemment. - Sinon la maladie, peut-être les choses s'ést arrangées autrement...
- Je sais qu'il ést malade, - dit le khan brusquement.
- L'émir est malade - dit Jacup hâtivement. - Mais il prépare une armée pour votre campagne à l'Iran ...
- Quand il va partir?
- Koutlouk Témir attend votre parole...
- Bien.Mais il ne participera pas à la campagne lui-même?
- S'il convient au malsain à être à la tête des tumens? - parlait Jacup doucement, en essayant de ne pas fâcher le khan -. Il est agité au Khwarezm.Les gens sont maussades comme la mer avant la tempête. À ce moment, l'émir ne doit pas être loin des terres dépendantes de lui...
Ouzbek gardait le silence longtemps. Son visage devint morose. Enfin il dit:
- Tu dois me dire la vérité de ce qui a été la cause de la mort de mon fils.
Le merchant baissa les yeux.
- Pourquoi gardes-tu le silence?
- Je n'ai rien à dire... Je ne sais rien ... Mais la mort de l'enfant est inhabituelle. Les gens ont écrit une joktaou - une chanson-pleurs. On ne le dit pas sans plus. On ne chante que des gens très respectés ou quand une personne ne meurt pas comme elle est destinée à mourir - d'unemaladie ou une épée...
Le khan s'avança:
- Chante-la pour moi!..
Jacup n'osa regarder dans le visage d'Ouzbek.
- Je ne me rappelle que le début ... - dit il prudemment. - Un de mes toucheurs la connait ...
- Je veux entendre au moins le début - dit le khan avec exigence.
Le ront du marchand était couvert de sueur, et son visage était très pâle.
- Eh bien ... - tarda-t-il à dire. - La chanson commence avec la conversation entre la mère et son fils ...
- Chante! - ordonna Ouzbek sévèrement.
A la voix douce, tressaillante de l'agitation Jacup commença à chanter:
  La mère 
  Dis-moi, mon poulain, que faire? 
  Comment puis-je violer l'ordre du sort? 
  Le Dieu veut prendre mon fils unique 
  Et il veut que tu lui sers seulement. 
  Le fils 
  Le Dieu a-t-il déjà pris beaucoup de gens? 
  Il en ai assez pour le service. 
  Je ne veux pas aller dans un autre monde, 
  Ayant laissé ma famille et mes amis. 
  La mère 
  Ne t'offence pas, mon cher. 
  Parmi les genss le Dieu n'a choisi personne que toi. 
  Il te donnera une beauté du paradis, 
  Quand tu vint chez lui sans péché. 
  Le fils 
  Il est merveille pour la personne sans péché et sur la terre. 
  L'âme ne peut pas jouir de la paix. 
  Et même si la fille du paradis est belle, 
  Elle ne peut pas se rendre égal d'une fille de mon âge. 
  La mère 
  Le très Haut est grand, sage et juste, 
  Il ne ferait pas de mal à mon fils. 
  Va et ne provoque pas sa colère. 
  Il t'ouvrira la porte au paradis. 
  Le fils 
  J'y irai, ma chère mère, 
  Tous mes proches restent ici... 
  Eh bien, pourquoi ai-je besoin du paradis de quelqu'un, 
  Si je sépare avec toi pour toujours ? 
  La mère 
  Mon cher, que dois-je faire, 
  Si mon étoile s'est éteinte sur le ciel? 
  J'irai mieux ensemble avec toi, 
  Pour que tu ne saches pas, mon cher, la solitude! 
  Le fils 
  Ne dis pas ainsi, ma chère mère. 
  Reste ici, et invente quelque chose ... 
  Peut-être le très Haut me montrera de la bonté 
  Et je resterai sur la terre avec toi... 
Jacup se tut, en inclinant humblement la tête devant le khan. On ne pouvait pas être que le marchand rusé ne connaissait pas la chanson-pleurs jusqu'à la fin. La peur devant Ouzbek le faisait faire semblant.
Il semblait que le khan ne remarqua pas que Jacup finit la chanson. Son visage s'assombrit. Maintenant il savait exactement qu'il y avait un mystère dans la mort de son fils. Une chanson étrange, incompréhensible ... Pourquoi le fils doit aller au ciel, et pourquoi il ne veut pas? Quelles le fait à abandonner ce qui est destiné par Allah au musulman croyant? Pourquoi il préfère d'échanger le paradis en vie coupable sur la terre? Ouzbek se demandait et ne trouvait pas de réponse. Cette chanson est composée non sans raison ...
- Qui l'a écrit? - en regardant le marchand avec méfiance, demanda le khan.
- Les gens chantent la chanson ... - dit Jacup évasivement.
- Les gens? - les yeux d'Ouzbek brillaient avec méchanceté .- Est-ce que le peuple digne qui croit en Allah et suit la voie du prophète Mohammed, la chanterait?C'est une chanson de la populace, et elle a un auteur ... Doit avoir ...
Le khan attendait une réponse et regardait fixement le marchand. Le visage de celui se couvrit de la pâleur mortelle.
- Personne ne sait tout entièrement, le grand s'est mis à la tête de la révolte des esclaves à Ourguentch...
Les paumes d'Ouzbek se serrèrent aux poings.
- Prendre! Prendre par tous les moyens! Et couper la tête!..
- Il est digne de mort ... - consentit Jacup. - Celui qui a osé révolter les esclaves...
- Il suffit qu'il a composé telle chanson ... Déjà pour cela il doit devenir la nourriture pour les chacals!..Les gens qui chantent sa chanson, peuvent penser que les paroles du prophète Mohammad sont fausses! Le musulman doit croire qu'après sa mort le paradis ou l'enfer l'attend. Il doit rêve du paradis, et considérer la vie sur la terre comme une seule voie vers lui. C'est l'un des appuis auxlesquels l'Islam tient, et personne n'est pas autorisé à creuser un trou à son pied!
- Vos mots sont sages, le grand khan... - consentit Jacup à la hâte. - Où peut échapper ce misérable de ta vengeance... Koutlouk Témir a des longs bras... - Et pour échapper à la conversation désagréable et dangereuse, le marchand ajouta: - Voudrais-tu regarder les cadeaux que j'ai apportés au quartier?
- Non, - dit Ouzbek sèchement. Ses pensées étaient occupées par les autres choses. - Demain, j'irai à la Horde.Il est temps de se préparer à la guerre avec l'Iran, avec les têtes rouges ...
Ravi que le khan changa le sujet, Jacup dit prudemment:
- Ce serait bien si les villes côtières de l'Iran, deviendraient la propriété de la Horde d'Or.Une fois j'ai entendu le dicton: «Ce que va manger l'autre mieux que Kandybaï le mange." C'est ainsi pour nous, les marchands. Pourquoi donner notre or à l'Iran s'il peut être le tien, le grand khan? Nous ne nous sentirons jamais calmes, en quittant tes biens avec les caravanes. Même les grands frais pour le transport des marchandises ne sauve pas de la violence.
Ouzbek sourit avec réserve. Ses yeux restaient froids.
- Iskander aux Deux Cornes a dit: "Où toute l'armée ne passera pas, mes ânes chargés d'or, se frayeront un passage."
- Il faut payer trop cher...Les marchands musulmans te souhaitent, le grand khan, bonne chance à l'affaire conçue...
- Eh bien, - dit Ouzbek. - Est-ce que ton homme est prêt pour une longue route et est-ce qu'il est fidèle?
- Oui, le taksir...
- Qu'il entre pour parler, et je lui donnerai une lettre aux Mamelouks égyptiens.
Jacup salua bas le khan et sortit à reculons de la tente.
 
 
***
 
Dans une année du Cochon (1335) quand les gelées féroces du janvier prirent les lacs et les rivières, le projet de l'Ouzbek Khan se réalisa: ses tumens vinrent à Derbent.
Chaque guerrier avait deux chevaux et était prêt à une campagne rapide. N'en voulant pas perdre du temps sur la prise de la forteresse, le khan ordonna aux guerriers pour envelopper les sabots de leurs chevaux des morceaux de feutre, et ses tumens arrivèrent à passer à travers la glace d'une rivière gelée.
L'hiver de l'année du Cochon était particulièrement rigoureux. Les détachements d'Iraniens, qui devaient protéger les Portes de Fer, n'opposaient aucune résistance sérieuse aux guerriers de la Coumanie, habitués au grand froid.
Le ciel patronnait Ouzbek. A la veille de sa campagne l'ilkhan de l'Iran Abouseit quitta la vie. Et, comme il était d'habitude depuis l'époque de Genghis Khan,  les rivalités et les luttes intestines commencèrent immédiatement entre les héritiers. Et il aida aussi le khan à réaliser ses projets.
Lentement, sans rencontrer de la résistance sérieuse, Ouzbek conduisait ses tumens profondément dans Chirvan. Il s'arrêta au bord de la rivière Koura. Sur la rive droite de la rivière une armée iranienne, dirigée par le capitaine Arpakaoun, l'attendait.
Le printemps arriva dans ces terres fertiles, et il ne fallait pas réfléchir à la traversée avant que les hautes eaux à Koura ne tombassent pas. Il restait d'attendre patiemment.
Le torrent fou terne avec fracas roulait sur le fond des pierres de la grandeur d'une tête humaine, et les guerriers des deux côtés s'amusaient des menaces les uns envers les autres avec des massues-chokpars, et parfois ils tiraient des flèches seules. Il y avait encore loin avant la bataille principale, et le printemps marchait sur la terre...
La position de l'armée de la Horde d'Or n'était pas très favorable. Ouzbek le comprit vite. La cavalerie de la Coumanie avait besoin d'espace, et ici il n'y en avait pas. Chaque jour de l' attente des Iraniens augmentait les forces - ses renforts arrivaient. De l'arrière, comme les mouches importunes, les troupes iraniennes, en descendant des montagnes, perturbaient.
Ouzbek réfléchissait. Sinon le débordement du printemps de Koura, il aurait maîtrisé l'Arran et, bien sûr, n'aurait pas permis à l'ennemi de rassembler ses forces pour une bataille décisive. Maintenant la situation n'était pas en sa faveur. Mais le destin intervint aux événements. La nouvelle triste de la mort du Koutlouk Témir vint au Khwarezm. Un prétexte pour la retraite était réussi.
Ayant affiché à ses proches que la mort de l'émir le plongea dans le profond chagrin, Ouzbek ordonna à ses tumens de retourner dans la Coumanie. La peur d'être entouré et défait comme pendant la première campagne en Iran, fait le khan se dépêcher. Et il y avait encore une raison pour la retraite - Ouzbek craignait qu'après Koutlouk Témir une personne apparaitrait qui voudrait séparer les terres fertiles de la Horde d'Or. Dans les jours des troubles l'émir apparait qui obtient le pouvoir et l'autorité sur les autres. Et  il peut être difficile de retirer cette personne de la route.
Depuis longtemps la noblesse de Khwarezm regardait la Horde de travers. Seulement cruel et fort Koutlouk Témir eut su gérer les mécontents et leur eut tenu a bride haute de l'obéissance.
Sous la lune rien ne dure éternellement. Qui sait: ayant convoité l'Iran, ne perdra pas la Horde Khwarezm?
Ouzbek comprenait que le bien-être de la Horde d'Or se tenait sur Khwarezm, et donc s'il n'avait qu'à courir travers la steppe après un koulan - n'est-il pas mieux d'avoir un poulain en laisse?..
Au milieu de l'été les tumens d'Ouzbek passèrent librement Derbent et tournèrent dans leurs steppes natales.
 
LE DEUXIEME CHAPITRE
 
 
Pendant toutes les années de son règne Ouzbek observait attentivement et avec anxiété cachée le train des événements dans les terres d'Orusuts. Il n'y avait pas d'unité entre les princes d'Orusuts, mais quelque chose alarmait le khan, le forçait à se méfier.
Dans une année où Ouzbek se fut assis sur le trône, le prince de Tver Alexandre Mikhailovich était le Grand Prince de Vladimir. Il regardait dans la direction de la Horde d'Or aux yeux méchants, et attendaint une occasion de sortir du pouvoir des khans de la Horde d'Or. Dans une année de Panthère (1327), quand Ouzbek se préparait à sa campagne suivante à l'Iran, Tver se révolta. On était obligé d'ajourner la campagne.
A cette époque soucieuse pour la Horde le prince de Moscou Ivan Danilovich, plus tard surnommé Ivan Kalita, prit son parti. Avec les tumens du khan les régiments de Moscou entrèrent en campagne à Tver. Dans une année après la révolte en signe de gratitude Ouzbek conféra le titre de Grand Prince de Vladimir à Ivan et lui confia la perception des tributs de toutes les terres d'Orusuts. Depuis ce temps les relations bonnes à l'extérieur et pacifiques établirent entre la Horde et la Rus'.
Personne, peut-être, ne comprenait mieux que le prince Ivan Danilovich que ce n'létait pas encore le moment de secouer le joug odieux. D'abord, il était nécessaire de faire de la Rus' forte et riche, de collecter toutes les forces sous une main. En profitant de la confiance d'Ouzbek Khan, le prince Ivan commença à renforcer la principauté de Moscou, en forçant les voisins dans la soumission par la gentillesse, mais plus souvent par la force. Sans pitié ou compassion ses gens percevaient des tributs de paysans, car il fallait pateliner le khan de la Horde, et ne pas oublier de son trésor.
Moscou pris de la force, et les autres princes, en voyant son pouvoir, rabaissaient l'orgueil et cherchait de la protection et l'amitié d'un voisin riche.
Peu importe combien lourds les tributs princiers étaient, mais les guerriers de la Horde d'Or allaient plus rarement en campagnes dans les terre russes, les villes ne flambaient pas, le sang ne coulait pas. Une tranquillité relative s'établit en Rus'. Rusé Ivan Kalita tenait la tête bas devant la Horde, mais conduisait fermement sa ligne.
Le silence dans la Rus' permit à Ouzbek d'observer plus fixement les affaires au khanat de Djaghataï . Après la mort de Kaïdou tout ce qu'il avait recueilli pendant les nombreuses années se répandit comme une motte de terre desséchée. La Movaraunahr, le Jetyssou, le Turkestan oriental ... Chaque de ces territoires avait maintenant son régent et ne voulait obéir personne.
Dans une année du Lapin (1303) avec l'aide de Touba le fils aîné de Kaïdou - Chapar devint khan du khanat de Djaghataï. Mais quatre ans plus tard, son fils Kounjek se proclama le khan. Mais son règne n'était pas long non plus. Deux ans plus tard, il mourut si soudainement que la plupart de genghisides. Et l'étoile de Tolui  - le petit-fils de Bori, tué par Mengou Khan, se coucha rapidement. Le fils de Touba - Kebek le tua.
En profitant de la guerre civile, Chapar, détrôné à l'époque, décida de nouveau de devenir khan. Il rassembla une armée et alla à Kebek. La bataille eut lieu au bord de la rivière d'Ilia et finit en défaite totale de Chapar.
Dévastés par les guerres sans fin, la Movaraunahr et le Turkestan oriental tombèrent en décadence. Les gens se plaignaient. Les bandits erraient sur les routes, en pillant les habitants du lieu et en enlevant leurs derniers biens qui n'étaient pas pris par les genghisides qui étaient en mauvais termes l'un avec l'autre.
Et puis Kebek, n'osant pas devenir khan, recueilla les genghisides au qurultay. Les descendants de Djaghataï et Ouguédey se réunirent. On proclama le fils aîné de Touba - Esen Bougi comme le khan. A partir de ce moment les terres appartenantes à Qaidou, passèrent de nouveau dans les mains des descendants de Djaghataï.
Esen Bougi était un homme d'une main ferme. Il réussit à faire les genghisides à se soumettre à lui. Et ce n'était pas le moment pour les querelles. De plus en plus les chinois effectuaient des raids sur les terres orientales du khanat.
Esen Bougi avait besoin des alliés pour la lutte contre le royaume de Yuan, et il envoya son homme à Ouzbek Khan qui se fut assis sur le trône de la Horde d'Or. Cependant Ouzbek ne se dépêchait pas de répondre. Il n'était pas intéressé à une guerre avec les chinois qui étaient loin de ses frontières . Seulement quelques années plus tard il consentit à une campagne conjointe avec Esen Bougi contre l'Iran. Toutefois la campagne s'échoua à cause de la trahison du noyon Iasouar. L'alliance fragile entre la Horde d'Or et le khanat de Djaghataï s'effondra.
Dans une année du Cheval (1318) Esen Bougi quitta la vie. Le second fils de Touba - Kebek occupa sa place. La première chose qu'il fit était le déplacement de son quartier des contreforts du Tian-Chan à la Movaraunahr. Il ordonna de construire la ville de Qarshi et ici il commença à régner les terres dépendantes de lui.
En restant le Mongol sur le mode de vie et la foi, le nouveau khan, néanmoins, ne supprimait pas les musulmans. Les religions ne l'intéressaient pas.
Ouzbek Khan les traitait d'une autre manière. Dans une année de la Poule (1321), il reçut un nouveau nom musulman de Sultan-Mohammed-Ouzbek. Et en voulant le glorifier par les actes agréables à Dieu, il, à la demande du grand cheikh Zengi-at, décida de convenir au Islam les peuples qui ne considéraient pas encore le chemin indiqué par le prophète Mohammed comme le seul vrai. Il y avait encore beaucoup de tels gens dans la Movaraunahr. C'est pourquoi, après avoir recueilli une grande armée, Ouzbek, ayant averti par avance le khan Kebek pourquoi il allait à la Movaraunahr, entra en campagne.
Kebek avait à céder à Ouzbek. Il n'y avait pas assez forces pour résister à la puissante Horde d'Or.
Les iraniens, en rencontrant les guerriers de la Horde d'Or sur le champ de bataille, les appellaient par le nom du khan Ouzbek - les ouzbekians. Peu à peu, et ses guerriers s'habituèrent à ce surnom. Le projet du khan Ouzbek se réalisait facilement - il avait une armée permanente, et donc on commença à appeler les néophytes dans la Movaraunahr les ouzbekians , et plus tard - les Ouzbeks.
Un des frères de Kebek, confessant le bouddhisme, ne lui pardonna pas la concessions facile à UOuzbek et étrangla le khan dans son lit. Elshigitaï occupa la place de Kebek sur le trône. Il était le temps où les liens entre l'Est et l'Ouest se renforcèrent. Depuis longtemps avec les marchands et les missionnaires catholiques allaient sur les routes caravanières de la Route de la soie. Grâce à eux l'information sur les pays de l'Est lointains et mystérieux et leurs régents féroces atteignait l'Europe, intacte par les invasions mongoles.
Pendant le règne de Kebek l'ambassadeur de Venise à Tabriz Marco da Molin dans une lettre au doge indiquait que les routes des caravanes à travers l'Iran, devenaient dangereuses, et tous les musulmans devenaient plus intolérants aux marchands-hétérodoxes. La curie du pape, préoccupée par cette situation, décida d'augmenter son influence dans la Horde d'Or et le khanat de Djaghataï. Pour ce faire, on projetait créer des nouveaux diocèses dans le royaume iranien, l'Hindoustan intérieur, la Movaraunahr, le Khorassan et le Turkestan. Le torrent des missionnaires se précipitèrent à l'Est.
En sachant que le nouveau khan de la Movaraunahr Elshigitaï ne confessait pas la foi musulmane, et était plus enclin aux chrétiens, le pape Jean XXII nomma Tomaso Mangazolo,qui était allé plusieurs fois à l'Est, à la poste d'évêque de Semiskant (Samarkand).
A cette époque, le Jetyssou et le Turkestan oriental, où Dourra Témir reignait, bien qu'il se soumettaient à la Movaraunahr, en fait sortirent hors de son contrôle. Les frontières du khanat de Djaghataï se diminuèrent. Tomaso Mangazolo trouva rapidement son chemin vers le cœur d'Elshigitaï. La communauté chrétienne dans la Movaraunahr recut de nouveau les privilèges et commença à gagner des nouveaux adhérents.
Le cheikh de la Horde d'Or Seid-ata, ayant appris des apostats, exigea que Ouzbek punît Elshigitaï. Cependant Elshigitaï laissa le monde mortel avant que la main punitive du khan de la Horde d'Or l'atteigne.
Le successeur Tarmarchin - le bouddhiste, qui avait récemment étranglé son frère Kebek pour sa souplesse devant le musulman Ouzbek, ayant demandé au très Haut le pardon pour ses péchés, accepta l'Islam. La mosquée lui pardonna l'assassinat de son frère et le nomma d'un nouveau nom - Aladin. Tout revint à sa place.
Aladin était altéré de gloire. Il semblait avoir oublié que son ulus comprend le Jetyssou et le Turkestan oriental, et pendant tous les ans de son règne n'alla jamais dans ces terres. Mais, dans l'espoir de devenir célèbre comme un commandant militaire, il fit un campagne au Hindoustan.
Vaniteux, prêt à tout pour faire parler de lui, Aladin s'écartait plus en plus loin des coutumes des Mongols, des testaments du grand Genghis Khan. Ayant profité du mécontentement du peuple et de la noblesse, le fils de Dourra Témir - Bozan souleva une rébellion contre Aladin. Celui s'enfuit à la ville de Gazan, mais sur la route il fut capturé par l'émir de Balkhin Djanghi qui se hâta à le livrer à Bozan. Le chef des rebelles ne pensait pas longtemps que faire avec le prisonnier. Il coupa sa tête de sa propre main et se proclama le khan du khanat de Djaghataï.
Bosan confessait l'Islam, mais cela ne lui empêcha pas d'en finir brutalement avec tous ses adversaires - les genghisides lui proches par le sang . Le nouveau khan ne règla pas longtemps. Dans une année du Chien (1334), il se noya dans les eaux de l'Ilia et le petit-fils de Touba - Jenkichi s'assit sur le trône. En protegeant sa vie, il décida d'être loin de ses parents et transféra le quartier à Almalyk. Le khan craignait et détestait les musulmans, et c'est pourquoi les portes de son palais à Almalyk s'ouvertirent grandes devant les missionnaires chrétiens. Plusieurs années plus tard, l'évêque de Bisignano Giovanni di Marignolli écrit dans sa chronique: «Alors nous sommes venus au centre de l'empire - Almalyk. Nous avons acheté un terrain, creusé un puits, construit une église. Malgré le fait que l'année avant ces événements l'évêque et six de ses adeptes avaient pris ici la mort de martyr au nom de Jésus-Christ, ouvertement, sans craindre personne, nous avons dit la messe au leur nom".
Les catholiques se sentaient à l'aise sous les auspices de Jenkichi au Almalyk, mais et les cheiks musulmans ne sommeillaient pas. La lutte était féroce et ouverte. Les justices mutuelles, les assasins secrets devinrent une chose habituelle. A Almalyk, sur le chemin à la Chine, l'archevêque Nicholas s'arrêtait. Et les émissaires du pape Francisco Raymondou Ruf et Laurent, ayant guéri Jenkichi de sa maladie, qui l'avait tourmenté longtemps, persuadèrent le khan de baptiser son petit fils, et après la cérémonie lui donnèrent le nom Jean.
Le désaccord religieux était fort à Almalyk, mais il se trouva que la lutte pour le pouvoir était encore plus brutale et sanglante. Les descendants de Djaghataï et Ouguédey comme devinrent fous. Ils tuaient l'un l'autre, menaient les guerres sans fin. La Movaraunahr, le Jetyssou, le Turkestan oriental furent dévastés. Les métiers tombaient en décadence, les champs se couvraient de l'herbe. Les gens ne savaient jamais qui était leur khan et quelle foi on devait confesser, pour ne perdre pas la tête et l'exploitation.
Dans l'une des escarmouches Jenkichi rencontra sa mort, et l'arrière-petit-fils d'Ouguédey - Ali Sultan s'empara du trône du khan, mais bientôt le petit-fils de Kenjek - Mohammed Bolta le tua, et, celui, à son tour, était tué par le fils de Iasouf - Kazan...
Pendant les nombreuses années une lutte acharnée durait entre les genghisides pour le trône d'ulus de Djaghataï. Et personne ne savait que celui, qui plierait impérieusement les têtes des récalcitrants vers la terre par sa main de fer et forcerait en tremblant prononcer son nom - Teymur, était déjà couché dans le berceau.
Dans plusieurs années, avant que Topal Teymur noyasse la terre dans le sang, et maintenant les descendants de Genghis Khanla versaient abondamment, les sultans et les beys guettaient et détruisaient l'un l'autre, et les luttes cruelles se déclenchaient comme les éclairs sous les bannières de diverses religions sur la terre martyre de l'ulus de Djaghataï...
 
 
***
 
Partout où la sabre courbe mongole règlait, les gens murmuraient. Ils mûrissaient leur haine longtemps et semblaient soumis à l'extérieur, mais un moment arriva où le peuple devint comme un tulpar sauvage, non dressé, se cabra brusquement, et sa haine tomba à ceux qui étaient à sa route. Il cessait d'obéir le khan, n'écoutait pas les mots flatteurs des juges - les bis. Les gens demandaient la justice et la vengeance pour l'humiliation subie, pour la crainte perpétuelle de perdre la tête.
Les régents réprimait le peuple rebelle des manières differentes. Si l'armée était de leur côté, un massacre général était organisé; si le khan sentait que sa force ne suffisait pas, il ne lésinait pas des promesses.
Dans une année du Cochon (1335) les esclaves et les artisans se révoltèrent au Khwarezm. Par rapport à la Movaraunahr la vie ici était plus supportable. Koutlouk Témir régnait par la main cruel, mais il ne permettait pas de luttes intestines entre les genghisides. Pourtant, à l'intérieur le khanat bouillonnait de la fureur. Comme partout où les genghisides réignaient, le soleil et la lune ne brillaient que à ceux qui étaient riches et nobles, pour les artisans et les dekhkans ordinaires la vie brûlait faiblement.
Le Khwarezm depuis longtemps était célèbre par la vente des esclaves. Sur les places de marché d'Ourguentch on pouvait acheter des esclaves de tous les pays où le sabot du cheval mongol s'était posé. On vendait ici les Orusuts aux barbes rousses et les Coumans aux barbes noires, les dekhkans de la Movaraunahr aux calottes bariolées, les Alamans turkmènes aux hautes toques fourrées... D'ici, d'Ourguentch, la marchandise vivante était revendue en Chine et en Egypte, en Inde et au Roum.
Dans une année du Cochon particulièrement beacoup d'esclaves apparurent aux bazars de Khwarezm. A cause de la période de troubles les marchands de l'Egypte, de l'Iran et du Roum ne vinrent pas pour la marchandise vivante. Les commerçants de la Chine et de l'Inde ne choisirent que les jeunes hommes et les belles jeunes filles. Les propriétaires ne donnaient à manger à ceux qui n'avaient pas trouvé pas leur acheteur. Les artisans, les dekhkans, les guerriers dans le passé mouraient par les dizaines, les centaines de la faim et des maladies. Le nombre d'esclaves non vendus cette année dans les bazars de Khwarezm atteignit près de dix mille. Certains d'eux étaient tellement épuisés qu'ils ne pouvaient pas se lever de la terre.
A ce moment dans un marché des esclaves d'Ourguentch un homme basané en robe rayée et en turban bleu, ressemblant à un Iranien, apparut. Il était difficile de reconnaître en lui le Couman Akberen. Personne ne savait ni son passé, ni son présent. Il laissa pays quand il était le garçon pendant la période de troubles. La mémoire d'enfant gardait les fumées des incendies, les cadavres dans les rues de la rebelle Boukhara. A ce temps sa mère adoptive Koundouze mourut. Un ami de son père, le chef de l'esclaves Tamdam réussit à s'échapper à la vengeance du Khan et sauver le garçon. Après beaucoup d'errances, ils se trouvèrent à Bagdad.
La vie était dure dans un pays étranger. Tamdam réussit à devenir un professeur à une madrasa musulmane. Ayant fait passer le garçon pour son fils, il lui apprit à lire.
Akberen se trouva d'être un élève dégourdi - le sciences réussissaient facilement à lui. Les années passèrent, et il se leva au rang de l'alem - un savant-théologien. En mourant au grand âge, Tamdam raconta au adolescent les événements très anciens dans les terres de la Horde d'Or et la raison de leur fuite au pays étranger.
- Quand je mourrai, - dit Tamdam, - tu dois retourner à la terre natale.C'ést arrangé et disposé ainsi dans cette vie: l'homme ne peut pas retourner à l'endroit où il a vu la lumière pour la première fois. Tu as étudié diligemment et lu beaucoup de livres sages, et c'est pourquoi ta place n'est pas à Bagdad, mais dans la terre natale de la Coumanie. Promets-moi d'accomplir ma demande.
Akberen tint sa parole. Trois ans après la mort du professeur il se trouva dans les terres de la Horde d'Or.
Le jeune alem allait par les villes du Khwarezm, et son âme remplissait du désarroi, et son visage s'assombrissait. Il voyait autour l'anarchie et l'arbitraire. Comme dans son enfance, les gens étaient pauvres et ne savaient pas de la justice.
Akberen fut particulièrement frappé par le marché des esclaves à Ourguentch. Il vit les esclaves morts sous les murs des douvals en terre battue, il vit que ceux qui étaient encore épargnés par la mort, ne ressemblaient pas les gens, mais leurs ombres. Mais avait-il une possibilité de les aider d'une manière ou d'une autre? Lui-même un mendiant, portant ses biens sur lui, Akberen ne pouvait ni nourrir ces gens, ni leur donner des vêtements au lieu de haillons. Et puis, saisi de l'indignation, il alla au quartier d'été de Koutlouk Témir - le régent du Khwarezm.
L'émir, comme des autres descendants de Gengihs Khan, au début de l'été quittait le palais, et déménageait dans la yourte. On choisissait un bel endroit pour son quartier, aux herbes riches, avec la rivière de montagne pure ou des sources claires. On faisait tout comme il était d'usage depuis les temps anciens chez Mongols.
L'alem sans famille n'aurait jamais réussi à voir Koutlouk Témir s'il n'avait pas dit, comme par hasard, les paroles mystérieuses au chef de la garde: «Je suis de Bagdad... j'ai quelque chose à dire à son Altesse le régent du Khwarezm..."
L'émir était de mauvaise humeur. La nuit dernière il eut des douleurs hépatiques et cela dérangea son sommeil. Même les galettes chaudes de pain tabanans n'aidèrent pas soulager la douleur rasante, que le médecin appliquait au flanc droit gonflé. Au matin l'émir but un coulis d'écorce de chêne, mais le goût amer dans sa bouche seulement s'aggrava.
À l'autre temps Koutlouk Témir n'aurait accueilli personne, mais maintenant, souffrant de la douleur sourde qui s'apaisait et s'aggravait de nouveau, et ayant entendu du chef de la garde que l'inconnu était arrivé du Bagdad, il décida que peut-être la conversation le ferait oublier de la maladie même pour quelque temps.
Le garde jeta le rideau coloré, couvrant l'entrée de la tente, et laissa passer l'alem.
Akberen, ayant franchi le seuil, s'inclina bas. Et quand il leva son visage, il vit deux guerriers se trouvants des deux côtés de lui, avec des sabres dégainés. Puis ses yeux, non encore habitués à la pénombre, virent un poteau en bois épais qui soutenait la voûte de l'énorme yourte. Les serpents d'argent brillants faiblement enroulaient le poteau. Et seulement après cela l'alem considéré scruta l'émir lui-même.
Koutlouk Témir était couché sur la place d'honneur - le tor couvert par un tapis rouge ignéal, s'appuyant sur des coussins blancs comme la neige. Son visage, à la longue moustache pendante, était jaune et hargneux.
Le cœur d'Akberen, malgré qu'il essayait de garder son calme, battit fortement et fréquemment. L'alem s'acquitta de l'excitation et maintenant sans émoi examina la yourte.
Outre l'émir sa jeune femme Sakip-Jamal et un homme inconnu à Akberen, même d'après ce qu'on disait, étaient ici.
Cet homme est musulman. L'alem le détermina immédiatement. Comme il était d'usage de l'étiquette, il était assis un peu plus bas que Koutlouk Témir sur un coussin de satin, et il y avait un extrêmement beau chapelet de grande perle noire dans sa main.
Il y avait une chose sans doute: même si cette personne n'était pas issu d'une famille noble, il était très riche et intelligent. Akberen prit son regard fixe scrutateur sur son visage.
- As-salâm 'aleïkoum ... - dit l'alem.
- 'Aleïkoum as-salâm... - lui rendit son salut l'homme.
L'émir ne dit rien.
Le silence se fit dans la yourte. Et personne ne prédirait pas qu'il présageait - la bienveillance de l'émir ou sa colère.
On n'entendait que comme Sakip-Jamal, assise sur le côté gauche de Koutlouk Témir, remuait doucement le koumys du puisoir d'argent dans un grand bol en bois.
Par le visage et les vêtements Akberen reconnut facilement à elle la Coumane. Une jeune femme était habillée du pourpoint rouge aux paillettes cousues, de la longue robe blanche aux volants doubles en bas. La tête était couverte par la coiffure de femme - saoukele, aussi rouge que le pourpoint, orné de perles et de coraux. Sur ses pieds elle avait les itchigis en cuir rouge à l'ornement bleu. Les mains étaient couvertes des bagues d'or et d'argent aux pierres précieuses qui brillaient faiblement dans la pénombre de la yourte.
Mais Akberen fut particulièrement frappé par le visage de Sakip-Jamal. Il était étonnamment pur, fraîs et, comme il sembla à l'alem, ressemblant à une fleur épanouie de la steppe, s'ouverte à l'instant même.
Ayant réuni sa volonté dans un poing, en se préparant à commencer une conversation avec l'émir, Akberen se sentait les regards courts rapides de la femme sur soi.
- Eh bien, dis-moi qui tu es et d'où tu es venu ?- rompit le silence durant Koutlouk Témir.Ses yeux regardaient froidement le visage de l'alem d'un œil scrutateur, et la main, comme de soi-même, caressait son flanc droit, en essayant de soulager la douleur .- Quelle tempête t'a poussé dans nos pays du Bagdad?
- Je ne suis pas un panicaut, balayé par le vent... - le léger sourire toucha les lèvres d'Akberen .- La steppe de la Coumanie est ma terre natale. Je suis né ici. Dans mon enfance, les marchands m'ont emmené à Bagdad, et seulement maintenant je suis retourné... Mon nom est Akberen.
Sakip-Jamal leva brusquement sa tête et regarda dans le visage du djiguite.
Akberen entendit alors en Irak et en Syrie que l'on appelait l'émir l'appui de la Horde d'Or. Maintenant, en regardant sa taille puissante, le visage jaunisse immobile, l'alem pensa que Koutlouk Témir était également une punition divine pour ses sujets. On n'attendrait de lui ni du bien, ni de la justice. La pensée traveersa que la vie même de sa plus jeune femme n'était pas, probablement, suave, bien que ses doigts étaient couverts des bagues d'or.
Le visage de l'émir se décomposa de douleur, et il commenca à caresser précipitamment le flanc droit par la main tressaillante. Quelque temps plus tard, son visage s'éclaira.
- Donc les Coumans sont tes parents ... Il s'avère que je suis ton nagachi - l'oncle.Le sang des Coumans coule dans moi aussi. Peut-être, ce marchand Jacup est aussi ton parent le plus proche? - Koutlouk Témir designa à un homme inconnu.
Akberen secoua sa tête et dit humblement:
- Je ne peux rien dire à propos du marchand... Mais à propos de vous ... Le Couman ordinaire n'a jamais été un parent des descendants des khans...
- C'est comment tu sais parler.. - l'émir fronça les sourcils. - Le temps viendra, et nous allons voir qui est le parent et qui est un étranger ... Maintenant dis-moi ce qui est la raison de ton arrivée.
Sakip-Jamal tendit à Koutlouk Témir une piala d'argent avec du koumys mousseux. L'émir sirota lentement la boisson.
- Deux affaires m'ont amené chez vous... - Akberen pausa, en ramassant tout son courage. - Si vous permettez, je voudrais ouvrir une madrasa à Ourguentch ou à une autre ville pour enseigner aux enfants de la Coumanie à lire et à écrire, et la Parole du Dieu...
- Poursuis ...
- La deuxième affaire... - la voix d'Akberen résonna sourdement.Il pouvait à peine s'acquitter de l'excitation qui le saisit.   - Hier, j'ai été sur le marché des esclaves à Ourguentch.Mon cœur a rempli de douleur...
- Et qu'est-ce que as-tu vu qui t'a excité tellement,le respectable alem? - la moquerie se faisait entendre à la voix de Koutlouk Témir, mais les yeux devinrent méchants, froids.
Akbaren prit l'air de ne pas remarquer le persiflage aux mots de l'émir.
- Le marché a rassemblé près de dix mille d'esclaves ... Comme depuis les dernières années les marchands de nombreux pays ont peur d'aller au voyage long et dangereux, le prix des esclaves a baissé.Ceux à qui ils appartiennent, ont commencé à dire que les esclaves ne coûtent pas maintenant même ce qu'ils mangent ... On ne les nourrit pas et ne leur donnent pas de vêtements... Allah a déjà pris beaucoup d'eux, les autres vivent dans l'attente de l'heure de mort proche. Mais les esclaves sont aussi les gens...
- Alors que veux-tu de moi? - demanda brusquement Koutlouk Témir. - Peut-être que je commande aux guerriers de tuer tous les esclaves?
- Pourquoi les tuer... - dit tristement Akbaren. - Ils mourront bientôt eux-mêmes... Vous avez le pouvoir de leur offrir la liberté ... Les esclaves d'hier cultiveront la terre et forgeront le fer ... Parmi eux il y a des bons guerriers, et ils pourraient servir à la Horde d'Or ...
- Par la façon dont tu parles des esclaves, il semble que tu viens de leur tribu. Pourquoi alors as-tu mis un turban bleu de l'alem? Peut-être ton place est parmi eux?
La douleur ne quittait pas le corps de Koutlouk Témir, et l'irritation inexplicable et la colère embrouillaient son cerveau.
- Je suis venu chez vous comme chez le maître du peuple de Khwarez...  - à la voix calme et unie dit Akberen.Il déjà comprit qu'il était entré dans la yourte de l'émir en vain, mais il était trop tard de reculer.   - Le prophète Mohammad nous enseigne la compassion à son voisin.Si vous ne pouvez pas donner la liberté aux esclaves, ordonnez à ceux à qui ils appartiennent de montrer de la miséricorde aux misérables et leur donner de la nourriture tous les jours, et au moins n'importe quels vêtements. Sinon...
- Qu'est-ce que as-tu voulu dire? - les yeux de Koutlouk Témir scintillèrent.
- J'ai voulu dire que l'autrement les malheureux mourront...
- Il me seble que tu as voulu dire quelque chose d'autre ... - l'émir menaça à Akberen du doigt. - Mais puisque tu es venu de loin, pour la première fois, je te pardonne tes discours sots.Il serait mieux si nos chemins ne se croisent plus jamais ... Ceux, à qui les esclaves appartiennent, savent mieux comment il faut les traiter...
Akberen comprit qu'il était temps de partir. Ce qu'il espèrait ne se réaliserait jamais. Le loup ne connait la pitié envers la brebis, et sa douleur lui est inaccessible. Il se leva et s'inclina bas.
- Attends. - Koutlouk Témir arrêta l'alem. - Pourquoi pars-tu sans apprendre comment je vais répondre à ta première demande?
Akberen gardait le silence en attendant.
- Alors écoute ma parole.On ne peut pasconfier les enfants à une personne qui pense au bien-être des esclaves. Les enfants de la Coumanie doivent grandir cruels et impitoyables comme les loups. C'est seulement ainsi ils pourront devenir les vrais guerriers qui peuvent soulever haut la gloire de la Horde d'Or. La connaissance fait douces les âmes des gens. Maintenant et toujours le bonheur vient à ceux qui, comme le loup, ne connaît pas de la pitié envers les autres. Ceux qui osent élever la voix pour les esclaves, sont les gens faibles. Et si je te permettrait d'ouvrir une madrasa, alors quoi du bon pourras-tu enseigner les enfants? Est-ce que tout est claire pour toi, l'alem?
Le visage d'Akberen se couvra de la pâleur mortelle. En s'inclinant bas, il sortit de la tourte de l'émir.
En sachant le caractère rigide de Koutlouk Témir ni Sakip-Jamal ni Jacup ne dis même un seul mot.
 
 
***
 
En allant à sa fantaisie, Akberen cheminait par la steppe poussiéreuse. Laissés loin derrière le quartier de l'émir et les noukers silencieux avec les longues lances, gardants sa vie et sa paix. Haut dans le ciel, comme en laissaint tomber des grains d'argent sur la terre sèche, l'alouette chantait. Mais l'alem n'entendait pas des trilles d'oiseau. La colère, le sentiment de l'impuissance l'opprimaient, et le voile sanglant lui obscurcit la vue.
Akberen, en se dirigeant vers Koutlouk Témir, sentait par son cœur qu'il perdait son temps, mais quelque part dans le fond une étincelle faible d'espoir se consumait, et il avait envie de croire au miracle. Les khans ne sont pas les fakirs - ils ne font pas de miracles. N'est-il pas ce qui Tamdam lui enseigna pendant les longues conversations? N'eut-pas le vieil homme sage dit que le bonheur de l'homme n'était que dans ses mains?
Peu à peu, il se calma et comme commença à voir clair - le monde plein de couleurs magnifiques et de sons de paradis s'étendait devant lui. Akberen se rendit compte qu'il n'obtiendrait rien sans une lutte et il n'avait qu'à gagner ou mourir. Il n'y a pas de troisième issue. Mais pour vaincre le fort, il faut rassembler les faibles et les faire invincibles. Combien d'eux errait dans les terres de la Horde d'Or! On doit commencer par les esclaves. Ce n'est pas possible que les artisans d'Ourguentch ne les soutiennent pas. Les gens se plaignent de l'injustice et des exactions de l'émir. Si ces deux forces se réunissent, ils pourront se soulever sans crainte contre Koutlouk Témir , et, peut-être, si Allah l'aide, la victoire sera de leur côté. D'ici, des villes de Khwarezm, le feu gagna la grande steppe de la Coumanie, la Movaraunahr. Si on pouvait allumer ce feu. Peu importe tant forte la Horde d'Or est, mais elle ne sera pas capable de résister à la population, si la colère la saisira. Les gens sont fatigués et souffrirent beaucoup, maintenant ils ressemblent les roseaux secs. On n'a besoin que des étincelles et du vent, et un incendie éclatera.
Akberen se rappela soudain la plus jeune épouse de l'émir Sakip-Jamal. Quelque chose familier lui sembla à cette belle jeune femme. L'alem était fermement sûr qu'il ne l'avait jamais rencontré. Alors qu'est-ce qui lui fait penser à elle, pourquoi, quand il appela son nom, elle leva rapidement sa tête et la confusion se traversa ses yeux ? Peut-être il vit cette femme dans ses rêves, car en réalité, il ne la vit pas. Tamdam l'emmena à Bagdad quand il avait douze ans. Ou peut-être la mémoire oublia la rencontre, mais le cœur s'en souvient? Alors où la rencontra-t-il?
Les yeux de Sakip-Jamal  - grands, purs, doux - se dressèrent devant Akberen. Il était prêt de jurer que ces yeux lui étaient familiers. Ou peut-être il se rappela les yeux de sa mère adoptive Koundouze? Non. Il y avait un mystère.
Akberen croyait qu'il était au milieu de la steppe sans fin, sur laquelle le soleil ne s'était pas encore levé, et la brume laiteuse flottait au-dessus des plaines et les grues criaient anxieusement quelque part.
Sakip-Jamal ... Comment put-il oublier ce nom? Le brouillard commença à s'éclaircir, et Akberen rappela clairement ce qui lui était arrivé il y a vingt ans. Comme le passé s'ouvrit à lui...
La petite fille bronzée aux tresses courtes minces... Akberen la connaissait bien. Alors, après la mort de Koundouze, après la répression de la révolte des esclaves, Tamdam, en se cachant de la vengeance du khan Berke, se proposa d'aller en Irak. Le chemin n'était pas et ils s'arrêtèrent pour la nuit dans un aoul qui se trouvait dans le courant inférieur de la Seyhun.
L'aoul de la Coumanie les rencontra tristement. Le malheur y parvint. Un serpent mordit la fille de sept ans du chef, et les yeux de la fille commençaient à se couvrir par la voile de la mort. Ayant appris du malheur, Tamdam, ayant pris Akberen avec lui, se rendit à la yourte du chef de l'aoul. Il, comme chaque homme qui avait souvent eu à errer à travers le monde, savait beaucoup de choses. Il savait quelles herbes on devait utiliser pour traiter une personne mordue par un serpent sableux gris.
Trois jours Tamdam ne s'éloigna de la fille, et, enfin, le quatrième jour, elle ouvrit ses yeux et de nouveau vit le monde comme qu'il était. Les convulsions ne faisaient pas trembler son corps, et elle voulait vivre.
La caravane ne pouvait pas attendre un homme qui l'avait rejoint accidentellement sur la route. Il se leva et continua son chemin.
Le père de la jeune fille, heureux que le malheur avait passé sa yourte, convainquit Tamdam de rester dans l'aoul encore trois jours, en promettant de donner des chevaux et des conducteurs pour qu'ils rattrapassent la caravane. Tamdam et Akberen restèrent.
Akberen passa trois jours près de petite Sakip-Jamal. Elle ne se levait pas encore de son lit, et il lui racontait des contes et des histoires drôles. Le chef du village promit alors que les enfants auront grandi, il les unir, parce que il vit  la volonté d'Allah dans l'issue heureuse.
Alors Akberen retint le regard de Sakip-Jamal. Il n'oubliait pas qu'il avait une fiancée quelque part, mais les années passées éloignèrent la jeune fille, et les événements de vingt ans d'ancienneté lui semblaient parfois un rêve.
Et aujourd'hui ... Le passé comme retourna et rappela de soi par le regard confus de Sakip-Jamal. Donc, elle se souvient de ce qu'il a été dans l'enfance. Mais que peut-on changer, comment rectifier si sa promise est devenue l'épouse de l'émir Koutlouk Témir, le régent du Khwarezm? Qui refusera au khan, qui barrera sa route et ne réalisera pas sa volonté?
La vague de l'haine au émir envahit Akberen. Il en eut des frissons dans le corps. L'âme exigeait la vengeance.
Le jour dépérissait, le soleil se coucha au delà du bord de la terre quand l'alem s'approcha d'Ourguentch. Cette même nuit, il rencontra les dirigeants des esclaves, et ils parlèrent jusqu'à l'aube...
Et Sakip-Jamal ne pouvait pas fermer les yeux cette nuit. Elle était couchée avec Koutlouk Témir, mais ses pensées étaient loin. Elle se rappelait le passé, et son cœur battait fréquemment. Près de lui Koutlouk Témir ne dormait pas, se tournait et se retournait, soupirait lourdement, parfois gémissait entre ses dents de la douleur.
En connaissant sa méfiance, Sakip-Jamal était couchée tranquillement, en faisant semblant de dormir, mais les épisodes du passé lointain se suivaient l'un après l'autre dans sa tête. Elle se souvenait vaguement de l'enfance, avait presque oublié le visage du garçon qui avait du devenir son mari, parce qu'il n'était pas venu à leur aoul apres cette rencontre. Son père et sa mère lui parlaient de lui, et tout de même elle ne pouvait pas l'imaginer. Sakip Jamal ne souvenait bien que son nom - Akberen.
Si c'était cet Akberen ou le nom avait coïncidé par hasard, la femme ne savait pas. Mais la réncontre émut le passé, la fit à réfléchir. D'ailleurs, tous est dans les mains d'Allah. Même un seul cheveu ne tombera pas de la tête de l'homme sans sa volonté. Donc, il aurait dû se passer ainsi, comme il se passa.
Sakip-Jamal grandit quand le malheur était venu dans leur maison - son père et sa mère étaient morts de choléra qui, comme un vent violent, cette année s'était écroulée sur les villes et les steppes du Khwarezm. Allah l'épargna. Et puis la jeune fille tomba sous les yeux de Koutlouk Témir, passant par leurs pays avec un détachement de la garde, et celui voulut l'épouser.
Qui se serait opposé aux désirs de l'émir? Et si fallait-il? Personne ne demanda pas à Sakip-Jamal de son désir et son accord, et pour le peuple ordinaire ce qui s'était passé, semblait un grand bonheur, échu à l'orpheline.
Mais pour Sakip-Jamal tout, ce qui s'était passé, semblait un mauvais rêve. Elle craignait et détestait Koutlouk Témir - énorme, bouffi de graisse et vieux. Mais la force de l'homme ne quitta pasencore l'émir, et insensiblement pour soi Sakip-Jamal commença à jouir des nuits passées avec lui. Il ne lui semblait plus effrayant parce qu'elle savait quel homme il pouvait être dans les moments de passion.
La femme ne même faisait pas des tentatives de changer quelque chose dans sa vie. Elle était obéissant aux caprices et désirs de son mari.
Koutlouk Témir la distingua des autres femmes et s'attacha à elle par son cœur. Il l'habillait de soie, ornait d'or et passait presque chaque nuit dans sa tente.
Sakip-Jamal ne lui accoucha pas de l'enfant, mais l'émir ne s'attristait pas. Il avait assez d'enfants de ses autres épouses, et Koutlouk Témir même aimait que sa jeune femme ne devenait pas enceinte, en gardant une belle taille et la teinte douce du visage.
Tout avait été bien jusqu'à ce que l'émir fut tombé malade. Il avait dépassé la soixantaine, et le temps, et la maladie le faisait irritable, privèrent des forces. Il se livrait aux plaisirs amoureux avec la même passion et Sakip-Jamal, saine et belle, pleine du désir, avec le corps, assoiffé d'amour et d'affection, sentit la nullité.
Le lit conjugal devint froid. Leurs désirs ne coïncidaient plus, et ils s'eloignèrent même dans les pensées. Koutlouk Témir réfléchissait plus souvent à ce qui régnerait le Khwarezm après sa mort, réfléchissait aux enfants qu'il laisserait dans ce monde féroce, plein de la haine bestiale. Sakip-Jamal comprit aussi que le meilleur de ce qu'elle avait resta derrière. Koutlouk Témir partirait, et personne ne caresserait pas son corps, et elle n'avait même pas de l'enfant pour ce qu'il aurait à supporter la solitude. Sakip-Jamal comprit que son bonheur était illusoire. Ni l'or ni les vêtements coûteux ne lui donneraient pas ce qu'elle aurait eu, si la vie s'était arrangée autrement. Сomme à ses amies de l'aoul natal. Ce n'était pas l'amour entre elle et Koutlouk Témir. La passion voila, ferma de lui la chose principale, pour laquelle il avait à et il fallait vivre.
C'est pourquoi quand elle entendit le nom d'Akberen son cœur commença à battre bruyamment et fort. C'était comme une voix du passé, un rappel qu'il y a une autre vie dans le monde.
Plus tôt, dans sa jeunesse, Koutlouk Témir souffrit souvent des blessures reçues aux combats, et la douleur semblait d'était plus forte que maintenant, mais pourquoi alors voulait-il récupérer plus rapidement et vivre, et maintenant il est indifférent à la vie? Il se détourna de sa femme et pria Allah que celui lui envoyerait le repos et le sommeil profond...
Le matin, restée seule, Sakip-Jamal appela Adilcha dans sa tente. Le jeune homme était le fils illégitime d'Ouzbek Khan, né de la Coumane Boubèche. Par l'ordre du khan Koutlouk Témir prit le fils et la mère à son quartier.
Sakip-Jamal connaissait Boubèche depuis sa jeunesse. Une fois chaque année leurs aouls se rencontraient sur les djaïliaous d'été et c'est pourquoi elle traitait le fils de son amie comme son frère cadet.
- Aïnalaïyn!Mon cher! Tu es devenu adulte et dois savoir garder les secrets. Tu as quinze ans accomplis... - dit Sakip-Jamal.
Le jeune homme regarda avec dévouement dans ses yeux, ne l'interrompait pas, en attendant que sa patronne dirait. Sakip-Jamal tardait à poursuivre son discours. Le doute la saisit soudain: s'il avait à confier son secret à quelqu'un ? Mais il n'y avait pas d'autre choix - la femme savait que personne ne suffira à sa demande mieux qu'Adilсha.
Sakip-Jamal baissa sa voix au chuchotement, mais ils étaient tête-à-tête et personne ne pouvait les entendre:
- As-tu vu hier l'homme au turban bleu dans le quartier?
Adilcha hocha la tête:
- Oui.Je l'ai vu plus tôt sur le bazar à Ourguentch. On dit qu'il est venu chez nous d'une certaine ville lointaine. Il est alem - un savant...
- C'est juste... - hocha la tête la femme. - Demain vous irez avec les noukers à Ourguentch.Essaie de rencontrer cet homme de nouveau ... Je te donnerai une lettre pour lui... Mais retiens: personne ne doit pas savoir de lui... Si quelqu'un apprendra de cette lettre, tu et moi, nous y laisserons nos têtes...
L'asolescent, en essayant de garder un visage sérieux, comme on est obligé d'un guerrier adulte hocha la tête:
- Je ferai tout comme vous avez ordonné ...
Sakip-Jamal poussa un soupir avec soulagement. Que tout soit comme il soit. Elle n'avait pas du choix. Seulement en faisant confiance à quelqu'un, elle pourrait trouver Akberen au va-et-vient tumultueux et bariolé d'Ourguentch.
 
 
***
 
Adilcha se sentait librement et naturellement sur le bazar - il voyait ce qu'il voulait voir, et ses oreilles ne surprenaient que ce qu'il voulait entendre. Resté en arrière des noukers, il se dirigea vers les boutiques d'artisans où il avait déjà rencontré l'alem une fois. Le pressentiment ne le trompa pas. Adilcha bientôt vit ce qu'il cherchait.
L'alem était assis dans la boutique du maître-ciseleur et buvait du thé vert avec le propriétaire. Une piala blanche aux fissures de la vieillesse se plaça habilement dans ses doigts écartés. Les grosses gouttes de sueur brillaient sur son grand front bronzé.
- As-salâm 'aleïkoum! - le salua Adilcha, n'en détachant les yeux émus des yeux de l'alem.
Celui regarda le jeune homme inconnu avec étonnement et était au point de répondre à son salut quand un morceau de papier glissa dans sa paume. Sans rien demander Akberen tourna le dos du flux passant des gens devant la boutique et pacourut la lettre par les yeux:
«Il y avait un garçon appelé Akberen qui depuis l'enfance a été nommé mon mari. Et qui êtes-vous?"
Il n'y avait pas de signature, mais la conjecture brûla l'alem - la lettre vint de Sakip-Jamal, et sulement elle avait pu l'écrire. Le visage d'Akberen pâlit. Il regarda le ciseleur, et celui, ayant probablement deviné dont l'alem avait besoin, lui indiqua de la tête à la petite porte basse au fond de la boutique.
- Attends-moi, un brave adolescent... - dit l'alem. - Je reviendrai à l'instant ... - Akberen disparut derrière la porte.
Sur une table basse dans la petite pièce où il ne pouvait pas contenir plus que deux personnes, il vit l'encre et le qalam - le stylo de roseau. Akberen écrit deux mots sur la lettre apportée par Adilcha: "C'est moi!"
Revenu dans la boutique, l'alem mit imperceptiblement la lettre dans la main du jeune homme.
- Donne-lui à celle qui vous a envoyé... - dit il, sa voix était étranglée de l'émotion. - Si elle voudra donner de ses nouvelles de nouveau, viens ici.Si je ne suis pas ici, cet homme prendra la lettre, - indiqua Akberen au propriétaire de la boutique à la tête rasée, aux yeux bridés. - Tu peut le croire comme moi.
- Eh bien, agaï... - murmura respectueusement Adilcha et, ayant caché la lettre sur sa poitrine, derrière les retroussis de sa rob, plongea dans la foule.
Les noukers rencontrèrent Adilcha d'un air mécontent.
- Où as-tu été, gaillard? - dit d'un ton sévère le guerrier au visage bronzé comme fumé dans la fumée d'incendie.
- Je vous ai perdu, - se justifiait Adilcha d'un air coupable.Son visage était toujours brûlant de l'excitation. - Il y a tellement de gens ici...
- Le azar n'est pas un endroit où on ouvre la bouche... - grommela le nouker. - La fois prochaine nous partirons sans toi ...
Quand Adilcha retourna au quartier, donna la lettre à Sakip-Jamal et elle lut la phrase, que l'alem avait écrit, et les forces quittèrent la jeune femme. Elle s'agenouilla sur le tapis et ferma son visage avec ses mains. Sakip-Jamal ne savait pas si l'on devait s'en réjouir ou pleurer. Elle attendait telle réponse, et encore elle lui sembla inattendue.
- Viens ici... - appela elle Adilcha. Et quand il s'approcha timidement d'elle, elle embrassa l'adolescent et le caressa sur la tête, sur les cheveux raides rebelles, comme un petit garçon.   - Merci, mon cher frère!Tu m's apporté de la joie.
Adilcha baissa ses yeux:
- Je suis prêt à remplir n'importe quel ton ordre...
Dorénavant Sakiv-Jamal commença plus souvent à trouver des raisons pour envoyer l'adolescent à Ourguentch, et pour lui il était plus difficile à expliquer aux noukers pourquoi il restait constamment en arrière d'eux sur le bazar. Le guerrier au visage bronzé  - le chef des noukers était surtout soupçonneux.
- Un jour il t'arrivera un malheur - dit il avec la menace à Adilcha - la colère de l'émir est terrible...
On n'échappa pas de l'œil perçant du nouker que chaque fois, revenu d'Ourguentch, l'adolescent se dépêcha à la tente de la jeune femme de Koutlouk Témir.
Et Sakip-Jamal ne pouvait pas s'arrêter. Le sentiment éclaté à Akberen la saisit profondement, il était plus difficile pour elle d'attendre la lettre suivante de son aimé.
Et personne ne soupçonnait pas que le malheur proche rôdait près. Le nouker au visage bronzé savait déjà qui Adilcha cherchait sur le bazar et ce qu'il le faisait à la demande de la jeune femme de l'émir. Mais pour venir chez Koutlouk Témiravec une dénonciation, il était nécessaire d'apprendre même plus, parce que, l'émir ne croirait aux mots, et puis, au lieu d'une récompense, il pourrait perdre la tête.
Tout a une fin. Le temps vint où les lettres ne pouvaient plus satisfaire les amoureux, et ils , ayant bravé la crainte des sévices, rencontr èrent à la périphérie d'Ourguentch dans une maisonnette crépie d'argile pauvre.
 
 
***
 
Akberen regardait et ne croyait pas ce qu'il voyait. Au travers une très petite fenêtre a lune regardait la chambre et dans sa lumière fantomatique d'argent il voyait un beau corps nu de Sakip-Jamal. La femme était couchée sur le sol, sur un feutre gris simple, et son sei, petit et fort, ressemblait les boutons blancs des roses non s'ouvertes.
L'alem regardait comme les fortes hanches de Sakip-Jamal bougeaient de la passion inassouvie, et pensait qu'au cours de ses plus de trente ans, il n'a pas eu à éprouver tels plaisirs et telle passion. Il connut les femmes. Mais elles étaient seulement les femmes qui se sont rencontrées par hasard sur son chemin. Mais celle l'ensorcela, et parfois il commença à lui sembler qu'il n'existait plus rien d'autre dans le monde que la chaumière du paysan pauvre et le bonheur énorme qui remplissait son âme.
Akberen approcha son visage du sien et vit les yeux énormes sombres qui reflètaient les taches de lumière de la lune. Elle tendit ses bras, et il se sentit comme ils s'enroulèrent autour de son cou. Il devint difficile à respirer, et de nouveau, pour combien de fois, il ne voyait que ses yeux foux de la passion et sentait le corps de Sakip-Jamal battre et tressaillir.
- Comment ai-je pu vivre sans toi?.. - dit après un moment Sakip-Jamal, et sa voix muait, et la respiration s'interrompait.
- Je me suis demandé à ce sujet - après une pause, répondit Akberen. - Demandé et n'ai pas trouvé de répons ... Je ne croyais pas que deux personnes pouvaient faire l'une l'autre si heureuses...
- Si ce bonheur serait éternel!..
- Et qui peut nous aider à le garder?Koutlouk Témir peut au destin, mais ton cœur ne lui appartient pas...
Sakip-Jamal soupira:
- Si tu me prennais avec toi, je jeterais tout, je n'aurais pas peur de la très longue et difficile route...
Akberen passa sa main sur son visage d'un air fatigué.
- Je te crois.Mais tu sais qu'il ne m'est pas facile à le faire. Mon père et ma mère sont perdus de la main du khan. Son épée coupa la vie de ma mère adoptive Koundouze; dans un pays étranger, loin de sa terre natale, Tamdam est mort ... Est-il possible de l'oublier? Des milliers d'hommes pauvres attendent quand je désignerai le chemin qui les aidera à se sentir libres de nouveau. Seulement lorsque mes rêves se seront réalisés, je serai heureux.
Sakip-Jamal se serra à Akberen, et il sentit sa respiration chaude sur sa poitrine et entendit un murmure confus suppliant:
- N'est pas notre bonheur assez pour nous?Enfuyons-nous loin!.. On ne pourra pas nous trouver ni Koutlouk Témir ni personne d'autre!.. J'ai tout prêt pour la longue route! ..
En essayant de ne pas se rencontrer avec les yeux de la femme, Akberen secoua la tête:
- Les esclaves m'attendent... J'ai donné ma parole... Il est trop tard pour renoncer...
Sakip-Jamal s'écarta brusquement d'Akberen et le silence tomba dans la chambre basse. La lune ne regardait plus à travers la fenêtre, et il devint très sombre. Quelque part très proche l'aube se tenait...
Le nouker au visage bronzé, à peine que fût tombé le crépuscule, se cacha sous l'arbre d'ouriouk. D'où, il avait une bonne vue sur le palais de l'émir et les approches vers lui. Personne n'échappera pas de l'œil perçant du Couman, pesonne de ceux qui se dirigeaient vers le palais ou le quittaient. La veille, il ordonna à la garde de ne laisser passer personne dans le palais sous peine de mort.
Il y eut trois jours quand le nouker au visage bronzé d'Ourguentch. Koutlouk Témir lui ordonna d'accompagner sa jeune femme qui voulait visiter le palais dans lequel l'émir et son entourage passaient d'habitude l'hiver.
Sakip-Jamal expliqua son désir à Koutlouk Témir qu'il était nécessaire de vérifier comment les esclaves veillaient aux tapis et aux vêtements d'hiver chauds. Peut-être dans un autre temps l'émir soupçonna quelque chose, mais maintenant il était saisi par l'indifférence à tout dans le monde, et c'est pourquoi il consentit facilement. Comme il était d'usage, l'épouse de l'émir reçut une détachement pour la garde et Koutlouk Témir nomma le nouker au visage bronzé comme le chef. Ayant remplacé la garde du palais, le nouker ordonna à ses guerriers de ne pas laisser passer personne dans le palais sans sa permission.
Le soir vint et il était silencieux autour. Les résidents d'Ourguentch contournaient le palais en louchant avec méfiance la garde se figée près de la porte. Le nouker au visage bronzé n'oublia pas les voyage mystérieux d'Adilcha sur le bazar, et quelque chose lui disait que c'était ces jours quand il apprendrait enfin ici à Ourguentch le secret de la plus jeune épouse de l'émir. Si il y a des relations entre elle et l'homme au turban bleu, il essayera d'entrer dans le palais. En se fondant avec un tronc sombre de l'ouriouk, le nouker attendait patiemment. Il entendait comme par delà des murs du palais les femmes et les jeunes filles, arrivées avec Sakip-Jamal, riaient, comme quelqu'un jouait bruyamment du dotâr. Tout était calme et habituel.
Le nouker se rappelait comme récemment, quand le soleil s'était couché, un jeune djiguite sortit du palais et, ayant passé la place, disparut dans les rues étroites de la ville. Et, en le suivant du regard, le nouker pensa qu'il était l'un de ceux que l'émir avait laissé dans le palais pour été pour garder l'ordre. Il faudrait prévenir les guerriers de ne pas seulement laisser entrer personne dans le palais, mais aussi de ne pas laisser sortir. 
N'ayant remarqué rien de suspect, à minuit le nouker alla vérifier les gardes. Les guerriers, habitués à l'ordre, étaient sur leurs positions. A la porte menante à la chambre de Sakip-Jamal le nouker s'arrêta. Derrière lui il était silencieux.
- La maîtresse dormait? - demanda le nouker au guerrier gardant le reste de l'épouse de l'émir.
Celui haussa les épaoules.
- La khanoum n'est pas encore revenue...
Le nouker tressailla. Il cligna les yeux, la peur se reflètait à eux.
- Où est-elle partie?
- Comment puis-je savoir?Comme les femmes du khan informent un guerrier ordinaire de leurs affaires? Elle s'est habillée d'une robe d'homme et est quittée le palais quand il faisait encore jour.
Leuker accouri au guerrier en fureur:
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit?
Celui recula, en couvrant son visage de la main:
- J'ai pensé, que vous saviez ... Quand la khanoum partirait, vous l'avez suivi du regard... Et j'ai pensé ...
Le nouker frappa le guerrier de la jambe à l'estomac.
- Tu es un chien sale ..!Tu as pensé!.. J'ordonnerai d'écorcher ta peau!.. Tu me réponderas!..
Le guerrier, en se courbant en deux, en se tenant du ventre, gémissait faiblement.
- S'il était quelqu'un avec elle?
- Non... Elle seule...
Le nouker voulait donner l'alarme, mais comprit que rechercher l'épouse de l'émir dans Ourguentch de nuit était comme essayer de trouver un lapin marqué dans la steppe. En outre, si on apprend de l'incident dans le palais, la rumeur atteindra Koutlouk Témir, et l'émir ne lui pardonnera pas la gaffe. Ce serait bien si tout ne finira par qu'il deviendra un guerrier ordinaire de nouveau, mais plus probablement que Koutlouk Témir ordonnera de couper sa tête ou le faire mourir sous les coups des bâtons.
Les pires soupçons du nouker se confirmèrent. Sakip-Jamal, bien sûr, alla chez homme au turban bleu. Mais elle ne pouvait pas partir pour toujours. La maîtresse reviendra certainement au palais. Et alors...
- Écoute-moi attentivement, le chacal puant... - dit le nouker d'une voix enrouée au guerrier gémissant. - Si quelqu'un dans le palais apprendra ce qui s'est passé, je te tuerai moi-même.
- Que ma langue se desséche...
Et le visage sombre du nouker devint noir. En tenant le sabre à son côté, il courut à la porte extérieure du palais.
Sakip-Jamal vint à l'aube. D'une voix chevrotante de la fureur, des événements, en essayant de ne pas regarder son visage, le nouker demanda:
- Où allez-vous, ma maîtresse?..Nous avons cherché dans tout le palais...
Sakip-Jamal leva fièrement sa tête. Son visage était pâle et les ombres bleues se gravaient sous ses yeux.
- Qu'est-ce que ça peut te faire?Comment oses-tu me demander?
Le nouker avait peur. Oui, il devait protéger la femme de l'émir, la surveiller, et tout de même elle était maîtresse. La perfidie des femmes n'a pas des limites, et qui sait comment les choses peuvent tourner. Beaucoup de fois il vit dans sa vie la femme faire son mari à croire que le noir est le blanc, et le blanc est le noir. Que faire s'il lui arrivera la même chose?
- Je n'ai pas voulu vous offenser... Mais l'émir m'a chargé de vous garder, et si quelque chose s'est passé ...
Sakip-Jamal pensa tout à coup de ce qui se passerait si ce basané rapportait à Koutlouk Témir... La terreur passa au givre sur le dos. Elle connaissait l'émir trop bien, son caractère, son tempérament. Il ne se calmera pas jusqu'à ce qu'il aura obtenu la vérité. Pour cela il fera tout.
La décision vint soudainement.
- Je vais dire à l'émir, où j'étais, moi-même, - dit Sakip-Jamal .- Allez et ordonnez de seller les chevaux.Nous irons au quartier.
- J'entends et j'obéis... - pencha le basané sa tête et courut à la hâte aux écuries du palais où les chevaux étaient déjà prêts.
Sakip-Jamal suiva d'un air pensif le nouker du regard. Et dès qu'il eut disparu de ses yeux, tourna résolument et disparut dans les rues étroites et poussiéreuses de la ville.
Toute la journée les guerriers de la garde du palais se jetaient de tous côtés dans les rues d'Ourguentch, faisaient irruption dans les maisons des marchands et des artisans, mais ne pouvaient pas trouver Sakip-Jamal. Personne ne la vit et n'entendit rien.
Le soir, ayant réalisé que les recherches étaient inutiles, le nouker galopa sur le cheval couvert d'écume au quartier de l'émir. En se traînant aux pieds de Koutlouk Témir, il racontait en toute hate et d'une manière incohérente ce qui s'était passé, ce qu'il savait sur les relations de Sakip-Jamal avec l'homme au turban bleu.
L'émir écoutait le nouker sans l'interrompre. La peau jaune sur son visage émacié se tendit, et les yeux immobiles regardaient fixement dans lesquels il était impossible de lire quelque chose. Même quand le nouker finit son histoire, Koutlouk Témir ne bougea pas. Le silence devenait effrayant. Nouker, sans détacher le regard, suivait la main de l'émir. Il lui semblait que celui saisirait son sabre... et le pire se passerait. Mais Koutlouk Témir gardait le silence. Le corps du nouker commença à trembler, les yeux devinrent troubles, la bouche se contracta de la crampe.
L'émir commença à parler tout à coup. Sa voix était douce et calme:
- Alors, tu n'as pas seulement laissé manquer ma femme, mais ne sais pas où il faut la chercher?
Le nouker voulait sauver sa vie à tout prix. En claquant les dents de terreur, il articula avec difficulté:
- Où la maîtresse est, personne ne peut connaître qu'un homme...
Koutlouk Témir s'avança:
- Dis-moi - qui.
- Votre favori Adilcha.
- Comment peut-il le savoir?
- Il a été intermédiaire entre la maîtresse et l'homme au turban bleu...
- Pourquoi s'en es-tu tu?
- Je voulais apprendre à qui cette relation menerait... Je ne voulais pasvenir chez vous avec les mains vides...
Les excroissances se remuaient sur les pommettes de Koutlouk Témir.
- Je ne veux plus te voir... - frappa-t-il dans ses paumes.Deux guerriers entrèrent dans la tente.   - Emmenez-le. Que l'on lui donne cinq cents coups du fouet. C'est ma récompense...
Leuker cria d'une voix aiguë et effrayante.
- Emmenez, - dit l'émir avec dégoût. - Qui ne sait pas mettre un piège y tombe lui-même.
A peine se fut calmés les cris du nouker au visage bronzé, Koutlouk Témir ordonna d'amener Adilcha.
L'adolescent répondait à toutes les questions: "Je ne sais pas". Ni un bon mot ni les menaces ne purent pas le faire parler.
- Eh bien, - dit l'émir de lassitude .- Penses-tu qu'il n'y a pas de force qui délierait ta langue?Maintenant mes noukers enleveront tes vêtements et te descendront dans le puits le plus profond avec l'eau la plus froide. Peut-être cela t'aidera à se rappeler ce que tu as oublié. Je veux savoir un peu: quelles étaient les relations entre Sakip-Jamal et l'homme au turban bleu. Et le plus important - où peut-on les trouver maintenant?
Adilsha pleurait, mais ne disait rien. Et Koutlouk Témir ordonna d'exécuter sa menace.
On ne tenait pas l'adolescent longtemps dans le puits. L'émir n'oubliait pas que Adilcha était le fils d'Ouzbek Khan, mais quand il fut traîné à la surface, il était trop tard. Le jeune homme tomba malade, et quelques jours plus tard, sans reprendre connaissance, sans rien dire, il mourut. Sa mère, Boubèche, perdit son esprit du malheur, et pour qu'elle ne fît aucun mal dans le quartier, on la mit à la chaîne, ayant enchaîné au pal enfoncé dans le sol.
Koutlouk Témir ordonna d'enterrer Adilcha avec les honneurs, comme il était d'habitude de traiter les gens d'un clan noble, s'ils étaient atteignis par la mort. Mais on ne réussit pas à cacher la vérité sur ce qui s'était passé. Sur les bazars d'Ourguentch, dans les grandes et les petites villes du Khwarezm les gens commencions à parler de la cruauté de l'émir. Au-dessus des maisons pisées des artisans et des commerçants, comme un oiseau de nuit, surgie de quelque part, la chanson-pleurs "La mort du faucon" se répandait.
C'était elle que le marchand Jacup commença à raconter au khan Ouzbek en Crimée, mais il s'arrêta à temps, en craignant la colère du khan. Toujours c'est mieux si votre seigneur apprend des mauvaises nouvelles de quelqu'un d'autre. Pourquoi être le premier dans la mauvaise affaire? Le Couman Jacup savait toute chanson à la fin, mais il osa porter seulement le début aux oreilles d'Ouzbek Khan. Et puis la pauvre mère y chantait-pleurait:
  Dis-moi, mon unique, 
  Pourquoi le très Haut nous a-t-il séparé plus tôt? 
  Peut-être il a décidé de te prendre sur le ciel. 
  On dit qu'il est juste outre mesure? 
  Le fils répondait: 
  Pas le dieu du ciel, la mère, nous a séparé. 
  L'émir de la terre a ordonné de me tuer. 
  Le mollah a dit: le paradis est sur le ciel. Alors, pourquoi 
  L'émir ne s'y est-il pas pressé? 
La chanson-pleurs du nom d'Adilcha racontait comment il a était tué et comme il avait voulu vivre, comment il s'était réjoui des joies terrestres et avait aimé le soleil.
Ayant entendu la chanson, Koutlouk Témir se mit en fureur. Il promit une grande récompense à celui qui amenerait l'alem au turban bleu chez lui qui avait composé cette chanson. Mais personne à Ourguentch ne trahit Akberen, n'indiqua où il se cachait.
La révolte des esclaves à Ourguentch était comme un éclair dans un ciel sans nuages. Koutlouk Témir, préoccupé par sa maladie, ne voulait pas croire ses espions que  le mécontentement s'etendait parmi les esclaves, gagnait la force. Pendant de nombreuses années il reignait le Khwarezm, et personne n'osait lever sa tête et regarder hardiment dans ses yeux, personne n'osait dire un mot indésirable à lui. Qu'est-ce que le fait que la populace est mécontente? L'émir n'est pas créé pour eux, mais ils sont créés pour lui. La populace doit obéir, faire ce qu'il son maître souhaite gracieusement lui permettant de vivre sur la terre, respirer l'air, voir le soleil.
Ainsi Koutlouk Témir pensait. C'est pourquoi il fétait ermement sûr qu'il n'avait rien à craindre. Juste un mot et les esclaves seront maîtrisés par jour. Leur sang éteindra tout incendie, n'ayant lui permis pas de flamber. Les habitants du Khwarezm frissonneront de la cruauté et tireront leurs têtes aux épaoules, et leurs yeux se tourneront vers la terre, et tout le monde comprendra que sa vie est comme la poussière sur une route sans fin de la caravane.
Sûr de lui, Koutlouk Témir équipa son armée et l'envoya pour aider Ouzbek Khan qui avait décidé d'aller en campagne contre l'Iran. Il y avait juste assez de guerriers dans la ville pour maintenir l'ordre et protéger le quartier. Les esclaves comme attendaient ce moment.
A l'aube, à peine fut devenu gris le ciel à l'Est gris et ne furent pas apparus même les porteurs d'eau, habitués à se réveiller plus tôt que les autres citoyens, dans les rues d'Ourguentch, comme la porte forte du hizar craqua sous la pression de la foule.
Le torrent furieux chialant de gens se livra passage à travers la brèche sur les rues étroites de la ville. Ceux qui n'avaient pas de patience, montèrent sur les murs pisés du douval, clôturant le hizar, et en tombèrent dans la poussière qui s'était refroidi pendant la nuit.
La garde essayait de faire obstacle sur la route des esclaves, mais des centaines de mains se tendirent vers les soldats assis sur les chevaux, et ceux qui, sans même avoir les sabres au clair, entrecoupés des cris, disparurent dans le torrent humain bouillonnant, comme dans un tourbillon de la rivière débordée.
Épuisés, aux pieds nus, aux chiffons sales, les esclaves ne savaient pas la grâce. Ils attendaient leur temps depuis longtemps. La veille les gens d'Akberen leur apportèrent des limes, les tenailles du forgeron, des couteaux. Libérés des chaînes et des fers, les esclaves se sentirent les gens de nouveau. Le sang commença à couler avec ardeur dans le corps épuisé par la faim et les maladies, et ils voulurent vivre et être libre de nouveau. Que pouvait arrêter, barrer la route à ceux qui après une longue nuit vit une lumière?
La poussière jaune étouffante se leva au-dessus de la ville à cause du piétinement de milliers de pieds. La foule chialante, vociférante, armée des bâtons aux extrémités pointues, des lambeaux de chaînes, se dirigeait vers la place devant le palais d'hiver de l'émir.
Les gens qui, hier avaient rêvé de la mort comme délivrance de la douleur et des souffrances, obtinrent leur liberté de nouveau. Ils ne savaient pas ce qui leur arriverait à l'avenir proche et s'ils réussiraient à voir le lever du soleil, mais la joie remplissait le cœur de chacun, et pour la liberté les esclaves étaient prêts à sacrifier leurs vies. Beaucoup d'entre eux se rappelaient que récemment, avant leur capture, ils avaient été les guerriers et les artisans, et ils avaient eu, comme tout le monde né libre, la famille, les proches les aimés autrefois.
Réveillés par le bruit, les citoyens se dépêchaient sur la place. Personne ne savait ce qui s'était passé. L'aurore rouge sang s'alluma au-dessus d'Ourguentch. La foule sur la place augmentait. De quelque part de la ruelle un groupe de cavaliers apparut, et les gens s'écartaient, faisant le chemin pour eux. L'un d'eux, au turban bleu du savant - de l'alem, ceinturé de la ceinture du guerrier avec un sabre courbe sur le côté, leva sa main.
Les mots se répandirent dans la foule:
- C'est lui!..
- Akberen!..
- Ses amis et lui ont aidé les esclaves!..
- Koutlouk Témir ordonnera d'écorcher sa peau!..
- Personne ne sait qui écorchera la peau de qui!..
-  L'émir n'a pas d'armée!..
Le bruit se calmait. Les regards étaient sur Akberen.
- Les gens! - il regarda autour de la place .- Les amis!Chacun de nous ne vient qu'une seule fois dans la vie! N'est-ce pas Allah, qui avait créé tous les êtres vivants, a séparé l'homme des bovins et lui a donné la raison? Pourquoi le khan et l'émir vous ont tourné au bétail muet? Pourquoi, ayant détruit votre maison, ayant emporté le peu que vous avez eu, ils ont assimilé chacun de vous à une brebis galeuse et vous ont amené sur le bazar pour vendre en esclavage? Vous, plus récemment les gens libres, se tiennent aujourd'hui sur cette place demi-morts de la faim, et les haillons misérables sont sur vos épaoules. Pouvait l'homme supporter le même? Allah vous a-t-il assigné tel destin à chacun de vous?
Le hurlement de la rage déferla sur la place:
- Tu dis bien, l'alem!..
- La vie de l'esclave est insupportable!..
- Dis-nous ce qu'il faut faire, comment il faut agir!..
- Conduis-nous contre Koutlouk Témir!..
Akbar attendit jusqu'à ce que les cris se furent calmés:
- Je suis allé chez l'émir.J'ai demandé de vous sauver de la faim et offrir la liberté. Koutlouk Témir m'a chassé de sa yourte blanche et menacé que si j'osait rompre son repos encore une fois, il ordonnerait de couper ma tête. Nous sommes tous les gens! Nous sommes tous les frères! Mais par la grâce de notre émir chacun demain peut devenir esclave! Peut-on le supporter? Peut-on vivre dans la peur constante? Pour ne rien craindre, pour rappeler à Koutlouk Témir et au khan de la Horde d'Or Ouzbek que nous sommes les gens, nous devons être ensemble comme les doigts sur une main, comme les enfants d'un père et d'une mère. Mais pesonne n'entendra nos voix, s'il n'aura pas de longues lances, de sabres tranchants et d'arcs serrés dans nos mains...
Les yeux d'Akberen brillaient, la respiration difficile soulevait sa poitrine. Et la place s'émut de nouveau:
- Conduis!
- Dis où trouver un sabre!..
- Nous voulons être libres!..
Akberen leva sa main:
- Je vais vous montrer où trouver une arme.Et après cela, nous allons parler avec l'émir... Je suis sûr que maintenant il voudra parler avec nous parce que nous sommes plusieurs... et nous sommes forts!.. Suivez-moi!
Akberen sauta du cheval. Grand, mince, il semblait s'élever au-dessus de la foule, et chacun d'esclaves voyait le turban bleu.
Le torrent puissant humain se précipita dans les rues d'Ourguentch. L'alem allait vite, et bientôt les esclaves couraient après lui, en craignant de tomber derrière, perdre celui qui les avait apporté la délivrance.
Akberen a conduisait les rebelles à l'endroit où les armes et les produits destinés aux tumens de Koutlouk Témir étaient gardés.
Dans la crainte la garde se dispersait, n'en pas même essayant de se mettre en travers du chemin des gens en colère. Et qui pourrait résister à celui devant qui après une longue nuit du désespoir et de la souffrance l'aube encore timide de la liberté s'alluma?
 

***
 
La vie est difficile, mystérieuse, étrange. O Allah, si vous êtes vraiment son créateur, alors pourquoi as-tu tout confondu ainsi? Pourquoi l'amour et la trahison se rencontrent-ils sur un chemin, pourquoi la joie et le malheur ne vont-ils pas l'une sans l'autre? Est-ce que tu as donné tant d'esprit qu'il pourrait dénouer cette pelote lui-même, c'est pourquoi, peut-être, il se démène dans sa courte vie, d'un bord à l'autre, à la recherche de ce qu'il n'a pas perdu, et trouve ce qu'il n'a pas cherché.
S'enfuie du nouker au visage bronzé, Sakip-Jamal revint chez Akberen. Les amis d'alem la cachèrent des poursuivants en lieu sûr. De ce jour-là le grand bonheur et l'anxiété sans fin saisirent la jeune femme. Akberen disparut souvent dans la nuit, allant aux rendez-vous secrets avec les esclaves et les citoyens qui le supportaient. De temps en temps il quitta Ourguentch en quelques jours.
Sakip-Jamal s'inquiètait de lui, craignait le malheur, mais peu à peu la peur céda la place à l'irritation. Pourquoi son aimé devait-il appartenir à quelqu'un d'autre outre elle? Pourquoi le sort des esclaves est-il plus coûteux pour lui que leur propre destin? Le cœur de femme se sentait le malheur proche. Sakip-Jamal ne croyait pas à ce que Akberen voulait faire. Peu à peu elle essayait l'inspirer à lui, débaucher sur cette voie qu'il avait été choisi, étant sûre que seulement ainsi ils seraient heureux. L'esprit féminin est débrouillard. En voulant obtenir le sien, Sakip-Jamal était généreuse de la caresse. Pendant les nuits courtes étouffantes, en se serrant à Akberen, elle lui murmuraait de leur vie future, persuadait avec insistance de s'enfuir du Khwarezm. Sakip-Jamal racontait que dans un endroit retiré voyant, elle avait enterré de l'or qui leur suffirait jusqu'à la fin de la vie, et il leur permettrait de vivre sans infortunes et privations.
Akberen l'écoutait, mais ses pensées étaient loin, et ses yeux voyaient tout à fait différentes choses de celui en comparaison avec celles que Sakip-Jamal voyait. Il essayait de lui expliquer pourquoi il ne pouvait pas aller et quitter l'affaire commencée. Mais Sakip-Jamal, aveuglée par l'anxiété pour elle et pour lui, répétait obstinément la même chose. Le désir toujours les attirait l'un à l'autre, mais quelque part derrière la brume du brouillard de l'amour on pouvait voir une enfourchure qui séparait leurs chemins. Plus brillants des couleurs sont, plus vite ils se fanent. Soudain l'amour de Sakip-Jamal à Akberen naquit, et, comme le buisson de quray, s'étant enflammé brillamment dans le feu de l'amour, il fut brûlé, ayant laissé une poignée de cendres gris claires.
De plus en plus Sakip-Jamal réfléchissait à son sort et son avenir. D'abord elle essayait d'étouffer les pensées sombres, mais elles, lourdes et froides, trouvaient des fissures minuscules, et contre son désir pénétraient dans son âme, enlevaient la paix et la joie.
Une fois elle comprit qu'elle regrettait le passé, ce que elle avait payé pour son amour. La vie d'hier semblait similaire à l'imran - le jardin de paradis. Il y était amusant et facile, la musique retentissait et les vêtements coûteux passaient par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Voici il y a la maisonnette crépie d'argile misérable avec le sol d'argile, couvert de feutre gris, le foyer enfumé...
Sakip-Jamal savait qu'Akberen l'aimait. Et quoi? Elle imagina leur avenir et réalisa avec horreur que la solitude l'attendrait. Si pouvait-il être autrement? Le chemin sur lequel Akberen se mit, tôt ou tard, le conduira au précipice. Et qu'est-ce qui lui viendra? Qui aura besoin d'elle et où trouvera-t-elle un abri?
Tout en Sakip-Jamal résistait à telle fin. Elle voulait de l'amour, du bonheur, et la route sur laquelle il s'était engagée, conduisait aux souffrances et à l'obscurité. La femme cherchait frénétiquement une solution et ne la voyait pas. Et puis, elle, en désespoir, se décida à la dernière conversation avec Akberen.
Elle se passa dans la nuit, devant la révolte des esclaves. Il était calme dans la maisonnette crépie d'argile. La mèche crépitait dans la flambeau, et les ombres inquiétantes profondes se cachèrent aux coins.
Sakip-Jamal savait que le projet d'Akberen se réaliserait à l'aube. Elle tressaillait de tout bruissement.
Elle approcha son visage au visage d'Akberen, ses yeux se remplirent de larmes.
- Si tu m'aimes?
- Oui.
Akberen embrassa Sakip-Jamal par les épaoules et la serra à sa poitrine. Elle sentit le froid du métal et comprit qu'il y avait la cotte de mailles sous ses vêtements.
- Je te conjure par notre amour! - en sanglotant, dit Sakip-Jamal .- La dernière fois que je demande - n'y va pas!Mon cœur me dit que tu mouriras! Je connais bien Koutlouk Témir et ses guerriers...
- Il est trop tard... - Akberen secoua sa tête. - Il n'y pas de retour...
- Pour moi!Pour notre bonheur!.. - la voix de Sakip-Jamal décollait au cri, puis tombait au murmure.
Akberen l'éloigna de lui, se leva à pieds. La chambre était très étroite et basse, il presque toucha le plafond par sa tête. Akberen s'approcha de la flambeau d'argile mur attachée sur la mur et regarda la lumière. La petite flamme, inquietée par son mouvement, il se mit à balancer. Le fil noir mince de la suie flottait dans l'air. Les ombres inquiétantes obscures s'agitaient sur le visage.
- Il y a des milliers de gens... - dit-il sourdement. - Je ne peux pas les trahir... Si peut-on vivre après telle trahison?
Sakip-Jamal voyait que Akberen était fermement sûr de sa décision, et le désespoir la saisit.
- Tu m'as fait misérable!.. - cria-t-elle. - Pour toi j'ai quiitté le palais de l'émir, ai refusé de l'or et de l'argent, de la vie pleine comme une coupe!.. Je t'aime! Mais aujourd'hui tu pars pour mourir. Tu m'enleves la dernière chose...
Akberen baissa sa tête. Le silence vinte dans la chambre.
- Si j'avais eu un palais et l'or, moi aussi je les aurais donné pour ton amour sans hesiter...
- Tu mens!..
- Non... Je dois aller...
Akberen alla au coin lointain de la chambre, leva le bord du feutre et retira une large ceinture de cuir au sabre mongol lui attaché de la cachette. Puis il s'approcha de Sakip-Jamal, se pencha sur elle et lui caressa sur les cheveux:
- Attends-moi ... Je reviendrai...
Elle leva brusquement sa tête, et il vit son visage pâle renversé, les yeux pleins de la haine.
- J'ai su que tu partirais... Qu'Allah te punisse pour ce que tu as fait avec moi...
Restée seule, Sakip-Jamal tombé sur le feutre et lui frappait longuement par ses poings. Ensuite, elle se calma. Elle se rappela soudain Koutlouk Témir, son corps énorme, ses mains grandes et fortes. Elle oubliaque que récemment la vue seule de l'émir et avait évoqué le dégoût en elle. De nouveau la vague chaude de la haine à Akberen envahit Sakip-Jamal, son esprit s'assombrit. Elle s'habilla rapidement et sortit dans la rue.
Où et pourquoi elle allait Sakip-Jamal ne savait pas. Le ciel noir couvert des paillettes d'étoiles se cambra au-dessus d'elle, comme le fond du chaudron énorme. Ses jambes se noyaient jusqu'aux chevilles dans la poussière, et la chaleur douval sèche venait des douvals pisés chauffés par le jour chaud. Elle n'entendit pas la garde l'atteindre. Et seulement quand les cavaliers entourèrent Sakip-Jamal et l'un d'eux se pencha vers son visage, elle réalisa que les guerriers de Koutlouk Témir étaient devant elle.
- Oh-boï.. - dit le guerrier ou avec la surprise, ou avec la joie. - C'est la fugitive, la plus jeune épouse de notre émir...
Il l'empoigna grossièrement, tira du sol et jeta le long de la selle.
- Allons, djiguites! - cria le guerrier .- Un cadeau coûteux nous apportons à l'émir!Notre maître est généreux et n'oubliera pas la récompense promise!..
En soulevant le nuage de la poussière étouffante, les chevaliers galopèrent à travers les rues endormies d'Ourguentch.
Bientôt une brise fraîche souffla dans le visage de Sakip-Jamal, et elle comprit que les rues étroites de la ville étaient laissées derrière. Les guerriers l'emportaient à toute bride au quartier de l'émir.
Koutlouk Témir ne dormait pas quand les guerriers jetèrent Sakip-Jamal à ses pieds. Elle était couchée avec son visage caché dans un tapis duveteux, incapable de bouger de la terreur qui l'avait saisi. Qui mieux que Sakip-Jamal connaissait la humeur de l'émir. Koutlouk Témir ne savait pas de grâce, et il lui semblait que maintenant, en sautant de l'estrade, il retira son épée - et tout serait fini.
Mais l'émir gardait le silence, en regardant la fugitive couchée à ses pieds, les noyons, se trouvants dans la yourte de Koutlouk Témir, gardaient le silence aussi.
- Retournée... - la voix de l'émir était plate, impassible.
Sakip-Jamal tremblait de tout son corps.
- On ne met pas le blâme à la jument égarée si elle trouvera son troupeau.Es-tu en bonne santé?
Le tremblement saisit le corps de la femme plus fortement.
- Lève-toi, viens à moi... - Koutlouk Témir étendit ses mains. - Ne crains pas...
Les personnes présentes dans la yourte étaient étonnés. L'émir recueillait la femme, qui l'avait déshonoré, comme si rien ne s'était passé. Personne ne voulait croire à ses yeux, et refusait de croire ce que ses oreilles entendaient.
- Bien, bien... Lève-toi - des notes d'impatience perçaient dans la voix de Koutlouk Témir.
Sakip-Jamal se leva sur les jambes désobéissantes et se dirigea craintivement vers l'émir... Il l'embrassa avec ses grandes mains, et la serra contre sa poitrine, et selon la coutume de la Coumanie flaira son front.
- Et vous, allez... - ayant levé ses yeux sur la foule des noyons confus Koutlouk Témir dit calmement. - Quand j'aurai besoin de vous, on vous appellera...
Les noyons partaient, en chuchotant, en haussant les épaoules avec étonnement. La fugitive méritait de mourir - c'était de l'usage. Dans le meilleur des cas Koutlouk Témir devait la balafrer par un fouet. Quelque chose d'étrange, mystérieux était en comportement de l'émir.
Quand le dernier des presents dans la tente disparut derrière la porte ciseléée, Koutlouk Témir leva facilement Sakip-Jamal sur ses mains et n'ayant même pas éteint les flambeaux, l'apporta au lit.
Elle ne croyait pas que tout s'était bien passé, ne croyait pas son bonheur. Et seulement quand l'émir commença à faire avec elle les choses qui lui avait été familier à l'époque où il n'avait pas été malade et les forces ne l'avaient pas quitté, Sakip-Jamal décida que le miracle s'était produit. En haletant de bonheur qu'elle était restée vivante, elle répondait aux caresses de Koutlouk Témir, et il lui semblait qu'elle n'avait jamais quitté cette tente, et tout ce qui s'était passé, était un mauvais rêve.
Pourtant, l'émir était faible et malade. Il fut vite fatigué et Sakip-Jamal entendit sa respiration enrouée, entrecoupée.
Ensuite ils étaient couchés en silence longtemps. Et de nouveau la peur commença à saisir Sakip-Jamal. Koutlouk Témir la serra à lui et se mit à caresse ses épaoules, son corps.
- Raconte-moi maintenant où tu as été.Tu m'as manqué...
Ces simples mots, prononcés d'une voix douce, inquiétèrent la femme. Elle crut complètement que l'émir lui avait pardonné. Oh Allah, qui éclipsa son esprit quand elle décida de fuir? De la pensée que désormais tout serait comme avant: et la vie calme, et la joie, et l'éclat de l'or, et puissant Koutlouk Témir près d'elle, les larmes de la pitié envers soi montèrent aux yeux de Sakip-Jamal. En rien cachant, elle parlait à son mari d'Akberen, du projet de la révolte des esclaves.
L'émir écoutait sans l'interrompre, faisait claquer sa langue avec compassion et Sakip-Jamal se pénétra de la confiance envers lui. Comment pouvait-elle savoir que dans le moment où Kutluk Temir l'eut vu à ses pieds, il avait décidé de lui donner la mort. L'émir n'était pas tel homme qui pardonnait même cent fois moins coupables que Sakip-Jamal. Il savait que s'il essayait d'apprendre quelque chose, et elle ne voudrait pas le dire, la Coumane têtue, même sous les coups du fouet, garderait le silence. L'émir la trompé par sa caresse.
 
 
***
 
La trahison de Sakip-Jamal devint un coup de couteau dans le dos des esclaves rebelles. Et quand le matin, ayant dévasté les entrepôts où les produits et les armes étaient stockés, ils vinrent au quartier de l'émir, on les y déjà attendaient.
Le quartier était entouré d'une double rangée de chariots, et derrière eux l'armée, qui étaient restée à Koutlouk Témir, se cachait. Des nuages de flèches rencontrèrent les attaquants. En perdant les tués, ils étaient forcés de battre en retraite.
Et à ce moment sur les routes du Khwarezm, en crevant les chevaux, les messagers de l'émir galopaient aux aïmags avec l'ordre aux noyons d'envoyer de toute urgence les troupes à Ourguentch.
Akberen réalisa que il n'avait pas de sens d'assiéger le quartier. Bientôt l'aide viendrait à Koutlouk Témir, et puis les esclaves seraient condamnés à la mort. Il ordonna aux rebelles de revenir à Ourguentch. Il était nécessaire de donner aux gens la possibilité de se reposer, les diviser en centaines et milliers, pour que le matin ils pussent s'avancer aux villes différentes du Khwarezm et de la Movaraunahr. Akberen savait que partout il y aurait des sympathisants, ceux qui sans hesiter rejoindraient les esclaves insurgés. Les artisans et les dekhkans n'avaient pas la force d'opposer à la puissance des régents cruels. Épuisés par exactions ruineuses, par la lutte sans fin pour le pouvoir entre les genghisides, ils soutiendront les esclaves.
Mais Koutlouk Témir apprit beaucoup de Sakip-Jamal. Si les détachements des insurgés se dispersent par les villes, dans quelque temps ils se transformeront en une force féroce, comme une avalanche prendront la puissance, et alors qui sait comment tout finira pour la Horde d'Or.
L'émir vécut la longue vie, pas une seule fois regarda en face du danger, c'est pourquoi il ne savait perdre sa tête sous aucunes circonstances. Son esprit était cruel et perfide. Koutlouk Témir se rappela les éléphants, qu'il tenait à Ourguentch pour les célébrations et festivités diverses. Six animaux énormes étaient supervisés par les Hindous-conducteurs. L'émir ordonna d'amener de l'urgence le chef des conducteurs au quartier.
Pas encore vieux, le Perse vigoureux, ayant écouté Koutlouk Témir, ne montra aucune surprise. Les yeux noirs ressortis étaient calmes et impénétrables.
- Je ferai ce que tu veux, mon maître.J'aurai besoin que de six seaux d'eau chaude, je préparerai la tisane aux herbes moi-même...
- Je récompenserai largement ton zèle, - dit l'émir.
Le Perse s'inclina bas.
 
 
***
 
Après minuit, le Perse et ses hommes menèrent les éléphants vers le hizar où les esclaves se cachaient. Les guerriers de Koutlouk Témir portaient silencieusement derrière eux de l'eau chaude. Avant de la donner aux animaux, le Perse jeta de la perfusion, connue seulement à lui, de l'outre de cuir dans chaque seau.
Il était silencieux dans le hizar. Les gens fatigués par jour dormaient profondément, et la garde à la porte, armée des longues lances, prêtait l'oreille aux sons dérivés ici de la ville. Dans certain temps, les éléphants commencèrent à s'inquiéter, et puis le Perse, ayant reculé au côté, ordonna aux guerriers de conduire les animaux directement à la porte du hizar.
Comme des fantômes de la nuit, comme les iblis - les créatures de l'enfer, les corps énormes des éléphants surgirent devant les esclaves qui portaeniet la garde. Quelqu'un cria d'une voix aiguë et grêle, poussa une lance dans le côté du monstre qui menaçait. Le chef leva son tronc, baréta bruyamment. La douleur et la rage étaient entendues dans son grondement rauque. Les dizaines de flèches avec le sifflement grêle s'échappèrent de l'obscurité de la nuit et s'enfoncèrent dans les corps des animaux. Les guerriers de Koutlouk Témir le firent.
Les éléphants devinrent fous. En barétant constamment de la douleur, de la tisane que le Perse perfide leur avait donnée, ils se précipitèrent en avant.
La porte du hizar craquèrent et s'écroulèrent. Six géants, en détruisant tout sur leur route, en piétinant les esclaves assis sur le sol, se démenaient à travers l'espace, enclos par un douval haut pisé.
Les cris de terreur, les gémissements des mourants, le craquemen des fractures des os fusion se fondirent avec le mugissement des animaux. L'odeur du sang enivra les éléphants. Ils piétinaient les couchés, ceux qui ayant repris leurs sens, essayaient de s'échapper, les animaux happèrent par les troncs et jetèrent avec force sur le sol.
Quelqu'un devina ouvrir la porte de rechange, et la foule des esclaves se précipita du hizar. Mais et ici la mort les attendait. Les détachements de guerriers de Koutlouk Témir, jusque-là cachés dans les rues étroites d'Ourguentch, les couvraient des nuages de flèches, les abattaient aux sabres courbes. Mais on ne pouvait pas arrêter les gens fous. En s'enfuyant de la mort, ils allaient sans peur sur les sabres tirés, faisaient tomber les guerriers de l'émir de leurs chevaux, quittaient la ville.
L'aube du nouveau jour au-dessus d'Ourguentch était épouvantable. On se souvenait encore des pillages et des meurtres des Mongols ici, mais on n'avait pas vu telle cruauté. Le terrain immense du hizar était couvert de cadavres écrasés, et la poussière jaune fine, mêlée avec le sang, se transforma en boue noire. Parmi les cadavres les éléphants morts avec leurs troncs coupés étaient couchés comme les blocs gris moux, avec les ventres défoncés par les lances, garnis, comme des hérissons, des flèches.
Des dix mille esclaves qui s'étaient réfugiés cette nuit dans le hizar, après le carnage sanglant seulement la moitié resta vivante.
Se réunis en dehors de la ville, en repoussant les troupes de Koutlouk Témir, qui les poursuivaient, les rebelles se dirigeaient vers la Movaraunahr.
 
 
***
 
Après que Koutlouk Témir fut parti et Sakip-Jamal fut restée seule, elle essaya de sortir, mais les noukers à l'entrée bloquèrent sa route par les hampes des lances.
- L'émir n'a pas ordonné à la maîtresse de sortir de la yourte - dit d'un air sombre l'un d'eux.
Sakip-Jamal voulut se mettre en colère, d'insister sur le sien, comme cela avait été dans le passé, mais elle était trop choquée par ce qui s'était passé, et elle ne dit rien. Elle ne pouvait pas croire au miracle. Elle attendait tout de son mari, sauf la bonté étrange, incompréhensible et c'est pouquoi effrayante, qu'il avait montrée à elle.
Elle voulait savoir ce qui s'était passé au quartier quand elle y avait été absente. Peut-être elle pourrait alors comprendre beaucoup et décider comment il faudrait se comporter ensuite.
- Dis ... - s'adressa Sakip-Jamal au nouker, - si Boubèche - la mère de miserable Adilcha - est vivante?
- Quoi peut arriver à cette sorcière? - dit-il avec un sourire forcé méchant .- Apparemment, Allah a eu pitié de lui et lui a rendu son esprit.Cependant, elle est différente maintenant... Comme je sais, elle était longtemps traînée du lasso derrière le cheval, puis on l'a jeté vivante...
- Appelez-la ici, - ordonna impérieusement Sakip-Jamal.
Le nouker se décontenança:
- Je ne sais pas... L'émir n'a pas ordonné...
- Je t'ordonne! - la voix de Sakip-Jamal se mit à résonner de la tension.Elle comprit que la seule façon de faire la garde obéir à ses ordres.   - J'obéis ton maître et ne quitte pas le quartier.Et tu est obligé à m'obéir parce que je suis la femme de l'émir. Ou peut-être il n'est pas ainsi?- la voix de la femme devint lugubrement insinuante.
- Tout est ainsi, ma maîtresse...
Le nouker piétinaint de l'air confus sur place. Parce qu'il ne pouvait pas décider d'obéir aux ordres de la femme fugitive de l'émir ou non, les grosses gouttes de sueur perlèrent sur le front. Enfin, il se décida, et s'étant tourné vers son camarade, dit:
- Vas... amene folle Boubèche...
- Notre maître nous coupa les têtes...
- Fait ce que l'on t'a commandé - cria le nouker en colère.Il, probablement, y pensait lui-même, mais comment pouvait-il refuser à l'épouse de l'émir? Même si elle s'ést enfuie de son mari, mais il n'a pas encore pris sa vie, et qui sait commen tout finira pour eux .- Quel mal peut être de la folle?..
On ne pouvait pas reconnaître Boubèche. Elle s'était transformée de la femme florissante en vieille femme - les cheveux gris s'echappaient de son foulard sur les joues jaunes creuses, les yeux regardaient d'une lueur pâle et de l'air perdu.
Elle reconnut Sakip-Jamal. Les femmes s'embrassèrent.
Assise sur le tapis, se balançant lentement par le corps, Boubèche racontait ce qui lui était arrivé, ce qui était passé avec son fils. Ses yeux brillaient froidement et Sakip-Jamal comprit que sa douleur n'était pas devenue plus petite grâce aux plusieurs jours qui se étaient écoulés après la mort d'Adilcha. Koutlouk Témir aurait dû l'expulser du quartier, car qui sait quelles pensées mûrissent dans l'âme brûlée de la femme folle. Mais, apparemment, l'émir craignait Ouzbek Khan.
Le sommeil ne venait pas. La puisette en argent dans le ciel se retourna autour du Pieu en fer, bientôt l'aube devait venir, et elle ne s'endormit pas.
Sakip-Jamal se mit sur ses gardes. Elle entendit des sons étranges incompréhensibles. Elle ouvrit les battants en bois, dorés de la porte. Le bourdonnement brusque et uni des voix humaines. Le bourdonnement ressemblant au gémissement lourd. Puis elle saisit le bruit de la bataille - la claquement du fer, le sifflet aigu des flèches de signaux.
Le visage de Sakip-Jamal devint pâle. Elle ne savait pas ce qui se passait à Ourguentch, mais il n'était pas difficile à deviner. Akberen vint à la mémoire - pas tel comment elle lui se souvenait avant du départ, mais tel pour lequel elle s'était décidé à s'échapper. Est-il possible que tout ce qui se passe dans la ville,   - sa faute?Voilà pourquoi, en caressant son corps, Koutlouk Témir l'interrogea d'une manière détaillée sur les esclaves et leur chef!
Sakip-Jamal était sûr que Akberen périrait infailliblement, et donc elel serait coupable de sa mort. Mais Allah voit qu'elle ne voulait pas sa mort! Elle ne comprit qu'ils ne pourraient jamais être ensemble, et c'est pouquoi elle le quitta! Elle voulait de pleurer amèrement et hystériquement. Sakip-Jamal ferma son visage par les mains, mais ses yeux et les joues étaient secs. Les larmes séchèrent comme une source dans la steppe brûlée de chaleur. Son corps tresaillait.
- Tu vois le sang... le sang de nouveau!..Il coule comme la rivière!
Sakip-Jamal ôta les mains du visage et regarda autour dans la peur. Il n'y avait personne dans la yourte outre elle et Boubèche. Ainsi la voix appartenait à la femme folle.
- Pourquoi parles-tu dy sang? - demanda en désespoir Sakip-Jamal. - Ne le fais pas..
- Je vois le sang! - la petite main plumer de Boubèche tiraillait une petite pochette en daim suspendue autour de son cou sur une courroie mince. - Et tu le verras bientôt...
 
 
***
 
A l'aube Koutlouk Témir revint dans la tente. Son visage brûlait de l'agitation, les yeux profondement creux étincelaient, la robe de soie était éclaboussé du sang. L'émir semblait avoir oublié qu'il était malade.
Koutlouk Témir jeta ses vêtements ensanglantés, le nouker ôta ses bottes, et l'émir alla à la place d'honneur. S'assit sur les feutres blancs doux.
- Pourquoi gardes-tu le silence, pourquoi ne me rencontres-tu pas comme il est prévu - avec un sourire et une tasse de koumys? - demanda-t-il d'un air insinuant, en regardant Sakip-Jamal.Les yeux froids et attentifs de Koutlouk Témir reflètaient les flammes rougeâtres des flambeaux.
- Qu'est-ce que j'a fait!..Qu'est-ce que j'a fait!..- Sakip-Jamal s'approcha à l'allure mal assurée de son mari, en désespoir tendit ses mains à lui.
Koutlouk Témir la poussa fort du poing dans sa poitrine: 
- Sers du koumys!
Sakip-Jamal éclata en sanglots.
Boubèche avec un salut bas sortit derrière son épaoule et tendit la coupe en argent à l'émir.
- Que fais-tu ici?Qui t'a laissé passer ici? - demanda-t-il férocement.
Boubèche n'avait pas le temps de répondre. Koutlouk Témir arracha la coupe de ses mains et renversa sa tête, but goulûment la boisson.
- Votre femme m'a appelé...
- Va-t'en et ne tombe jamais sous mes yeux!
- J'entends et j'obéis, mon maître...
Quelque chose faisait Boubèche à tarder. Elle piétinait sur place d'une manière peu assurée.
Les yeux de Koutlouk Témir sortirent soudainement des orbites et il il tomba des feutres moux.
Les lèvres de Boubèche chuchotaient quelque chose.
- Quoi, qu'est-ce que tu dis?.. - cria Sakip-Jamal.
- Je lis la prière.Je demande pardon à Allah... - tranquillement, d'une voix menaçante, dit la femme, et se tournée, droite et grave, sortit de la tente.
Sakip-Jamal tout autour d'un air impuissant. Sur une table basse où il y avait le koumgan d'argent au koumys, elle vit cette petite pochette en daim qui était pendue sur la poitrine de Boubèche. Le fil rouge de soie sur son orifice était dénoué...
 
 
***
 
Quelques jours plus tard, ayant appris de la mort de l'émir fidèle, ayant accroché une ceinture autour de son cou comme un signe du deuil, Ouzbek Khan ordonna à ses tumen de tourner les chevaux vers les terres de la Horde d'Or, et de nouveau n'ayant pas vaincu l'Iran, retourna à Saray Berke.
 
 
 
 
LE TROISIEME CHAPITRE 
 
 
Dans une année du Cochon (